Une deuxième vie est possible... pour les tableaux et pour les cadres
Ce jeudi 20 octobre, treize Lycéennes se retrouvaient, Grande rue à La Tronche, pour visiter les ateliers d'Isabelle Rollet, restauratrice de tableaux, et de Marie de Lara, restauratrice de bois doré. Si leurs deux ateliers sont contigus, ce n'est pas par pur hasard, mais par volonté de rapprochement, leurs activités étant totalement complémentaires. Isabelle Rollet accueille avec bienveillance et attention les tableaux venus de tous horizons, malmenés par la vie, les mauvaises conditions de stockage, l’humidité ou les...rats! Il lui faut d’abord protéger puis consolider l’objet avant de le « désosser » et de le réentoiler. C’est un travail long et minutieux, elle nous parle de « greffes », de masticage, de retouches, de colle de « peau de lapin », de pigments spéciaux, de peintures italiennes et, bien sûr, de l’importance de la lumière! Nous comprenons bien que sa vie est à la fois passionnante et passionnée. Marie de Lara travaille essentiellement sur le bois et souvent le bois sculpté. Elle peut intervenir exceptionnellement sur un autre support ; en ce moment, elle décore à la feuille d'or des œuvres en fer, d'un artiste grenoblois, Mathieu Fiat. Marie nous révèle sa technique de restauration avec tant de précision et de ravissement, qu’on en retient presque son souffle, pour ne pas faire voleter les feuilles d’or !
Après avoir dégraissé le bois, elle passe un enduit, fait de la « colle de lapin » magique, d’ail et de plâtre. Dix à douze couches peuvent être nécessaires. Elle applique ensuite un « bol d’Arménie », plus ou moins rouge. Elle pose enfin les feuilles d’or avant de s’attaquer à la patine! C’est, de toute évidence, l’amour de l’art et la passion qui l’animent ! Nous avons rencontré, en ces lieux, deux femmes-artisans, reconnues dans le milieu de la restauration pour leur compétence et leur savoir-faire. Elles ont su nous communiquer leur passion. Ce travail constitue une forme de renaissance pour les œuvres confiées.
Michèle Auger et Danièle Vandenbussche
« La maman des maçons » de Djenné au Mali
Le vendredi 7 octobre 2011, après avoir découvert et admiré les superbes parquets et les consoles Hache de la maison de l’International, nous avons eu la chance de profiter d’une conférence privée, animée par Evelyne Bertrand.
Depuis de nombreuses années Evelyne, peintre, graveur, photographe et grande voyageuse, consacre son temps et son énergie à Djenné et à la survie de l’architecture en terre crue. Spécialiste de l’Amérique latine, elle a eu un « coup de foudre », pour cette ville d’Afrique et ses constructions, classées au patrimoine mondial de l’humanité en 1988. Son projet est de créer une maison du patrimoine. Il s’agit tout d’abord de sauvegarder une technique de construction unique au monde, les « djenné ferey », utilisée sur place pendant dix siècles et abandonnée depuis les années 1930. Le second objectif est d’exposer, dans cette maison, le patrimoine architectural et l’artisanat d’art de la ville. L’essentiel est de faire connaître et de valoriser aux yeux des Maliens, eux-mêmes, ces savoir-faire ancestraux C’est un rude combat dont elle nous parle avec passion. Elle nous offre la projection privée d’un superbe diaporama, réalisé avec ses propres photos. Elle nous fait partager ses inquiétudes pour l’avenir, mais aussi son émerveillement devant les réalisations de ces maçons qui l’appellent maintenant : « Kadia Traoré » c’est-à-dire « la maman des maçons » Kadia Traoré étant la maman du seul vieux maçon qui, dans sa jeunesse, avait construit une maison entière en « djenné ferey ».
Ce projet a été reconnu d’utilité publique par le ministère français des Affaires étrangères qui lui a accordé une subvention couvrant la moitié des frais prévus. Reste à trouver l’autre moitié!
Danièle Vandenbussche
Evian, ville d’eaux et de plaisirs!
Dans cette jolie ville d'eaux, au bord du Léman, onze
Lycéennes ont rendez-vous avec Irina au Palais Lumière.
De sa voix chantante d'Europe de l’Est, elle nous fait découvrir les splendeurs des collections des princes de Lichtenstein, riches, passionnés d'art, mécènes avant l'heure. Ils ont réuni les chefs-d’œuvre de l'art baroque européen, dialoguant entre le Nord et le Sud. Pour la première fois en France, pas moins de 40 sculptures et 15 pièces de mobilier sont exposées: à nous les Rubens, Rembrandt, Brueghel, Canaletto...
Je reste rêveuse devant la jolie frimousse de la princesse Maria Francesca Von Lichtenstein, âgée de deux ans, endormie, les joues roses, les boucles dorées, serrant une poupée dans ses bras... on l'entend presque respirer ! Dans les dernières salles, nous faisons connaissance avec le style Biedermeier, à la technicité impeccable, qui plaît tant à la nouvelle bourgeoisie de l’époque.
Déjeuner ensuite sur la terrasse de l'Hôtel de la Plage, où nous nous régalons d'un délicieux fera et de ses petits légumes. Le lac est gris et calme. Au loin Lausanne brille de mille soleils. Comme il est bon de bavarder à bâtons rompus.
Dernière étape : Yvoire, joli village médiéval, abondamment fleuri, situé au bord du lac. Le plaisir ne serait pas total sans une dernière incursion dans le jardin de senteurs !
Au château de Beauplan, « poésie » rimait avec « harmonie »
Le 15 septembre 2011, Odile nous accueille au château de Beauplan dans une pièce où trône un superbe lit chinois. Là, nous dégustons les spécialités que les unes et les autres ont apportées. Les langues vont bon train! Nous avons tant de choses à nous raconter après l’été.
Nous nous installons ensuite dans le grand hall, au pied du bel escalier XVIIIe, sous le regard des ancêtres de la famille d’Agoult.
Et soudain! Un air de flûte se rapproche. La musicienne apparaît en haut des marches et descend l’escalier très lentement, telle une apparition qui nous enchante déjà. Quelle mise en scène!
Le spectacle peut commencer. Gilbert Dombrowsky comédien, interprète un texte de Saint-Exupéry: « Au centre du désert », extrait de «TerredesHommes»: un vol de nuit entre les astres et les étoiles, le crash en plein désert et l’errance vers d’éventuels sauveteurs. Hélène Girbal, flûtiste gracieuse, est la bonne fée musicienne qui veille sur le naufragé et l’encourage à ne jamais renoncer. Le texte nous fait redécouvrir
le talent de narrateur et de poète de l’auteur. Les musiques de Bach, Debussy, Tomasi, Varèse apaisent ou accentuent le rythme et la pression de la narration.
La mélodie s’arrête, mais son écho se prolonge dans nos têtes !
Chagall, un peintre “ivre d’images”
A événement exceptionnel,
affluence exceptionnelle;
les deux visites guidées,
organisées par Caroline ont à
peine suffi à répondre à la
demande des Lycéennes!
Il faut dire que l’exposition Chagall et
l’avant-garde russe est tout à fait exceptionnelle,
tant par le thème retenu, que
par la délocalisation à Grenoble, après
Tokyo et avant Toronto, ou par le choix
délibéré de la période présentée.
Lorsque le Centre Pompidou s’invite à
Grenoble, les amateurs de peinture se
pressent.
Né à Vitebsk en Biélorussie, issu d’une
famille pauvre juive hassidique, aîné de
neuf enfants, Chagall cumule de nombreux
handicaps pour assouvir sa passion
du dessin et de la couleur. Mais la
bourse modeste d’un mécène russe, lui
permet de s’installer à Paris en 1911,
où il rencontre de nombreux novateurs
comme Cendrars, Apollinaire, Robert
et Sonia Delaunay.
Tout au long de sa vie, il est partagé entre
la tradition juive, dont il est profondément
imprégné, et lamodernité à laquelle
il aspire avec d’autres, commeMatisse,
Kandinsky, Gontcharova ou Larionov. Il
sait, cependant, restituer unmonde intérieur,
à la fois riche et coloré, qui fait
référence à son univers d’enfant. Un village
d’enfants, proposé par le musée aux
scolaires, qui l’ont décoré, fait écho, par
ses couleurs et sa créativité à cet aspect de
sa personnalité.
La volonté de construire un monde
nouveau, qui est le propre du bouillonnement
culturel de l’époque, se matérialise,
dans cette exposition, par la reconstitution
du Club ouvrier, présenté à l’Exposition
des arts décoratifs de la ville de Paris en
1925. C’est un lieu d’information, symbolique
de la culture socialiste.
Quelques tableaux retiennent plus particulièrement
l’attention comme: Le Père,
Le Mort, La Noce, Le Marchand de bestiaux,
En avant, en avant.
« Ces compositions métaphoriques
révèlent un contenu spirituel
et émotionnel intense ».
Ce sont « des arrangements
d’images intérieures qui [le] possèdent
». Ils traduisent toute la
passion et la complexité de
l’âme juive russe tiraillée entre
désespoir et enthousiasme,
tradition et révolution!
On peut faire une place particulière
à l’oeuvre Double portrait
au verre de vin (ci-contre)
qu’ont choisie les conservateurs
pour la plaquette de
l’exposition. Chagall, juché
sur les épaules d’une Bella
particulièrement sensuelle,
lève son verre à l’enfant
annoncé. Facétieux, il lui
occulte un oeil, comme un 
clin d’oeil au spectateur.
Mieux qu’un long discours,
ce tableau résume sa passion
pour la femme, pour la couleur
et pour la vie!
Danièle Vandenbussche
De l’Islam aux Canuts : Retrouvailles à Lyon
A l’invitation de Christiane
Rolet et sous la houlette
de Sophie Genis, huit
Grenobloises ont rencontré une
« petite » douzaine de
Lycéennes lyonnaises dans le
jardin de l’ancien cloître du
musée, ce 21 avril dernier, par
une belle matinée printanière.
Nous allons toutes ensemble suivre la
visite guidée de l’exposition Le Génie
de l’Orient, l’Europe moderne et les arts
de l’Islam, au musée des Beaux-Arts.
Notre guide a bien su mettre en évidence
le rôle de l’art dans le monde
industriel du 19e siècle, et comment
tous les objets venant des arts de l’Islamont
alimenté la pensée des artistes
et collectionneurs à cette époque d’-
expansion coloniale.
Si à la fin du 18e siècle les oeuvres ne
sont que des documents étudiés scientifiquement,
leur dimension artistique
est vite prise en compte et influence le
monde artistique européen tout au
long du 19e, dans tous les domaines
de la décoration, de la peinture et architecture.
Plus récemment encore,
des peintres comme Matisse ou Paul
Klee y puisent aussi leur inspiration.
De traboules en escaliers
Après un agréable moment de papotages
au restaurant réservé par Sophie,
nous attendait à la Croix-
Rousse une nouvelle guide qui nous
explique, avec beaucoup de détails
plus intéressants les uns que les autres,
la vie des Canuts.
La longue descente du boulevard de
la Croix-Rousse jusqu’au quai de la
Saône, nous fait découvrir de traboules
en escaliers, de cours d’immeubles
en petites places, la vie des
ouvriers de la soie, les Canuts, aux
18e et 19e siècles. Bien sûr l’histoire
contée rend hommage aussi aux
hommes célèbres de cette époque
comme Jacquard, l’inventeur du
métier à tis-ser à cartes perforées, ou
le général Claude Martin qui,
célèbre, après sa mort, donnera son
nomà plusieurs lycées dont LaMartinière
ou le comte Hilaire de
Chardonnet, inventeur de la soie artificielle.
Près du quai Saint-Vincent, la visite
se termine devant la fresque des Lyonnais
célèbres, trompe-l’oeil où
Mourguet nous montre son Guignol
mais Saint-Exupéry ne regarde que sa
rose…
Après nos remerciements à Christiane
Rolet et à Sophie, nous avons
quitté Lyon en nous faufilant dans les
bouchons, il était déjà 18h passées!
Cette rencontre nous a permis, encore
une fois, de consolider nos relations
amicales.
Danièle Arnaud-Richard
Akhenaton, homme de lumière
Le pharaon Akhenaton,
descendant de la XVIIIe
dynastie fut-il un visionnaire,
un fou, un homo,
un iconoclaste?
Le docteur Keddari, ami de Clotilde
Munch et égyptologue passionné, nous
répond par un film lumineux lors de sa
conférence du jeudi 7 avril; défilent sur
fond d'écran des images de la Bible de
Chagall et pour nos oreilles la
merveilleuse musique de François-René
Duchable.
Las de la suprématie du clergé d'Amon,
tout puissant, il impose Aton comme
dieu unique en expliquant l'univers à
partir d'un principe unique à la fois
physique et spirituel: la lumière. Il transmet,
avec sa femme Néfertiti, sa doctrine
oralement, le clergé c'est lui! Il
s'installe entre la Haute et Basse
Egypte à Tell el Arma. Mais, cantonné
dans sa ville, il ne devient pas le
prophète de toute l'humanité et le
clergé d'Amon reprendra ses droits. Il
meurt durant les vendanges de l'an
17, atteint par la maladie de Marfas
(hyperlaxité des membres)
A-t-il été l'inventeur ou le précurseur
du monothéisme? En fait Aton n'est
en rien transcendant, il n'est pas dieu,
c'est presque une religion sans Dieu
une philosophie purement naturaliste
et il est impropre de parler de
monothéisme.
Marie-Françoise Paturle 
3 Jours en Provence
La Provence, un programme très alléchant, et nous voilà vingt et unes lycéennes en route pour une escapade de 3 jours. Pour plus de convivialité, nous avons choisi de voyager à bord de deux minibus.
Première étape, Saint Paul de Vence. Une visite privée de la Fondation Maeght nous attend. Nous découvrons l'histoire de cette Fondation qui est l'histoire d'une famille, les Maeght , galeristes, éditeurs d'art mais avant tout amis des artistes. Braque, Giacometti, Miro et bien d'autres leur ont rendu cette amitié par leurs œuvres qui ornent les jardins et les bâtiments de la Fondation. Et en conclusion de cette visite, nous avons été invitées à visiter la Colombe d'Or, autre lieu mythique de St Paul.
En fin de journée, Lisbeth, la sœur de Jacqueline, nous a magnifiquement reçues chez elle, dans la superbe villa d'Andon, sise sur les hauteurs de Grasse au milieu de jardins idylliques. Somptueux dîner, agréable conversation, puis c'est l'heure de se retirer, pour certaines chez Lisbeth, pour d'autres dans un gîte tout proche.
Le lendemain, visite guidée de la vieille ville de Grasse. Puis nous nous rendons chez le parfumeur Gallimard. Devant l"orgue" à parfum, guidées par des monitrices, nous apprenons ce qu'est la note de tête, la note de cœur et le corps du parfum. Essais, choix, dosages des divers composants permettent à chacune de fabriquer son propre parfum. Et, comme il se doit, nous donnons un nom à notre création que nous emportons précieusement.
Nous rejoignons Nice, où, sur les hauteurs de Cimiez , c'est d'abord la visite du musée Matisse, puis celle des jardins et du monastère.
La journée se termine par un délicieux repas gastronomique dans le village fortifié de Bar-sur-Loup.
Riche programme aussi pour le troisième jour. En route pour La Napoule, où nous visitons le château, idéalement situé en bord de mer, qui abrite les œuvres du sculpteur américain Henry Clews.
Sur la route du retour, notre dernière étape est pour l'abbaye cistercienne du Thoronet, chef d'œuvre d'un style roman austère où l'absence totale de décoration souligne la pureté des lignes. Notre guide nous fait expérimenter l'acoustique exceptionnelle de ces voûtes en nous chantant… des mélodies corses. Inattendu mais du plus bel effet.
3 jours pleins de moments de charme, de découvertes, d'amitié chaleureuse que nous voulions partager avec vous toutes.
