L'EVOLUTION DE LA PROFESSION D'INFIRMIERE

Notre présidente Martine Grocq et sa consoeur Valérie Berger nous ont présenté une conférence sur le thème de l’évolution de la profession d’infirmière.
Martine Grocq fut, entre autres, lors de sa carrière d’infirmière, directrice des Soins au CHU de Bordeaux et Valérie Berger est, elle aussi, infirmière ainsi que coordinatrice de la Recherche Paramédicale au CHU de Bordeaux et Professeur associé à l’Université de Bordeaux et à la Faculté des Sciences Infirmières de Montréal.
Retour historique sur ce que furent les débuts et le développement du métier d’infirmière à travers les âges :
Dans l’antiquité, les pratiques de Phénarète, sage-femme et mère de Socrate inspirèrent à ce dernier le principe de la maïeutique qui consiste à faire accoucher les âmes plutôt que les corps. Aussi bien en Grèce qu’à Rome, il n’était pas question de voir une femme devenir médecin. Le serment d’Hippocrate (IVe siècle av. JC) exclut d’ailleurs les femmes de l’accès à la profession de médecin.
L’histoire d’Agnocide, illustre cette interdiction. Rêvant d’être médecin dans la Grèce antique, cette jeune femme choisit de transgresser la loi en se coupant les cheveux et en s’habillant en homme. Elle se forma auprès d’un médecin nommé Hérophile, devint gynécologue et, une fois passé le scandale provoqué par la révélation de son sexe véritable, elle fut à l’origine d’une loi autorisant les femmes à étudier et pratiquer la médecine.
Agnocide parlait déjà de contraception et d’avortement, ce qui provoqua l’ire des hommes, mécontents de voir la gent féminine acquérir un début de liberté sexuelle.

Au début du Moyen-Age, les femmes comme les hommes, pratiquent la médecine ou la chirurgie. Mais la professionnalisation de la médecine, surtout dans les villes universitaires, en a évincé peu à peu les femmes. D'abord en interdisant l'accès des femmes à l'Université, puis en les excluant des professions règlementées. Mais pour soigner les populations, il faut des infirmières : c’est aux religieuses qu’incombe ce rôle. Monastères et abbayes accueillent les malades et les soignent sur la base de l’esprit chrétien.
En 1398, le mot « enfermerie » apparaît pour désigner le lieu fermé qui héberge et où l’on prend soin, d’abord des pauvres et des lépreux, puis des malades en général. Par extension, les soignants qui y exercent seront nommés « enfermiers ».

A partir du XVIIe siècle, la laïcisation des hôpitaux découlera de la mise à distance de l’Église catholique par les protestants.
Pourquoi plutôt des soignantes femmes ?
Les femmes sont considérées comme plus aptes à prendre soin des malades car plus attentives et délicates que les hommes
Au XVIIIe siècle, Diderot et d’Alembert écrivent dans l’Encyclopédie : « Dans les hôpitaux bourgeois et maisons de charité ; ce sont des femmes ou des sœurs hospitalières qui sont chargées des fonctions des infirmiers et l’on est généralement content de la manière dont elles s’en acquittent. On ne peut nier que les femmes ne soient plus propres à ces fonctions que les hommes ; en effet, par la sensibilité et la douceur naturelle à leur sexe, elles sont plus capables qu’eux de ces soins touchants, de ces attentions délicates, si consolantes pour les malades et si propres à hâter leur guérison ».
Malgré tout, l’infirmière, aussi indispensable soit-elle, est longtemps considérée comme une simple garde-malade, une servante au service des médecins.
Ce n’est vraiment qu’à partir desguerres des guerres du XIXe et XXe sièclesque l’on verra les hommes s’illustrer comme infirmiers sur les champs de bataille.
Wikimedia Commons, Infirmier militaire pendant la guerre de 70. Litographie. Musée Carnavalet
Valérie Berger évoque le personnage de la « Dame à la lampe », la célèbre Florence Nightingale
Infirmière britannique et pionnière des soins infirmiers modernes, Florence Nightingale (1820-1910), issue de la bonne société britannique, fut une véritable légende de son vivant. Par son courage, son implication notamment pendant la guerre de Crimée, elle a contribué à moderniser le métier d’infirmière. Après sa mort se développera véritablement une science des soins infirmiers s’appuyant sur ses études et ses statistiques.
Valérie Berger, insiste aussi sur l’importance de la personnalité qu’est Florence Nightingale. Véritable scientifique, en avance sur son temps et la condition féminine de l’époque, elle se rendit compte, pendant la guerre de Crimée, que, parmi les soldats, de nombreux décès étaient dus au manque d’hygiène. Elle mit alors l’accent sur l’importance de l’asepsie, soulignant, ce qui nous semble évident aujourd’hui, mais ne l’était pas du tout à l’époque, que l’un des moyens les plus simples et efficaces pour prévenir la propagation des maladie nosocomiales était le lavage des mains.
Wikimedia Commons. Florence Nightingale. Colour reproduction of drawing by R. Kirchner, 1917.

- Quelques dates importantes à Bordeaux :
- 1884 : création de l’école d’infirmières protestante de Bagatelle.
- 1902 : création de l'école d'infirmières de l'hôpital St André, dirigée par la congrégation des Sœurs de Saint Vincent de Paul.
- 1904 : ouverture de l’école d’infirmières laïque de l’hôpital du Tondu
- Quelques dates marquantes de l’évolution de la profession d’infirmière :
- 1901 : La Nouvelle-Zélande est le premier pays à enregistrer sur le plan national la liste des infirmières.
- 1922 : Uniformisation des programmes par Léonie Chaptal et décret instaurant un brevet de capacité professionnelle pour les infirmiers.
- 1946 : Dispositions légales de la profession d’infirmière. L’infirmière devient une professionnelle.
- 1951 : Création du diplôme d’état d’infirmière.
- 1978 : la loi du 31 mai 1978 reconnaît un rôle propre à l’infirmière et lui octroie une autonomie sur certains actes.
- 1993 : Décret relatif aux règles professionnelles de l’infirmière.
- 2002 : Décret énonçant la liste des actes que peut réaliser un infirmier diplômé d’état, sur prescription médicale et sous la vigilance d’un médecin.
- 2004 : Décret sur les compétences et les charges déontologiques des infirmiers. Prise en charge de la douleur et notion de santé mentale en psychiatrie.
- 2006 : Création de l’ordre national des infirmiers.
- 27 juin 2025 : Reconnaissance et définition du statut législatif de l’infirmière. L’infirmière est habilitée à mener des consultations, avec un droit de prescription limité.
- Il existe quatre catégories d’infirmières :
- Infirmière puéricultrice,
- Infirmière anesthésiste,
- Infirmière de bloc opératoire
- Infirmière coordinatrice, chargée d’effectuer la liaison entre plusieurs catégories de personnes (dans les hôpitaux, les EHPAD…)
- Une autre spécialité est celle de l’infirmière de l’éducation nationale qui assure l’accueil et l’écoute des élèves sur le plan de la santé et de la scolarité.

Elle présente également Léonie Chaptal, autre héroïne dans l’histoire des soins infirmiers.
Léonie Chaptal est l’architecte de la profession infirmière en France. Très investie pour la profession et notamment pour la formation, elle est également mondialement reconnue pour son action contre la tuberculose.
Portrait de Léonie Chaptal By Geni.com - Geni.com, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=59949836htt
Marie-Françoise Collière (1930-2005), infirmière et femme d’exception, co-fondatrice en 1965 de l’Ecole internationale d’enseignement infirmier supérieur de Lyon, fut également une militante de l'évolution des droits infirmiers. Profondément altruiste, cette infirmière mettait l’accent sur le contact, non seulement le malade en tant qu’individu mais comme faisant partie d’une famille, d’une communauté humaine qu’il convient absolument de prendre en compte dans une vision globale du soin.
Les diplômes d’infirmière :
Concernant les diplômes à l’étranger, Valérie Berger cite le cas des Etats-Unis où, depuis 1934, il existe un doctorat en sciences infirmières, plaçant les infirmiers à un très haut niveau de connaissances et de compétence.
Pour l’Europe, elle insiste sur le processus des Accords de Bologne sur l’enseignement supérieur, auquel a adhéré la formation infirmière en 2009.
Le diplôme d’Etat infirmier, avec 3 ans d’études, attribue le niveau licence, le système LMD (licence, master, doctorat) permettant aux élèves infirmières d’accéder à plusieurs formations allant jusqu’au master. Il faut noter à ce niveau, l’influence de Roselyne Bachelot, ministre de la santé entre 2007 et 2010, qui a œuvré à l’évolution du métier d’infirmière et mis en place l’appel à projet de recherche infirmière élargi aux professions para-médicales
En 2019, Dans le cadre de la réforme du métier, un décret a officialisé la création de la discipline des sciences infirmières.
Enfin, en juin 2025, face à la crise majeure de l’accès aux soins, le déficit du nombre de médecins, le vieillissement de la population et le développement des maladies chroniques, est créé le nouveau métier de l’IPA (Infirmière en Pratique Avancée). Titulaires d’un master II, les IPA interviennent en complémentarité des médecins et, grâce à leurs compétences, peuvent les délester d’une part de leurs charges.
Pour devenir IPA, l'infirmière doit suivre une formation dispensée sur 3 ans. Cette formation fait l'objet d'un diplôme d'État de niveau master.
En Aquitaine, trois universités proposent cette formation : Bordeaux, Poitiers et Limoges. A l’Université de Bordeaux, 60 étudiants IPA sont répartis sur 5 spécialités : Pathologie chronique stabilisée, Oncologie et hémato-oncologie, Maladies rénales, Psychiatrie et santé mentale, Urgence.

Marie-Françoise Collière (1930-2005), infirmière et femme d’exception, co-fondatrice en 1965 de l’Ecole internationale d’enseignement infirmier supérieur de Lyon. Profondément altruiste, cette infirmière mettait l’accent sur le contact, non seulement le malade en tant qu’individu mais comme faisant partie d’une famille, d’une communauté humaine qu’il convient absolument de prendre en compte dans une vision globale du soin.
LE TRESOR D’AAHOTEP, REINE D’EGYPTE
Jeudi 12 juin, les lycéennes étaient nombreuses pour écouter la conférence de Jacques Zacharie, historien de l’art, conférencier, guide culturel en France et à l’étranger et également auteur de Bandes Dessinées, sur le Trésor d’Aahotep, reine d’Egypte, découvert par Auguste Mariette en 1859.

Né en 1821 à Boulogne-sur-Mer, Auguste Mariette a connu un destin extraordinaire. Passionné par l’égyptologie, il apprit très tôt à déchiffrer les hiéroglyphes. En 1849, il est embauché au musée du Louvre comme auxiliaire de conservation. Il lui est alors confié une mission en Egypte pour aller y récupérer des documents anciens. Arrivé sur place, il utilise les fonds alloués pour ouvrir un chantier de fouilles à Saqqarah et découvre une multitude d’objets, sarcophages, bijoux, statues. Il met au jour le Sérapéum, grandes catacombes où il découvre les énormes sarcophages des taureaux sacrés d'Apis.
Statue d’Auguste Mariette au Caire
Avec l’aide du pacha Mohammed Saïd, il fonde le Service des Antiquités Egyptiennes, puis crée un musée au Caire dans le quartier de Boulaq. Il écrit également les textes fondateurs du service de protections des antiquités égyptiennes et met fin aux fouilles non autorisées et à l'exportation des antiquités.
En 1859 il s'installe en Egypte et y restera jusqu'à sa mort.


Auguste Mariette créera ensuite le Musée du Caire où est exposé le formidable trésor trouvé dans la tombe de la reine d’Aahotep en 1859 à Dra Abou-I Naga, près de Louqsor.
Lorsque la tombe fut découverte, la momie, endommagée, tomba en poussière, mais les objets furent heureusement préservés. Parmi lesquels des bijoux extraordinaires, une hache d’apparat en or et une barque en or et argent avec ses quinze passagers.
La reine Ahhotep a vécu à une époque particulièrement faste de l'Égypte ancienne. Son règne se situe à la fin de la XVIIe dynastie et au début de la XVIIIe. Elle fut régente de son fils, le pharaon Ahmosis pendant sa minorité et a laissé une trace importante dans l’histoire égyptienne. Elle fut surnommée la reine de la liberté et la reine guerrière.
Son fils Ahmosis entreprendra la reconquête de la Basse-Egypte et chassera les Kyxsôs du delta du Nil.
Le trésor de la reine Aahnotep
Le trésor de la reine Aahnotep, fut présenté lors de l'exposition universelle de Paris en 1864.
Les bijoux et objets précieux trouvés dan sa tombe furent convoités par beaucoup, y compris par l’impératrice Eugénie. Celle-ci aurait souhaité ajouter à sa collection de bijoux un collier fait de mouches d’or
Malgré son statut prestigieux et les nombreuses pressions, Auguste Mariette refusa s'appuyant sur les textes de protection des antiquités égyptiennes. Le collier fabuleux resta au musée du Caire où il se trouve toujours.


Crédit photos : Jacques Zacharie
ABBAYES ET PRIEURES DU PERIGORD
Le 17 avril, nous accueillons Evelyne Bermond-Picot et Gérard Leconte pour assister à leur conférence sur les Abbayes et Prieurés du Périgord.

Evelyne Bermond-Picot, est paléographe et donc spécialiste du déchiffrement des anciennes écritures.
Elle a travaillé pendant 20 ans aux Archives départementales de la Gironde et pendant 8 ans sur un projet de recherches sur les pêches françaises dans le golf du Saint-Laurent pour l'Université Laval de Québec.
Lorsqu’il était en activité, Gérard Leconte, qui est architecte, avait deux agences : l'une à Bordeaux et l'autre à Bergerac.
Cette conférence porte le même titre que le livre qu’ils ont co-écrit. Paru en 2017 aux éditions GLI, ce livre, deux fois édité, est malheureusement épuisé en librairie à ce jour.
Pour mener à bien leur projet : recenser les 204 abbayes et prieurés (il n’en subsiste que 90), nos deux conférenciers ont mené un travail gigantesque et parcouru, pendant cinq ans, et à raison de deux jours par semaine,10 000 km environ sur leur territoire de recherche : le diocèse du Périgord, qui recouvre la Dordogne et empiète sur la Charente et le Lot-et-Garonne comme on peut le voir sur la carte dressée par Gérard Leconte.
Carte des monastères du Périgord, travail personnel communiqué par Gérard Leconte

En entrée en matière, nos conférenciers nous expliquent la différence entre une abbaye et un prieuré.
L'abbaye : au Moyen-Age, c’était une communauté de moines ou moniales gouvernée par un abbé ou une abbesse et, par extension, le bâtiment qui abritait cette communauté.
Le prieuré : le terme apparaît au XIe siècle pour désigner un monastère de moindre importance, placé sous la dépendance d'une abbaye. Son nom vient du fait qu'on a donné au moine qui le dirigeait le titre de « prieur ».
Ils citent également les différents ordres monastiques représentés en Périgord :
- Les bénédictins
- Les augustiniens
- Les grandmontins
- Les cisterciens
- Les artigiens (ordre fondé en Limousin par Saint-Léonard de Noblat)

L’abbaye de Boschaud
Ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle, elle est située sur la commune de Villars.
Victime des guerres de religion, elle fut partiellement détruite. Certaines parties ont été restaurées au fil des siècles.
Boschaud offre la particularité de ne pas être construite près d’un cours d’eau, comme le sont généralement les abbayes. Ses moines ne possédaient que des puits pour puiser leur eau.
Classées monument historique en 1950, les ruines de Boschaud ont été rachetées par l’état en 1967.
Wikimedia Commons abbaye de Boschaud Par © Trauman
D’autres abbayes, détruites au cours des siècles puis restaurées sont magnifiquement conservées, comme
L’abbaye de Cadouin
Ancien hermitage transformé en abbaye cistercienne au XIIème siècle, l’Abbaye de Cadouin est inscrite depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
---------------------------------Wikimédia Commons vue de l’abbaye de Cadouin Own Work, Benjamin Lefèvre

Wikimedia Commons, cloître de l’abbaye de Cadouin By MOSSOT - Own work, CC BY-SA 3.0

Le Prieuré de Rauzet
D'autres couvents, à l’état de ruines, ont été relevés et restaurés, c’est le cas du Prieuré de Rauzet, de l’ordre de Grandmont, ordre austère aujourd’hui disparu. Construit au XIIIe siècle, et situé à Combiers, en Charente, aux confins de la Dordogne.
Dans l’ordre de Grandmont, le vœu de pauvreté était poussé à l’extrême. Le prieuré possédait quelques domaines et étangs, un moulin et des droits sur la forêt proche. Les moines vivaient très simplement et avaient pour règle l’hospitalité, accueillant notamment les pèlerins en route pour Saint-Jacques.
-----------------------La chapelle de Rauzet avant restauration : Image transmise par Evelyne Bermond-Picot


Et après restauration…Image transmise par Evelyne Bermond-Picot
Nos conférenciers ne nous ont pas caché l’importance des coûts, souvent exorbitants, de ces restaurations, parfois aux frais des propriétaires qui habitent les lieux, parfois à la charge d’associations et, en partie, de l’état ou des collectivités locales.
Nous ne pouvons que saluer le mérite des mécènes, des bénévoles amoureux des vieilles pierres, des associations et des services publics qui permettent de maintenir vivants ces témoins précieux de notre passé religieux.
Et remercier nos deux conférenciers, pour nous avoir fait profiter de leurs recherches sur le riche patrimoine monacal du Périgord.
LES EMPREINTES GENETIQUES EN PRATIQUE JUDICIAIRE

Christian Doutremepuich est venu nous parler d’un sujet dont il est éminent spécialiste, celui des empreintes génétiques en pratique judiciaire. Christian Doutremepuich est « docteur en pharmacie ainsi que docteur en médecine et en biologie humaine.
Il a été professeur d’hématologie à la faculté de pharmacie de Bordeaux et vice-président de l’Université Bordeaux II Victor Ségalen. Il est membre de l’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Bordeaux.
Après avoir effectué de nombreuses expertises ADN, notamment dans les dossiers criminels, Christian Doutremepuich a créé, en janvier 1996, le Laboratoire d’Hématologie Médico-Légale à Bordeaux.
Ce laboratoire n’agit que sur mission ou réquisition judiciaire et est spécialisé uniquement dans les analyses génétiques destinées à l’identification humaine.
M. Doutremepuich nous expose ce que furent les débuts de la science de l’ADN (ou acide désoxyribonucléique) et de son développement au fil du temps, depuis les années 50. Il évoque les travaux de l’américain James Watson, de l’anglais Francis Crick, jusqu’à la découverte faite par l’anglais Sir Alec Jeffreys, dans les années 1980-85 ,démontrant qu’il existe sur l'ADN des variations qui rendent unique l’ADN de chaque individu.
Au début des années 1990, cette découverte déclencha de nombreuses controverses avant qu’elle soit reconnue et acceptée par le monde scientifique et judiciaire. Elle permit non seulement de condamner des criminels mais d’innocenter des individus condamnés par erreur. Les analyses portent sur le sang (l’ADN est présent dans les globules blancs), le sperme, les éléments pileux, les urines, les cellules épithéliales et les os.
La France développe à cette époque ses compétences en la matière. Le professeur Doutremepuich crée en 1996 le laboratoire d’hématologie médico-légale ;
Ce laboratoire est spécialisé dans l’expertise au profit de l’appareil judiciaire. Son domaine concerne :
Les recherches de filiation (paternité, maternité, fratrie) dans le cas de procédures pénales ou civiles.
L’identification des traces biologiques sur les scènes criminelles dans le cas de procédures pénales.

Ces analyses peuvent être soumises à des sources d’erreur : mauvaise numération en laboratoire, mélange des scellés judiciaires, addition d’ADN extérieur sur les scènes de crime ou au laboratoire, contamination des gants… C'est pourquoi toutes les analyses répondent à un cahier des charges très strict, et le laboratoire est contrôlé régulièrement .
Aux assises, le laboratoire doit être sûr de ses résultats. Les difficultés rencontrées sont nombreuses mais on arrive à résoudre des « cold cases » parfois vieilles de 20, 30 ou même 40 ans, si les scellés ont été bien conservés !
Une meilleure identification des individus est désormais possible , grâce à une base de données génétiques établie à partir de volontaires et permettant de définir entre autres, la couleur des yeux, de la peau et des cheveux.
L’ADN a fait ses preuves depuis des années et pourrait encore aider à résoudre nombre d’affaires non résolues car il existe, depuis 1998, un fichier national des empreintes génétiques qui rassemble le profil de plus de 5 millions de personnes.









