Conférence Véronique Matteoli 13 juin 2025 - 5 femmes pionnières
Entre autres Jeanne Barret (1740-1807) exploratrice, Roseline Franklin (1920-1958) biologiste moléculaire.

CHATEAU DU CLOS DE VOUGEOT

Notre jeune guide nous retrace les 900 ans d’histoire de ce château emblématique de la Bourgogne.
En 1098, les moines de Citeaux (à 12 km de Vougeot) possèdent des terres et des vignes (encloses de murs). Pour en faciliter l’exploitation, ils décident l’édification au XV° siècle de la cuverie, avec ses 4 pressoirs à cabestan en chêne, ainsi que du cellier et ses 8 piliers en pierre soutenant la charpente.


Le grenier est aménagé en dortoir pour les frères convers.
En 1551, Dom Jean XI Loisier, abbé de Citeaux, fait ajouter un manoir style Renaissance pour en faire sa résidence.


Après des rachats et reventes successifs, le château est vendu en 1944 à la société civile „les Amis du Château du Clos de Vougeot“, qui accorde aux dirigeants de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin (créée en 1934) un bail de 99 ans.
Cette confrérie continue aujourd’hui d’entretenir et restaurer le château. Il est le siège des chapitres de la confrérie, et surtour des climats du vignoble de Bourgogne, inscrits sur la liste du Patrimoine de l’UNESCO.
Différentes manifestations y sont organisées au long de l’année, il peut aussi être loué à des particuliers.
Nous avons suivi la visite classique, en finissant par l’aile Renaissance, et surtout par la chapelle qui vient d’être rénovée. Ses peintures murales représentent les armes des filles de Citeaux et celles des abbés. La clef de voûte style Renaissance, et le vitrail du XX° siècle sont particulièrement remarquables.


Cette chapelle nous a été exceptionnellement ouverte, ce dont nous remercions monsieur ORCEL.
Marie MAIRE

Exposition « l’art dans la rue » au musée d’Orsay
Le 13 juin, nous nous sommes retrouvées avec Catherine Coudert, conférencière que nous connaissons bien, pour parcourir près de 230 affiches sélectionnées par le musée d’Orsay pour l’exposition « l’art est dans la rue ». Ces affiches conservées par la bibliothèque nationale ont gardé l’éclat de leur origine et donne une vision impressionnante du développement des affiches au XIXe siècle, jusqu’en 1917, selon les règles du musée.
L’exposition débute sur l’ère des travaux d’Haussman - affichage des spectacles parisiens sur les colonnes Morris et immenses « réclames » pour des boutiques. Le temps des colleurs d’affiches et des 1ere inscriptions « défense d’afficher » pour respecter certains bâtiments. Puis la couleur s’affiche, la chromolithographie permet de produire vite en quantité. Les artistes s’expriment tels Toulouse Lautrec, entre autres, pour le Moulin Rouge, Mucha que choisi Sarah Bernhardt pour son théâtre,Leonetto Capiello pour le chocolat Poulain, Josso, Choret, H.Gray, Bonnard, Steiner pour les 1ers grands magasins, les cirques, produits alimentaires, alcools, ports à la consommation…Exposition, catalogues et collectionneurs élèvent les affiches au statut d’œuvres d’art. La censure se met en place. Au moment de la montée des extrêmes, des manifestations de rue, l’affiche devient politique.
Belle exposition à voir !









LE TRESOR D’AAHOTEP, REINE D’EGYPTE
Jeudi 12 juin, les lycéennes étaient nombreuses pour écouter la conférence de Jacques Zacharie, historien de l’art, conférencier, guide culturel en France et à l’étranger et également auteur de Bandes Dessinées, sur le Trésor d’Aahotep, reine d’Egypte, découvert par Auguste Mariette en 1859.

Né en 1821 à Boulogne-sur-Mer, Auguste Mariette a connu un destin extraordinaire. Passionné par l’égyptologie, il apprit très tôt à déchiffrer les hiéroglyphes. En 1849, il est embauché au musée du Louvre comme auxiliaire de conservation. Il lui est alors confié une mission en Egypte pour aller y récupérer des documents anciens. Arrivé sur place, il utilise les fonds alloués pour ouvrir un chantier de fouilles à Saqqarah et découvre une multitude d’objets, sarcophages, bijoux, statues. Il met au jour le Sérapéum, grandes catacombes où il découvre les énormes sarcophages des taureaux sacrés d'Apis.
Statue d’Auguste Mariette au Caire
Avec l’aide du pacha Mohammed Saïd, il fonde le Service des Antiquités Egyptiennes, puis crée un musée au Caire dans le quartier de Boulaq. Il écrit également les textes fondateurs du service de protections des antiquités égyptiennes et met fin aux fouilles non autorisées et à l'exportation des antiquités.
En 1859 il s'installe en Egypte et y restera jusqu'à sa mort.


Auguste Mariette créera ensuite le Musée du Caire où est exposé le formidable trésor trouvé dans la tombe de la reine d’Aahotep en 1859 à Dra Abou-I Naga, près de Louqsor.
Lorsque la tombe fut découverte, la momie, endommagée, tomba en poussière, mais les objets furent heureusement préservés. Parmi lesquels des bijoux extraordinaires, une hache d’apparat en or et une barque en or et argent avec ses quinze passagers.
La reine Ahhotep a vécu à une époque particulièrement faste de l'Égypte ancienne. Son règne se situe à la fin de la XVIIe dynastie et au début de la XVIIIe. Elle fut régente de son fils, le pharaon Ahmosis pendant sa minorité et a laissé une trace importante dans l’histoire égyptienne. Elle fut surnommée la reine de la liberté et la reine guerrière.
Son fils Ahmosis entreprendra la reconquête de la Basse-Egypte et chassera les Kyxsôs du delta du Nil.
Le trésor de la reine Aahnotep
Le trésor de la reine Aahnotep, fut présenté lors de l'exposition universelle de Paris en 1864.
Les bijoux et objets précieux trouvés dan sa tombe furent convoités par beaucoup, y compris par l’impératrice Eugénie. Celle-ci aurait souhaité ajouter à sa collection de bijoux un collier fait de mouches d’or
Malgré son statut prestigieux et les nombreuses pressions, Auguste Mariette refusa s'appuyant sur les textes de protection des antiquités égyptiennes. Le collier fabuleux resta au musée du Caire où il se trouve toujours.


Crédit photos : Jacques Zacharie
Cité Royale de Loches




Jeudi 12 Juin 2025, le lendemain du déjeuner de fin d’année avec une chaleur caniculaire, nos courageuses lycéennes sont allées à la Cité Royale de Loches pour avoir une conférence et admirer l’exposition célébrant le centenaire de la mort de l’explorateur et archéologue Louis Delaporte, qui révéla le site cambodgien d’Angkor, en 1866, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’exposition présente des collections du Musée Guimet et permet, de suivre le parcours exceptionnel de cet explorateur, navigateur, très bon dessinateur et aquarelliste, souvent méconnu
Le déjeuner s’est poursuivi par une visite guidée de la ville de Loches dont le patrimoine est très riche et elles ont pu se faire conter au Logis Royal l’histoire de Charles VII et d’Agnès Sorel.






Texte de Brigitte Bigot
Photos de Béatrice Roussille
Découverte d'Aubusson et Felletin
Un peu d’histoire :
Plusieurs théories s’affrontent sur les origines de la tapisserie à Aubusson :
L’une d’elles est que ce sont les sarrasins qui, à la suite de la bataille de Poitiers au VIIIe siècle, auraient importé dans la Creuse un savoir-faire venu du Moyen-Orient.
La réalité est plutôt à chercher dans les mariages entre les comtes de Marche, ancienne région où se situait jadis Aubusson, et les riches familles venues de Flandres où la tapisserie était pratiquée déjà depuis plusieurs siècles.

Carte de la Marche (1753)
wikimedia Commons Gouvernemens généraux de la Marche, du Limousin, et de l'Auvergne, Robert de Vaugondy, 1753
Des artisans lissiers apportèrent leur savoir-faire et s’installèrent à Aubusson et Felletin, villes riches en cours d’eau. Les premières traces écrites mentionnant l’activité de la tapisserie datent du milieu du XVe siècle.
Les tapisseries servaient à l’origine à réchauffer les murs des châteaux en les isolant du froid et de l’humidité. Elles présentaient en outre un caractère décoratif et didactique non négligeable à une époque où peu de gens savaient lire. Les tisserands créaient des images à sujet religieux ou des scènes profanes représentant des batailles, de rois ou des personnages mythologiques.
La manufacture d'Aubusson, spécialisée dans la tapisserie de « basse lisse », tissée sur un métier vertical, connut un essor progressif. Jusqu'à son apogée sous Louis XIV où son Premier Ministre Colbert, éleva Aubusson au rang de Manufacture Royale en 1664.
Comme dans d'autres manufactures, la révocation de l'édit de Nantes entraîna le départ de nombreux lissiers calvinistes, provoquant la baisse de l'activité d'Aubusson. Au cours des siècles, une chute de l’intérêt pour la tapisserie s’opéra peu à peu, due en particulier aux progrès du chauffage dans les châteaux, et, aussi, à son coûté levé pour les acheteurs particuliers.
Dans les années 1930/1940, l'art de la tapisserie s’est renouvelé sous l'impulsion de Jean Lurçat et du lissier François Tabard.

-LE CARTON :
Le carton de tapisserie consiste dans la réalisation d’un modèle ou maquette. Une sorte de patron qui, agrandi aux dimensions voulues de la tapisserie servira de modèle au lissier. Au départ, ces modèles étaient exécutés par les tapissiers eux-mêmes, puis leur réalisation deviendra une activité à part entière, celle des peintres cartonniers. Des artistes renommés pouvaient être sollicités pour créer des modèles destinés à la tapisserie, c’est le cas du peintre Boucher qui créa des modèles à la demande de Louis XV.
Souvent utilisés et réutilisés, ces cartons (qui peuvent être aussi des toiles), constituent souvent de véritables œuvres d’art. Au fil du temps, ils finissent par s’user et sont jetés ou mis au rebut.
Heureusement, à l’Atelier-Musée des Cartons de Tapisserie, situé dans le quartier de la Terrade, Madame Chantal Chirac a pu récupérer et exposer beaucoup de ces cartons que nous pouvons découvrir avec les commentaires de son mari.
Dans la même demeure, ancien octroi d’Aubusson, Madame Chirac elle-même a son propre atelier de restauration de tapisserie.


Après la découverte des cartons, nous partons vers la maison des lissiers où une lissière à l’ouvrage nous explique son travail. Nous sommes toutes ouïes devant ce savoir-faire fascinant qui allie patience et passion.
Le lendemain, nous sommes attendues aux ateliers de tapisserie Pinton à Felletin qui, depuis 1867, produisent des tapisseries, des tapis et des moquettes. Les ateliers Pinton sont célèbres, notamment, pour avoir tissé la plus grande tapisserie du monde.
Mesurant 12m x 22m, cette tapisserie représentant le Christ en Gloire, dont le carton est l’œuvre du peintre et graveur britannique Graham Sutherland, orne depuis 1962 le chœur de la cathédrale de Coventry en Grande-Bretagne. Ville bombardée puis reconstruite après la dernière guerre.


Nous faisons une pause dans notre découverte de la tapisserie pour explorer une autre activité aujourd’hui éteinte à Felletin, celle de la taille des diamants.
Car la fin du XIXème et au début du XXème siècles, la taille du diamant fut pratiquée à la coopérative "La Felletinoise". Un habitant de Felletin ayant appris la taille des diamants à Paris, décida de créer son propre atelier.
En 1906, un groupement d’artisans crée la Société coopérative des ouvriers diamantaires de Felletin qui travaillera à l’international pour la joaillerie puis pour l’industrie (forages, meules, outils de coupe résistants à l’abrasion, équipements de gravure, découpe de verre etc.).
Concurrencée par les diamants synthétiques, la coopérative, déjà en déclin dès les années 30, a fermé ses portes en 1982, laissant sur place, tous ses outils et son matériel. A l’initiative de la mairie de Felletin, aidée par la Fondation du Patrimoine, cette coopérative est devenue un musée de la diamanterie inauguré en 2023.
- LA FILATURE :
Toujours à Felletin, La visite de la filature Terrade va nous instruire sur cette étape importante de la tapisserie. Cette entreprise familiale, installée sur les bords de la rivière Creuse depuis 1912, perpétue les savoir-faire liés à la fabrication et à la teinture du fil de laine.
Avec notre guide, nous observons toutes les étapes, depuis la transformation de la laine des moutons, jusqu'à sa filature et sa teinture.


La dernière matinée de notre séjour est consacrée à une visite de la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson.
Nous y découvrons des merveilles
Depuis la plus ancienne tapisserie tissée à Aubusson "Millefleurs à la Licorne" jusqu’à de récentes adaptations de films japonais "La peur du Hauru" de Miyasaki ou d’œuvres cubistes comme les mains de le Corbusier.
Enfin, le projet George Sand, imaginé par l’artiste Françoise Petrovitch : artiste plasticienne française qui travaille le dessin et la peinture, ainsi que la céramique et la vidéo
Ce projet inédit de tapisserie-installation grand format (23m x 2.15m), est en cours de réalisation à Aubusson, afin de rendre hommage à George Sand à l’occasion des 150 ans de sa disparition en 2026. Le tissage, commencé au printemps 2024, a été confié à La Manufacture Robert Four avec un dévoilement prévu en juin 2026.

Crédits Photos : Marie-Christine Mechin










