Les seniors et la route
La conférence que nous fit M. Moulin, ancien officier supérieur de l'armée de terre et actuellement directeur de la commission de la Prévention routière, fut très pédagogique, agrémentée d'une projection de documents clairs et illustrés, autour du thème :" la sécurité routière", pour les jeunes et les "moins jeunes" que nous sommes au Lyceum !
Cette commission fonctionne avec environ 150 000 membres en France (dont beaucoup de bénévoles) et 101 comités départementaux. Promouvoir, prévenir, et initier sont les trois grandes lignes directrices de leur action, aussi bien dans les milieux scolaires que dans les entreprises, clubs et associations.
Le rôle de la commission est particulièrement important auprès des jeunes, d'abord à l'Ecole primaire (CM1, CM2) puis dans les collèges (6 e 5 e et 3 e ) où les élèves subissent des tests obligatoires, leur donnant le droit de conduire un vélomoteur, après délivrance d'un document de la Sécurité Routière et, plus tard, celui de passer leur permis de conduire après attestation obligatoire exigée par l'Education Nationale.
Elle peut même organiser des stages de récupération de points, pour les adultes, et travaille en liaison avec les gendarmerie, préfecture et police.
Après avoir énuméré les principales causes d'accidents routiers, M. Moulin aborde, avec humour, le problème des seniors au volant, moins attentifs, moins vigilants, avec des problèmes de mémoire (ceinture oubliée) de vue diminuée, ou de médication créant des états de somnolence …
Une révision des panneaux de signalisation et d'exemples illustrés de cas de priorité (ou de non priorité) nous montre que le code de la route évolue avec notre vie moderne, et qu'il ne serait pas inutile pour certaines d'entre nous de le réviser un peu ! Quant à la petite flûte de champagne à l'apéritif et au bon verre de vin pendant le repas, c'est tout juste si nous pouvons nous le permettre si nous devons conduire ensuite ! Selon le poids et la taille, certaines d'entre nous sont même déjà au-delà de la limite autorisée ! Dans ce cas, qui est le mien, je ne prends que de l'eau et me sacrifie pour ramener la voiture et le mari (qui a bien profité de la soirée).
Remercions le Président pour le Calvados, M Bernard Legrand, mari d'une lycéenne, qui a organisé avec une autre lycéenne, Nicole Trautvetter, cette réunion bien présentée et bien utile.
Exposition Fragonard
Nous étions 22 sous la direction de Madame LE BIGRE, notre conférencière, qui nous présenta Fragonard. Né à Grasse, en 1732 dans une famille modeste, il les suivit à Paris où on le plaça chez un notaire. Il s'y ennuyait tellement qu'il dessinait des caricatures en marges des actes ! Il est donc renvoyé. Sa mère essaye de le faire entrer chez Boucher mais ce dernier déclare que le jeune homme ne connaît rien au dessin et n'a aucune base. Toutefois, il l'envoie chez Chardin qui lui apprend l'effet d'ombre et de lumière. Il retourne alors chez Boucher qui, sidéré par ses progrès, le prend, non pas comme élève, mais comme collaborateur.
Il se présente au prix de Rome (sans être passé par l'Académie, ce qui était extrêmement rare). Lauréat, il préfère aller se perfectionner chez Van Loo et ce n'est qu'après qu'il passera 6 ans à la Villa Médicis.
Il se marie avec Marie-Anne Gérard (sœur de Marguerite, dont on a pu admirer les œuvres au Musée Cognacq-Jay l'année dernière) et a deux enfants que l'on retrouve souvent dans ses peintures.
Outres ses tableaux il fit aussi l'illustration des contes de La Fontaine. Il fut ensuite conservateur au Louvre et meurt, pratiquement oublié, en 1806.
Cette collection a été présentée au musée des Beaux-Arts de Besançon en 2006, et à cette occasion, Pierre Rosenberg, de l’Académie Française, éminent spécialiste de l'artiste, en a rédigé le catalogue, aboutissement d’un travail scientifique très poussé, somme d’études et de recherches sur chacune des œuvres. Il accompagne naturellement l'exposition de Caen et se termine par : . Reprenons à notre compte l'exclamation de ses contemporains : "Jean-Honoré Fragonard, Gens, honorez Fragonard"
C'est grâce à Pierre-Adrien PARIS qui fit cadeau de sa collection de Fragonard (une centaine environ) à sa ville natale, que nous avons pu admirer les œuvres prêtées par Besançon. Essentiellement des sanguines. Notons au passage que cet ancien dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi se retira, pendant une longue période, en Normandie chez son ami Fouache, le propriétaire de la "Maison de l'Armateur" au Havre (nous l'avons visitée en juin dernier !). On peut admirer "Le triomphe de Vénus" utilisé par le collectionneur comme un décor de plafond.
L'exposition :
Variété des sujets traités, large éventail des techniques, du tout petit croquis à la scène composée et achevée, caractérisent l'ensemble des feuilles présentées. Une partie des dessins de la collection a été réalisée lors des deux voyages en Italie : personnages, portraits, scènes de rue, ruines antiques, paysages de la campagne romaine (croqués sur le vif en utilisant plusieurs moyens graphiques, pierre noire, sanguine, plume ou lavis) et la célèbre série des "sanguines de la Villa d’Este" à Tivoli, authentique joyau qui passe à juste titre pour l’une des plus éblouissantes réussites de l’art du dessin au XVIII e siècle.
Différents types de dessins et de sujets sont présents : copies d’après les maîtres, croquis très rapides, dessins composés, achevés, contre-épreuves.
En résumé : exposition très riche et très intéressante pour suivre l'évolution du talent de Fragonard.
ChG
Les abeilles
Notre conférencière, Josette Bénard, agrégée de sciences naturelles, est une des femmes les plus décorée de Caen (Rosette de la Légion d'Honneur – Mérite National – Palmes académiques – Mérite Agricole). Parmi ses autres titres, on peut mentionner qu'elle fut co-fondatrice de la FNE (Fédération Nature Environnement)
Les abeilles, qui nous donnent le miel, la cire et la gelée royale, ont un comportement social complexe auquel on ne peut pas toujours donner d'explication.
Elles sont, malheureusement en grand danger du fait de la diffusion des insecticides, et des pesticides, mais aussi de la monoculture qui ne leur fourni pas une assez grande variété de protéines.
Elles vivent dans le noir, à l'intérieur des ruches mais, grâce à la lumière rouge, on peut les observer sans qu'elles en soient dérangées.
La ruche se compose :
- d'une seule reine , la plus grosse, nourrie à la gelée royale, qui pond environ 2000 oeufs par jour. Elle vit entre 4 et 5 ans. Elle est fécondée au cours d'un seul vol nuptial et garde les spermatozoïdes dans sa "spermathèque". Elle produit des phéromones qui obligent les ouvrières à s'occuper d'elles. Ces phéromones ont aussi pour mission de bloquer le fonctionnement des ovaires des ouvrières.
- de mâles (une centaine) sont issus d'œuf non fécondé. Ils se laissent vivre ! Ils n 'ont pas de dard. Ils peuvent partir avec d'autres abeilles pour fonder une nouvelle ruche (essaimage). A noter que lorsque la reine n'a plus de spermatozoïde elle ne pond que des œufs non fécondés qui ne donnent que des mâles (ruche bourdonneuse)
- d'ouvrières qui sont chargées de fabriquer les alvéoles (hexagonaux)
- après 3 jours, si elles sont nourries convenablement, elles peuvent devenir reine, sinon elles sont ouvrières et vivent de 40 jours à 7 mois.
- de 3 à 6 jours, elles sont nourrices. Elles apportent le miel et le nectar aux larves.
- de 6 à 14 jours, elles sécrètent la gelée royale pour nourrir la reine et les larves de moins de 3 jours, qui peuvent voir leur poids multiplié par 1000 en 3 jours, grâce à la gelée royale ! Celle-ci contient beaucoup de vitamines et d'antibiotiques.
- entre 14 et 18 jours, elles deviennent cirières
- ensuite magasinières. Elle assurent la réception du nectar et surveillent le mûrissement du miel. Lorsque le miel est prêt, elles cèlent les alvéoles avec un peu de cire. Elles stockent aussi le pollen.
- certaines sont ventileuse. Elles assèchent le nectar en battant des ailes afin qu'il devienne miel plus rapidement. Elles assurent aussi le rafraîchissement de la ruche.
- après le 20 e jour, elles deviennent soit, sentinelles, capables de sécréter une phéromones d'alarme, soit butineuses. Les unes pour le nectar, les autres pour le pollen. Elles stockent le pollen dans leur "corbeille", sous forme de pelote. Chaque pelote peut contenir 6 500 000 grains de pollen !
Mais le plus passionnant est leur façon de communiquer entre elles ! Elles sont capables de "dire" à leurs collègues où se trouve un champ intéressant. Une danse en rond indique que le champ est à moins de 100 mètres. 40 ronds, si plus de 100 m. 24 si plus de 500 m …Une agitation donne l'odeur de la plante. Elles laissent aussi des phéromones de passage pour que les autres ouvrières retrouve le chemin, ou des phéromones d'anti-passage pour qu'il n'y aient pas trop de butineuses.
Elles ont un rôle très important de pollinisation. A tel point qu'aux USA, qui ont utilisé beaucoup d'insecticides, des ruches itinérantes sont amenées sur place pour que les abeilles puissent remplir leur rôle.
Les ruches subissent des attaques multiples :
- les insecticides neurotoxiques participent au déclin des ruches qui n'ont aucune défense en ce qui les concerne - les insecticides des OGM - les acariens prédateurs - les champignons - les frelons asiatiques - le syndrome de l'effondrement de la colonie (les essaims disparaissent, sans laisser de cadavres…)
Mais, un rayon de soleil dans ce triste bilan: les ruches de ville !
En effet, elles trouvent une grande variété de plantes et fleurs, sans pesticides et sans insecticides, ce qui leur permet de fournir 4 miels dans l'année (1000 kg par ruche/an)
Madame Bénard nous rappelle que 2010 étant l'année de la biodiversité, il nous faut planter beaucoup de variété de fleurs dans nos jardins et sur nos balcons afin de nourrir les abeilles !
ChG
Visite Ets Thierry
Nous savions toutes depuis longtemps que la Haute Couture française pouvait être un art à part entière avec une longue liste de couturiers de renommée mondiale tous aussi doués et créatifs les uns que les autres: Christian Dior, Yves Saint-Laurent, Coco Chanel, etc...
A ce sujet la visite des Etablissements Thierry à Ifs, spécialisés dans la confection de Prêt-à-porter de luxe pour les maisons Chanel, Hermès, Vuitton, Céline, etc.. fut intéressante à plus d'un titre. S'imprégner de l'ambiance de l'atelier, voir travailler avec dextérité les couturières hautement qualifiées et partager notre admiration avec elles fût déjà un grand privilège. Mais nous étions loin des ateliers traditionnels ou l'on travaillait manuellement à tous les postes. A Ifs, nous avons réalisé que la Haute-Couture a su évoluer et se moderniser en bénéficiant des technologies de pointe. Les plans de coupe sont réalisés sur papier, à l'ordinateur, au mm près, de façon à ne pas perdre de tissu (certaines pièces ont plus de 100 morceaux !). Les tissus sont ensuite découpés à partir de ces plans avec une extrême précision (la machine permet de découper plusieurs épaisseurs avec fidélité et netteté). Interviennent alors le chiffrage, ou numérotation des morceaux, puis l'assemblage avec des machines qui piquent et "dégradent".
Un repassage minutieux se fait au fur et à mesure, permettant de coller un droit-fil, puis au poste suivant, une des rares étapes manuelles, on enlève toutes les épaisseurs aux ciseaux.
L'assemblage se fait à des postes spécifiques selon qu'il s'agit de manches, poignets, cols, doublures, boutonnières... etc.
C'est dire le degré de qualification de chacune des couturières qui travaille, à chaque fois, avec une machine très spécialisée : il existe même des machines pour boutonnières passepoilées ou pour coudre les boutons ! La formation des couturières se fait dans l'entreprise et il faut au minimum 5 ans pour que chacune accède à un poste important.
Tout ce déroulement des nombreuses étapes en nécessite une parfaite harmonie entre les couturières, car aucune ne doit casser le rythme très soutenu de la fabrication et un travail mal fait, donc à recommencer, ralentit toute l'équipe. Il entre bien sûr en compte un facteur rentabilité qui se superpose à celui de la qualité.
Nous avons pu admirer plusieurs séries de vestes "Chanel", parfaites dans le moindre détail. L'une d'entre nous, mannequin improvisé, a endossé une "doudoune Hermès", et un boléro "Vuitton"... et nous avons rêvé car, bien sûr, tous ces petits chefs-d'œuvre de la mode ont un prix (!) justifié par les exigences et les conditions de réalisation.
Les donations
Beaucoup d'intérêt et d'émotion pour la prestation de Maître Christine LE BIHAN, notaire à Caen, autour des thèmes "les droits de succession" et "les donations entre époux".
Etant données notre moyenne d'age (!!!) et les diverses situations familiales (célibataires, veuves, divorcées ou tout simplement encore mariées) nous étions très vivement concernées par ce sujet fondamental. Beaucoup de questions ont été posées de notre coté, et abordées avec clarté et humanité par M° LE BIHAN:
- comment transmettre de son vivant, aux enfants ou autres héritiers, un bien qu'on a chèrement acquis par son travail, tout en conservant pour soi une vie décente et confortable ?
- comment transmettre les biens reçus de nos parents et les conserver en cas de divorce afin de ne pas léser les enfants ?
- comment payer le moins possible de droits lorsqu'on transmets des biens de son vivant ? Le cas des assurances-vies est abordé ainsi que des frais dus à l'Etat dans les diverses formes de succession.
Les législateurs ont inventé un mot merveilleux : "l'usufruit" qui vous permet de profiter du "fruit" de vos biens qui ne vous appartiennent plus puisqu'ils reviennent de droit à vos enfants au décès de votre conjoint (le cas de la donation universelle est, paraît-il, peu courant …)
Dure réalité, qui mélange les problèmes concrets et l'affectif et qu'il faudrait pourtant aborder avec lucidité et sérénité. Mieux : il faudrait même anticiper !
Les notaires nous aident fort heureusement à y voir clair dans les méandres des diverses législations qui se sont succédées depuis des décennies.
46eme assemblée générale de la FFLCI
Le Club de Bordeaux reçoit le Bureau National et les 215 participantes à l’Athénée Municipal, en la présence de Maj-Britt Varpe , Finlandaise, Vice-Présidente de la Fédération du L.C.I. pour l’Hémisphère Nord. Nos amies suisses du Club de Neuchâtel, jumelé avec le club bordelais, ont été conviées avec Monique Marié , Présidente Centrale du Lyceum Club de Suisse.
Notre Présidente Nationale, Christiane Péchiné , assistée de Monique Leboeuf, Christiane Rolet, Muriel Hannart, Lucile Vignial...
- nous présente la Vice Présidente Internationale Finnoise
- félicite Chantal Doumic (Paris), décorée de la Légion d’Honneur, et Claudine Tonneau (Dijon), cavalière de 70 ans, championne du monde de saut d’obstacle
- se recueille avec nous, en mémoire des Lycéennes disparues cette année
- annonce la création des Clubs de Lille-Flandre , le 9/06/2009, et Marseille , le 9/08/2009
- encourage les jumelages de Bretagne-Amsterdam, Paris-Bâle et Paris-Philadelphie
- expose la nécessité de créer une nouvelle plaquette , sur laquelle travaille Monique Leboeuf ; elle doit être plus claire, notamment sur le but, la gestion et les moyens d'actions du Club.
- complimente la coordinatrice du site Web , notre Présidente Chantal Giraud, qui doit faire face aux problèmes liés à un prestataire considéré comme trop cher. Espoir de négociation
- cite " Environnement et Énergie" et " Laissez l’île antique parler" , thèmes généraux du Congrès de Chypre qui aura lieu du 19 au 22 mai 2010, et dont les groupes de travail seront :
1 - Civilisation et Environnement à travers les œuvres de Platon, Aristote, Théophraste...
2 - Problèmes généraux (climat…)
3 - Géologie & Architecture, Environnement, Architecture traditionnelle, Biodiversité…
4 - Civilisation et Environnement Chypriote ; recettes traditionnelles et breuvages, musique, danses, contes et récits, artisanat…
- résume les journées culturelles des 27, 28 et 29 mai 2009, à Lisbonne
- conseille la lecture plus assidue du Bulletin de Lucile Vignial, sur le site web International : www.lyceumclub.org ; mot de passe jusqu’à mai 2010 : "cyprus 2010"
- parle des projets sur le plan national : Sensibilisation, Information, Formation.
- divulgue l’éphéméride :
21/25 X 2009 : Concours international féminin de musique de Lausanne (problèmes financiers
évoqués par Monique Marié)
14 X 2010 : AG de Limoges
2011 : BCI à Stockholm pour le centenaire du Club
2011 : Journées Culturelles à Moscou (interrogations car rien n’y est très clair pour l’instant !)
2011 : AG en Bretagne pour le trentenaire du Club
2012 : BCI & Journées Culturelles à Lausanne, pour le centenaire des clubs de Lausanne, Berne, et Genève.
Rapport Moral suivi des votes pour les changements de statuts et pour l’approbation des comptes, à l’unanimité.
La présentation des activités les plus marquantes des clubs présents est troublée par le bruit strident d’une alarme imposant l’évacuation, subite mais très momentanée, de la salle; cela nous permet de réconforter nos "accompagnants" transis de froid, oubliés par le car près de la Porte Dijeaux, qui vont rejoindre en taxi la région des Graves pour visiter Château Haut Brion , puis le Château de la Brède où Charles de Segondat, futur baron de la Brède et de Montesquieu, naquit en 1689.
Départ vers le Palais de Rohan , ancien palais épiscopal construit par Joseph Etienne et Richard-François Bonfin, 1776/1783, pour Ferdinand Maximilien Mériadec, prince de Rohan, archevêque de Bordeaux qui finança sa reconstruction par la vente en parcelles à lotir d’un terrain marécageux; il est Hôtel de Ville depuis 1837, et l’Adjoint au Maire chargé des Affaires Culturelles nous y attend pour discours et petits fours.
L’escalier d’honneur, à 3 trompes soutenant les volées, est un joyau de stéréotomie ; décentré, il précède le grand salon lambrissé. De 1799 à 1804, le peintre néoclassique bordelais Pierre Lacour (1745/1814) restaura les grisailles en trompe l’œil de Berinzago, dans la salle à manger du palais devenu préfecture ; on dit ici que Lacour influença Eugène Delacroix (1798/1863), tout jeune fils du préfet !
Excellent déjeuner au Café Maritime , sur les bassins à flot, très en aval du centre ville.
Courte visite pédestre du centre ville :
Le port, dit " port de la lune" en raison de sa forme, ne bruisse plus des chargements de vin, cognac, fruits secs, huiles, toiles et chapeaux, ni des déchargements de sucre, café, et épices divers ; les installations modernes ont émigré en aval de la ville et on marche maintenant sur des quais splendidement rénovés pour la promenade, qui ont remplacé la plage de sable du XVIII e . Le ludique Miroir d’eau conçu par l’équipe de l’architecte paysagiste Michel Courajoud (octobre 2006) en référence à l’inondation de la piazza San Marco à Venise, est un incontournable lieu de fêtes locales ; en dalles de granit il ressemble à une immense ardoise et cache un mécanisme du fontainier J.M. Llorca le faisant passer en 15 mn d’un état de dalle sèche à celui d’immense miroir, après apparition de volutes de brume dispensées par des buses minuscules, puis jets d’eau de plus en plus forts dispensés irrégulièrement. Il remplace 2 hangars et des grues placées là au XIX e et précède l’élégante et symétrique place de la Bourse (1735/1755), ancienne place Royale alors en bordure immédiate du fleuve, épicentre du commerce de l’époque, où l’ Hôtel des Fermes , à gauche, et le Palais de la Bourse à droite, entourent un pavillon central ; Jacques III Gabriel (architecte de l’abbaye de Saint Denis), fit l’Hôtel, son fils Jacques IV Ange Gabriel (architecte de la Place de la Concorde, ancienne place Louis XV) conçut la Bourse ; la Fontaine des 3 Grâces a remplacé la statue équestre de Louis XV fondue en 1792, et celle de Napoléon III, détruite elle aussi. Ces "filles de Zeus", Aglaé, Euphrosyne, Thalie, furent dessinées par Visconti (architecte du Louvre de Napoléon III), et réalisées par Gumery et Jouandot. La campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein les a parées de grands cordons rose fushia. La rue Phillipart ( ancien maire), XVIII e , longe la rue Saint Rémi, "decumanus" est-ouest antique ; un balcon "suspendu sur trompe" au carrefour de 3 rues, précède la Place du Parlement XVIII e .
Fin de la visite devant l’immeuble Restauration de l’Office de tourisme, près du Grand Théâtre (1773/1780) construit par Victor Louis (architecte des galeries du Palais Royal à Paris), à la demande du duc de Richelieu, Gouverneur, sur l’emplacement d’un temple antique. Le grandiose escalier intérieur et la conception des lieux inspirèrent Charles Garnier pour l’Opéra de Paris. La façade monumentale à colonnade corinthienne néoclassique est surmontée d’une balustrade à 12 statues de Berruer et Van den Drix : Junon, Minerve, Vénus et les 9 muses .
Passage à l’hôtel, où nous revêtons très vite nos beaux habits de lumière, pour partir en Médoc vers le Château Giscours (XIX e ), lieu du Dîner de gala, accompagné d’explications claires sur le vignoble bordelais.
Ce domaine viticole de 80,50 ha avec réserve naturelle de 300 ha d’arbres centenaires, prairies et étangs, existait déjà en 1330. Il est situé rive gauche de l’estuaire de la Gironde, en aval du confluent Garonne/Dordogne sur la route des domaines du Médoc, à Labarde près de Margaux dont il a l’appellation contrôlée.
Présentation des chais avec leurs barriques de chêne et des contenants plus modernes réservés à l’assemblage ; cours d’œnologie et dégustation apéritive à la ferme Suzanne.
Notre éducation gustative continue au cours du dîner entrecoupé d’intermèdes musicaux joués par un pianiste à multiples facettes ; Château du Juge , Bordeaux blanc sec 2005 (pas de blanc, à Giscours), accompagne le croustillant de rouget au basilic ; La Sirène de Giscours 2002, second vin de Giscours Margaux, valorise le demi-pigeonneau en surprise des bois, désossé et farci aux cèpes, Château Giscours 1995, vin de Margaux classé troisième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, termine le repas.
Nous rentrons très tardivement de cette excellente soirée.
Béatrice FIX
Montmorency & Ecouen
La région d'Ile de France, située à 20 kms au nord de Paris, dotée d'une belle forêt domaniale, fut pendant le XVI° s. un lieu à la mode où les parisiens venaient se reposer en s'acquittant d'un droit de péage perçu par les seigneurs locaux. En effet, l'illustre famille des Bouchard de Montmorency y possédait, depuis plusieurs siècles, la terre d'Ecouen et son château-fort ainsi qu'une grande partie des domaines aux alentours. Proches des rois François Ier, puis Henri II, des personnages riches et influents, tels que Guillaume et son fils Anne de Montmorency, se sont succédés dans cette famille au XVI°s., agrandissant sans cesse d'immenses domaines, bâtissant des châteaux (130, au milieu du XVI° s.) et de nombreuses églises, abbatiales et collégiales, dont St Martin.
Pour cela, d'un goût très sûr, ils firent appel aux meilleurs architectes et artistes du moment, dotant les constructions civiles et religieuses d'éléments de style Renaissance, et "à l'Antique", alors à la mode, accompagnés de merveilleux vitraux, pavements, lambris, tapisseries, ferronneries et autres éléments de décor somptueux.
Nous avons eu l'occasion d'apprécier, en premier lieu, la Collégiale Saint-Martin, église bâtie au XII°s. puis agrandie et embellie par Guillaume et son fils Anne de Montmorency, au XVI°, afin d'y installer les tombeaux des membres de la famille. Son architecture révèle 2 parties différentes : la première - le choeur - très décorée et influencée par la Renaissance italienne(sous Guillaume), la deuxième - la nef - plus sobre, érigée dans la deuxième moitié du XVI° (sous son fils Anne).
Outre l'intérêt architectural de l'édifice, bien préservé et restauré, des vitraux d'une qualité exceptionnelle ont suscité notre admiration entretenue par la compétence d'une guide passionnée... Nous avons vu - avec une description très érudite - l'évolution des techniques et des décors dans l'art du vitrail. De nouveaux procédés permettant de fondre les couleurs et de les intégrer au verre, au lieu de les peindre, de nouveaux colorants et des teintes nouvelles, telles que la sanguine, les grisés pour les dégradés, les violets, verts et jaune d'argent, la technique du grattage de la première couche du verre laissant apparaître la lumière ou la deuxième couche de couleur différente, les décors de motifs damassés et l'introduction de paysages en perspective derrière les personnages, toutes ces nouveautés nous permettent d'apprécier l'évolution de l'art du vitrail du XVI° jusqu'au XIX° (représentation de la Bataille de Bouvines, réalisée en 1908 par Eugène Grasset. Autre intérêt de ces beaux vitraux : ils représentent les hommes et les femmes célèbres de la famille des Montmorency, soient seuls, soient accompagnés de leurs enfants ou des personnages influents gravitant autour d'eux.
Notre seconde visite fut le Château d'Ecouen, demeure de ces grands personnages du XVI°s., dont la construction commença par l'aile Ouest, en 1542, puis poursuivie par l'aile Sud, en 1544, et finie par les ailes Est et Nord, en 1548. Ces divers bâtiments nous montrent l'évolution rapide des conceptions architecturales et nous fournissent un condensé de l'histoire de l'architecture française du milieu du XVI°s. Divers propriétaires occupèrent le château qui fut, après la Révolution, choisi par Napoléon pour devenir la première maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'Honneur, en 1807, sous la direction de Madame Campan. Après une période d'abandon, Louis-Napoléon Bonaparte fait transférer, en 1850, à Ecouen, la Maison de la Légion d'Honneur, installée à Paris. Elle y restera jusqu'en 1962. Par la suite, le château est restauré et réaménagé en Musée National de la Renaissance par le Ministère des Affaires Culturelles.
Nous y trouvons bois sculptés et beau mobilier Renaissance, arts du métal, ivoires, faïences et émaux, instruments scientifiques (collection d'astrolabes et matériel de marine) et surtout une tapisserie d'un intérêt exceptionnel : la tenture de David et Bethsabée. 10 pièces d'une longueur de 75 m et 4,5 m de haut constituent la plus importante tapisserie du XVI° conservée en France. Le thème, traité à Bruxelles, est en faveur au début du XVI° mais on ne peut déterminer le commanditaire de ce chef d'oeuvre dans le plus pur style flamand. Sans doute s'agit-il d'une commande princière, mettant en scène quelque six cents personnages dans des compositions variées et une multitude de détails pittoresques.
Journée riche en beauté et en enrichissement M-FJ
Marcel PROUST et les femmes par P. HENRY membre fondateur du cercle proustien
Les femmes ont joué, à divers degrés, un grand rôle dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust. Il a en effet créé de nombreux personnages féminins de divers milieux sociaux mais ayant en commun la particularité d'être exceptionnelles, belles, intelligentes et cultivées.
Ces femmes qu'il a côtoyées et aimées tout au long de sa vie l'ont souvent inspiré et on les retrouve transposées dans son oeuvre.
Tout d'abord les femmes de sa famille :
- sa grand-mère maternelle, Adèle WEIL, très cultivée, excellente pianiste, pleine d'affection pour son petit-fils et qui l'amènera pendant plusieurs années faire, à Cabourg, de longs séjours pour soigner son asthme.
- sa mère, Jeanne PROUST (la grand-mère dans le roman) riche bourgeoise, aussi cultivée qu'Adèle, mais d'une grande rigueur qui la poussera à isoler son fils en refusant de recevoir ses amies. Elle le surprotègera comme s'il était toujours enfant et c'est la femme qui aura le plus d'influence sur lui.
Puis citons ensuite toutes celles qu'il a admiré d'un amour pas toujours partagé et dont il n'exigeait qu'une photo qu'il rangeait précieusement dans une boîte. Peu de temps avant sa mort, devenu grabataire, il contemplera sa collection de photos "à la recherche du temps perdu" avec la nostalgie de toutes ces amitiés oubliées.
Citons-en quelques unes :
- Geneviève BIZET, très belle veuve dont tous les lycéens sont amoureux, et en particulier Maupassant. Devenue Madame STRAUSS, elle recevra souvent Proust à Trouville.
- Laure HAYMAN, la "dame en rose", demi-mondaine amie de Louis Weil et d'Adrien Proust, qui sera Odette de CRECY, grand amour de Charles Swann dans le roman.
- Marie de BENARDAKY, fille de l'ancien maréchal de la cour du Tsar, amour d'adolescence de Marcel, refusée par la rigoriste Jeanne. Elle sera Gilberte, fille d'Odette et Charles Swann.
- Jeanne POUQUET, maîtresse d'Anatole France, qui deviendra Madame de CAILLAVET et inspirera également l'écrivain pour le personnage de Gilberte.
- Madeleine LEMAIRE, artiste peintre, maîtresse d'Alexandre Dumas fils et dont les grandes soirées littéraires, dans son hôtel du Parc Monceau, sont célèbres.
- la Comtesse GRESSULHE, qui inspirera le personnage de la Duchesse de GUERMANTES.
- Laure de CHEVIGNE, arrière-petite-fille du Marquis de Sade
- la Princesse SOUTZO qui attirera Proust au Ritz où il aura de nombreuses aventures masculines.
- l'actrice Louisa de MORNAND, Rachel dans le roman.
- Anna de NOAILLES et sa soeur.
- etc...
Citons aussi Céleste ALBARET, sa dame de compagnie, qui lui prodiguera une grande affection, le soutiendra dans son travail d'écrivain et l'accompagnera jusqu'à sa mort.
Dans cette liste, qui est loin d'être complète, nous mettrons à part "Albertine", grand amour du narrateur dans le roman mais en réalité inspiré par le chauffeur de taxi Agostinelli. M-FJ
