« L’amour vache » au château de Beauplan!
Tel est le titre, un peu provocateur, du spectacle, présenté par la compagnie Bel Ami, en ce 24 septembre 2012. Pour la rentrée, Gilbert Dombrowski, comédien formé à l’école de Weber et de Truffaut, propose au Lyceum de Grenoble, une réflexion sur les méandres les plus sombres de l’âme humaine. A travers trois nouvelles de Dino Buzzati, Il explore les ravages de la jalousie, le poison perfide qu’elle ins- tille au cœur de l’homme. Sous couvert d’amour, l’être humain est capable d’empoisonner la vie de l’autre par inté- rêt, ou de le détruire pour pouvoir exister. Ce n’est pas un scoop, bien sûr, mais le talent du comédien consiste à nous le faire toucher du doigt.
Heureusement, l’accueil de nos hôtes, Odile et Jacques, propriétaires des lieux, nous fait oublier ces noirceurs ! Nous pas- sons sans transition de « l’amour vache » à l’amour courtois. En effet, c’est dans l’aile du château, restaurée pour le maria- ge de la princesse des lieux, Oriane, que nous partageons un
somptueux buffet. Il a été préparé avec amour, par les dames du Lyceum qui ont eu à cœur de n’empoisonner personne !
Danièle Vandenbussche
Avec le club de Lyon : "Sur le chemin de la passion".
A l’initiative des Lycéennes de Lyon et de Françoise Mangez, musicologue avertie, nous nous sommes retrouvées 8 contre 8 au château de Barbarin, près de Beaurepaire pour rencontrer des personnages passionnés et passionnants.
Philippe Seigle restaure ce domaine avec amour et compétence. Il en est le propriétaire depuis vingt ans et y demeure en permanence. Il nous fait admirer le « baladoir », les arbres « remarquables » et la vue admirable sur la vallée. Nous n’échappons pas aux explications sur les galets roulés et la molasse qui constituent les matériaux spécifiques de l’édifice. Mais nous préférons, à l’humidité des lieux, le soleil généreux de la terrasse.
De là, nous gagnons les dépendances où s’est installée une femme en tous points exceptionnelle : Françoise Rigal. Dès l’âge de huit ans, elle décide qu’elle ne veut vivre que pour le clavecin! Le chemin est ardu, semé
d’embûches pour une femme, mais elle réalise son rêve puisque, parmi les 24 facteurs de clavecin en France, elle est l’une des deux seules femmes à exercer son art. Spécialiste du clavecin flamand du XVIIe siècle, elle fait reférence en la matière. Ebéniste de formation, elle allie des talents multiples, car elle doit savoir « tout » faire et n’hésite pas à créer des outils quand ils manquent à l’appel. Elle peut consacrer 1 000 heures de travail à un instrument, sans souci de rentabilité, de peine ou de fatigue. Elle s’implique, aussi, auprès des jeunes, auxquels elle transmet son savoir-faire. La passion est visiblement le moteur de sa vie, comme c’est aussi le cas pour Philippe Seigle. Nous la quittons à grand regret, tant elle est bienfaisante et passionnante.
L’après-midi est consacré à Berlioz, à son musée et à sa musique. C’est Françoise Mangez qui nous fait le plaisir de nous accompagner de ses connaissances et de sa passion. Une audition de quelques extraits, en particulier de Roméo et Juliette, nous met en condition. Il est ensuite facile de pénétrer dans l’univers familier du musicien.
C’est l’une des citations du compositeur qui illustre le mieux ce qui fait le sel de ces rencontres. Je vous la livre: « Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique ? Pourquoi séparer l’un de l’autre ? Ce sont les deux ailes de l’âme. »
Danièle Vandenbussche

« Passerelles himalayennes » au-dessus de l’Ebron et du Drac
Randonnée pédestre au Lac de Monteynard : par une belle journée ensoleillée de mai, cinq dames téméraires ont franchi l’Ebron par « une passerelle himalayenne ». Sous la conduite de Michèle, elles ont surmonté l’obstacle sans peur et sans peine ! A plusieurs dizaines de mètres au-dessus d’une étendue d’eau vert-émeraude, elles n’ont éprouvé que le vertige généré par la beauté des lieux. Avant la deuxième passerelle qui, elle, enjambe le Drac, les marcheuses ont partagé pique-nique, émerveillement et amitié dans un lieu exceptionnel !
Florence Experton et Michèle de Meyer

Au Musée Dauphinois: « Voyages dans ma tête »
Après notre soirée « chapeaux », nous avons rêvé de mettre, sur nos têtes, ces coiffes rassemblées par Antoine de Gal- bert. En provenan- ce du monde en- tier, elles rivalisent de beauté.
Une exposition dé- coiffante, d’une grande richesse!
Catherine Wimez
Radiesthésie et qualité de vie
C’est ce, à quoi s’emploie avec talent et efficacité Claude Bagnérès. Sabine Hudault a servi de co- baye pour une démonstration du rayonnement de son corps, à l’aide de baguettes de cuivre, ca- pables de différencier gaîté ou tristesse.
Si les énergies « dansent » dans certains lieux, comment faire pour détecter les espaces de vie les plus appropriés au bien-être et à la santé? On connaît les effets néfastes des courants d’eau sou- terrains et l’importance du maillage du réseau électromagnétique sur la santé et le sommeil. Dé- placer un lit ou un siège peut vous changer la vie ! Que dire alors des méfaits des lignes à haute ten- sion, du téléphone portable ou du système Wi- Fi? Et l’on ne parle pas des ordinateurs...
Le radiesthésiste averti utilise son pendule, et une réelle concentration, pour détecter les ondes positives ou négatives. A défaut de pendule, des cristaux de quartz et « la foi du charbonnier » vous permettront de limiter les ondes néfastes de votre environnement!
Danièle Vandenbussche
"Un univers étonnant"
C’est autour d’un café que Mélanie Bourdon nous explique son parcours et son travail.
Après une dizaine d’années dans la brocante, elle commence à créer des objets en fil de fer, en feutre, et enfin, en papier mâché ! Dans sa boutique, nous décou- vrons un bestiaire plus vrai que nature : lièvres, moutons, cochons, vaches... à côté de corsets d’antan ou de champignons! Six mois sont parfois nécessaires pour créer une œuvre : modelage, séchage, ponçage, apprêt, peinture et vernis ! Beaucoup de talent pour cette jeune artiste, dans un univers merveilleux ! Et l’après-midi, Charline Chargelègue, une autre ar- tiste spécialisée dans le trompe-l’œil, nous a aussi reçues très affablement dans son lumineux atelier. Elle a toute une palette de talents. En résumé, une journée très chaleureuse dans les Terres qu’on dit « Froides ».
Michèle Auger et Emma Champenois
Accueil du club de Troyes: Le Lyceum: « Un vivier de talents » Salut les artistes!
Nous avons eu le plaisir et la chance d'accueillir dans nos montagnes huit lycéennes troyennes, dont la présidente actuelle et trois past- présidentes (excusez du peu !).
En ce joli début de printemps, nous leur avons fait découvrir « la ville aux trois roses »: l’une pour l’évêque, l’autre pour le Dauphin et la troisième pour les Grenoblois. Nous n’avons pu faire autrement que d’évoquer quelques figures emblématiques : Lesdiguières, Napoléon et Stendhal. Nous nous sommes un peu attardées sur les places, par ce beau soleil : la place St-André, celle de l’ancien palais de justice, la plus belle, la place Victor-Hugo, la plus vaste, et la place Grenette, la plus vivante. La symbolique était évidente : trois roses, trois hommes célèbres, trois places, et ce pour nos amies de... Troyes, forcément!
Le soir, nous étions en condition, le spectacle pouvait commencer. C’est Agnès qui nous a offert le cadre propice à l’évocation des souvenirs. La chaîne de Belledonne servait de toile de fond au théâtre de la guerre. Marie-Odile nous a rendues sensibles aux émotions de la petite fille qu’elle était, faisant resurgir du passé l’innocence face à l’innommable.
Comment dire « papa » à ce monsieur inconnu ? Le piano rendait plus vibrante encore l’intensité de la fragilité. Merci à elle et à Germaine Gemayel de nous avoir offert ce grand moment puisque nous remontions le fil du temps, il n’y avait qu’un pas à franchir pour retrouver à Vizille, les sans-culottes et le musée de la Révolution Française. La guide était jeune, passionnée et passionnante, le parc magnifique et ensoleillé, les cygnes noirs et blancs au rendez-vous.

Que demander de plus ? Mais une remise en forme s’imposait pour le soir, car un autre spectacle nous attendait. Nous sommes donc allées prendre les eaux à Uriage. Quel ne fut pas notre dépit en constatant que l’eau miraculeuse sentait l’œuf pourri... Un petit coup de « bandit-manchot » gagnant ragaillardit, heureusement, nos énergies !
C’est dans le théâtre de Françoise, entre cour et jardin, que se sont produites 4 talentueuses comédiennes. Le rire était, cette fois, au rendez-vous et nous ne saurions dire ce qui, des situations, de personnages, des mimiques ou des mots nous a le plus amusées. C’était tellement juste, tellement vrai, tellement décalé qu’on ne pouvait que s’esclaffer ! La présentation des saynètes, spectacle dans le spectacle, valait elle aussi le détour. Inutile de parler du repas, du gratin dauphinois et des desserts ! Muriel regrette bien que les techniques modernes de communication ne transmettent pas les odeurs !


Pour finir en beauté, nous n’avons pas négligé de visiter le site de Saint-Laurent et son musée archéologique, trace vive du passé, à ciel ouvert ou presque.
Vous voyez bien que nous faisons honneur au Lyceum. Nous sommes des amies gourmandes, dynamiques, sensibles, drôles, inventives, cultivées et accueillantes. J’avais oublié, nous sommes aussi... des artistes !
Danièle Vandenbussche
Lille: la remontée vers les racines Quand le soleil n’est pas que dans le cœur !
Comment parler du Nord et de cette escapade à Lille quand on est soi-même originaire du pays? Comment dire son émotion et son plaisir à se retrouver chez soi? Ch’ti, pur « jus » (ainsi nomme-t-on le petit café) je vais essayer de vous raconter...
Sur 15 rescapées, (4 personnes ont dû déclarer forfait pour raisons sérieuses), la moitié des Grenobloises est originaire de « là-haut ». Finalement, ce n’est pas si loin, cinq heures de train, et le tour est joué!
Dès le quai de la gare de Lille, le ton est donné. Mi-Jo, notre guide-lycéenne, général-en-chef, et Véronique, son fidèle lieutenant, nous attendent de pied ferme. Pas question de batifoler, un programme d’enfer a été soigneuse-ment mis au point!
Un plongeon dans La Piscine :
Et là, c’est l’émerveillement avec La Piscine ! Nous plongeons directement dans la culture culinaire du pays: chicons, maroilles et la gourmandise du Général de Gaulle... les gaufres de chez Meert ! Temple art déco de la culture du corps, cette piscine édifiée en 1932 est devenue un musée. Elle recèle des trésors, mais en est un par elle-même. Construite comme une abbaye avec sa chapelle orientée, son jardin intérieur, elle surprend par sa nef, ses mosaïques et surtout ses vitraux. Elle apparaît d’une étonnante modernité sociale et esthétique. Elle conjugue à la fois, beauté, art, fonctionnalité et originalité.
Le Mongy, tramway local, dont le nom honore l’ingénieur qui l’a créé, nous ramène vers nos pénates. Chez d’accueillantes Lycéennes, des amis, en famille, ou à l’hôtel, nous apprécions l’hospitalité du Nord.
Lille fait la part belle aux femmes :
Parfaitement ponctuelles et disciplinées, nous remontons le cours du temps, à la rencontre du Vieux-Lille. Ville-carrefour, ville de culture, ville au passé agité, Lille fait la part belle aux femmes. Les trois Grâces surmontant l’édifice de La Voix du Nord, journal régional, et la Colonne de la Déesse témoignent du pouvoir de la gente féminine. Ce sont elles qui incitèrent les hommes à résister aux Prussiens par exemple.
Après la Vieille Bourse, nous sommes fascinées par le rang du Beauregard, la rue de la Monnaie et l’Hospice Comtesse ainsi que par Notre-Dame- de-la-Treille, cathédrale inachevée jus- qu’à ce qu’un audacieux architecte contemporain la pare d’une étrange façade de marbre, opaque à l’extérieur et lumineuse à l’intérieur, à l’image de la foi.
Un buffet flamand sur la Grand’place : 
Malgré des influences diverses, l’architecture présente trois constantes : les matériaux et les couleurs, gris pour le grès, rouge pour la brique et blanc pour la pierre. Les décors abondent et on dit que « Lille a mis son buffet flamand sur la Grand-Place » tant les cartouches, les cariatides, les atlantes, les amours lillois sont présents.

Mi-Jo a tant à nous montrer et à nous raconter et nous sommes si passionnées que nous n’avons même pas le loisir de papoter, ou si peu!
Un petit tour de métro nous permet de gagner rapidement Villeneuve d’Ascq et le LAM (musée d’art moderne). « Hasard objectif » ou
clin d’œil des Dieux et de la vie, je croise une cousine que je n’ai pas vue depuis plus de dix ans ! Lille réserve bien des surprises ! L’art brut, qu’une jeune guide nous fait découvrir avec passion, nous laisse un peu médusées, parfois touchées aussi, par ces « cousins » ch’ti du Facteur Cheval.
La soirée est consacrée au « Furet du Nord ». Jean-François Callens, le fils du fondateur, nous conte son histoire, celle d’une petite boutique provinciale deve- nue la plus grande librairie d’Europe. Quelques chiffres significatifs : née en 1936, elle accueille, grâce à ses 160 ven- deurs, sur 3 600 m2, 10 000 clients par jour. 25 000 personnes peuvent traverser le magasin les jours d’affluence. Ce « Furet » fait partie des lieux embléma- tiques de la ville et témoigne de son dynamisme. C’est le cas aussi de la pâtisserie Meert ou du restaurant L’Huîtrière.
Le lendemain, sous la houlette bien- veillante de Mi-Jo, nous arpentons le quartier Saint-Sauveur et découvrons d’autres trésors. Nous évoquons non sans nostalgie « les canchons dormoires » comme le célèbre « P’tit Quinquin », nous attardons devant l’œuvre du mura- liste, Pignon, qui représente les combats de coqs chers aux habitants, riches ou pauvres et pénétrons dans l’hôtel de ville, immense édifice de briques rouges au hall impressionnant, le fief de Martine Aubry. Il nous reste à découvrir l’Hermitage Gantois, ancien hospice
transformé en hôtel de luxe. Que dire encore de Lille ? On peut laisser aux vraies Grenobloises le soin d’en faire l’apologie, car même le soleil était au rendez-vous! Et pour maintenir les liens qui se sont tissés avec cette belle ville de drapiers et ses habi- tantes, nous lèverons désormais nos verres, en disant, comme Mi-Jo : «A l’amour, à l’amitié, que ça dure et que ça perdure ! »
Danièle Vandenbussche.

Ambronay et Brou : Qui pourrait croire que si près de nous se trouvent de tels joyaux?
En ce petit matin brumeux du 11 janvier, nous sommes 11 à partir à leur découverte...
Chance incroyable, c’est Alain Brunet lui-même, le président du centre culturel de rencontre d’Ambronay, qui nous gui- de. Il nous fait découvrir l’abbatiale du IXe siècle, le cloître et le complexe destiné aux jeunes artistes. Il nous parle avec passion du festival de musique ancienne et baroque qui a lieu chaque année en septembre. Il nous fait partager projets et espoirs! Il multiplie les anecdotes sur les familiers des lieux: le Père Bilis et Marc Minkowski , tous deux passionnés de musique. Visiblement cette abbaye est habitée et vivante. C’est un lieu de culte et de culture, les deux termes étant si proches. Nous restons émerveillées par la superbe Pieta qui, chose inhabituelle, tient le Christ sur son bras gauche. Les cellules des moines sont restaurées avec tant de goût et de luxueuse simplicité qu’on y ferait bien un petit séjour. Un très bel escalier en béton moulé, d’un modernisme absolu vaut, à lui seul, le déplacement.
Après le purisme, un joyau du gothique flamboyant du XVIe siècle nous attend : le monastère royal de Brou. Dans la pierre, et à travers elle, s’écrit l’histoire d’amour de Marguerite d’Au- triche et de son époux, Philibert le Beau, disparu alors qu’elle n’avait que 24 ans. Elle fait édifier ce somptueux mausolée oùle«M»etle«P»entrelacés dansla pierre, racontent les liens qui les unis- sent. En entrant, nous sommes saisies par la sobriété de la nef, dépourvue de vitraux et d’ornements. Le jubé, sculpté comme une dentelle de Bruges, marque le contraste avec le chœur qui, lui, est surplombé de vitraux colorés et meublé de stalles, richement sculptées. Ecrin, pour les trois mausolées de marbre : Marguerite et Philibert ont le visage tourné l'un vers l'autre pour l'éternité.La devise de Marguerite: « Fortune In- fortune Fortune » et la manière dont el- le l’a illustrée dans cette réalisation, nous laissent quelque peu médusées.
Nous terminons cette journée par l’ex- position consacrée à Daniel Sarrabat, peintre lyonnais de la fin du XVIIe siècle.
Béatrice Cordonnier et Danièle Vandenbussche


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