La marche du 20 Avril 2026 s'est déroulée dans la propriété magnifique de Combas (Haute Vienne),700 hectares d'un seul tenant sans aucune route pour la traverser. Seulement des chemins, des bâtiments anciens transformés en maisons d'hôtes , des arbres extraordinaires, un château entouré de dépendances aux toitures et aux poutres spectaculaires, et surtout une famille investie qui de générations en générations reste soudée pour conserver la propriété en bon état . Nous avons croisé Madame la maire de Vic sur Breuilh qui nous a éclairé sur l'histoire de la propriété et sa lutte pour conserver la forêt ,tâche hautement difficile avec les impacts de notre climat sur la survie des arbres . Nous avons aussi admirer les serres d'un jeune maraîcher , fils de et lui aussi investit dans la sauvegarde du domaine, et également un magnifique élevage de vaches limousines sans cornes ,fierté familiale qui continue à se transmettre avec les explications d'un éleveur passionné sur la sélection . Bref un domaine qui transmet ses valeurs et s'emploie à conserver la propriété une et indivisible avec les capacités réunies de tous les membres de la famille . Une marche sous le soleil, accompagnée par notre amie lycéenne Nicole Gérardin - Bariaud , un grand merci à elle pour nous avoir permis de découvrir ce bel endroit .
Une dizaine de lycéennes est venue écouter l'orchestre symphonique de l'Opéra de Limoges Nouvelle-Aquitaine placé sous la direction de Pavel Baleff avec Adélaïde Panaget et Naïri Badal au piano . Au programme : la petite symphonie n°8 en sol "Le Soir"de Joseph Haydn, le concerto n°10 pour deux pianos et orchestre de Wolfgang Amadeus Mozart, l'ouverture Scherzo et final de Robert Schumann.
Nouvelle conférence lycéenne sur le thème de « La musique au temps de l'abbaye de Saint-Martial» assurée par Guillaume Pénicaut, délégué général des fondations du Crédit Agricole et par ailleurs passionné de musique classique et auteur d'ouvrages de musicologie.
Après avoir souligné en introduction ce que notre époque doit au moyen-âge en ce qui concerne la notation musicale, le conférencier discerne quatre périodes dans la création et le rayonnement de l'abbaye Saint-Martial.
Tout d'abord, à la fin du Ier siècle, Augustoritum s'implante puis, comme l'atteste Grégoire de Tours, Martial arrive comme évêque évangélisateur, après avoir fui les persécutions contre les chrétiens. Il mourra en priant Dieu -dit-on- sans doute après l'édit de Constantin de 313 autorisant le culte chrétien, mais sera inhumé discrètement dans une terre appartenant à un riche propriétaire chrétien.
Ensuite, au IX ème siècle, le christianisme s'étant implanté, des pèlerins affluent près du tombeau de Saint Martial de sorte qu'une congrégation de chanoines s'installe dès le VIII ème siècle.
Les reliques devront être cachées à Solignac pour les protéger de l'invasion normande. De plus, Louis le Pieux fils de Charlemagne et roi d'Aquitaine, s'installe à Jocundiacum, le Palais sur Vienne actuel. Cette double importance religieuse et laïque conduit à créer une abbaye bénédictine. Coexistent alors deux noyaux : la Cité soumise à l'évêque et le Château autour du tombeau de Saint Martial et de l'église du Saint Sépulcre.
On chante alors le grégorien, inspiré selon la légende à Grégoire Ier, en réalité mélange de tradition romaine et gallicane et qui unifie les nombreuses liturgies. Toutefois, graduels et antiphonaires ne comportaient aucune note mais seulement des textes bibliques en latin et les chantres devaient retenir par cœur les innombrables mélodies. Pour la première fois, en 830, un moine de Ratisbonne signe une partition où la musique est notée par des signes appelés neumes lesquelles ne donnaient pas la hauteur de note. De façon simple et efficace, on peut appeler trope une partition notée, ce qui revient à une déformation du chant grégorien. Les recueils de tropes sont appelés tropaires et ils sont légion.
On aboutit au rayonnement de l'école d'Aquitaine , grand centre de composition, qui comprend Narbonne, Toulouse, le nord de l'Espagne, Saint-Augustin les Limoges, Saint-Martin les Limoges et bien sûr l'abbaye de Saint-Martial. Sur les 200 tropaires conservés à la BNF, 23 viennent de cette dernière abbaye, même si les échanges étaient nombreux en particulier entre Saint-Martin et Saint-Martial.
Enfin le XI ème siècle marque l'apogée de Saint-Martial dont la réputation s'étend avec l'épisode du mal des ardents au point que l'abbaye détruite par un incendie sera reconstruite avec un bâti élargi pour contenir tous les pèlerins. Ademar de Chabannes va créer la légende de Saint Martial, le transformant en apôtre de Jésus et n'hésitant pas à attester ses dires par une fausse lettre papale !
Il va se composer autour de Saint-Martial une œuvre liturgique de 24 strophes de 3 vers chacune avec des signes mélodiques noirs superposés à des signes rouges dont on pense à présent qu'ils marquent une polyphonie. L'abbaye devient donc centre polyphonique.
Si l'usage des tropes va peu à peu décliner, gardons toutefois à l'esprit le rayonnement culturel de cette abbaye Saint-Martial sise place de la république actuelle et qui donnera naissance à la poésie lyrique des troubadours. Nicole LABBE
Thierry Soulard, professeur d'université, est venu nous parler de façon vivante et détaillée,du statut de la femme au moyen-âge du V ème au XV ème siècle.
Dès le départ, le conférencier soulève le problème des sources qui occultent souvent ce qui concerne les femmes de sorte que leur image officielle diffère souvent de la réalité des faits. L'image de la femme est double : soit Eve, soit Marie, soit « la porte du diable »par sa faiblesse qui la fait succomber, soit la vierge protectrice adorée mais non imitée. Si Saint Augustin lui accorde une âme semblable à celle d'un homme, l'Eglise, à la suite d'Aristote, la considère comme un homme raté !
L'amour courtois chanté par les troubadours dans la fin'amor met certes la Dame sur un piédestal mais Jean de Meung dans Le Roman de la Rose accentue le cynisme de la femme à travers le personnage de la vieille entremetteuse et Le Lai d'Aristote au début du XIII ème fait une satire de la femme dominatrice.
Sur le plan du droit, la femme passe de la tutelle du père à celle du mari. Toutefois il existe des variations géographiques : les régions relevant du droit germanique accordent plus de rôle aux femmes que celles relevant du droit romain.
La dot appartient à la femme mais elle est gérée par le mari. Le douaire accorde de un tiers à la moitié des terres à la veuve et l'héritage varie selon les régions.
De même, il y a des différences de liberté dans le veuvage selon qu'on possède du patrimoine ou pas : des aristocrates ont pu gérer de grands domaines mais pour les autres c'est souvent une situation catastrophique et l'Eglise exhorte chacune à entrer au couvent.
Le viol est puni de mort mais la femme doit prouver sa résistance et trouver des témoins. La prostitution est condamnée ...mais réglementée peu à peu et la clausure devient totale pour les femmes au couvent alors même qu'apparaissent les ordres mendiants qui permettent aux hommes l'éloignement du monastère pour prêcher.
Les hérésies, celle des Vaudois et des Cathares, sont condamnées en partie parce qu'elles accordent une place prépondérante aux femmes.
Sur le plan économique, on constate une souplesse dans la distribution des rôles qui varient selon les besoins. A travers le veuvage, les femmes accèdent au commerce et la finance. En l'absence de leur mari, les châtelaines gèrent des domaines, les femmes peuvent devenir médecins et certaines corporations sont exclusivement féminines. Toutefois, les béguines, ni nonnes ni mariées et autonomes, attirent la suspicion. Le XIV et XV ème siècles voient un retournement et les hommes finissent par s'approprier les métiers lucratifs en y excluant alors les femmes.
Alors il y eut Héloïse d'Argenteuil, Hildegarde Von Bingen, Aliénor d'Aquitaine, Marguerite Porete, Blanche de Castille, Catherine de Sienne, Christine de Pisan, Jeanne d'Arc , femmes de pouvoir ou de lettres, mystiques révérées ou brûlées vives. Elle prouvent que l'histoire des femmes est faite de conquêtes et de reculs, de liberté arrachée comme pendant la peste noire du XIV ème siècle, puis perdue car récupérée par les hommes. Des conditions féminines très diverses ont pu coexister.
Prenons connaissance de cette histoire car, et c'est par ces mots que Thierry Soulard conclut sa conférence , « l'histoire ancienne c'est l'histoire en cours »
Le 10 mars Dominique Bordessoule, ancienne cheffe du service d'hématologie du CHU de Limoges, professeur des universités et lycéenne a fait une conférence très suivie sur l'histoire des femmes médecins.
Le tour d'horizon commence il y a 24000 ans par la découverte de « L'homme de Menton » qui s'est avéré plutôt « La dame de Cavillon » laquelle devait être chef et guérisseuse si l'on en juge par la sacoche où des herbes étaient rangées soigneusement.
En s'appuyant sur les textes qui nous sont parvenus, on constate l'importance de certaines femmes dans l'élaboration de l'art médical en Europe essentiellement.
Ainsi, en Egypte 2700 ans av. J. - C Pseshet est médecin et même enseignante en médecine et Hatchepsout, en 1479 av. J. -C une école de médecine.
En Grèce, les écrits de Hyginus 3 siècles avant notre ère, relatent l'odyssée de Agnodice obligée de se faire passer pour un homme appelé Miltiade, pour pouvoir exercer la médecine, se spécialisant dans les maladies féminines, les accouchements et réduisant la mortalité de 50 à 70 %.
On possède peu de sources documentaires sur Rome qui porte peu d'intérêt à la science médicale. Les femmes sont essentiellement accoucheuses et leur savoir ancestral se transmet au fil des générations. Le christianisme , quant à lui, a apporté l'idée de compassion essentielle à la pratique médicale.
Au moyen-âge, si la « médecienne »est souvent assimilée à une sorcière vivant dans la solitude des forêts, capable de concocter des poisons grâce à sa connaissance de herbes, quelques femmes exceptionnelles se détachent comme Trotula de Ruggiero au XIème siècle, pionnière de la gynécologie, enseignante et directrice de la fameuse école de Salerne mais aussi Hildegarde Von Bingen au XIIème siècle, autrice de deux ouvrages Physica et Causae et Curae. Naturopathe avant l'heure, son savoir botanique indiscutable, ajouté à des règles d'hygiène, guérissait à la fois âme et corps. Magistra Hersanda au XIIIème siècle accompagna Louis XI à la deuxième croisade en qualité de chirurgienne et Jacqueline de Almonia au XIVème siècle pratiqua la médecine à Paris jusqu'à ce qu'on le lui interdise malgré tous les témoignages en sa faveur.
L'Inquisition mélangea les guérisseuses assimilées aux sorcières et les hérétiques et le XVIIIème créa certes un diplôme de médecine bienvenu mais...excluant les femmes dont le statut recule.
Cela perdure au XIXème siècle mais quelques femmes se sont courageusement rebellées contre cet ostracisme comme Margaret Ann Bulkley qui fit une brillante carrière de chirurgien militaire...mais sous le nom d'emprunt de James Barry c'est à dire en tant qu'homme ( lire à ce sujet le livre de E.J Leroy ed. L'Olivier LE MEDECIN DE CAPE TOWN) . De même, Madeleine Brès fut la première française à faire des études de médecine mais sans avoir le droit de se présenter au concours malgré son travail irréprochable pendant la guerre de 70 et la Commune et elle fut la première à présenter-avec succès- une thèse de médecine . Pour finir, on ne peut que citer Marie Curie , deux fois prix Nobel dans deux discipline différentes.
Au XXème siècle la science s'ouvre aux femmes mais celles-ci sont malheureusement souvent spoliées de leur découverte. Ce fut le cas de Rosalind Franklin qui n'est même pas mentionnée par Watson et Crick lors de l'attribution de leur prix Nobel en 1962 alors que ce sont ses clichés qui ont permis d'établir la structure bi-hélicoïdale de l'ADN. Jérôme Lejeune va être le premier signataire de l'article dévoilant que la trisomie 21 est due à un chromosome surnuméraire, s'attribuant par là le mérite de la découverte alors que ce sont les travaux de Marthe Gautier qui en sont à l'origine. Et que dire de Lise Meitner, certes souvent décorée mais jamais prix Nobel, alors que ses recherches ont permis la découverte de la fission nucléaire ( Lire le livre de Cyril Gel ed. Albin Michel LE PRIX)
Ainsi va le combat des femmes mais on peut s'interroger sur cette misogynie persistante …
Une dizaine de lycéennes est venue assister à l'adaptation d'Anne BARBOT qui plonge le spectateur dans les bouleversements du monde agricole au 19ème siècle en suivant l'histoire d'un patriarche qui décide de léguer sa ferme à ses trois enfants. Cette réflexion sur les enjeux agricoles rejoint des préoccupations contemporaines et fait ainsi de la pièce un véritable hommage au monde agricole dans notre société actuelle.
La traite des êtres humains faite à des fins lucratives concerne 49,6 millions de personnes chaque jour ( 25 % de plus qu’en 2016 ) malgré la convention signée par 130 Etats à Palerme en 2000 .
Ce trafic touche à la dignité des êtres humains et aucune région du monde n’est épargnée . Les personnes concernées le sont à des fins de travail , de mariage forcé, de trafic de drogue, d’exploitation sexuelle . La technologie actuelle facilite le trafic : les réfugiés, les migrants sont des proies faciles . Le tiers des victimes sont des enfants et parmi eux, une majorité de filles .
En Europe 70 % des victimes sont des Européens (beaucoup d’Ukrainiens) . Une grande partie du trafic se fait par l’Autriche . La France compte 7000 victimes en 2024 dont plus de 4800 femmes à des fins d’exploitation sexuelle pour 86 % d’entr’elles . . La plupart sont mineures au moment de leur recrutement qui souvent, est le fait de la famille et même du conjoint ( 44 % ) .
Un 3 ème plan de lutte a été mis en place en 2024 . Les biens confisqués sont affectés aux associations qui aident les victimes . La traite en figure pas dans le droit pénal international et n’est pas reconnue comme crime contre l’humanité .
Quelle différence entre traite et trafic ? le trafic concerne le migrant car il est consentant . JP Laborde conclut son exposé par cette phrase tirée des Châtiments de Victor Hugo : « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent » .