Echappée à Bordeaux

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Echappée à Bordeaux

Huit lycéennes de Grenoble sont parties vers Bordeaux (Dominique, les deux Christine, Béatrice, Florence, Marijke, Catherine, Anne) ; quelle expédition ! cela paraît bien loin. Mais la longueur du voyage a vite été effacée par tout ce que nous avons vu , appris , ressenti auprès de nos amies Lycéennes dans cette belle région de vignes et cette ville qui s'allonge auprès de la Garonne, devenue grandiose et élégante au XVIIIème siècle et aujourd'hui modernisée, nettoyée et rendue à ses habitants qui savent l'apprécier et nous en parler avec conviction.

Oui, quel accueil partout où nous sommes passées de la part de nos hôtesses (en ville ou à la campagne, dans le Médoc, à Ruch)

Un tour en bus dans la ville, commenté et riche, nous donna tout de suite le tempo de ce petit séjour. Nous avons découvert les grandes avenues, les quais, le théâtre, les immeubles si élégants, l'histoire, les travaux de cette ville en pleine rénovation, la belle cathédrale, la mairie, les façades travaillées, les hautes fenêtres, et puis les terrasses, les cafés pris ensemble et l'amitié, l'intimité qui se nouent avec celles qui ont le même projet que nous.

caves_du_medoc.jpgEnsuite la journée passée dans le Médoc allait nous rendre imbattables sur la fabrication des tonneaux ; de la coupe du bois dans les grandes forêts de France jusqu'à la date gravée au laser sur le tonneau prêt à être vendu, toutes les étapes nous ont été expliquées et nous ont laissées sans voix, tant le travail est précis, si ancestral, si difficile et si professionnel. C'est surtout l'atelier de chauffe où le bois est brûlé, afin que les " douelles" prennent forme, qui nous a paru venir du Moyen- Âge. Après les tonneaux, déjeuner raffiné puis déambulation dans les caves pour nous expliquer la fabrication de ce fameux nectar qu'est le bordeaux.

Le soir- même, nous étions accueillies chez Sophie Johnston, présidente du club. Aidée par le Club Cuisine, elle avait dressé un superbe buffet coloré, original, délicieux ; nous étions reçues comme des amies proches. Les Bordelaises étaient venues nombreuses, les mets étaient fameux, l'accueil formidable.

Le lendemain, c'était au tour d'Isabelle Guilbert (ancienne présidente du club de Grenoble qui logeait si bien 4 Lycéennes) d'accueillir les Bordelaises et les Grenobloises.
Le soleil était de la partie ; la table dressée pour vingt deux convives ; le bon vin, les plats choisis et les gâteaux raffinés allaient clore ces moments chaleureux.

Le café pris au soleil, au milieu des vignes, nous avons laissé les Bordelaises sous un ciel maritime et nous avons repris notre route, un peu plus riches dans notre tête et notre cœur.
J'engage toutes celles qui le pourront à participer un jour à une telle rencontre.

MERCI à nos hôtesses et au Club de Bordeaux.
A.O.
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Remise du Prix littéraire 2016 à la Maison Gagnon

Pour la seconde édition du Concours de Littérature Jeunesse destiné aux 8-10 ans, organisé par le LYCEUM, le club de Grenoble a recueilli six manuscrits. Ce prix littéraire est décerné tous les 3 ans. Il a pour objectif de promouvoir le talent des femmes.
Le 16 décembre 2015 se sont réunies pour désigner la meilleure nouvelle, autour de Michelle Tourneur, écrivain, notre fidèle présidente du jury :
- Marion Blanchard, éditrice aux Editions Glénat
- Emmanuelle Letourneur, professeur de lettres
- Bernadette Odasso, professeur des Ecoles
- et huit membres du Lyceum (soit 12 personnes au total)
Après un premier tour de table, deux manuscrits ont été rapidement sélectionnés : « Fleur de sables » et « Soirs de vacances chez Grand-mère ». Au final, après de vives discussions, « Fleur de sables » l’a emporté.
Blandine Rigollot, alias « Coquelicot », a su nous entraîner avec une belle poésie des mots et un très beau langage (la langue des contes comme l’a fait remarquer très justement Michelle Tourneur) vers un lieu bienfaisant où la recherche de l’amour du monde, de la beauté des êtres et de la nature a une part essentielle.
L’auteur(e) a reçu un chèque de 300 euros et entre maintenant en concurrence avec les lauréates de 11 autres clubs de France pour le prix national du LCI qui sera décerné à Paris le 17 Mars 2016.
Michelle Tourneur a rendu hommage aux 6 candidates pour avoir su exprimer tout l’amour et la ferveur qu’elles ont pour l’écriture.
Karine d’Inca, responsable du Printemps du Livre, a souligné, avec beaucoup de chaleur, combien elle était heureuse de nous recevoir en ces lieux, imprégnés de la présence de Stendhal, et qui s’accordaient si bien à ce genre d’événement. La soirée s’est poursuivie autour d’un buffet et les échanges avec les 4 candidates présentes ont été des plus enrichissants
M.A.


« TABLES ET FESTINS » : un régal pour les yeux et l’esprit !

le_pain.jpgC’est à un pur régal des yeux et de l’esprit que nous convie la Fondation Glénat, au couvent Sainte-Cécile, pour cette nouvelle exposition sur « l’hospitalité dans la peinture flamande et hollandaise et la bande dessinée ». Quarante « natures-tranquilles » plutôt que « mortes » nous invitent à une réflexion sur le sens et la symbolique donnés à la nourriture au 17ème siècle et à notre époque. Les peintres de « l’Age d’or » réalisaient de somptueux tableaux, accrochés dans l’entrée des demeures, comme autant d’offrandes préalables aux visiteurs. Ils annonçaient ainsi la richesse, les valeurs ou le mode de vie de leurs hôtes. Tables dressées ou tables défaites, repas austères ou plantureux, mets de carême ou de fête, tout nous invite à revisiter le sens donné à la nourriture. Entre les Flandres et la Hollande, Anvers et Amsterdam, l’Eglise catholique ou réformée, se jouent deux conceptions de la vie : l’épicurisme ou le stoïcisme, le plaisir ou la tempérance.
La réflexion sur la nature des plaisirs est ici omniprésente et la dualité inhérente à l’âme humaine transposée en images. S’opposent le temporel et le spirituel, l’éphémère et l’éternel, la ripaille et l’ascétisme. « Les gras et les maigres » de Francken parle de lui-même.
Au-delà de l’apparence se pose le problème de la Vanité, illustré par le tableau éponyme de van Son. Le luxe de l’orfèvrerie n’a d’égal que le raffinement des tissus ou des mets. « Là, tout n’est qu’ordre et… volupté »
Du 17ème au 21ème siècle, il n’y a qu’un pas, vite franchi par les auteurs de bande dessinée, qui revisitent, à leur manière, les thèmes universels illustrés avec tant de maîtrise par les peintres flamands. La dérision n’est jamais loin et « Le petit dîner entre amis autour d’un bocal » de Loustal, où les convives se délectent de poissons rouges juste sortis de l’eau, illustre cette volonté de pousser le trait jusqu’à l’absurde. Il fait écho, dans l’esprit, aux « Singes festoyant » de van Kessel.
Cela nous incite à nous poser la question de notre rapport à la nourriture et à reconsidérer la place qu’elle tient dans notre vie sociale et personnelle…le_couteau.jpg
D. VDB


LES FLUTES ENCHANTÉES

Flûtes à bec, alto, basse, ténor, appeau à piston, râpe, bol tibétain et sifflet d'enfant, les instruments étaient multiples au menu concocté par le Lyceum pour la traditionnelle cérémonie des vœux qui avait lieu cette année dans l'élégante demeure de Catherine Wimez.

Hélène, Laure et Isabelle, les concertistes, n'avaient pas choisi la facilité pour leur programme. Clément Janequin, des improvisations sur un texte de Messiaen et un auteur moderne allemand … de quoi parfois chagriner certaines oreilles imperméables à la musique contemporaine !
Mais c'était sans compter sur la « vitalité » de Mao et de son amical trio qui ont réussi à «mettre en scène » l'ensemble du répertoire proposé ce soir-là sur le thème des oiseaux. Une mini troupe bien à son affaire.
C'était comme si les pinsons, les fauvettes et les alouettes étaient venus se nicher au creux des arbres du jardin de Catherine. Avec leurs notes acidulées ou aiguës, leurs trilles et leur sifflement. Une trajectoire qui laissait aux néophytes l'occasion de mieux appréhender un univers musical dégagé de toute fioriture.
Dernière info glanée au cours de cette soirée avant de partager la galette : la maison d'Olivier Messiaen à Saint Théoffrey va devenir une sorte de Villa Médicis pour jeunes musiciens grâce au partenariat de la Fondation de France, de la Communauté de communes de la Matheysine et du Conseil départemental. Peut-être une idée de promenade pour les prochaines activités du Lyceum…
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Constance Smedley Evening

The beautiful home of Françoise AYMOZ was barely vast enough to seat the numerous members of the Grenoble Lyceum Club in their best array for a Christmas-time theatrical rendering of part of the Frank Hatt play devoted to the events leading up to the founding of the Club at the beginning of the XXe century.

Having installed many delicious treats in the kitchen for later enjoyment, the excitably chattering group finally quietened to listen spellbound to five actresses who had practised hard over many weeks to present this interesting play. Françoise AYMOZ, Anne OUDET, Dominique DESOUTTER, Lucile BALLU & Mao TOURMEN brought to life the courage and tenacity
of a young lady who ignored her own physical handicaps to attain her dream of creating an International Club for working women to meet and share their intellectual and artistic interests. She had to fight against a certain family reticence against this innovative project, quite unheard of in those strict puritanical victorian days, but her enthusiasm eventually charmed her family and friends into supplying the necessary finance. She unremittingly worked at extending the range of these cultural and artistic meetings to other towns and countries practically all around the world.

Enthusiastic applause rewarded the theatrical troupe, before all minds turned to tasting the dishes provided by the imaginative and sometimes adventurous members. Much of the food was a Frenchified improvement on English dishes, so that even if unfamiliar, all was enjoyed.
Florence EXPERTON had even had the bright idea of bringing some "crackers" and a Christmas Pudding, typically festive treats essential to Christmas time in England, but quite unknown to most of the group.
They participated gaily in the singing and amusement, which culminated in the setting alight of the Christmas Pudding.

Midnight chimed an unwelcome end to a delightful evening which put everyone in festive mood for the Christmas season.
Congratulations to all,
Merry Christmas and a Happy New Year!
Monica
(Nombreuses étaient les Lycéennes en tenue festive qui se sont retrouvées chez Françoise Aymoz au soir du 16 décembre. Elles étaient venues faire honneur à la représentation d'un extrait de la pièce de Frank Hatt au sujet de la fondation du Lyceum Club par Constance Smedley à Londres au début du XXe siècle.

Cinq membres du Club de Grenoble avaient préparé avec talent la mise en scène de cette pièce qui retrace les efforts d'une jeune femme handicapée pour vaincre les réserves de sa famille et de son époque, afin de créer un club pour femmes souhaitant partager des intérêts culturels et artistiques.

Comme le thème de la soirée avait un parfum britannique, le buffet lui aussi s'inspirait, en mieux, des plats traditionnels anglais lors des fêtes de Noël. L'ambiance des chants et des traditions était chaleureuse, minuit a sonné trop tôt!)
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Ateliers créatifs de Noel

No comment !
Le plaisir et la joie des images parlent d’elles-mêmes
Et si vous voulez découvrir les pouvoirs magiques du fouet à pâtisserie,

Inscrivez-vous tout de suite aux Ateliers 2016 !!

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O’Keeffe "The state of the Art"

o_keeffe.jpgL'Icône de la peinture américaine, Georgia O’ Keeffe est peu connue en France. Seul le Centre Pompidou possède un tableau de cette artiste qui a pourtant marqué l’art de son empreinte. Personnage androgyne, libéré et libertaire, elle incarne la femme moderne qui assume ses choix : celui d’un compagnon de 23 ans son aîné, Alfred Stieglitz, photographe connu et reconnu, à la fois mentor, pygmalion, complice, alter ego et même mari !
Les regards d’O’keeffe et de Stieglitz sur la peinture et la photographie se croisent et se complètent, se confortent aussi dans une approche très personnelle du monde et de leur environnement. C’est ce regard nouveau que Georgia O’keeffe pose sur la nature et les fleurs, la ville de New-York et les gratte-ciel, le désert et les ossements blanchis par le soleil du Nouveau Mexique.
Ce que l’on retient de cette œuvre, ce sont d’abord les fleurs ; immenses iris, cannas, amaryllis, pétunias, colorés et voluptueux dont la vibration magnétique évoque sans conteste la sexualité. Ils incarnent la femme dans ses méandres et ses secrets, dans son désir et son plaisir aussi.
Cette femme aimée et désirée retranscrit l’harmonie, la vibration et le mouvement par la couleur (qui n’est pas sans évoquer la palette de Sonia Delaunay). Tout est courbes et enroulements.
o_keef_2.jpgA ces courbes tellement féminines, on peut opposer le côté masculin de la verticalité. Verticalité et érection des gratte-ciel qui se jouent de l’ombre et de la lumière. Présentés en plongée ou en contre- plongée, ils symbolisent la modernité et la vitalité des grandes villes américaines. Le halo de la lune ou le faisceau lumineux d’un réverbère leur confèrent une magie indéniable. Le point lumineux qui émerge de l’ombre n’est sans doute pas sans relation avec la volonté d’abstraction qui sous-tend cette création.
Mais c’est dans le désert du Nouveau Mexique que Georgia O’keeffe retourne régulièrement pour trouver, avec l’horizontalité et l’immensité des paysages, un autre équilibre et une nouvelle source d’inspiration. Les ossements et les carcasses d’animaux, blanchis par le soleil, comme les fleurs voluptueuses de ses débuts, marquent les esprits. Ces squelettes issus du désert donnent matière à des constructions et créations inimitables, identifiables entre toutes.
Faut-il y voir le cheminement inéluctable d’une vie, depuis les turbulences et l’épanouissement de la jeunesse, jusqu’à la sagesse d’une vieillesse amputée du compagnon aimé ? D.VDB


assemblée Générale du LCI de Grenoble

37 Lycéennes ont participé à notre Assemblée Générale qui s’est tenue à l’hôtel Lesdiguières, comme à l’accoutumée. Cette année, Muriel Hannart, notre présidente nationale, nous a fait l’honneur et l’amitié de sa présence.ag_1.jpg
Dans un rapport moral très vivant, notre présidente Dominique Boulet a mis en évidence le dynamisme de notre club, dynamisme manifesté par la variété, le nombre et la qualité de nos activités : conférences, expositions, visites, sorties et rencontres amicales, clubs… Le rapport moral a été adopté à l’unanimité.
Puis Béatrice Pelissot, notre trésorière, avait préparé le rapport financier. Ses tableaux très clairs nous ont montré des comptes sains, bénéficiaires, qui ont été approuvés à l’unanimité.
Notre présidente nous a rappelé l’esprit et les valeurs du Club : « vivre bien ensemble avec : simplicité, solidarité et bienveillance ».
Quelques mouvements enregistrés au Conseil d’Administration :
Entrée au C.A. de Véronique Souchon, Dominique Desoutter et de Anne Oudet. Merci à elles et bonne chance dans leur nouvelle fonction.
Quatre postulantes, présentées par leur marraine, ont été intronisées : Christine Chaffraix, Françoise Lumbroso, Monica Bonfort et Yvonne Bechetoille. Bienvenue à elles ag_2.jpg

Agnès Arnaud quitte le C.A. et donc la vice-présidence. Elle continuera à s’occuper du site internet et du trombinoscope. Merci Agnès pour toutes les compétences que tu as mises au service du Club avec discrétion, efficacité et bonne humeur
Nous avons aussi eu la joie de retrouver Jacqueline Franco ; devenue tronchoise après un long séjour à Nice. Jacqueline réintègre notre Club.
L’A.G. s’est terminée par un dîner raffiné avec une décoration des tables originale, placée sous le signe du cinéma : le rapprochement film/comédienne pour le tirage des chaises a apporté échanges et bonne humeur contribuant à la convivialité de cette soirée au cours de laquelle la conversation est allée bon train, prolongeant l’amitié chaleureuse qui a baigné cet excellent moment. M.E.


assemblée Générale du LCI de Grenoble

37 Lycéennes ont participé à notre Assemblée Générale qui s’est tenue à l’hôtel Lesdiguières, comme à l’accoutumée. Cette année, Muriel Hannart, notre présidente nationale, nous a fait l’honneur et l’amitié de sa présence.ag_1.jpg
Dans un rapport moral très vivant, notre présidente Dominique Boulet a mis en évidence le dynamisme de notre club, dynamisme manifesté par la variété, le nombre et la qualité de nos activités : conférences, expositions, visites, sorties et rencontres amicales, clubs… Le rapport moral a été adopté à l’unanimité.
Puis Béatrice Pelissot, notre trésorière, avait préparé le rapport financier. Ses tableaux très clairs nous ont montré des comptes sains, bénéficiaires, qui ont été approuvés à l’unanimité.
Notre présidente nous a rappelé l’esprit et les valeurs du Club : « vivre bien ensemble avec : simplicité, solidarité et bienveillance ».
Quelques mouvements enregistrés au Conseil d’Administration :
Entrée au C.A. de Véronique Souchon, Dominique Desoutter et de Anne Oudet. Merci à elles et bonne chance dans leur nouvelle fonction.
Quatre postulantes, présentées par leur marraine, ont été intronisées : Christine Chaffraix, Françoise Lumbroso, Monica Bonfort et Yvonne Bechetoille. Bienvenue à elles ag_2.jpg

Agnès Arnaud quitte le C.A. et donc la vice-présidence. Elle continuera à s’occuper du site internet et du trombinoscope. Merci Agnès pour toutes les compétences que tu as mises au service du Club avec discrétion, efficacité et bonne humeur
Nous avons aussi eu la joie de retrouver Jacqueline Franco ; devenue tronchoise après un long séjour à Nice. Jacqueline réintègre notre Club.
L’A.G. s’est terminée par un dîner raffiné avec une décoration des tables originale, placée sous le signe du cinéma : le rapprochement film/comédienne pour le tirage des chaises a apporté échanges et bonne humeur contribuant à la convivialité de cette soirée au cours de laquelle la conversation est allée bon train, prolongeant l’amitié chaleureuse qui a baigné cet excellent moment. M.E.


L’impact environnemental des TIC

L’impact environnemental des TIC ou l’informatique n’est pas une souris verte §

En plus d’une heure, Françoise Berthoud*, ingénieur de recherches au CNRS, a dressé un tableau de cette question : une vraie gageure compte tenu de la complexité du sujet et de son public, certes curieux, mais globalement néophyte.
Pari gagné à entendre les commentaires des unes et des autres, à l’issue de la soirée : « J’ai tout compris ! », « Quelle présentation astucieuse », « Bravo, c’était vraiment intéressant, alors que je suis venue par curiosité, et que je n’y connais rien » …
Une des clefs de cette conférence passionnante réside dans l’art et la manière, au rendez-vous, cachés derrière une bonne dose d’humour et de simplicité ainsi que dans une connaissance approfondie du sujet que notre conférencière, écologiste de formation , étudie depuis plus de quinze ans , et communique régulièrement à des publics très divers.
Alors que faut-il en retenir ?
D’abord avoir conscience que nous sommes à un point d’équilibre, très fragile, de notre planète, dans la mesure où nous avons conscience de la dangerosité de ces TIC, Technologies d’information et de communication, (téléphones, ordinateurs, tablettes, serveurs, imprimantes etc..) et du fait que nous sommes la seule génération à pouvoir agir contre ces nuisances : c’est donc une énorme responsabilité qui se joue en ce début de siècle.
Un autre point important qui doit nourrir notre réflexion, c’est la notion de cycle, notamment le cycle de vie des objets : extraction des métaux précieux, fabrication, usage, gestion de la fin de vie. Chaque étape génère des catastrophes humaines et écologiques :
Guerres civiles dans les pays producteurs, malformations liées aux conditions de vie des ouvriers.
Epuisement annoncé des métaux rares, dont l’extraction dans des gisements, où ils sont dans de plus faibles concentrations, nécessite de plus en plus d’eau, d’outillage…
Pollution des productions agricoles, par exemple 10%du riz chinois.
Consommation excessive d’électricité, 10% de la production mondiale d’électricité et production de 5 % des gaz à effets de serre, alors que l’aviation civile, par exemple, en produit 2%
Difficultés à recycler ces équipements, puisque, en France, un tiers seulement entre dans une filière de récupération correcte.
A l’opposé de cette notion de cycle, il faut ajouter le fait que notre économie n’est pas circulaire, que l’on est très loin de tout récupérer, qu’un progrès sur un point du globe, génère souvent des dégâts considérables ailleurs. Il faut absolument mettre fin aux transferts de pollution, car il s’agit véritablement d’un problème qui concerne notre planète, dans sa globalité. Il nous faut donc apprendre à le penser, en prenant en considération les impacts lors des différentes étapes de ces équipements devenus très courants : 93%de la population mondiale accèdent à un téléphone et il y a 7 milliards d’abonnements dans le monde !
Mais que faire, maintenant que ces TIC font partie de notre vie et apportent aussi de nombreux éléments positifs, en termes d’économie, de connaissances, et de vie sociale ?
Globalement, les études faites sur ces impacts mettent en évidence trois grands leviers pour contrôler cette course infernale.
Mieux penser, organiser, contrôler la production, grâce à une législation plus drastique, qui pourrait venir de l‘Union Européenne.
Quant à l’utilisation et la gestion de fin de vie, c’est à chacun, état, entreprise, ou simple citoyen, de donner l’exemple, d’être exigeant et vigilant sur les normes des produits achetés et utilisés.
Madame Berthoud nous a expliqué comment le CNRS, gros utilisateur de ces TIC travaille en liaison étroite avec les fabricants et obtient des améliorations. Une formation sur ce sujet dans les grands services publics et les entreprises, permettrait certainement des progrès. Comme dans la fable du colibri, où cet oiseau apporte une goutte d’eau pour éteindre un incendie, et dit aux moqueurs qu’ « il fait sa part » . A chacun d’être colibri !
Pour terminer sur une note relativement optimiste, il faut bien retenir que ces techniques ne sont pas neutres, elles ne sont en soi, ni positives, ni négatives, mais c’est à nous, qui sommes à un tournant de notre civilisation, de les maîtriser et d’en tirer le meilleur pour notre avenir et celui de la planète, qui se jouent véritablement dans ce premier quart du XXIème siècle. L.B.
*F. Berthoud est aussi directrice du Groupe ECOINFO (questions impacts environnementaux).