Conférence : le wokisme est-il un totalitarisme?
Notre conférence du 16 octobre au Cercle de l'Union Interalliée sur ce sujet d'actualité était animée par Nathalie Heinich. Celle-ci est sociologue émérite au CNRS, membre de l'EHESS, et a écrit de nombreux ouvrages de sociologie portant sur des thèmes variés comme les identités en crise, les ambivalences de l'émancipation féminine, la relation mère fille, ou encore l'histoire de la sociologie.
Récemment importé dans le vocabulaire français depuis l’Amérique du Nord, le « wokisme » demeure obscur aux yeux de beaucoup, tandis que, pour
ceux qui y sont exposés – notamment à l’Université et dans le secteur culturel –, il se repère immédiatement. A cette particularité s’en ajoute une
autre, moins évidente : il dissimule derrière des allures progressistes – la lutte contre les discriminations – des conceptions et des pratiques relevant du
totalitarisme. En cela, il renoue, sans que ses promoteurs ni même souvent ses détracteurs en soient conscients, avec une position politique familière
dans l’après-guerre, à savoir le stalinisme, mais qu’ignorent les nombreux jeunes tentés par cette mouvance aux allures novatrices.
Trois conséquences du wokisme :
- il oblige chacun à se définir comme appartenant à une communauté, avec un effet d'enfermement des individus dans un groupe, et mettant ainsi l'accent sur ce qui oppose les groupes d'individus plutôt que ce qui les rapprochent.
- il fait semblant de s'appuyer sur la science, mais s'appuie en fait sur de l'idéologie. Avec un effet d'appauvrissement des connaissances dans l'université et la recherche.
- par l'effet de la "cancel culture", il est un instrument de censure. Au nom de leurs convictions, leurs partisans empêchent les individus de s'exprimer.
Ce sont ces phénomènes qu’a éclairés cette conférence, en s’appuyant sur de multiples exemples, de façon à donner à la fois des clés pour en comprendre les fondements et des arguments pour mettre en évidence les menaces qu’il fait courir à la démocratie.
Hannah Arendt et le prix de l'indépendance : conférence de Jacques Marsat


Le jeudi 10 octobre, au Parvis des Clarisses, Jacques Marsat a présenté à une quarantaine de lycéennes une conférence sur Hannah Arendt (1906-1975) . Il retrace d'abord la biographie de cette femme née à l'aube du XXème siècle dans une famille bourgeoise, juive et laïque, ses rencontres avec les grands esprits de son temps Husserl, Heiddeger, Jaspers, sa vie sentimentale tumultueuse, son départ de l' Allemagne nazie pour la France d'abord puis pour les USA où elle finira sa vie en 1975.
Il met ensuite en lumière son travail sur le totalitarisme qui a tant marqué son époque. Cherchant à comprendre, Hannah Arendt montre que nazisme comme stalinisme utilisent les mêmes ressorts que sont l'idolâtrie d'un chef, un parti unique et la terreur qui fait oublier qu'on est un Homme. Comme journaliste elle va suivre le procès Eichmann et développer par la suite dans son livre Eichmann à Jérusalem la théorie, qui fut parfois très critiquée, de la banalité du Mal .
Le conférencier insiste sur deux points-clés de la pensée de notre philosophe : la conscience et la liberté qui conditionnent toutes les deux le fait d'être un Homme. Choisissant Kierkegaard plutôt que Hegel, elle insiste sur la découverte de la vie intérieure et le pardon libérateur qui rend l'action possible.
Chacune repart avec quelques ouvrages en tête qui pourraient permettre d'approfondir la connaissance de cette femme qui se voulait pourtant plus politologue que philosophe.
Texte Nicole Labbe
Photos Béatrice Theillaud
Soirée oenologie - vins de Nouvelle Zélande
Le 10 octobre, nous avons été accueillies chez une lycéenne pour une dégustation guidée par Aymeric, de vins de Nouvelle Zélande. Une soirée très animée et amicale à la découverte de ces vins, issus de cépages français, et que nous connaissions si peu.













