Formes et couleurs de l'Ardèche

C’est sous ce thème prometteur que s’est déroulée cette sympathique journée, à deux bonnes heures de Grenoble, qui a réuni seize d’entre nous et un mari !
La Caverne du Pont d’Arc présente une reconstitution exacte de la Grotte Chauvet, découverte il y a plus de 20 ans, à 2km à vol d’oiseau, quelques mètres au dessus d’une arche naturelle qui enjambe l’Ardèche. L’architecture, la mise en scène, les animations digitales nous emmènent 36 000 ans en arrière au cœur de la vie des Aurignaciens. Ces Homo Sapiens semi-nomades partageaient une immense grotte avec les ours qui y hibernaient. L’été, nos semblables l’occupaient pour y dessiner ce qui est considéré comme le premier chef-d’œuvre de l’humanité, 18 000 ans avant Lascaux.
Si l’on ignore encore la fonction précise de ce lieu dédié uniquement aux dessins, on ne peut qu’admirer le tracé qui donne une vie extraordinaire aux animaux que ces hommes côtoyaient : ours, chevaux, lions des cavernes, panthères d’hiver, rhinocéros laineux, bouquetins, bisons, aurochs, chouettes semblent y vivre depuis le temps lointain où ils apparurent sur ces parois. Quelques mystérieux signes abstraits ponctuent les scènes animales.
L’utilisation du relief et des motifs pariétaux donnent vie à ces créatures monochromes, rouges, noires ou blanches, selon le matériau utilisé et témoignent de l’étonnante capacité à conceptualiser de ces chasseurs, cueilleurs, collecteurs, artisans. Ainsi la modernité esthétique et les innovations graphiques justifient les expressions d’« artistes » et de « chefs-d’œuvre » pour qualifier ces œuvres et leurs créateurs.
Après le déjeuner, les rives de l ‘Ardèche et des falaises la dominant ont donné un écrin naturel à notre imagination, là où se situe La Grotte Chauvet à laquelle très peu de personnes accèdent.
La dernière escale est la charmante ville de Bourg St Andéol, au bord du Rhône. Nous poursuivons notre voyage à travers les siècles en découvrant les charmes et secrets du Palais des Evêques : depuis plus de 10 ans un couple de propriétaires, aidés de nombreux bénévoles passionnés par cette aventure patrimoniale, le restaurent et redonnent vie aux peintures du XVIIème siècle.

Merci aux deux Caroline, notre vice-présidente et notre guide, qui ont organisé cette journée, harmonieusement colorée par la douceur automnale et l’esprit lycéen.

L.B.

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Aquapôle

De quoi s’agit-il ? Nous étions bien 16 à désirer en savoir plus !!!
Après un déjeuner un peu arrosé à la « Queue de Cochon », au Fontanil, une heure d’explications savantes données par un ingénieur-type allait en entraîner quelques unes vers une ‘’petite sieste’’ bien pardonnable ! Heureusement la visite des installations allait nous réveiller : la vue de ces bassins bouillonnants dans lesquels les eaux usées, mêlées à l’azote devaient se libérer de bien des déchets … ce n’est pas certes le Palais des parfums !
Mais les grandes cuves où la boue stagne par millions de tonnes, les bâtiments administratifs élégants et cachés dans les arbres, les kilomètres de tuyaux allaient toutes nous interpeller.
Bref, AQUAPOLE, c’est l’Unité de Traitement des Eaux Usées de l’agglomération grenobloise ! AQUAPOLE, c’est là où l’on dépollue, c’est l’assainissement des eaux usées.
Une trentaine d’agents répartis en 4 pôles vont traiter l’eau, les boues, les épurer pour finir par les rejeter dans l’Isère : dégrillage, décantation lamellaire, bio filtration … Tout ceci est très technique mais aussi instructif pour nous qui sommes incapables d’imaginer tout cela lorsque nous lavons nos radis !
Cette usine ne cesse de se moderniser : traitement des odeurs, traitement des boues qui, grâce à la méthanisation, fabriquera du biogaz lequel, aujourd’hui, alimente 2 500 foyers. Cette grande installation d’épuration est la 2ème de France. 84 millions de tonnes d’eau reçues sont transformées en boues, puis en méthane et renvoyées en biogaz vers le réseau « Gaz de France ».
Cette usine perdue dans les arbres, invisible et si active, est un modèle pour préparer notre avenir écologique. Merci à Caroline de nous avoir fait découvrir ce lieu essentiel à nos vies.
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"Elsa a retrouvé le sourire"

elsa_a_retrouve_le_sourire.jpgC’est sur cette voie, à la croisée de l’histoire et de la fiction, que Gabriel Berthod, nous emmène dans son roman Elsa a retrouvé le sourire, récemment paru.
La première pierre de ce long cheminement est son origine iséroise, où, très jeune, notre invité découvre Rose Valland, laquelle est originaire de St Etienne de Saint Geoirs .
Gabriel Berthod, passionné d’histoire et d’art contemporain, nous a ainsi expliqué son parcours qui, de Vinay à Bruxelles, en passant par l’IEP de Grenoble, l’a amené à rendre hommage à la femme la plus décorée de France, Rose Valland . Historienne d’art, résistante et capitaine de l’armée française, cette humble Iséroise a participé au sauvetage et à la récupération de plus de 45 000 œuvres d’art, avec la complicité du directeur des Monuments Nationaux, Jacques Jaujard.
Avec autant de simplicité que d’aisance, sans déflorer son roman, G. Berthod évoque le contexte historique de l’occupation allemande et la volonté des nazis de se constituer un trésor de guerre pour financer leur armement.

Ce pillage qui commença par un espionnage systématique des œuvres d’art à Paris, centre mondial du marché d’art, fut suivi de destructions, confiscations et spoliations que Rose Valland notait secrètement la nuit.
Depuis plus de 70 ans, la quête des toiles se poursuit, menée par différentes institutions, comme les musées nationaux de récupérations (MNR), créés à la fin de la guerre et le Comité d’ Indemnisation des Victimes des Spoliations (CIVS)
Lire ce roman, c’est comprendre les dessous d’une extraordinaire histoire de spoliation et d’une exceptionnelle quête à la recherche des œuvres disparues.
L.B.


Soirée prestigieuse pour la rentrée lycéenne !

20 septembre : Florence et Thierry Experton nous accueillent à Cossey dans leur belle demeure du XVIIème. Pas moins de 50 personnes (dont 14 messieurs) se pressent autour de nos hôtes,admirant au passage les superbes jardins de la propriété et le fort Comboire. Le ciel est clair, la vue imprenable.
Le plaisir des retrouvailles est manifeste d’autant que nous avons la chance de compter parmi nous : Isabelle Guilbert, la fondatrice du club, et Henri-Pierre, son époux, tous deux reconvertis dans le Bordelais en vignerons émérites.
monnaie_de_singe.jpgMais place au spectacle ! L’heure du théâtre sonne et c’est avec Maupassant que nous entamons la saison 2016. Deux comédiennes pétillantes, appartenant à la troupe « Monnaie de singe » font resurgir pour nous l’univers du XIXème. Elles nous replongent avec tante Lison (dont on parlait comme d’ «une cafetière» ou d’ «un sucrier»), dans les intérieurs de l’époque. Elles mettent en lumière, avec humour, les travers et les critères sclérosés de la noblesse ou de la bourgeoisie provinciales. C’est drôle, c’est enlevé mais souvent grinçant ! L’univers de Maupassant est bien
caustique et nous rions, un peu jaune, des petitesses de l’humanité.
cuvee_olympe.jpgVient alors le temps des agapes et de la dégustation de la cuvée Olympe, fruit du labeur de nos amis. Toutes papilles en alerte, nous nous émerveillons du résultat obtenu et nous réjouissons de cette belle réussite.
Il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte et après les libations, nous redescendons de l’Olympe pour retrouver « Les lumières de la ville ».


Escapade gourmande à Virieu

bigallet.jpg Dernière rencontre de la saison 2015/2016 : sortie champêtre et récréative, qui s’annonçait
malheureusement sous de très mauvais auspices ! Le ciel nous menaçait de ses foudres, mais, pluie
du matin n’arrête pas… les Lycéennes !
Nous étions donc 30 au rendez-vous de Virieu pour découvrir « Bigallet, le roi du citron pressé ».
Cette entreprise locale, vieille de 144 ans, est bien connue pour sa citronnade et ses sirops de qualité
appréciés jusqu’à Dubaï. Plus de 51 variétés s’offrent à nous.
16-06-16
Mais Bigallet est aussi liquoriste. Outre l’arquebuse et le génépi, les crèmes et alcools de fruits, nous
avons pu goûter le « china-china » liqueur d’orange découverte et mise au point par un liquoriste
amoureux qui avait oublié sur le feu, et pour les charmes de Dame China, son chaudron de cuivre !
L’amour fait des miracles, même dans les alambics !
Les effluves des cuves aromatiques avaient contribué à nous mettre en joie et en appétit et c’est
chez Patrick et Elisabeth Rigaux (ancienne Lycéenne) que nous nous sommes installées pour piqueniquer.
Le soleil, grand seigneur, contribua avec les hôtes de ces lieux, à rendre ce
moment délicieux.
Un grand merci à tous et à chacun de nous avoir permis de terminer cette année
lycéenne de si agréable manière. D. VDB
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Mode et jeux d'apparence dans la Venise du XVIII ème

Soline Anthore Baptiste, doctorante en histoire moderne, passionnée de Venise et de tissus anciens a axé son propos et son exposé sur la mode féminine au XVIIIème siècle dans la Sérénissime. Trois bonnes raisons, parmi d’autres, de rassembler 24 Lycéennes, tout ouïe, dans la maison si accueillante de Françoise A. :
*La mode, quel meilleur stimulant pour les femmes que nous sommes !
*Le XVIIIème, siècle où les femmes ont joué un rôle particulièrement important dans les Salons !
*Venise, ville emblématique s’il en est, symbole de rêve, de mystère et de création !

venise_2.jpg A travers les regards croisés d’un dramaturge, Carlo Goldoni, et d’un peintre, Pietro Longhi, tous deux vénitiens, elle aborde de façon originale ce thème, lieu des stratégies féminines, et son rôle dans l’évolution des mentalités. La plume et le pinceau se croisent et se complètent pour brosser un tableau assez exact de ce qu’il convenait de porter.
« Panier » et « corps à baleine » étaient indispensables pour remodeler le corps féminin. Le cône affinait la taille, le panier donnait du volume et de l’assise à la silhouette. Il restait à ajuster « l’andrienne », robe emblématique du XVIIIème. Deux critères magnifiaient le tout : le noir et la référence à la France. Cette robe, sublime mais très mal commode, était remplacée par « la polverina » à capuchon pour le voyage.

Point d’élégance sans accessoires ! Citons « le golié », ruban d’étoffe pour le cou, la coiffe, et surtout les manchettes. La dentelle de Flandres avait toutes les préférences ! N’oublions pas les fleurs dans les cheveux ou à la naissance de la gorge (un petit flacon rempli d’eau les maintenait fraîches) et l’éventail de… France, comme il se devait !

Enfin le maquillage : très blanc pour le teint et rouge vraiment carmin pour les pommettes !
Il va de soi qu’une dame de qualité maîtrisait l’art de la conversation, révélateur d’un certain hédonisme. Elle devait être accompagnée dans ses déplacements par un sigisbée, sorte de chaperon masculin. Etre à la mode coûtait si cher que des lois somptuaires avaient été votées pour limiter les conséquences désastreuses des dépenses engagées.
Au-delà de ces critères ou de ces impératifs se joue bien autre chose : le besoin d’intégration, de reconnaissance et parallèlement celui de démarcation. Les femmes, comme les hommes, ont un curieux rapport à la mode ; elle leur confère un statut, leur permet à la fois de se fondre dans la masse et de se singulariser. Cela aurait-il beaucoup changé ?
Le bon sens populaire prétend qu’à la mode rien ne déguise, mais n’avons-nous pas besoin justement d’être déguisés pour jouer notre rôle dans la comédie humaine ? D.VDB
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MADE IN ROMANS , UNE AFFAIRE QUI MARCHE !

Jour de pluie dans la zone commerciale de Romans, mais festival d’informations et de couleurs dans le magasin d’usine : Made in Romans. Pour nous permettre de comprendre la philosophie de cette entreprise, Emmanuelle BENOIT, passionnée et passionnante, a d’abord évoqué l’univers de la chaussure à Romans.
Après les tanneurs installés au XVème siècle, les premiers chausseurs apparaissent au XIXème : au fil du siècle les usines succèdent aux premiers ateliers. Les années 50 sont le témoin du succès de célèbres fabricants comme Charles Jourdan et Stéphane Kelian. En 1990, fin du conte, début des grandes délocalisations, l’industrie de la chaussure s’effondre, et avec elle, l’économie de la région.
Au début du siècle, des optimistes, engagés et actifs, créent une association : ARCHER. Celle-ci met toute son ardeur à donner des possibilités d’emplois à des personnes en difficulté. De fil en aiguille, vingt pôles d’activités et 2000 personnes bénéficient de cette association.
Made in Romans, atelier de fabrication de chaussures de qualité, entièrement faites à Romans, avec des produits de base d’origine régionale, est le dernier défi relevé par le groupe. Associé à d’autres petites entreprises, cet atelier qui fabrique 5000 paires par an, a contribué à redonner à Romans son titre de «capitale de la chaussure».
Un tour des ateliers complète cette toile de fond. Toutes sortes de sensations, souplesse des cuirs aux incroyables couleurs, odeurs de colle rythment de brèves rencontres avec les ouvriers travaillant aux différents postes : coupe, piquage, assemblage et bichonnage.
Notre charmante cicérone, a su transmettre sa passion, tant pour les hommes que pour les techniques et les matériaux, voilà peut-être le secret de cette bien sympathique entreprise.
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L’après-midi est consacré au Musée International de la Chaussure. Le voyage se poursuit au fil des siècles et des continents… L.B.
Marcher LYCEUM c’est avoir en permanence le sourire à la pointe de la botte, c’est inventer chaque jour son allure, c’est marcher au soleil les jours gris, c’est quatre pas dans le bonheur. (D’après Jean Claude Carrière, au musée de la chaussure)
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Assemblée générale internationale du Lyceum Amsterdam, 8/9 mai 2016

amsterdam-2.jpg Après le mariage de notre fils Joep qui s’est déroulé par chance (!) aux Pays-Bas, me voilà le lundi 9 mai aux aurores dans un train en direction d’Amsterdam.
En plein centre de la ville, sur le Dam, se trouve l'hôtel Krasnapolsky, lieu privilégié et très élégant qui accueille l’A.G. Internationale du Lyceum.
Aux Pays-Bas, il y a trois clubs : Amsterdam, Groningen et Nijmegen et ce sont leurs membres qui ont organisé, de concert, le 33e congrès International avec un pré et un post congrès.
Le thème retenu était :
« Rencontre avec les Néerlandais : en dessous, sur et au-dessus du niveau de la mer ».
Après un accueil chaleureux et des rencontres avec des Lycéennes « all over the world », les choses sérieuses commencent. Des conférences se succèdent avec des titres comme :
" L'histoire des Pays-Bas et le modèle Polder," par le professeur Maarten Prak,
" L'origine et le travail des agences de l'eau aux Pays-Bas," par Ariane Hoog, comte de l'agence de l'eau de Amstel, Gooi en Vecht.
"La technique de la lutte contre l'eau" par David van Raalten, directeur de la compagnie ARCADIS.
" L'architecture et l'eau," par Sjoerd Soeters, architecte.
" La peinture néerlandaise et le miroir des cieux" par Cécile Bosman, Conservatrice du Musée National Maritime d’Amsterdam.
Deux Lycéennes néerlandaises nous ont également captivées :
An Moonen nous a raconté l'histoire des quilts néerlandais ( 1650-1950), en a parlé avec beaucoup d'enthousiasme. Elle a écrit 6 livres sur ce sujet et nous a montré quelques specimens de sa collection personnelle. (quilt = patchwork)
Margreet Graaff nous a lu quelques poèmes de sa composition, très accessibles, suite d'expériences et de souvenirs. A l'occasion de ses 80 ans elle a publié un recueil de 40 poèmes : «Voyage d'une vie".

Si je déroule le film des événements, lundi après-midi a eu lieu l’Assemblée Générale. Ingrid Von Rosen a été réélue présidente avec comme vice-présidentes Joyce Young, pour l'hémisphère Sud et Muriel Hannart, pour l'hémisphère Nord.
Christina Bernstrom Lundberg et Marianne Grenholm sont respectivement secrétaire et trésorière.
Le rapport moral et le rapport financier ont été approuvés.

Je me suis inscrite pour le "Home Hospitality", et le lundi soir j’ai été chaleureusement accueillie par Cordelia Davies Blackburn sur le Keizersgracht pour un dîner avec des Lycéennes françaises, de Troyes, Fontainebleau, Paris, Orléans. Ce fut une soirée très réussie.

Mercredi, retour à Grenoble après des journées pleines des belles rencontres. Bien fatiguée mais contente, j’ai apprécié cette première expérience, qui montre bien la dimension internationale de notre Lyceum.
Marijke Jansen


1925 S’EXPOSE AU MUSEE DAUPHINOIS

GRENOBLE AU TEMPS DES LUMIERES

Flash back : 21 mai 1925. Paul Painlevé président du conseil, Paul Mistral premier maire socialiste de Grenoble, Auguste Perret architecte de renom, inaugurent en grande pompe l'exposition internationale de Grenoble, dans l'enceinte de l'actuel parc Mistral.
Ils cultivent tous les trois une moustache très IIIème République. 10000 exposants ont répondu à l'appel. Dans leurs rangs on remarque un village africain, des souks, un village alpin , les pavillons de plusieurs pays européens, une ferme modèle, le fameux palais de la Houille Blanche et la non moins célèbre tour Perret qui dresse ses tonnes de béton.
40000 AMPOULES
L'ensemble est baigné par le halo scintillant de la « fée électricité ». Pas moins de 40 000 ampoules s'allument à la tombée de la nuit, provoquant une «orgie de couleurs et de feu » que les Grenoblois viennent admirer en famille dès 21h. C'est Grenoble au temps des lumières.
Ces événements ont laissé peu de traces dans la mémoire collective des Grenoblois. Et pourtant...
Si vous voulez aujourd'hui comprendre pourquoi Grenoble vit encore sur sa réputation de ville de l'innovation et des technologies, il faut cheminer à travers le parcours concocté par les équipes du musée dauphinois, à l'occasion de l'exposition « Grenoble 1925. L'éloge de la modernité »
Ce chemin, une quinzaine de Lycéennes l'empruntaient jeudi dernier. Pour prendre, pendant près de deux heures, un grand bol d'air frais des années folles.
L'époque où tout était envisageable, où les idées naissaient...Celle de Paul Mistral était simple et révolutionnaire à la fois. Pour donner un nouveau souffle à sa ville il décide de s'appuyer sur l'industrie et le tourisme.
Pour faire revivre cette volonté, l'exposition met en scène des affiches publicitaires et touristiques superbes, des objets familiers, des statues, des films muets. Une façon ludique et interactive de faire découvrir au public grenoblois son patrimoine et de le sensibiliser à une urgence. Celle de la réhabilitation de la tour Perret.

Car le symbole de la modernité de Grenoble en 1925... tombe en ruine aujourd'hui !!.
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La Résistance est-ce une affaire d’hommes ?

La Résistance est-ce une affaire d’hommes ?
Aux armes citoyennes ! et caetera …

En 1940 « elles n’étaient même pas citoyennes », puisque le droit de vote ne leur fut accordé qu’en 1944 et pourtant les femmes assumèrent toutes les tâches, ordinairement dévolues aux hommes, pendant les 5 années de guerre qui plongèrent la France dans le chaos.
C’est pour rétablir la vérité historique et aborder le problème de la Résistance sous un autre angle, que le Colonel Jean-Pierre Martin, historien militaire, membre de l’académie delphinale, retrace leur histoire et leur combat de 1940 à 1945.
Omniprésentes, les femmes anonymes portent témoignage comme elles ont résisté, « du seuil de la porte ». En retrait et souvent discrètes, elles ne furent que 10% à être honorées du titre de « Compagnon de la Libération » ou à obtenir la carte de « Combattant volontaire de la Résistance ». Pour mémoire, ce n’est qu’en 2015 que deux Résistantes eurent l’insigne privilège d’entrer au Panthéon : Germaine Tillon et Geneviève de Gaulle-Anthonioz (nièce du Général de Gaulle).
Leur rôle fut obscur mais essentiel ; elles se chargèrent de porter secours, protéger, soigner, renseigner, assurer des liaisons, détourner l’appareil d’état au profit de la Résistance et aussi… combattre ! Excusez du peu.
Entrer en Résistance constitue souvent pour elles une triple transgression : sociale, politique et ontologique.
Eternelles mineures, politiquement, socialement, juridiquement, elles ont pourtant joué un rôle majeur. « Nec domina, nec ancilla, sed socia ». (Ni maîtresse, ni servante, mais compagne)
On pourrait citer les noms de quantité de femmes admirables, engagées et souvent mortes en camp de concentration, mais c’est peut-être le personnage féminin de l’œuvre de Vercors : « Le silence de la mer » qui résume le mieux la volonté farouche et obstinée de celles qui ont tenu tête à l’envahisseur par les armes ou par le silence.
Je laisse à Malraux le soin de conclure : « Avec quoi ferait-on la noblesse d’un peuple, sinon avec celles qui la lui ont donnée ? »
D. VDB