Dans les petits papiers de Bergès
L’aventure a commencé par l’arrivée, dans la vallée du Grésivaudan, d’un
ingénieur-inventeur, né en Ariège en 1833.
Fils de papetier, Aristide Bergès met au point un défibreur de bois capable de produire une pâte à papier homogène. Sous l’impulsion d’Amable Matussière, Aristide, crée, dès 1868, une usine de fabrication à Lancey. Rapidement il capte les eaux du torrent, en installant une conduite forcée de 200 m de dénivelé, puis de 500 m. La force de l’eau est utilisée pour le fonctionnement d’une turbine qui, couplée à une dynamo gramme va produire de l’électricité: c’est la naissance de La Houille Blanche. Au pied de la papeterie, Aristide s’installe dans une petite maison de meunier qui, après agrandissement, deviendra la maison familiale des Bergès.
Poussons la porte : Maurice, cinquième enfant d’Aristide, l’artiste de la famille, exerce ses talents : les décors d’inspiration médiévale côtoient les thèmes et les lignes Art Nouveau. La nature est à l’honneur. Alphonse Mucha n’y est pas étranger...
Cette maison, transformée en musée, témoigne de la capacité de l’homme à inventer et à innover. L’alliance de la force de l’eau et du génie humain ont permis d’illuminer la vallée. La Houille Blanche est née et ses vertus ont pu être valorisées et diffusées grâce au... papier!
Caroline Mignot
club cinéma

Misoguchi : "Les contes de la Lune Vague après la Pluie" : Au XVIème un potier et un paysan tentent de réaliser leurs désirs : l'un, c'est d'offrir à sa femme le plus beau kimonos, l'autre, devenir samouraï...
A Genève, au cœur de la cité helvétique et de la convivialité lycéenne
Al’invitation du LCI de Genève, Philippe et Monique Artru, Lucile Ballu et Christine Chabord se retrouvent au bord du lac Léman, en ce 25 novembre 2012. La première plongée se fait dans le temps, sous la cathédrale. Avec passion et humour, Diane, notre guide, emmène, 2300 ans en arrière, les 24 Grenoblois et Genevois réunis. Maquettes et explications permettent de comprendre la succession des édifices construits, jusqu’au XVème siècle, époque de l’actuelle église. Les anec- dotes égaient la promenade : par exemple, le mot banqueroute vient de banca rota, le comptoir, ou banc des premiers changeurs, que l’on cassait lorsque les premiers « banquiers » avaient manqué à leur parole !
Après la visite archéologique, la prési- dente du LCI de Genève, Verdiana Grossi, nous montre une maquette du vieux Genève, dans la maison Tavel, la plus ancienne de Genève. Rien de tel que cette construction pour com- prendre l’implantation et le dévelop- pement de la cité helvétique.
A l’heure du déjeuner, nous voici au cœur de la convivialité lycéenne : les conversations s’animent autour de plaisanteries, d’échanges, de ren- contres inattendues et de projets qui rendent les adieux chaleureux, à l’ima- ge de l’accueil reçu...
Lucile Ballu
Assemblée générale DU LYCEUM CLUB DE GRENOBLE
"La dernière d’Isabelle"
L’assemblée générale du Lyceum de Grenoble s’est tenue le 19 novembre 2012, à l’hôtel Lesdiguières. Un diaporama, très attractif, réalisé par notre présidente, nous a permis de revivre les événements de cette année, riche en découvertes et en échanges. Après présentation des rapports moral et fi- nancier, le quitus a été voté à l’unanimité. Nous nous sommes retrouvées en- suite autour d Isabelle Guilbert, la fondatrice du club de Grenoble, qui nous quitte pour la belle région du Bordelais et ses vignobles.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU LYCEUM CLUB DE GRENOBLE
122 cours de la libération
18h Assemblée Générale
20h diner
Laurence Lafanechère, une chercheuse charismatique
Laurence Lafanechère chercheuse en biologie cellulaire au CEA, nous a plongées, en ce 16 novembre, dans le monde passionnant et mystérieux de la cellule.
Dans un corps humain, il y en a 10 000 milliards ! Elles ont un squelette, se déplacent, se multiplient en se divisant, puis...meurent : une sorte d’auto-suicide somme toute.
Colorées en rouge, vert, bleu, jaune, allongées, arrondies, protéiformes, elles hypnotisent le chercheur. Le processus de transformation est fabuleux, mais il peut aussi connaître des dérèglements et favoriser des pathologies comme le cancer. Pour mieux prospérer, la cellule active des voies où transi- tent des signaux, comparables à ceux des voies ferroviaires. Pour les en empêcher, l’idéal serait de blo- quer un carrefour, là où ces voies divergent. Par exemple, si on bloque la station Châtelet à Paris, on bloque tout le réseau du métro! C’est ce dont est capable la molécule : « la Liminib » que Laurence a découverte avec son équipe, molécule efficace sur les souris. Pour valoriser cette découverte, et pour pouvoir commercialiser ce produit, une start-up est en train de se monter. C’est une aventure passionnante que Laurence nous fait partager. Ses explications sont claires, imagées, accessibles et, pour un peu, on croirait que cela coule de source, ou que la découverte est le fruit du hasard! Mais, comme disait Pasteur : « Le hasard favorise ceux qui s’y sont préparés. » Nous souhaitons donc à cette chercheuse, très charismatique, de remporter « le trophée de la femme de l’année » et de pouvoir continuer, avec son équipe, cette belle aventure, au service de l’Humanité. Affaire à suivre...
Marie-Françoise Paturle
et le 31 décembre, bingo! nous avons le bonheur d’apprendre que Laurence a été nommée par le Dauphiné Libéré : « Personnalité de l’année! » Nous la félicitons très sincèrement et nous réjouissons qu’elle, et son équipe, soient ainsi mises à l’honneur !
L’ensemble des Lycéennes
"Vie de chercheuse"
Conférence-déjeuner avec Laurence Lafanechère directeur de recherches au CNRS.
Directrice d'un Groupement de Recherche « criblage biologique de petites molécules» en vue de progrès sur le cancer, les maladies cardiovasculaires...
Rendez vous à 11h30
L’avenir de l’eau: utopie ou réalité?
Quelle place tient-elle? dans notre vie de tous les jours, dans l'économie de notre pays et du monde?
Autant de questions à se poser sur l’eau.
Jacques Tcheng, directeur de la Régie des Eaux de Grenoble, nous en a parlé avec la précision et la conviction de l’expert qu’il est. À l’aide d’exemples concrets, il a pointé sa répartition inégale dans le monde, son gaspillage et autour des puits mais aujourd’hui ce sont des risques de guerres internatio- nales qui sont à craindre...
Pour revenir à notre Dauphiné, il nous a révélé que la gestion de notre eau est confiée à une multitude d’organismes dont les compétences sont inégales. Un gaspillage important de la ressource et des financements en découle, avec, pour conséquence, désordre et opacité. Ce qui est plus grave, c’est que ce désordre et cette opacité sont à l’origine de dérives.
Heureusement nous nous sommes consolées autour de brochettes de pois- sons qui, eux, n’avaient pas frayé en eaux troubles!
Danielle Bourgeat
Exposition Soulages au Musée des Beaux-Arts de Lyon
« Noir, c’est noir »
C’est avec le plus grand empresse- ment que nous avons répondu favora- blement à l’invitation du club de Lyon, le 12 novembre. En une matinée, toutes les places disponibles, proposées par nos amies lyonnaises, s’étaient envolées! Soulages ne laisse pas indifférent et Pierre Lacôte, notre guide, a su rendre cette exposition inoubliable.
On ne peut s’empêcher de penser à la pièce de Yasmina Reza: « Art » où trois amis s’affrontent à propos de l’achat d’un tableau blanc, tout blanc, ou presque ! Ici la question serait : comment peut-on rendre sensibles les modulations de la lumière, à travers des œuvres noires? Bien-sûr, il y a le noir de fumée, le noir du goudron, le noir d’ivoire et l’« outrenoir » (comme il existe un bleu outremer). Et puis il y a toutes les connotations propres au noir, que chacun porte en soi.
On parle à propos de Soulages « de la lumière du reflet ». Il se joue des oppositions et des contrastes : le noir et le blanc, le mat et le brillant, le creux et le plein. Le geste est répétitif, comme sont répétitives les empreintes ou les traces laissées sur sa matière de prédilection : l’acrylique. Les bandes de tissu qu’il colle, créent une rythmique particulière, sorte de partition musicale, de variation née du jeu des verticales, des horizontales et des obliques. C’est le spectateur, dans sa mobilité, qui fait exister l’œuvre grâce à l’organisation de la lumière. L’éclairage est donc primordial et son réglage, affaire de spécialiste. Ainsi le noir se fait couleur et, au- delà du noir, apparaissent le bleu Guimet, ou sa complémentaire, l’orangé.
Pour Soulages ce qui est essentiel, c’est l’action et non le concept. Dans ses ta- bleaux, il n’y a pas de récit. Il se sent proche de l’artisan qui expérimente et qui se laisse surprendre par la matière, l’organisation, la lumière. Il aime l’effet de surprise !
Son objectif est atteint. Il ne lasse pas de nous surprendre et les vibrations qui émanent de ses œuvres sont le reflet de la lumière, de la matière, des lignes, et de ce que nous projetons de nous-mêmes dans cette symphonie...
Danièle Vandenbussche
La caserne De Bonne : du rêve à la réalite
Quand on évoque à Grenoble la caserne De Bonne, on pense aussitôt aux trois bâtiments gris totalement réhabilités (après un combat acharné mené par les Grenoblois) qui encadrent la cour d’honneur, aux jets d’eau et aux espaces paysagers bien séduisants. On y associe la galerie commerciale et ses magasins franchisés comme«H&M»ou«LeVieuxCampeur». On oublie parfois qu’il s’agit d’une expérience-pilote qui avait pour ambition de créer un écoquartier au cœur de la ville. Neuf cents logements ont ainsi été édi- fiés ou rénovés, avec pour principes directeurs, la mixité sociale et le souci du développement durable.
Cet ensemble qui se veut vivant, conjugue, depuis 2008, la diversité so- ciale et générationnelle. Se côtoient, outre les logements traditionnels, des logements sociaux, pour 40 %, une résidence hôtelière, deux résidences étudiantes, des bureaux, un établissement pour personnes âgées et un foyer pour handicapés. On ne saurait oublier le cinéma d’art et d’essai, le Méliès, riche de trois salles et un hôtel quatre étoiles. Le plus remarquable est sans doute la volonté de construire ces bâtiments avec comme préoccupation majeure les performances énergétiques. Les immeubles adjacents fascinent par leur conception et leur diversité. Mais, puisqu’il y a un « mais », tout n’est pas parfait!
Alors que nous arpentons les rues, en ce 26 octobre, un habitant nous hèle pour nous faire part de ses griefs quant à cet écoquartier. Celui du coût, excessif selon lui, des charges injustifiées, des infiltrations d’eau dues à la nappe phréatique trop proche et surtout du manque de régulation thermique, plus de 32 degrés en été ! Si nous sommes séduites par ce pro- jet novateur et par le côté exemplaire des moyens mis en œuvre, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que « l’enfer est, parfois, pavé de bonnes intentions ». Le combat de l’écologie n’est pas encore gagné, même dans les casernes .
Danièle Vandenbussche
