Or gris et Art Déco

Si on lève un peu les yeux lorsqu’on se promène à Grenoble, on ne peut qu’être séduit par le somptueux spectacle que constituent les montagnes. Mais c’est à une autre découverte que nous convie Caroline Roussel-Champetier, notre guide, à savoir l’Art Déco, style propre aux années 1920.

Nos amies lyonnaises nous rejoignent en début d’après-midi, après la visite de l’exposition Fantin-Latour et un déjeuner en terrasse au restaurant du musée.

Il s’agit, sous un soleil estival, d’observer l’architecture grenobloise. Nous déambulons d’un pas alerte, le nez en l’air, sous la houlette de notre guide.

Départ : Maison du tourisme. Arrivée : rue Thiers. Itinéraire : rue de la République, boulevards Rey et Gambetta et, bien-sûr, cours Jean Jaurès. C’est là qu’on trouve le plus de traces de l’Art Déco et aussi de l’Art Moderne.

Pas moins de 2 heures à scruter, souvent en haut des façades : les balustres, les garde-corps, les ornements variés et les matériaux divers. Au passage, ne manquez pas la très belle façade de l’immeuble situé entre Monoprix et la place Grenette (même s’il s’agit d’un tout autre style) où l’on retrouve les têtes des propriétaires. Vanitas vanitatum…
C’est Louis Vicat, qui dès 1818 fait des recherches sur le ciment hydraulique, fasciné par les réalisations romaines. Le béton moulé et le béton armé, dont il modifie la composition, font bientôt la fortune et la renommée de la ville au début du siècle.
Nous observons, grâce à lui, de nombreuses nuances de gris (mais pas 50 !), puisque c’est bien d’or gris qu’il s’agit ici.

De l’Exposition universelle à Paris, à l’Exposition internationale sur la houille blanche et le tourisme à Grenoble, en 1925, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement.

Quatre réalisations restent emblématiques de la ville : le Garage hélicoïdal que nous avons la chance de visiter grâce à Christine C., la Tour Perret, le Palais des glaces et l’Immeuble du gymnase, devant lequel nous faisons une halte bienfaisante. Ce grand paquebot aux lignes arrondies, tout de blanc vêtu vient juste d’être réh abilité. Ces réalisations sont signalées comme appartenant au Patrimoine du XXème siècle.
A Grenoble tous les styles se côtoient et s’enchevêtrent. Mais ce qui permet d’identifier l’Art Déco, à coup sûr, ce sont, outre les matériaux disparates, les lignes arrondies et les pans coupés, les toits-terrasses, les bow-windows, les oculus et l’ornementation florale avec une prédilection pour les roses et les tournesols. Les ouvrages en ferronnerie, balcons et garde-corps, ainsi que les portes sont tout à fait remarquables.
Même les « vraies » Grenobloises sont étonnées par la richesse de leur ville en ce domaine.
Désormais lorsque nous nous promènerons en ces lieux, nous n’oublierons pas de lever la tête !
D.VDB avec la complicité de C.M. 16/05/2017


Rencontre avec Emma Louis

le-jour-ou-je-n-ai-pas-tue-mon-pere.jpgLE JOUR OU JE N' AI PAS TUE MON PERE UN RUDE ROMAN PSYCHOLOGIQUE

Pour la première fois le Lyceum accueillait, lors d'un petit déjeuner littéraire, Emma Louis.
Journaliste de talent, écrivain, poétesse, elle a plus d'une corde à son arc et a même écrit, en son temps, un opéra-ballet préfacé par Monseigneur Matagrin....
Elle nous présentait mercredi son dernier livre « le jour où je n'ai pas tué mon père » un rude roman psychologique.
Avec sa légendaire retenue et la passion qu'elle met en toute chose, Emma nous a embarquées dans son univers. Un univers fait de plongées au plus profond des ténèbres et de lumineuses renaissances.
Pour résumer en quelques mots son ouvrage, on peut dire qu'il a pour thème principal l'enfance maltraitée. Mais pas seulement. Certes le héros placé très jeune sous l'autorité de la Protection de l'Enfance, souffrira une bonne partie de sa vie de l'absence d'amour maternel. Il se fera du mal à lui même et... aux autres. Avant de trouver la rédemption.
Du livre il faut aussi retenir l'écriture au couteau d'Emma, qui ne cesse de tailler dans la vie, ses malheurs et ses bonheurs aussi.

Il faut du temps parfois pour apprivoiser Emma, souvent mystérieuse derrière ses verres teintés.
Mais quand elle découvre chez les autres, écoute et bienveillance, s'engage alors un échange fait de chaleur et de sincérité.
C'est ce que l'on a ressenti, semble-t-il, au cours du débat qui a permis à l'assistance d'entrouvrir un instant le monde de l'auteur.
V.S. - 12.05.2017


Michelle Tourneur : "La Ballerine qui rêvait de littérature"

la_ballerine_qui_revait_de_litterature.jpgPour la troisième fois, nous avons la chance et le plaisir d’accueillir Michelle Tourneur, écrivain et scénariste. Après La beauté m’assassine et Cristal noir, elle vient nous présenter, avec la grâce et la sensibilité qui la caractérisent, son nouveau roman paru chez Fayard : La ballerine qui rêvait de littérature. L’appartement natal de Stendhal se prête tout particulièrement à cette rencontre.
L’auteur met en scène une sorte de « Pas de deux », fait d’approches et d’esquives, de frôlements et de fuites entre deux personnages : Victor et Marie, meurtris par la vie, privés de leur public et dans l’incapacité d’exercer leur talent. Lui, brillant professeur de littérature parce qu’il se retrouve à la retraite, sans y avoir vraiment pensé et elle, prima ballerina, parce qu’un grave accident survenu à la fin d’une représentation du Lac des Cygnes l’a éloignée de la danse. Le parisien épris de la capitale et la danseuse cosmopolite se rencontrent à Arras, ville et lieu improbables, réunis par de luxueuses malles stockées dans un hangar. Ces malles pourraient contenir les livres de Victor, son seul trésor, ou les accessoires de la ballerine, maintenant inutiles. Elles sont là, mystérieuses et secrètes, telles les dépositaires d’un trésor préservé ou d’un lointain passé…
S’engage alors un curieux ballet, où chacun avec pudeur et retenue se livre et se protège. Victor a été amputé de la vibration du féminin par le départ de Melissa qu’il a passionnément aimée, Marie, de la littérature pour se vouer, sous l’emprise de maîtres intraitables, à la danse.

Le Grave de la littérature fait contrepoids au Léger de la danse et c’est dans un échange surprenant que va se nouer un pacte qui redonne de la densité et du sens à leur existence. L’un souhaite découvrir le vaporeux, le mousseux, le fluide, contenus dans les jolis tiroirs recouverts de cuivre de la boutique de lingerie féminine tenue par Marie. L’autre voudrait être initiée à la littérature dont elle a été privée au profit de la danse. Le contrat : « Un tiroir, contre un texte !»
Ces tiroirs secrets, ouverts les uns après les autres sont les gardiens des rêves, des aspirations, et aussi de l’âme de chacun.
Michelle Tourneur, par la magie de l’écriture, nous entraîne dans une féérie ; ballet où virevoltent de concert, la petite phrase musicale de Proust, les draps blancs de Garcia Marquez et la lingerie soyeuse et aérienne déployée par la ballerine.

A travers les références multiples, à la littérature, à la musique ou à la peinture, nous accédons à un autre monde, riche et foisonnant, une perception plus subtile des choses et des êtres.
On n’entre pas ‘’par hasard ‘’dans l’univers de Marie Scott Preaulx ou de Michelle Tourneur.
Le hasard n’existe pas. Ce qu’on appelle ‘’ hasard ‘’ est fait de synchronicité, de porosité, d’ouverture aux autres ou aux événements.
La vie nous envoie des signes (des cygnes !). C’est notre responsabilité de nous mettre en résonance, en disponibilité, pour les accueillir et accéder ainsi au Léger !

03-05-2017 D.VDB


Fantin-Latour, le retour

fantin_latour.jpg« Je veux faire des chefs-d’œuvre […] c’est la seule chose qui peut faire consentir à vivre. »

Fantin-Latour trouve au musée de Grenoble, ville de sa naissance, un cadre privilégié pour l’exposition de ses toiles, de ses gravures et de sa collection de photos.
Surtout connu pour ses somptueuses natures mortes, ce peintre ne lasse pas de nous surprendre.
A la fois austère et exigeant, il fait preuve d’une sensibilité à fleur de peau. Totalement dévoué à son art, il accepte pour lui, tous les sacrifices, « car l’art est en dehors de la vie » déclare-t-il.
Sombre et souvent solitaire, Fantin-Latour s’adonne d’abord à l’autoportrait, terrain de recherche qui n’impose ni modèles ni contraintes extérieures. Il puise également son inspiration dans l’observation et la représentation des êtres familiers qui l’entourent, comme ses sœurs ou les membres de sa famille. S’il rend compte de leur intériorité avec beaucoup de justesse, il se place toujours à distance de son sujet.

Mais il rêve bientôt de grandes toiles rassemblant des artistes célèbres, témoins de son temps et en 1864 il peint L’hommage à Delacroix où, parmi d’autres, il se représente lui-même ainsi que Manet, Baudelaire ou Whistler. Il tente ensuite un Hommage à la vérité, qu’il détruira après son refus au SalonIl ne connaitra le succès dans ce genre très particulier, qu’avec Coin de table, remarquable entre autres choses, par la présence sulfureuse de Verlaine et Rimbaud.
Après avoir rendu hommage, à la peinture, à la vérité, à la poésie, il célèbrera également la musique et en particulier Berlioz et Wagner.

Parallèlement à ces grands formats, il réalise aussi de subtiles et ravissantes natures mortes
où s’expriment la délicatesse de sa sensibilité et son goût des harmonies. L’originalité des compositions et des cadrages comme dans Capucines doubles permet de les identifier à coup sûr. Son séjour en Angleterre lui offrira à la fois notoriété et aisance financière.

A la fin de sa vie, il donnera libre cours à sa fantaisie et à une imagination libérée, dans des fantaisies oniriques où il magnifiera le corps féminin. Sa collection de photographies de nus (plus de 1400 clichés) témoigne à la fois de son intérêt pour les femmes et sans doute de frustrations générées par une morale quelque peu austère.
Ecartelé entre la tradition et la modernité, les convenances et un érotisme refoulé, il pourrait illustrer la formule de Stevenson :
Docteur Fantin et Mister Latour
07.04.2017 - VDB
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"La Bohème"

la_boheme.jpgPour beaucoup, La Bohème est la meilleure partition de Puccini. Au quartier latin, le drame côtoie la gaieté ; on y pleure autant qu’on y rit. Puccini possède l’art subtil de la comédie et ce don très rare rend de nombreux passages de La Bohème vraiment remarquables. La joie, l'amour, l'amitié s’expriment avec éloquence, mais on ressent aussi une profonde émotion cachée derrière les petites choses : un chapeau, un vieux pardessus, une paire de chaussures, des boucles d'oreilles, une rencontre inopinée entre voisins, les querelles incessantes des couples amoureux, tout ce qui fait la vie quotidienne de chacun d’entre nous.

Représenter La Bohème n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le penser, compte tenu de l’intimité de la musique de Puccini qui résonne en nous comme une musique intérieure. « O suave fanciulla » s’exclame Rodolphe prenant Mimi dans ses bras et ce duo d’amour prémonitoire, toujours lié au personnage de MImi sera utilisé à plusieurs reprises au cours de l'opéra.
Ces quatre jeunes artistes pauvres et affamés ont un remarquable désir de vivre et de créer. Ils profitent avec passion de leur jeunesse et narguent la vie avec insouciance et désinvolture.
Mais la mort les rattrape et Mimi s’effondre vaincue par la maladie. « Mimi, Mimi, » sanglote Rodolphe qui vient de comprendre, dans les yeux de ses amis, que Mimi s'en est allée, cueillie par la mort dans sa jeunesse et sa beauté.
Remarquablement mise en scène par Caroline Blanpied, nous partageons dans l'exaltation des personnages, cette vie de bohème, cette puissance indicible d'être jeune et vivant.
Olivier Montmory Ténor, Sabine Revault d'Allonnes Soprano, Fabrice Alibert Baryton, Robert Elibay-Hartog Baryton, Kyungil Ko Basse, Caroline Blanpied Soprano et Grégoire Foher-Duminil Basse ont mis leurs grands talents au service de la musique de Puccini et nous ont fait vibrer à l'unisson. Sans oublier Parpignol le narrateur qui, par ses textes poétiques et endiablés nous a guidés au fil des tableaux, dans le déroulement de l'intrigue.
Nous avons longuement rendu hommage par nos applaudissements à Patrick Souillot qui a dirigé de main de maître l'Orchestre Symphonique Universitaire de Grenoble, aux élèves des lycées techniques de Grenoble qui ont mis leurs compétences au service de la créativité : costumes, coiffures, maquillages, décors. Leur joie d’être sur scène, leur bonheur d’être associés à une telle œuvre faisaient chaud au cœur. Bravo les jeunes et merci aux professeurs qui les encadrent !

Les jeunes de la section métier du bâtiment de l'Institut des Métiers et des Techniques de Grenoble présentent à l’équipe responsable la structure qui accueillera l'opéra

Il ne me reste plus qu’à rendre hommage et à remercier, de manière plus intime, mais avec beaucoup d'émotion, Dominique et Olivier Boulet.
Merci Olivier pour votre engagement auprès de Jean Chung Minh dans l'Opéra Coopératif que vous avez su hisser et maintenir au plus haut niveau de qualité. Des moments de bonheur partagés par des milliers d'Isérois ! Et Merci Dominique de nous avoir accompagnées, guidées, reçues avec tant de gentillesse et de compétence. Oui, les Boulet vont nous manquer…
F.A. Au Summum le 04.04.2017


REPETITION-CONCERT en l’église de Saint-Ismier

Rendez-vous sur cette petite place de St Ismier si proche de Grenoble, mais nous sommes déjà à la campagne...

Dans l'église dépouillée, belle, riche d'un orgue signé Giroud et de vitraux d'Arcabas, nous avons écouté un concert nouveau, original pour beaucoup d'entre nous, un ensemble : orgue et saxophones.
Des instruments qui vont si bien ensemble, qui s'adoucissent mutuellement autour de transpositions parfaitement travaillées de Pergolèse, Fauré, Satie, Delerues … Le programme était magnifiquement composé et les musiciens particulièrement convaincants.
Michel Alouard Jean-Lou Cochon

La soirée n'était pas finie ; tout près sur la même place, nous attendaient, dans une maison pleine de charme, deux femmes dynamiques qui avaient préparé un dîner comme ‘’à la maison " sur trois tables joliment dressées.

Moment chaleureux fait d'échanges entre les Lycéennes et les musiciens, tout à fait conquis par le charme de « toutes ces femmes de qualité » (dixit M.A.) et Sophie, la propriétaire qui nous ouvrait ainsi sa maison.
Décidément…
Il y a vraiment toujours d’excellents moments de partage dans ce Lyceum ! A.O. 17.03
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Au confluent de la culture et de la technologie : short-édition

Au confluent de la culture et de la technologie : short-édition une très belle aventure grenobloise
Lundi 9 Mars : déjeuner-conférence à La Table ronde. Comme souvent, nous arrivons curieuses et nous repartons ravies, ce fut le cas.
L’invité du jour, Christophe Sibieude, cofondateur de Short Edition, en 2011. Oui, mais encore ?
Pendant plus d’une heure notre valeureux entrepreneur nous a donné quelques clés pour découvrir et comprendre cette start-up dont le concept initial semble simple : innover dans le domaine de l’édition en conciliant trois grands phénomènes sociétaux : le goût pour le court, une plateforme communautaire sur le net, l’usage des nouvelles technologies.
Acte de naissance en 2011, de SHORT EDITION, que vous pouvez consulter sur le site :
short-edition.com
Environ 190 000 lecteurs peuvent lire, gratuitement, 70 000 œuvres classiques ou contemporaines, courtes et intégrales, écrites par 7 000 auteurs agréés par des lecteurs assidus.
A l’origine les recettes devaient venir des retombées commerciales issues de ces lectures, sous la forme de commandes passées aux auteurs. Aidée par des financements publics, la start-up se développe, se fait connaître par la presse, nationale et américaine.
Puis, devant un banal distributeur de boissons, vient une idée : nos entrepreneurs imaginent un distributeur d’histoires courtes, qui faciliterait les temps d’attente dans les espaces publics. L’idée suit son chemin, les prototypes s’élaborent et apparaissent. Et voilà maintenant 101 bornes en France, 9 aux Etats-Unis, dont une chez Francis Ford Coppola lui-même, et une en Australie.
Ces bornes réjouissent ou apaisent ceux et celles qui les croisent. Ils appuient sur une des trois touches selon le temps de lecture désiré : 1, 3, ou 5 minutes et obtiennent gratuitement une œuvre imprimée sur un rouleau de 8 cm de large.
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Conférence : "nutrition et poids de forme"

Une vingtaine de Lycéennes avaient répondu présentes pour assister à la conférence « Nutrition et Poids de forme » animée par Xavier Bigard, professeur agrégé du Val de Grâce, conseiller scientifique à l'Agence française de lutte contre le dopage et président de la Société française de médecine, de l'exercice et du sport.
C'est dire que le sujet était d'importance car comme nous l'a rappelé Marijke, notre Présidente : "ce qui touche à la nourriture est une passion française".
Durant une heure trente, M. Bigard, clair et pédagogue, a charmé son auditoire,
exclusivement féminin, sur son sujet.
Qu'est ce que le poids de forme? Quelles difficultés pour l'obtenir et le maintenir?
Le poids de forme c'est la corpulence correspondante avec le maintien d'un bon état de santé. Il réside dans un équilibre entre alimentation et activité physique.
Le calcul de l'Indice de Masse Corporelle (IMC) est un moyen pour évaluer notre corpulence. Quelques chiffres pour se situer : on parle d'une corpulence normale pour un IMC de 18,5 à 25, d'un surpoids pour un IMC de 25 à 30, d'une obésité sévère pour un IMC supérieur à 35.
En deçà de 18,5 on parle de maigreur.
Le génome humain porte l'héritage de l'alternance de période de famine et d'opulence
d'alimentation, ce qui a permis la survie de l'espèce humaine.
Actuellement, il n'y a plus de phases de famine, les chasseurs cueilleurs ont disparu, et avec les progrès modernes, on note une baisse importante de nos dépenses énergétiques.
Il faut juste garder à l'esprit que tout ce qui ne va pas être dépensé va être stocké.
Pour garder un bon équilibre pondéral, il convient d'équilibrer les entrées et les sorties
(dépenses d'énergie) en contrôlant ses entrées et en augmentant ses dépenses
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) mis en place au milieu des années 2000, met l'accent sur le contrôle quantitatif de nos apports alimentaires. Il est important de savoir appliquer ces recommandations qui sont la base fondamentale de l'alimentation. Ce sont des recommandations générales; les recettes sont à élaborer en fonction de ses goûts et de ses habitudes.
La balance énergétique, entrées d'énergie (alimentation) et dépenses d'énergie, est
extrêmement compliquée à maintenir.
Une activité physique régulière à répéter tous les jours active des mécanismes par lesquels l'exercice corrige le stockage d'énergie en libérant les acides gras.
Pour terminer ces propos, Xavier Bigard nous recommande : des activités physiques
régulières, des déplacements actifs, des exercices à domicile, des activités sportives ou de loisirs...
L'idée est d'être actif chez soi et de combattre la sédentarité avec environ 30 minutes actives par jour, 5 jours sur 7.
Les régimes sont nécessaires en surpoids important.
Ils doivent être raisonnables avec des objectifs accessibles, limités dans le temps et
accompagnés par une activité physique adaptée.
Les régimes proposés par certains médias ou par des non-professionnels de la santé n'ont généralement aucune efficacité à long terme, ils peuvent provoquer des déséquilibres nutritionnels, des frustrations.
Il est important de conserver le plaisir du repas.
Les nombreuses questions qui ont suivi l'exposé ont montré tout l'intérêt de l'auditoire pour ce thème.
Un grand merci à notre conférencier pour la clarté de ses propos et la pertinence de sa présentation. Faisons en sorte que le thème de cette conférence raisonne en nous au cours de notre vie quotidienne.
F.L. le 17.02.2017


Exposition MATISSE

matisse-2.jpg…en noir et blanc ou en couleur ?
Une belle journée printanière, une route ensoleillée, des bavardages amicaux ; quel agréable préambule à l’exposition Matisse !
Au Musée des Beaux-Arts, nous retrouvons nos amies lyonnaises et, munies de nos audio-guides, nous plongeons pendant presque deux heures dans « le laboratoire
intérieur de Matisse ».
Comme chez beaucoup d’autres peintres, le dessin précède l’élaboration de l’oeuvre, mais il est, chez Matisse, création indépendante et existe par lui-même. L’intérêt de cette exposition est justement de montrer les rapports et les correspondances entre peinture, sculpture et art graphique.
De « la grammaire des poses », où l’artiste recherche son propre langage pictural, à la chapelle du Rosaire de Vence, nous cheminons en 14 étapes, dans les méandres de sa quête.
Les aller-retours et les correspondances entre le dessin, la peinture, le noir et le blanc, la couleur, le pinceau, le fusain, les papiers découpés et la sculpture sont ici illustrés de façon aussi surprenante qu’éblouissante. Il est, cependant bien difficile de trouver un fil conducteur, autre que chronologique, entre toutes les productions offertes à notre regard.
« Matisse rend fou » disait de lui Dorgelès tant le peintre était mal compris de ses contemporains. Il est vrai qu’il nous entraîne avec « La Danse » dans une ronde voluptueuse de nus colorés où s’exprime « Le bonheur de vivre » à l’état pur ! Les visages épurés, tracés au pinceau, trait noir sur 16.02.2017 fond blanc, n’en sont que plus saisissants, tant la quête de vérité spirituelle de Matisse semble évidente. « Ce qui frappe le plus, peutêtre, c’est la capacité de la ligne noire à moduler la surface blanche et à lui procurer ainsi une qualité lumineuse presque colorée. Ce pouvoir s’exerce tout particulièrement dans « Madame Matisse en Kimono » ou « … à l’éventail ».
Profondément attaché à la ville de Lyon, ville de sa « résurrection » après une très grave opération, il fera de multiples legs au musée, ce qui explique aussi cette rétrospective. Notre visite nous a semblé bien courte tant il y avait à voir. Nous gardons ainsi le désir de revoir à Grenoble « Intérieur aux aubergines », à Nice le Musée Matisse, à Paris l’éblouissante exposition Chtchoukine et à Vence
l’incomparable Chapelle du Rosaire.
Matisse n’a pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller !
D.VDB
Yvonne Landsberg


I love Japan : graphisme et modernité

japon_1.jpgComment éduquer notre regard à la communication ?
Grâce à l’heureuse initiative d’Emma, 15 d’entre nous ont pu profiter de l’exposition quelque peu confidentielle, mais tout à fait remarquable : « I love Japan : graphisme et modernité ».
Nous l’avons découverte avec surprise dans un lieu improbable : l’ancienne mairie d’Echirolles, où 27 graphistes, vivant à Tokyo, exposent des œuvres aussi séduisantes qu’originales. Trois salles totalement réhabilitées, inaugurées en novembre dernier, permettent d’approcher l’univers graphique japonais. Les supports sont multiples : affiches publicitaires, tracts, objets, enseignes, journaux… Tout est objet de recherche graphique et de design au Japon, tout est signe et raffinement. Les créateurs sont profondément imprégnés par l’art de l’estampe et de la calligraphie. Cette culture nous fascine, nous occidentaux, par sa très grande modernité et son irréductible tradition !
Nous avons d’abord été séduites par le travail de Ken Miki qui rend la montagne et la neige presque tangibles et palpables à travers le graphisme du mot « SNOW » revisité à l’aide de l’ordinateur. Sur une autre affiche, le cône, utilisé comme symbole de l’univers typographique, recouvert de hiéroglyphes ou de signes aztèques, semble servir de porte-voix au « roseau pensant » qu’est l’homme. La disproportion entre l’homme (minuscule) et l’objet rend ainsi plus saisissantes la force de son cri et aussi la puissance du graphisme.
L’utilisation des couleurs de Takafumi Kusagaya rend le noir « lumineux ». Cela fait écho, pour nous, à l’œuvre de Soulages. Que dire de l’explosion de bleu de la fleur de Kazuo Kuribayashi, qui fait référence au pouvoir de la nature, à la puissance de l’éclosion et à la beauté pure ?
Au Japon, le lien entre le passé et le présent, l’homme et la nature est indissociable.
Le design se met ainsi au service des grandes causes de la façon la plus poétique qui soit avec des commentaires comme ceux de Norito Shinmura : « Les poissons de mer sont élevés par la forêt » / « L’algue est le nid de la mer » / « La lessive qui nettoie pollue la mer » / « Même les jeunes poissons sont pêchés avant de grandir »
La recherche esthétique se fait tout à la fois : graphique, picturale et didactique.
Mais le graphiste n’occulte pas les souvenirs douloureux. A travers l’image revisitée de l’explosion d’Hiroshima, symbolisée par le miroir éclaté, il fait resurgir des images enfouies au fond des mémoires dans un kaléidoscope ou un puzzle toujours bouleversés, toujours à revisiter.
Parmi les affiches réalisées chaque année à la demande de la JAGDA (Japan Art Association Graphic Designer) dans l’esprit d’Hiroshima Appeals, je retiendrai celle de 1983, la première. Il s’agit de papillons colorés qui virevoltent dans l’air embrasé telles des torches incandescentes.

Comment interpréter ce lumineux symbole ?
Sont-ils, comme le Phénix qui renaît de ses cendres, le symbole de la résistance, de la créativité, de la force de vie du Japon ?
DVDB