Concert symphonique à l'Opéra Théâtre de Limoges le 6 Février 2026
Une dizaine de lycéennes est venue entendre la symphonie n°5 en ut dièse mineur de Gustav Malher interprétée par l'orchestre symphonique de l'opéra de Limoges sous la direction de Pavel Baleff.
Malher est à l'apogée de son génie lorsqu'il écrit sa 5ème symphonie qui est sa plus impétieuse. Cette oeuvre sera ensuite popularisée par Visconti dans son film Mort à Venise
BORDEAUX : DE BURDIGALA AU XIXème SIECLE

En ce premier jeudi février, nous nous retrouvons pour écouter une conférence Madame Bénédicte Boyrie-Fénié intitulée" Bordeaux, de Burdigala au XIXème siècle".
Madame Boyrie-Fénié est une linguiste spécialiste de la toponymie gasconne.
Très attachée depuis l’adolescence à la préservation des langues régionales, docteure en géographie historique, elle est l’auteure, seule ou en association avec son mari Jean-Jacques Fénié (agrégé de géographie qui enseigne aussi l’occitan) de plusieurs ouvrages de vulgarisation sur la toponymie de différents domaines occitans.
Devant un public attentif, Madame Boyrie-Fénié donne un aperçu de sa science toponymique dont elle nous explique d’abord le sens.
La toponymie, mot issu du grec ancien (topos =lieu et nomos =nom) est l’étude des noms de lieux. La recherche toponymique, en mêlant histoire, géographie et linguistique enquête sur les indices laissés par les sociétés passées sur les territoires. Pour prouver l’importance de cette science peu connue, elle cite une phrase de l’écrivain et lexicographe Frédéric Mistral qui s’exprimait en provençal et fut un fervent défenseur des langues occitanes.


En révélant le sens des noms, nous dit Madame Boyrie-Férié, la toponymie, bien que n’étant pas une science exacte, révèle bien des choses sur la petite et la grande histoire.
En Gascogne, et particulièrement à Bordeaux, ville marquée par un important mélange linguistique, son étude permet d’approcher et de percer ses différentes strates langagières.
Un peu d’histoire des noms de lieu :
- au paléolithique (2,6 millions d’années à 10.000 ans avant J.C.), l’homme éprouve le besoin de nommer ce qui est dangereux et ce qui est utile.
- au néolithique (2.800 à 2.500 ans avant J.C. environ), l’homme se sédentarise et commence à nommer et circonscrire les lieux. Les habitations sont regroupées dans des lieux nommés, limités par des pieux. Il faut protéger les habitants mais aussi le bétail qui représente alors la notion de richesse.
Cette sédentarisation entraîne donc l’apparition des noms de lieux.
Quelques exemples surprenant de noms de lieu :
En France, le nom de village le plus court est Y, commune de la Somme. Sa signification est « lieu habité par Ido », ou « lieu dont Ido est le propriétaire ».
Wikimedia Commons Pixeltoo Route de Y, Somme, Picardie


-Au Pays de Galles, Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch, petite ville située sur l'île d'Anglesey, avec ses 58 caractères répartis en 18 syllabes, serait celle qui possède le nom le plus long d'Europe et le deuxième nom de lieu le plus long au monde, composé d'un seul mot.
By Missvain - Own work, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=158282755
La palme revient pour le monde entier, à un lieu situé en Nouvelle-Zélande, qui comporte 85 caractères.
Taumatawhakatangihangakoauauotamateaturipukakapikimaungahoronukupokaiwhenuakitanatahu
Par Mattgrosso sur Wikipédia anglais — Transféré de en.wikipedia à Commons par Kr-val., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3922715

TOPONYMIE DE LA GASCOGNE :
Dans notre région de Gascogne, certains toponymes, très anciens, remontent à une époque où on ne parlait pas encore gascon. Ils désignent surtout des reliefs et des cours d’eau. Ainsi, la racine « GAR », d’origine indo-européenne, qui désigne une pierre ou un caillou, se retrouve dans le nom Garos dans les Pyrénées Atlantiques, le Pic du Gar dans les Pyrénées et, certainement, également dans Garonne.
En gascon, le mot « Garroc » signifie rocher, hauteur, mont et en basque il évolue en garai qui a la même signification…
De la même façon, la racine « pal », également issue du pré-indo-européen et qui signifie aussi rocher escarpé, va se retrouver aussi bien dans le col de Pau, en vallée d’Aspe, que dans la ville de Pau.

Si l’on revient aux origines, le gascon est la variété de l’occitan propre au triangle aquitain délimité par les Pyrénées, l'Océan et la vallée de la Garonne.
Les aquitains ont laissé des noms en os ou osse : Andernos, Biscarosse, Pissos, Biganos…
Mais de nombreux toponymes sont d’origine latine. On peut citer la racine ACOS (du latin acum, signifiant « domaine de ») qui a laissé ses traces autour de Bordeaux, avec Listrac, Marciac, Podensac, Préchac. Et son dérivé an dans Draguignan, Caudéran, Léognan…
Les Celtes ont peu pénétré en Gascogne, sauf le long de la Garonne et en val d’Aran mais leur langue a laissé quelques traces : Cambo (méandre) a donné Cambo au pays basque. Condomages (marché de la confluence) a donné Condom.
Mais revenons à Bordeaux dont la langue, d’origine romane, est donc le gascon malgré son peuplement par les Bituriges Vivisques, venus de Bourges en pays d’oil, comme le remarque le géographe grec Strabon, au 1er siècle après J.C.
Après la conquête romaine, notre langue a peu à peu évolué vers le gallo-roman, celui-ci se divisant entre gallo-roman du nord : la langue d’oïl, et le gallo-roman du sud : la langue d’oc. Bordeaux se trouve aux confins de l’aire gasconne, mais elle en fait bel et bien partie.
En termes de toponymie, le nom ancien de Burdigala se compose de deux racines : une racine aquitaine BURD qui signifie boueux et une racine proto-basque CAL qui voudrait dire abri ou crique. Notre ville est donc définie comme une crique boueuse…
N’oublions pas qu’à l’origine, Bordeaux n’était qu’un vaste marécage. A ce sujet, nous pouvons rendre hommage à Alphonse d’Ornano, maire de Bordeaux de 1599 à 1610 qui fit assécher les marais de Bordeaux et édifier des fontaines monumentales.
Wikimédia Commons : Plan de la ville de Bordeaux, bâtie par les Romains l'an de JC 260. Extrait de l'Histoire de la ville de Bordeaux, de Dom Devienne, paru en 1771.

A partir de l’an mil, et suite aux invasions, le langage s’est mêlé à diverses influences. Le bordeluche n’est pas différent du gascon parlé ailleurs mais il comporte un nombre non négligeable de termes et expressions particulières liées à l’économie de la vigne et de la pêche.
D’autres noms peuvent prêter à confusion, ainsi la rue de la Vache ne fait pas allusion, comme la légende veut le faire croire, à une vache qui se serait échappée dans les rues de Bordeaux, mais vient du terme « baisha » qui signifie la déclivité, la pente, le Château Trompette tire son origine de tropeyte ou troupeau, l’endroit devait être à l’origine un lieu de pâture…
Comme on le voit, s’intéresser à la toponymie, c’est comme mener une enquête sur l’histoire d’un lieu ou une commune et rechercher, finalement son identité.
Cette quête est difficile car les noms de lieux ont été francisé au cours du XIXe siècle. C’est donc dans la consultation des documents anciens (actes notariés, cadastres que l’on arrive à trouver l’origine et la racine des noms de lieu) ce qu’a fait et continue de faire Madame Boyrie- Fénié.
Cet article n'est qu'une partie de cette passionnante conférence sur laquelle on pourrait encore écrire mille choses !
Crédit photos : Nicole Ride, Lyceum Club International de Bordeaux
Bach et ses prédécesseurs – concert à notre Dame de Paris
La silhouette imposante du Cantor de Leipzig fait parfois oublier que l’Allemagne baroque vit naître une tradition musicale d’une grande richesse bien avant lui, portée par des figures essentielles comme Schütz, Schein Pachelbel et Buxtehude. Chacun d’eux développa un langage profondément expressif, ancré dans la spiritualité, sans jamais renoncer à une belle rigueur formelle : de solides fondations sur lesquelles Bach déploierait son génie. À la croisée des styles et synthétisant le meilleur des traditions européennes, celui-ci porta à leurs plus hauts sommets l’art du contrepoint et le sens de l’architecture musicale. La Maîtrise Notre-Dame de Paris, sous la direction d’Henri Chalet, propose un dialogue entre ces compositeurs fondateurs, entre ferveur, lumière et profondeur.
La Maîtrise Notre-Dame de Paris, sous la direction d’Henri Chalet, nous a proposé un dialogue entre ces compositeurs fondateurs. Un moment d'émotion et de lumière dans le cadre de Notre Dame de Paris.



Programme
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Wir eilen mit schwachen, extrait de la Cantate BWV 78 Jesu, der du meine Seele
O Jesu Christ, mein's Lebens Licht BWV 118
Komm, Jesu, komm BWV 229
Ehre sei Gott in der Höhe, extrait du Weihnachtsoratorium (Oratorio de Noël) BWV 248
Heinrich Schütz (1585-1672)
Selig sind die Töten
Verleih uns Frieden
O bone Jesu
Aus der Tiefe ruf ich, Herr, zu dir SWV 25
Samuel Scheidt (1587-1654)
Jauchzet Gott, alle Land
Johann Ludwig Bach (1677-1731)
Das ist meine Freude
Dietrich Buxtehude (1637-1707)
In te, Domine, speravi
Johann Hermann Schein (1586-1630)
Aus tiefer Not schrei ich zu dir
Johann Pachelbel (1653-1706)
Magnificat
Visite de Nantes sous la pluie
Comme une double illustration de la belle de ville de Nantes : la pluie battante sous les rafales de vent, et l’exposition de peinture rendant hommage à l’eau venue du ciel.
Dans sa présentation, Le Musée d’arts de Nantes consacre cette exposition « à la représentation, la sensibilité et l’imaginaire de la pluie qui émergent à la fin du 18e siècle. Sujet littéraire, objet d’études scientifiques, apprivoisée par les citadins dans des villes modernisées, la pluie devient un motif pour les peintres, les photographes, les cinéastes jusqu’aux artistes contemporains. »
Accompagnées d’une guide, et équipées d’audiophones, nous avons déambulé dans les salles du musée, pour nous pencher vers des peintures de bord de mer ou de mer démontée, des pavés parisiens, des vitres dégoulinantes et des parapluies retournés, des jupons qui se soulèvent et une mini-collection de parapluie aux manches sculptés.
Certaines œuvres ont suscité plus de commentaires et d’explications que d’autres. Notamment celles que notre guide replaçait dans leur contexte historique. Ainsi, le couple de bourgeois devant lesquels un passeur pose une planche à travers la chaussée pour éviter qu’il se salisse. La dame porte son petit chien de manchon, et la servante le bébé du couple. « Passez payez » crie les décrotteurs parisiens pendant les années qui suivent la Révolution, chaque fois qu'il pleut, ils posent une planche à travers la chaussée pour les passants qui souhaitent traverser sans s'enfoncer dans la boue et veulent bien leur verser en contrepartie un droit de passage.
Après le déjeuner, toujours sous une pluie cinglante, notre guide nous a mené au château des Ducs de Bretagne Construit au 13e siècle sur la muraille gallo-romaine – encore visible – de la cité des Namnètes. Le premier château ducal disparaît au 15e siècle pour laisser place à l’actuel monument.
Celui-ci est l’œuvre de François II, dernier duc de la Bretagne indépendante qui veut faire du Château des ducs de Bretagne une forteresse militaire défensive face au pouvoir royal et le lieu de résidence principale de la cour ducale.
Les travaux d’embellissement sont poursuivis par sa fille la duchesse Anne de Bretagne, deux fois reine de France par ses mariages successifs à Charles VIII et Louis XII.
En témoignent différents décors sculptés (lucarnes du Grand Logis, blason, loggias de la tour de la Couronne d’or) marqués par les premières influences de la Renaissance italienne.
Après le rattachement de la Bretagne à la France en 1532, le Château des ducs de Bretagne devient aux 16e et 17e siècles le logis breton des rois de France, puis caserne, arsenal militaire et prison. Il subit pendant trois siècles maintes transformations ainsi que différents dommages : fortifications, incendie en 1670, construction du bâtiment du Harnachement pour le stockage du matériel d’artillerie, explosion en 1800…
Proche du château, nous avons pu visiter la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul, édifice religieux catholique datant du XVe siècle.C’est un quatrain gravé à l’arrière des portes qui rappelle que sa première pierre fut posée en 1434. Un des plus longs chantiers de l’architecture religieuse en France commençait alors, pour s’achever en 1893. Après l’incendie dévastateur de 1972, d’importants travaux de restauration ont rendu au bâtiment toute sa splendeur. Derrière une façade à deux tours en pierre blanche et non en granit comme généralement dans l’ouest du pays, se dressent des voûtes plus hautes que celles de Notre-Dame-de-Paris, à 37,5 m. L'incendie de juillet 2020 a détruit le grand orgue, des stalles et la grande verrière. Les travaux de restauration sont en cours de finition.
Continuant la déambulation notre guide a mené les plus courageuses d'entre-nous vers le passage Pommeraye, galerie commerçante emblématique construite entre 1840 et 1843.
Extraits descriptifs des lieux, choisis sur le site www.levoyageanantes.fr









Cercle cinéma
Deux films ont retenu l'attention du cercle cinéma, réuni à la Trinité sur Mer : La condition, réalisé par Jérôme Bonnell, inspiré du roman de Léonore de Recondo, intitulé "Amours" ; et Une enfance allemande - île d'Amrum, 1945, co-réalisé par l'acteur-réalisateur Hark Bohm, décédé le 14 novembre 2025, et Fatih Akin.


Il a été principalement parlé du film La Condition, et ce n'est pas LA condition, mais LES conditions qui ont été révélées par les personnages féminins et le principal personnage masculin du film, longuement analysés: Victoire, la maîtresse de maison posera elle-même plusieurs conditions, Céleste, la petite bonne abusée, logée sans confort, selon les conditions réservées aux gens de maison, mais qui ne dénonce pas les faits. C'est la condition pour garder son emploi-gîte et couvert, et son bébé; Huguette, la servante distante, qui prend soin à ne pas se mêler des affaires de Céleste, c'est la condition pour qu'elle garde son emploi, Mathilde la vieille-mère aux lourds secrets, dont la condition physique se détériore inexorablement. Un film qui a touché toutes les lycéennes.
Le film Une enfance allemande n'avait pas été vu par l'ensemble du groupe, mais l'enthousiasme de celles qui l'ont vu, et qui ont vanté, le jeu du jeune héraut, dans l'évolution de sa perception de l'aura de ses parents, la tension des personnages sur la défensive et la beauté de la nature de l'île, incitent à chercher la salle dans laquelle le film est encore programmé.
Conférence de Marc Wilmart sur la cinémathèque de la Nouvelle-Aquitaine le 29 Janvier 2026

Une bonne trentaine de lycéennes a assisté le jeudi 29 janvier à une conférence donnée par Marc Wilmart, fondateur de la cinémathèque du Limousin devenue celle de Nouvelle-Aquitaine, et d' une partie de son équipe. La cinémathèque a pour rôle de collecter les films, professionnel et amateurs, de les documenter, les préserver et les numériser pour enfin les diffuser. Ainsi a-t-elle effectué tout ce travail pour sauver de l'oubli et de la destruction le fond Charles Arambourou légué par les archives de Chatellerault. On a donc pu voir des films très courts, qu'on appelait plutôt à l'époque –fin XIXème siècle – images animées, tournés par ce Charles Arambourou, photographe de métier né à St Junien, vivant à Chatellerault, et passionné par cette nouvelle technique du cinématographe.
Ont été projetés également des films tournés à Oradour en 1943 puis en 1945 ainsi qu'à Limoges au moment de la Libération. Ils sont témoins de l'Histoire avec un grand H mais aussi des histoires particulières car le film est un outil de mémoire.
Chacune est repartie avec ce conseil en tête : ne jetez pas vos films amateurs car ils de précieux
témoins d'une époque révolue ! Donnez-les à la cinémathèque !














