Exposition Gabriele Münter : peindre sans détour
Gabriele Münter figure majeure de l’expressionnisme allemand, est encore trop peu connue en France. L’histoire de l’art l’a trop
longtemps laissée dans l’ombre de Kandinsky, dont elle fut l’élève et la compagne durant les années du Blaue Reiter (Cavalier Bleu),
ce groupe avant-gardiste munichois dont elle fut l’une des fondatrices. Artiste polyvalente, elle peignit durant six décennies et
pratiqua également la broderie, la photographie et, surtout, la gravure sur bois avec un immense talent. Qu’elle s’adonne à la nature
morte, au paysage ou au portrait, Münter adopte toujours un style très personnel et une couleur aussi subtile que puissante : avec
près de 170 oeuvres annoncées, cette première rétrospective de l’artiste allemande en France au musée d'Art Moderne est donc comme un véritable feu
d’artifice.
Les lycéennes du LCIP ont eu l'opportunité de découvrir cette exposition le 22 mai, accompagnées du conférencier Guillaume Peigné. Cela a été une véritable découverte et un moment passionnant.









L'INCONNUE DU PORTRAIT - Camille Peretti

« La toile vibrait de beauté. Elle en avait le souffle coupé et se noyait dans l’œil bleu ciel piqueté de vert. Est-ce qu’elle était réellement le sosie de cette inconnue ? »
Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt Portrait d’une dame est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, puis volé en 1997, avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie.
Aucun expert en art, aucun conservateur de musée, aucun enquêteur de police ne sait qui était la jeune femme représentée sur le tableau, ni quels mystères entourent l’histoire mouvementée de son portrait.
Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants.
Une fresque magistrale où se mêlent secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants. L’Inconnue du portrait offre un bonheur de découverte permanent.
C’est un véritable thriller pictural, aussi énigmatique que le tableau de Klimt, la légende plus forte que la réalité.
Camille de Peretti remplit d’une fiction lumineuse les zones d’ombre de l’histoire de l’art.
Collectes scientifiques ou pillages archéologiques ? Le trafic des biens culturels autochtones en Amérique au XIXe siècle
Le 20 mai, lors d’un café gourmand chez une lycéeenne, Marilou Renard, lauréate de l’école de printemps, nous a présenté un des aspects de sa thèse de doctorat soutenue brillamment cet hiver, dans le cadre du partenariat avec la faculté de Nanterre. Ce mécénat est représentatif du Lyceum : soutien de femmes dans le cadre d’un parcours universitaire exemplaire, rayonnement culturel et moment d’amitiés.
À l’aube du XIXe siècle, les anciennes colonies espagnoles en Amérique prennent leur indépendance et ouvrent leurs frontières. Les voyages d’exploration se multiplient. Scientifiques missionnés, diplomates passionnés et aventuriers solitaires collectent des objets pré-hispaniques. Ils extraient aussi crânes et momies, répondant au désir des musées qui souhaitent développer leur collection anthropologique, suivant la vision raciologique de l’époque. La raciologie, traite de « variantes » existant entre les hommes, c'est-à-dire de caractères superficiels (volumes, couleurs) par rapport aux caractères universels de l'espèce dont s'occupent l'anatomie, la psychologie. Pourtant, certains pays, tels le Pérou et le Mexique, encadrent déjà sévèrement la collecte et l’exportation de leur patrimoine, qui joue un rôle clef dans la création d'une identité nationale. Dès lors, quel regard poser sur ces collectes ?











