Exposition JI-YOUNG DEMOL-PARK au Musée Hébert
Hommage coréen à la beauté des Alpes : un dépaysement assuré au musée Hébert
Il faudrait pouvoir commencer la visite de l’exposition proposée en ce moment au musée Hébert par… la dernière salle. Là où sur un cartouche on peut lire : « L’artiste allie le tracé énergique du bambou taillé, geste quasi calligraphique, à la douceur des lavis aqueux dont les nuances semblent infinies". Ji-Young Demol Park parvient à restituer avec une économie de moyens, la rudesse des montagnes, les gouffres vertigineux et les lumières évanescentes ». Voilà. Tout est dit.
Revenons cependant sur nos pas, avec les lycéennes qui visitaient mercredi, sous un soleil radieux, cette exposition. Et faisons connaissance de Ji-Young Demol Park, artiste coréenne qui vit à Annecy depuis vingt ans. Après des études sur l’art occidental dans son pays et une jeunesse tout entière consacrée au dessin, elle décide, une fois installée en France, de revenir à des choses très simples. Papier, eau, pigment vont être ses uniques outils pour peindre les formes puissantes de nos montagnes ...qui la fascinent totalement. Ce qui fait naître tout au long de ses œuvres un singulier métissage entre Asie et Occident.
Parfois elle emploie le sfumato, technique de Léonard de Vinci et les traces du contour des montagnes s’évaporent quasiment sur le tableau. Sur d’autres toiles elle n’hésite pas à laisser un tiers de l’espace en bas totalement nu, pour stimuler l’imagination du promeneur, qui a comme l’impression d’être happé par ce vide. On retrouve sur l’ensemble de ses oeuvres la même économie de moyens et le même sens du détail ainsi qu’une immense délicatesse. Le dépaysement est assuré. On est émerveillé.
21/09/2021
Une journée à St Antoine l’Abbaye
Par un beau soleil de septembre, 15 d’entre nous se sont rendues à St Antoine l’Abbaye, seul village médiéval de l’Isère classé parmi « Les plus Beaux Villages de France » !
En montant vers l’abbatiale, nous découvrons ses ruelles, ses « goulets » (passages couverts), sa halle médiévale, ses maisons à colombages, puis la vallée, et une vue imprenable sur le Vercors.
Nous sommes accueillies par une guide charmante, qui nous raconte avec passion l’histoire de l’abbaye, liée à celle de St Antoine l’Egyptien : né en 251, mort à 105 (!) ans, surnommé aussi St Antoine du désert, il est connu pour ses combats victorieux contre les assauts du démon (figuré par un cochon aux pieds de ses statues !). Ses reliques seront rapportées de Constantinople jusqu’ici, où elles guériront miraculeusement un jeune chevalier, atteint du « mal des ardents », une maladie due à l’ergot de seigle.
Devant l’afflux de pèlerins et de malades, des bénédictins arrivent de Montmajour à la fin du XIe siècle, vite rejoints par un nouvel ordre, celui des Antonins, ordre hospitalier ; les Antonins finiront par évincer les bénédictins à St Antoine, et essaimeront dans toute l’Europe.
L’église abbatiale, construite sur une période de 300 ans, est un pur exemple d’art gothique, quoiqu’étonnamment trapue, à cause de la configuration du terrain. Malgré les destructions dues aux guerres de religion, nous admirons les vestiges des peintures murales, les magnifiques stalles et l’orgue du XVIIe siècle, et le trésor, qui renferme de très nombreux reliquaires, des instruments de chirurgie, un Christ en ivoire sculpté d’une façon très réaliste.
La chapelle privée du dernier abbé, dotée de magnifiques boiseries en châtaignier de Hongrie, renferme un extraordinaire meuble chapier en demi-cercle, destiné aux ornements liturgiques.
L’abbaye sera classée par Prosper Mérimée en 1840
Après un déjeuner en terrasse, nous avons visité l’exposition consacrée à Jean Vinay et à ses contemporains et amis, guidées par l’adjointe de la conservatrice du musée : une belle découverte que celle de ces peintres, connus… ou moins connus.
12.09.2022 - EB









