L’avenir de l’eau: utopie ou réalité?

Quelle place tient-elle? dans notre vie de tous les jours, dans l'économie de notre pays et du monde?
Autant de questions à se poser sur l’eau.
Jacques Tcheng, directeur de la Régie des Eaux de Grenoble, nous en a parlé avec la précision et la conviction de l’expert qu’il est. À l’aide d’exemples concrets, il a pointé sa répartition inégale dans le monde, son gaspillage et autour des puits mais aujourd’hui ce sont des risques de guerres internatio- nales qui sont à craindre...
Pour revenir à notre Dauphiné, il nous a révélé que la gestion de notre eau est confiée à une multitude d’organismes dont les compétences sont inégales. Un gaspillage important de la ressource et des financements en découle, avec, pour conséquence, désordre et opacité. Ce qui est plus grave, c’est que ce désordre et cette opacité sont à l’origine de dérives.
Heureusement nous nous sommes consolées autour de brochettes de pois- sons qui, eux, n’avaient pas frayé en eaux troubles!
Danielle Bourgeat


Exposition Soulages au Musée des Beaux-Arts de Lyon

« Noir, c’est noir »
C’est avec le plus grand empresse- ment que nous avons répondu favora- blement à l’invitation du club de Lyon, le 12 novembre. En une matinée, toutes les places disponibles, proposées par nos amies lyonnaises, s’étaient envolées! Soulages ne laisse pas indifférent et Pierre Lacôte, notre guide, a su rendre cette exposition inoubliable.
On ne peut s’empêcher de penser à la pièce de Yasmina Reza: « Art » où trois amis s’affrontent à propos de l’achat d’un tableau blanc, tout blanc, ou presque ! Ici la question serait : comment peut-on rendre sensibles les modulations de la lumière, à travers des œuvres noires? Bien-sûr, il y a le noir de fumée, le noir du goudron, le noir d’ivoire et l’« outrenoir » (comme il existe un bleu outremer). Et puis il y a toutes les connotations propres au noir, que chacun porte en soi.
On parle à propos de Soulages « de la lumière du reflet ». Il se joue des oppositions et des contrastes : le noir et le blanc, le mat et le brillant, le creux et le plein. Le geste est répétitif, comme sont répétitives les empreintes ou les traces laissées sur sa matière de prédilection : l’acrylique. Les bandes de tissu qu’il colle, créent une rythmique particulière, sorte de partition musicale, de variation née du jeu des verticales, des horizontales et des obliques. C’est le spectateur, dans sa mobilité, qui fait exister l’œuvre grâce à l’organisation de la lumière. L’éclairage est donc primordial et son réglage, affaire de spécialiste. Ainsi le noir se fait couleur et, au- delà du noir, apparaissent le bleu Guimet, ou sa complémentaire, l’orangé.
Pour Soulages ce qui est essentiel, c’est l’action et non le concept. Dans ses ta- bleaux, il n’y a pas de récit. Il se sent proche de l’artisan qui expérimente et qui se laisse surprendre par la matière, l’organisation, la lumière. Il aime l’effet de surprise !
Son objectif est atteint. Il ne lasse pas de nous surprendre et les vibrations qui émanent de ses œuvres sont le reflet de la lumière, de la matière, des lignes, et de ce que nous projetons de nous-mêmes dans cette symphonie...
Danièle Vandenbussche


La caserne De Bonne : du rêve à la réalite

Quand on évoque à Grenoble la caserne De Bonne, on pense aussitôt aux trois bâtiments gris totalement réhabilités (après un combat acharné mené par les Grenoblois) qui encadrent la cour d’honneur, aux jets d’eau et aux espaces paysagers bien séduisants. On y associe la galerie commerciale et ses magasins franchisés comme«H&M»ou«LeVieuxCampeur». On oublie parfois qu’il s’agit d’une expérience-pilote qui avait pour ambition de créer un écoquartier au cœur de la ville. Neuf cents logements ont ainsi été édi- fiés ou rénovés, avec pour principes directeurs, la mixité sociale et le souci du développement durable.
Cet ensemble qui se veut vivant, conjugue, depuis 2008, la diversité so- ciale et générationnelle. Se côtoient, outre les logements traditionnels, des logements sociaux, pour 40 %, une résidence hôtelière, deux résidences étudiantes, des bureaux, un établissement pour personnes âgées et un foyer pour handicapés. On ne saurait oublier le cinéma d’art et d’essai, le Méliès, riche de trois salles et un hôtel quatre étoiles. Le plus remarquable est sans doute la volonté de construire ces bâtiments avec comme préoccupation majeure les performances énergétiques. Les immeubles adjacents fascinent par leur conception et leur diversité. Mais, puisqu’il y a un « mais », tout n’est pas parfait!
Alors que nous arpentons les rues, en ce 26 octobre, un habitant nous hèle pour nous faire part de ses griefs quant à cet écoquartier. Celui du coût, excessif selon lui, des charges injustifiées, des infiltrations d’eau dues à la nappe phréatique trop proche et surtout du manque de régulation thermique, plus de 32 degrés en été ! Si nous sommes séduites par ce pro- jet novateur et par le côté exemplaire des moyens mis en œuvre, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que « l’enfer est, parfois, pavé de bonnes intentions ». Le combat de l’écologie n’est pas encore gagné, même dans les casernes .
Danièle Vandenbussche


Tissages Perrin

Aux Tissages Perrin, trame et chaîne s’entrecroisent pour produire des articles de luxe.
En ce 17 octobre, munies d'un plan précis grâce à Catherine, 14 privilégiées ont la chance de découvrir, au Grand-Lemps, les Tissages Perrin. Il s’agit d’une entreprise du Nord-Isère, spécialisée dans l’ourdissage et le tissage de matières nobles et en particulier de la soie.
Elle réalise pour de grandes maisons (comme Hermès, Chanel, Lanvin ou Nina Ricci), des tissus et des accessoires de luxe. Ceux-ci nécessitent patience, minutie et un savoir-faire qu’il est indispensable de préserver.
Ce qui surprend, dès l’entrée, c’est la superficie des ateliers, d’une propreté méticuleuse, la taille des métiers qui paraissent énormes, et le bruit retentissant. Tout respire cependant le soin et le contrôle, à l’image des produits réalisés. Le contraste est total entre la quantité de fil nécessaire pour mettre en place la chaîne d’une étoffe (pas moins de 840 bobines contenant chacune 380 000 m de fil) et le raffinement du tissu produit. Nous restons médusées devant la rigueur de celles qui sont chargées du « pincetage ». Se fiant à la vue ou au toucher, elles éliminent le moindre fil et la plus petite particule qui compromettraient la qualité de l’impression.
Nous admirons, avec quelque envie, certaines commandes spéciales réalisées dans l’atelier de confection. Des carrés arachnéens, roulottés à la main (45 mn pour une ouvrière spécialisée) des serre- têtes raffinés, des étoffes plissées, des petits sacs pliables en soie et autres colifichets luxueux.
Mais inutile d’espérer les faire siens, ici on n’achète rien, on se contente de rêver ! Toute pièce est soigneusement contrôlée, et sévèrement protégée. Les articles défectueux sont détruits. C’est le prix à payer dans l’industrie du luxe pour préserver l’image de marque.
A une époque où la délocalisation a été érigée en système, il est réconfortant de penser que de telles entreprises subsistent près de chez nous. Elles valorisent le savoir-faire transmis par les générations précédentes et la qualité des produits de notre pays.
Et comme dirait Claire: « le Beau fait beaucoup de Bien » !
Danièle Vandenbussche


Sous l’égide de Stendhal, le Lyceum remet son prix littéraire 2012

Le Lyceum s’est lancé dans une grande aventure... Décerner un prix littéraire!
Partout en France, on allait, après dépôt d’affiches, démarches dans les bibliothèques et autres lieux, proposer aux femmes de rédiger un conte, une nouvelle pour enfants entre 6 et 10 ans et ainsi entrer en compétition et peut-être remporter ce concours.
Le Lyceum de Grenoble a si bien œuvré que douze manuscrits étaient recueillis en juin. Les membres du jury – 10 femmes : cinq spécialistes de l’écriture, de l’illustration, de l’édition et cinq membres du Lyceum – se sont retrouvées après l’été et ont échangé longuement sur tous ces écrits, lus avec la plus grande attention.
Le 1er octobre 2012, réunies chez Florence de Vesvrotte, illustratrice, il nous fallait désigner le meilleur manuscrit. L’imagination et la diversité étaient au rendez-vous. Trois tours, entrecoupés d’échanges pertinents, furent nécessaires pour arriver à élire la meilleure histoire pour les petits....
Le 15 octobre, c’est dans l’appartement natal de Stendhal qu’on allait dévoiler le nom de la gagnante : Annie Sarrazin, représentée par sa nièce très émue. L’écrivain(e) a raconté avec beaucoup de sensibilité, mais aussi de modernité, l’histoire de quelques élèves bouleversés par la maladie d’une de leurs camarades. La nouvelle s’appelle : «Cheveux ». L’auteur a reçu un chèque de 800 euros et entre maintenant en concurrence avec les lauréates des autres clubs de France pour le concours national.
Dans cet appartement de la rue Jean- Jacques Rousseau, nous nous sommes retrouvés, membres du jury, lycéennes, représentants de la presse accueillis par Carine d’Inca, responsable des lieux. On ne pouvait pas s’empêcher de penser à l’enfant Henri Beyle qui avait quitté cette maison vers 7 ans, à la mort de sa mère, pour rejoindre l’appartement de son grand-père, le Docteur Gagnon, dans la Grand’Rue.
Que d’émotion partagées ! Un grand merci à Michelle Tourneur, écrivain et présidente du jury, qui a si bien animé ces deux soirées et à Michèle Auger qui a orchestré tout cela.
Champagne et buffet copieux ont achevé dans la joie ce moment quelque peu solennel.
Anne Oudet


Assemblée générale nationale

Il fait beau pour la 49e assem- blée générale de la Fédération française qui se tient à l’hippodrome de Pau, en ce mercredi 10 octobre 2012. Françoise Vernes, la présidente du club de Pau, prononce quelques mots d’accueil et remercie les 150 lycéennes de leur présence ce matin. (14 clubs sur 15 sont représentés, seul manque celui de Saint-Barthélemy).
Lui succède la présidente nationale, Muriel Hannart, qui évoque ses dépla- cements au cours de l’année écoulée et le plaisir qu’elle a éprouvé en répondant aux invitations des différents clubs. « Ce sont de belles occasions de rencontres et d’amitié et j’invite chacune d’entre vous à utiliser notre grand réseau lycéen. N’hésitez pas à signaler votre passage et a prendre contact avec la présidente de la ville dans laquelle vous allez séjourner, vous serez toujours bien reçues. » Puis, Muriel souligne la dimension inter- nationale du Lyceum par les multiples jumelages entre clubs français et étran- gers et les rencontres qui en découlent. Elle enchaîne avec quelque temps forts, programmés pour 2013 : les journées multiclubs à Orléans en mars, le concours littéraire avec la réunion du jury en avril et la remise du prix à l’AG à Dijon, en octobre. Elle rappelle le congrès international à Perth en mai. Sabine Coiffe, vice-présidente présente le voyage de précongrès d’une douzaine de jours qu’organise la fédération pour découvrir un peu l’Australie. L’après-midi, quelques Grenobloises ont choisi de découvrir le Pau romantique et de la Belle Epoque, ce qui leur a valu de voir quelques beaux immeubles et d’élégantes villas du 19° siècle. Et les nuages se sont écartés à temps pour leur permettre de voir le Pic du Midi d’Ossau (2884 m), surnommé “Jean-Pierre”, géant de pierre !
La journée s’achève par un dîner de gala, et si les Lycéennes n’ont pas été baptisées, comme le bon roi Henri, à l’ail et au jurançon, elles peuvent néanmoins apprécier ce breuvage, au Palais Beaumont. Le lendemain est consacré à la découverte de la vallée d’Aspe. Pas même le temps de manger une célèbre « poule », mais juste celui de se donner rendez-vous à la 50e assemblée nationale à Dijon, l’année prochaine.
D’après Claire Guillaud, Sabine Hudault et Caroline Mignot


« L’amour vache » au château de Beauplan!

Tel est le titre, un peu provocateur, du spectacle, présenté par la compagnie Bel Ami, en ce 24 septembre 2012. Pour la rentrée, Gilbert Dombrowski, comédien formé à l’école de Weber et de Truffaut, propose au Lyceum de Grenoble, une réflexion sur les méandres les plus sombres de l’âme humaine. A travers trois nouvelles de Dino Buzzati, Il explore les ravages de la jalousie, le poison perfide qu’elle ins- tille au cœur de l’homme. Sous couvert d’amour, l’être humain est capable d’empoisonner la vie de l’autre par inté- rêt, ou de le détruire pour pouvoir exister. Ce n’est pas un scoop, bien sûr, mais le talent du comédien consiste à nous le faire toucher du doigt.
Heureusement, l’accueil de nos hôtes, Odile et Jacques, propriétaires des lieux, nous fait oublier ces noirceurs ! Nous pas- sons sans transition de « l’amour vache » à l’amour courtois. En effet, c’est dans l’aile du château, restaurée pour le maria- ge de la princesse des lieux, Oriane, que nous partageons un
somptueux buffet. Il a été préparé avec amour, par les dames du Lyceum qui ont eu à cœur de n’empoisonner personne !
Danièle Vandenbussche


Avec le club de Lyon : "Sur le chemin de la passion".

barbarin.pngA l’initiative des Lycéennes de Lyon et de Françoise Mangez, musicologue avertie, nous nous sommes retrouvées 8 contre 8 au château de Barbarin, près de Beaurepaire pour rencontrer des personnages passionnés et passionnants.
Philippe Seigle restaure ce domaine avec amour et compétence. Il en est le propriétaire depuis vingt ans et y demeure en permanence. Il nous fait admirer le « baladoir », les arbres « remarquables » et la vue admirable sur la vallée. Nous n’échappons pas aux explications sur les galets roulés et la molasse qui constituent les matériaux spécifiques de l’édifice. Mais nous préférons, à l’humidité des lieux, le soleil généreux de la terrasse.
De là, nous gagnons les dépendances où s’est installée une femme en tous points exceptionnelle : Françoise Rigal. Dès l’âge de huit ans, elle décide qu’elle ne veut vivre que pour le clavecin! Le chemin est ardu, semé clavecin.png d’embûches pour une femme, mais elle réalise son rêve puisque, parmi les 24 facteurs de clavecin en France, elle est l’une des deux seules femmes à exercer son art. Spécialiste du clavecin flamand du XVIIe siècle, elle fait reférence en la matière. Ebéniste de formation, elle allie des talents multiples, car elle doit savoir « tout » faire et n’hésite pas à créer des outils quand ils manquent à l’appel. Elle peut consacrer 1 000 heures de travail à un instrument, sans souci de rentabilité, de peine ou de fatigue. Elle s’implique, aussi, auprès des jeunes, auxquels elle transmet son savoir-faire. La passion est visiblement le moteur de sa vie, comme c’est aussi le cas pour Philippe Seigle. Nous la quittons à grand regret, tant elle est bienfaisante et passionnante.
L’après-midi est consacré à Berlioz, à son musée et à sa musique. C’est Françoise Mangez qui nous fait le plaisir de nous accompagner de ses connaissances et de sa passion. Une audition de quelques extraits, en particulier de Roméo et Juliette, nous met en condition. Il est ensuite facile de pénétrer dans l’univers familier du musicien.
C’est l’une des citations du compositeur qui illustre le mieux ce qui fait le sel de ces rencontres. Je vous la livre: « Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique ? Pourquoi séparer l’un de l’autre ? Ce sont les deux ailes de l’âme. »
Danièle Vandenbussche
sans_titre-5.png


« Passerelles himalayennes » au-dessus de l’Ebron et du Drac

Randonnée pédestre au Lac de Monteynard : par une belle journée ensoleillée de mai, cinq dames téméraires ont franchi l’Ebron par « une passerelle himalayenne ». Sous la conduite de Michèle, elles ont surmonté l’obstacle sans peur et sans peine ! A plusieurs dizaines de mètres au-dessus d’une étendue d’eau vert-émeraude, elles n’ont éprouvé que le vertige généré par la beauté des lieux. Avant la deuxième passerelle qui, elle, enjambe le Drac, les marcheuses ont partagé pique-nique, émerveillement et amitié dans un lieu exceptionnel !
Florence Experton et Michèle de Meyer
passerelle_monteynard.png


Au Musée Dauphinois: « Voyages dans ma tête »

sans_titre_3-2.pngAprès notre soirée « chapeaux », nous avons rêvé de mettre, sur nos têtes, ces coiffes rassemblées par Antoine de Gal- bert. En provenan- ce du monde en- tier, elles rivalisent de beauté.
Une exposition dé- coiffante, d’une grande richesse!
Catherine Wimez