Lesdiguières, le prince oublié des Alpes

Nous avions rendez-vous en ce jeudi ensoleillé au Musée dauphinois, lieu privilégié, pour une exposition sur Lesdiguières....

A part le stade de rugby, la rue qui mène à la préfecture, l’école hôtelière, nous ne savions pas bien ce qui se cachait derrière ce nom, nous les Grenobloises d'adoption. Les autres, les « vraies », en savaient sûrement un peu plus sur ce patronyme. Et pourtant quelle leçon d'histoire nous a été dispensée durant plus de deux heures par une guide « époustouflante » de culture et de connaissances sur une période bien lointaine. ! Et quelle époque !!! Celle de la Réforme, des guerres sanglantes entre protestants et catholiques.

C'est une exposition extrêmement riche, dont nous sommes toutes ressorties un peu plus savantes sur un personnage très connu au XVIe et XVIIe siècles, puis tombé dans l'oubli.
Acteur majeur de l'histoire du Dauphiné, François de Bonne (1543 – 1626) est originaire du Champsaur. Issu de la petite noblesse, il va connaître une ascension fulgurante. Devenu chef des protestants du Dauphiné, il réussira à pacifier la province. Il prendra Grenoble en 1590 après un siège d'un mois. Grenoble était alors aux mains des ligueurs catholiques. Il fera appliquer l'édit de Nantes. Deux pages de cet édit se trouvent dans l'exposition et cela est très émouvant.
Il gouverne tout le Dauphiné, habite le palais delphinal dans le Jardin de Ville, fait construire le château de Vizille, durant 20 ans.
Il ne cessera pas de gravir les échelons : duc, pair de France, chef général des armées, il terminera connétable en 1622, c’est à dire second personnage de l'état après le roi. Il fera l'acquisition de nombreux domaines ou châteaux : St Jean de Bournay, Mens, Lourmarin...
On pense que sa rencontre avec François de Sales l'aurait poussé à devenir catholique.
Cette exposition riche de cartes, de tableaux, d’armes, d’archives nous permet d’appréhender le destin d'un homme qui a marqué d'une façon incroyable notre territoire.
Nous nous sommes séparées, un peu fatiguées, mais tellement plus éclairées sur le Duc de Lesdiguières, ravies d’admirer, à la descente, la superbe vue sur Grenoble et les montagnes enneigées.
A.O.
lesdiguieres.jpg


La Casamaures, une « folie » orientale aux portes de Grenoble.

C’est avec autant de plaisir que de surprise que nous avons suivi les très nombreuses explications et anecdotes de Christiane Guichard, propriétaire des lieux depuis 1981.

Passionnée par cette réalisation qu’elle porte courageusement malgré toutes sortes de difficultés, cette ancienne élève des beaux-arts s’est complètement engagée, toute jeune, dans le sauvetage de ce « rêve d’orient », spécimen architectural de la mode de l ‘orientalisme.
Ce petit palais, entouré de jardins en terrasses, construit sur le rocher de St Martin-le-Vinoux, surplombe l’Isère. Le premier des 13 propriétaires est Joseph Jullien, dit Cochard. Ayant fait fortune, dans le domaine des chevaux, cet audacieux fantaisiste, un peu provocateur, s’est lancé dans ce projet fou de construction inventive pour le milieu du XIXème siècle. Une autre originalité de cette villa de style mauresque est l’utilisation du bleu Guimet sur les parements sculptés des façades, inventé par l’ingénieur voironnais, en 1828, futur créateur du Musée Guimet de Paris ! Cette couleur qui a remplacé le très coûteux bleu outremer, fait à partir du broyage de lapis lazuli, est un des éléments caractéristiques de cette extraordinaire maison.

Cet édifice, symbole de l’art du ciment moulé, mondialement renommé est le plus ancien bâtiment en béton de France et fut, à ce titre, classé aux monuments historiques en 1986. Sa construction a débuté en 1855. Ses moulages et ses structures, dépourvus de toute armature acier, ont été réalisées en ciment naturel Prompt Vicat, entreprise éponyme grenobloise qui a mis au point ce procédé en 1853. C’est aussi le premier exemple d’architecture préfabriquée de France.
Un escalier agrémenté de grenadiers et de passiflores qui évoquent cet orient rêvé, nous conduit à une terrasse ombragée par un magnolia de 160 ans, classé « arbre remarquable ».
A cette accumulation d’objets insolites se mêlent aussi d’étonnantes anecdotes qui vont des trois épouses successives de Joseph à l’histoire de cette étrange façade en bois qui viendrait du pavillon turc d’une exposition universelle : c’est la porte d’accès de l’appartement qui se visite.
Les vitraux colorés, l’éclairage zénithal, le décor nous emmènent au pays des mille et une nuits.

Quelle surprise de découvrir un immense espace, jardin d’hiver haut d’une dizaine de mètres ! Salon, vestibule et salle à manger témoignent par leur décor raffiné de papiers peints à la main, de l’exotisme du Bosphore et de Constantinople.
En plus de ses activités multiples, de la truelle à la transmission de sa passion, notre hôtesse évoque une autre corde à son arc, celle concernant l’art des cadrans solaires, ou gnomonie, qu’elle cultive dans le cadre de l’association Tournesol.
Avec beaucoup de gentillesse elle nous invite à venir savourer au printemps les charmes du jardin, ainsi qu’à participer, le 28 avril, à l’inauguration de l’auvent de l’orangerie.
Si vous souhaitez revenir sur les lieux, une étudiante en histoire de l’art accueillera le public du mardi au samedi, de 14 à 17 heures, de mi-mai à fin Juin.
Merci pour ce voyage enchanteur au croisement de l’innovation grenobloise et de l’art, bel exemple d’un exceptionnel patrimoine artistique et industriel.
Vous pouvez consulter le site : http://casamaures.org
L.B et F.N.


Rencontre avec une néo-savonnière

Isabelle Mancret -alias Isabulles nous accueille chaleureusement dans son labo à Sassenage.
Senteurs : des dizaines de savons disposés sur une table : nous admirons avec gourmandise.
Odeur du café et saveur des biscuits que nous offre Isabelle.
Tous nos sens sont en éveil.
Un voyage à New-York : elle entre dans une sublime boutique où l'on vend de merveilleux savons. C'est le déclic.
Elle a baigné dans l'artisanat haut de gamme - fille de Gérard Mancret, fondateur des brosseries éponymes - et s’avère, par ailleurs, scientifique de formation.
Rentrée en France, Isabelle ne "bulle" pas : elle se lance, se forme car la fabrication et la réussite d'un savon sont une histoire de chimie.
Elle expérimente une méthode séculaire : la saponification à froid.
Elle choisit ses matières premières, certifiées AB : 58 ingrédients, au total (huiles, beurres, cire d'abeille, lait de chèvre et de jument, miel etc....)
Toutes ses recettes sont certifiées en 2013.
Elle peut donc passer à la production : elle pèse, mélange, mixe, verse dans des moules, puis c'est la cuisson et le séchage des pains de savon.
Quelle cuisine !!!
Le résultat est magique et envoûtant, fascinant par le design, effets de marbrage, entrelacs de chocolat, café, citronnelle, orange douce... Quelle chance, notre peau va adorer …
C.W – 06.03.2018


EMBARQUEMENT IMMEDIAT POUR LA GUYANE

Chez Danielle et Alain Bourgeat, c’est à un voyage immobile en Guyane que nous convie MaO , afin d’y découvrir ce département qu’elle arpente depuis 20 ans maintenant, pour y retrouver sa fille et aussi pour son plaisir.
Cette terre d’immigration, voulue ou forcée, est connotée très négativement en métropole : la pluie, la pauvreté, les vestiges de l’esclavage ou du bagne ne sont pas vraiment compensés par la découverte de l’or ou le lancement de la fusée Ariane à Kourou.
guyane-2.jpgMaO ne manque pas de nous mettre en condition favorable en nous montrant de très belles photos de toucans colorés, de fleurs de fromager, de « reine de la nuit », sublime et éphémère, de marchés pittoresques, de visages expressifs de créoles burinées ou d’habitations étonnantes aux tags pleins d’humour et de poésie.
Bien sûr quand on arrive en Guyane on est « sur une autre planète » ! Les couleurs, les senteurs, les bruissements incitent au rêve et mettent tous les sens en éveil…
Sa Ka maché la Gwian ? Autrement dit : comment ça va, la Guyane ?
Si on retrace l’histoire de cette terre, on s’aperçoit qu’elle est faite d’échecs successifs.

Depuis le XVIème siècle des colons, en mal de survie ou de liberté, ont tenté de s’y installer dans des « habitations » nécessitant une main d’œuvre d’esclaves. Les noirs issus des « fonds de cale » des navires négriers passant par les Antilles, y cultivent l’indigo, le manioc, la canne à sucre… Maltraités et exploités sans vergogne, ils sont considérés comme des « meubles » par le code noir. Les stigmates resteront indélébiles.
Avec les colons arrivent aussi les Jésuites qui tentent d’évangéliser les Amérindiens. guyane_3.jpgLes missionnaires fondent de petites colonies (les Arawaks, les Wayanis, les Palikurs) mais ils seront bientôt rappelés en Europe, trop tôt pour avoir ancré durablement leur enseignement.

La publicité mensongère, présentant la Guyane comme l’Eldorado, incitera de nombreux sujets de Louis XV à s’embarquer, mais ces voyages mal préparés tourneront au désastre humanitaire. Sur 18 000 candidats au voyage, 12 000 périront !
Pendant La Révolution française les prêtres réfractaires seront envoyés en Guyane et y périront en martyrs de leur foi .
*En 1848, l’affranchissement des esclaves constituera un véritable désastre pour ce pays, en manque cruel de bras non rémunérés pour cultiver les plantations.
*1853 : date de la découverte d’une énorme pépite d’or qui va cristalliser tous les rêves et amener sur cette terre quantité de brigands sans foi ni loi. D’énormes tueries ensanglanteront le pays et déboucheront sur une contrebande effrénée qui n’a pas cessé aujourd’hui. Plus de 40% de la production aurifère part encore aux clandestins !
*De 1855 à 1939 on installera un bagne à Cayenne où seront déportées 80 000 personnes dont Dreyfus et Seyznek ! Ceux qui purgent une peine supérieure à 8 ans seront assignés à vie à rester sur place, après leur libération. Les autres, libérés sans un sou vaillant, n’auront d’autre solution que d’accepter les tâches les plus serviles et les plus misérables.
Le travail est ici symbole de servitude, blanche ou noire, tout est un ! On n’est pas éloigné du « trepalium » latin, instrument de torture dans l’antiquité.
En 1946 la Guyane devient département français, mais les Guyanais restent écartelés entre leur nationalité (française) et leur identité (guyanaise).
La fusée Ariane et le pas de tirs de Kourou, s’ils font la fierté des autochtones, ne masquent pas les difficultés profondes de toutes les communautés : Amérindiens, Créoles, Chinois, Hmong, Blancs cayennais, missionnaires et métros qui se côtoient en ces lieux.
Pour votre édification : sur 250 000 habitants, on compte 50 000 sans-papiers !
Les Guyanais sont champions toutes catégories des tristes records, liés à la pauvreté et à la corruption. Pourtant, curieusement c’est le département où l’on note la plus forte consommation de champagne !
Et même si parfois « La Guyane, ça vous bagne » lorsque vous évoquez, parmi les animaux les plus inquiétants : les serpents, les mygales velues, ou les crapauds repoussants, pensez en contrepoint à la picolette, ce petit oiseau enchanteur dont le propriétaire ne se sépare jamais.
Ce pays au lourd passé, qui se sent un peu délaissé parfois, mais qui vibre au chant de la pluie ou d’un oiseau, ne peut être que fascinant et mérite d’être mieux connu !
C’est ce à quoi s’est employée MaO, alternant informations historiques et brèves poétiques.

Pour clore cette soirée passionnante, un verre de ti punch à la main, nous aurions pu chanter comme les Créoles :
« Ba moin en ti bo, deux ti bo, trois ti bo, Doudou…guyane_4.jpg
Pou soulagé coeu moin ! »
D.VDB 27.02.2018


Accord à coeur

Nous avons passé un moment privilégié, hors du temps, en ce jeudi frileux de février, avec mes amis du 3ème étage : Véronique et Marcel KLAJNBERG.
Marcel, guitariste de talent, accompagne avec beaucoup de sensibilité, depuis 10 ans, Françoise DESLANDE, une partenaire complice et facétieuse.
Ce concert privé correspond à leur 4ème programme, le précédent étant consacré à Jean Ferrat.
La titre du spectacle est révélateur du contenu : « Accord à cœur » puisque tous les textes parlent d’amour.
Dans ce cadre, ils nous ont offert 15 superbes chansons : de pures merveilles !
Souvenez-vous de : Au pays de ton corps… Que serais-je sans toi… L’arrière-saison… La nuit… Chanson pour toi… Le poète et la rose (Les enfants terribles)…
Et bien d’autres encore, empruntées au répertoire de Serge Reggiani, Barbara, Catherine Le Forestier, Maurice Fanon et, bien sûr, Jean Ferrat…
Nous avons rêvé… Nous aurions bien dansé…
C’était magique !
Merci, merci Françoise et Marcel !


Exposition, centre du graphisme

Quelle étrange exposition, un vrai kaléidoscope !
En fait, c’est un très sympathique propos qui nous emmène en voyage dans le temps, les cinquante dernières années, entre France, Grande Bretagne, et Etats unis. C’est aussi la première exposition de ce type, en France, fruit de la passion de Michel Bouvet , son créateur, pour le rock progressiste !
Voilà pour le contexte.
Aux murs, plus de 1300 pochettes de disques, de CD et enfin de néo Vinyles, en couleurs ou en noir et blanc, sobres ou psychédéliques, exprimant l’extraordinaire diversité de la création qui associe musiciens, graphistes, directeurs artistiques, photographes, producteurs et amateurs.
johny.jpgL’objet pochette a pris une extraordinaire ampleur à partir de cette fameuse année 1967 qui a vu éclore une nouvelle culture libérée et libératrice, à la recherche de tous les codes, de tous les possibles. Mais aussi chaque pochette raconte une histoire, une chanson, un procédé technique, des souvenirs, les nôtres, ceux de nos enfants et ceux de nos petits enfants.
Objet artistique, témoin d’une époque, de nouvelles techniques, ces 1300 pochettes nous parlent, nous font réfléchir et rêver, et s’associent ainsi parfaitement à toutes les possibilités musicales et graphiques qui ont marqué ces cinquante dernières années.
C’est peut être là une clef de cette expo : se laisser emporter dans ce monde foisonnant, une fantastique façon de nous ré-enchanter ! L.B.


A travers l'oeuvre de Dezeuze

dezeuze_4.jpgTel est le cheminement du visiteur qui s’aventure dans les méandres du parcours de cet artiste contemporain, né à Alès en 1942, aussi original qu’atypique !18 salles du musée de Grenoble lui sont consacrées pour une rétrospective d’envergure.
La formation de l’artiste est académique ; il possède de solides bases en dessin et en histoire de l’art. D’esprit cosmopolite, il se fait le défenseur du nomadisme et se nourrit d’influences diverses : espagnole, mexicaine, canadienne et américaine.
La question qu’il pose n’est pas nouvelle : L’art est-il bien une fenêtre ouverte sur le
monde ?
Le Châssis de bois vide, appuyé contre un mur donne le ton de sa recherche.
Le support de la toile est une création en soi, dans la mesure où il sous-tend l’oeuvre exposée. L’oeil garde sa liberté, traverse le cadre, comme on traverse le miroir pour entrer dans un autre univers.
Création de l’homo faber, il est la structure indispensable à toute existence, comme l’est le squelette au corps.
Daniel Dezeuze assume l’impopularité de cette création, comme celle des Echelles
modulables en bois souple, métaphores de la quête de l’homme et de l’artiste. Graphies dans l’espace, elles nous interrogent sur le pouvoir du vide, souvent générateur d’angoisse La Canisse enroulée, étalée sur le sol, enduite de bitume de Judée, nous laisse un peu perplexes.
Si l’on sait que ce novateur est à l’origine du mouvement Supports er Surfaces (1968-1972), on comprend mieux ce souci de liberté, d’absence de cadre, de limite, cette transgression permanente. Il s’inscrit dans une recherche de déconstruction de l’objet-tableau, à la fois peinture et sculpture. Les Portes, symboles de liberté ou d’enfermement, dégradées par ses soins, témoignent de cette volonté de revisiter notre quotidien avec notre besoin de sécurité ou d’évasion…
dezeuze_3.jpgIl utilise successivement et indistinct échelles, claies, gazes, tarlatane, objets de
récupération tronqués et meurtris,réceptacles, valises... Que voi (que vois semble-t-il
demander à son interlocuteur-visiteur ? Est-ce une invitation au voyage artistique,
métaphysique ou spirituel ?
dezeuze.pngIl nous plonge avec la même facilité dans l’univers éthéré des gazes que dans celui plus destructeur des arcs et des arbalètes à la fois symboles de tension et de désastre.
Tension et dé-tension se répondent, comme se répondraient liberté et détention.
Cette oeuvre est extrêmement déroutante, elle nous oblige à remettre en cause nos valeurs et nos certitudes.
Le jeu des contradictions est permanent. Dezeuze se joue du vide et du plein, du léger et du dense, de la couleur et de l’aspect brut des objets.
S’inspirant du moyen-âge il explore le monde des laboratores avec
les objets de cueillette, des bellatores avec les armes et aussi des oratores avec les peintures qui perlent.
dezeuze_2.jpgNotre oeil et notre esprit voltigent, hésitant à se fixer, comme les papillons et pavillons de cet esthète, aussi déstabilisant qu’imaginatif.
Si nous avons fait un détour Par une forêt obscure et si nous nous sommes parfois égarés dans le labyrinthe de Dezeuze, nous avons toujours perçu cette ouverture lumineuse que constitue la Création !

D.VDB
LE 24.01.2018


Accompagnement psychologique de victimes en cas d'attentat ou de catastrophe

Nous étions plus de 20 Lycéennes, accompagnées de quelques maris, à assister à la conférence du docteur Patrice Baro, psychiatre à l'hôpital de Grenoble et responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique de l'Isère.
Comment traiter l'aide psychologique apportée aux victimes et proches, lors d'attentats ou de catastrophes, tel était le propos du conférencier, impliqué en première ligne lors de drames imprévisibles.
En France on s'est inspiré des pratiques des médecins militaires, spécialisés dans les névroses de guerre (Vietnam) et aussi de Freud (conversion hystérique)
En Isère, les risques sont importants : industriels (usine seveso), nucléaires, avalanches et autres…
Lors d'un attentat on vit le réel de la mort et il faut prendre en compte la
souffrance psychologique de chacun. L’important est de rassurer la victime d'abord par une présence même silencieuse, puis lui permettre de verbaliser son mal-être. Il est opportun de s'occuper des plus fuyants qui sont souvent les plus atteints. La première écoute s’avère primordiale.
Dans chaque département la présence d'une cellule médico-psychologique a été mise en place, doublée d’une cellule de crise au Ministère de la Santé.
Au quotidien on vit inconsciemment avec le sentiment d’immortalité. Et les victimes sont bouleversées par un terrible constat : la mort ne se maîtrise pas.
Cette cellule d'urgence agit comme interface avec la traumatologie de l'Arc Alpin. On peut citer pour mémoire l’avalanche qui s’est produite aux Deux-Alpes où 2 lycéens ont trouvé la mort.
Tous sont stressés, mais grâce à la parole libérée, on peut éviter des blessures sur le long terme.
Il faut noter le rôle actif de bénévoles formés à cet effet, car dans ce genre de situation la solidarité humaine est un puissant recours.
L'accompagnement humain, discret et professionnel constitue une aide inestimable.
C'est sur cette note d’espoir que s’est achevée la soirée par un
chaleureux apéritif dans le salon accueillant de Nadine.
O.S
16.01.2018.


Soirée des voeux

« Grivoises, volages, bourgeoises, épouses, maîtresses, canotières : les femmes et MAUPASSANT »
Quand on évoque Maupassant, quelques titres viennent à l’esprit : La Maison Tellier 1881, Une Vie 1883, Le Horla 1887… romans ou nouvelles dans lesquels se côtoient naturalisme et fantastique.
Mais c’est dans un autre univers que nous plonge la compagnie Créabulle en cette soirée de janvier 2018, réservée aux vœux.
Anne-Sophie Galinier et Stéphanie Maurin, comédiennes professionnelles, nous entraînent dans le monde de ce disciple de Flaubert et de Schopenhauer, à la fois léger et caustique, sensible et pessimiste. La ronde des femmes se forme sous nos yeux, dans toute sa diversité et sa complexité, avec leurs obligations, leurs désirs et leurs besoins, souvent contradictoires.
Se succèdent trois tableaux révélateurs de cette fin du XIXème siècle : les bourgeoises dans leur souci de respectabilité et de passion, les filles de petite vertu dans leur recherche du plaisir, et les canotières à la fois grivoises et avant-gardistes par leur appétit de la vie.
Ce qui les rapproche, c’est tout à la fois leur quête d’amour souvent déçue et leur mépris ou leur dégoût des hommes. « J’ai besoin d’être aimée, ne serait-ce que par un chien » dira l’une d’elles.
Tous les textes proposés sont extraits des œuvres de Maupassant, vaste puzzle savamment recomposé et éclairé avec talent par les soins du régisseur. La musique, le choix des costumes et les voix off enregistrées nous aident à resituer chaque saynète dans un univers spécifique.
Mais outre l’aspect plaisant et sarcastique du propos, on se rend compte que Maupassant pose des questions très actuelles.
Les femmes sont-elles des poulinières ?
Ont-elles droit au plaisir ?
Peuvent-elles dire non ?
Comment réussissent-elles à concilier respectabilité et passion, désir et mépris ?
L’amour et le plaisir sont au cœur du spectacle et traduisent bien les besoins du jouisseur et du bon vivant qu’était Maupassant.
Mais c’est à d’autres plaisirs que s’adonneront les Lycéennes à la fin du spectacle, se retrouvant devant un buffet raffiné pour échanger de bons voeux. Elles deviseront à loisir sur leur condition, leurs projets, leurs soucis et aussi leurs joies.
Tout cela, orchestré avec maestria par Catherine, notre hôtesse, aussi attentive qu’efficace.
Cela nous permet, pour illustrer cette soirée consacrée à Maupassant, de souscrire à la formule de Julien Clerc :
« Femmes, je vous aime ! »
D.VDB
soiree_des_voeux.jpg


Activités physiques et cancer

A-Xavier Bigard, professeur agrégé au Val-de-Grâce, est venu nous rappeler, à la Table ronde, les bienfaits du sport sur la santé et ses effets bénéfiques sur certains cancers.
L'activité physique AP est la thérapeutique non-médicamenteuse la plus
efficace pour contribuer à l’amélioration et la prévention du cancer. Quand on
parle d'AP, cela peut concerner tous les mouvements de la vie quotidienne.
Dans l’idéal, il faudrait faire 3 footings par semaine et au minimum 1/2 h de marche active par jour ! Sans oublier quelques exercices de renforcement
musculaire (1 par semaine minimum).
En revanche, on considère qu’il y a sédentarité lorsque le temps passé en dépense énergétique, proche de celui du repos, dépasse 7-8 h par jour.
L'inactivité est la 4ème cause de mortalité dans le monde et génère 5 millions
de décès par an.
En 2012, en France on a déploré 200.000 nouveaux cas de cancers chez les
hommes (prostate et colorectaux) et 155.000 chez les femmes (sein et colorectaux).
I. Prévention primaire des cancers
A-X. Bigard nous montre, s’appuyant sur de très nombreuses études, que pour certains cancers, l'AP régulière permet de réduire de 24% le risque de survenue de cancer du colon et du sein mais non pour celui du rectum.
Il y a réduction du risque, quelle que soit l'AP. Celle-ci est plus importante si l'AP est plus intense, mais pour le cancer du sein, on ne note pas de réduction du risque si la masse corporelle est excessive. L’obésité reste donc un risque majeur de survenue de cancer, non modifiable par l’AP.
L'AP permet également d’envisager des réductions importantes de dépenses de santé !
II. Effets de l'AP si le cancer est déclaré
1. Correction du déconditionnement (augmentation de la capacité cardio-respiratoire et amélioration de la qualité musculaire)
2. Correction de la composition corporelle (diminution de l'obésité)
3. Effets métaboliques (augmentation de la sensibilité à l'insuline, limitation du gain de poids)
4. Effets sur la fatigue (réduction de 23% du niveau de fatigue liée au cancer)
5. Effets positifs sur la qualité de vie
6. Impacts sur certains effets secondaires des traitements suivis
7. Impacts sur la survie et les risques de récidives
Il est donc important de limiter le temps de sédentarité et de maintenir un mode de vie actif pendant la radiothérapie et les traitements médicaux. Mais il peut y avoir des contre-indications temporaires. Et il faut
favoriser l'engagement durable dans les pratiques, ce qui est souvent difficile, surtout chez les hommes !
C'est la seconde fois que A-X. Bigard nous prouve, avec brio et chiffres à l’appui, l'importance de l'activité physique pour notre santé, et même notre survie !
Alors, à quand un club sportif au Lyceum ?
C.S