Le 17 avril, nous accueillons Evelyne Bermond-Picot et Gérard Leconte pour assister à leur conférence sur les Abbayes et Prieurés du Périgord.

Evelyne Bermond-Picot, est paléographe et donc spécialiste du déchiffrement des anciennes écritures.
Elle a travaillé pendant 20 ans aux Archives départementales de la Gironde et pendant 8 ans sur un projet de recherches sur les pêches françaises dans le golf du Saint-Laurent pour l’Université Laval de Québec.
Lorsqu’il était en activité, Gérard Leconte, qui est architecte, avait deux agences : l’une à Bordeaux et l’autre à Bergerac.
Cette conférence porte le même titre que le livre qu’ils ont co-écrit. Paru en 2017 aux éditions GLI, ce livre, deux fois édité, est malheureusement épuisé en librairie à ce jour.
Pour mener à bien leur projet : recenser les 204 abbayes et prieurés (il n’en subsiste que 90), nos deux conférenciers ont mené un travail gigantesque et parcouru, pendant cinq ans, et à raison de deux jours par semaine,10 000 km environ sur leur territoire de recherche : le diocèse du Périgord, qui recouvre la Dordogne et empiète sur la Charente et le Lot-et-Garonne comme on peut le voir sur la carte dressée par Gérard Leconte.
Carte des monastères du Périgord, travail personnel communiqué par Gérard Leconte

En entrée en matière, nos conférenciers nous expliquent la différence entre une abbaye et un prieuré.
L’abbaye : au Moyen-Age, c’était une communauté de moines ou moniales gouvernée par un abbé ou une abbesse et, par extension, le bâtiment qui abritait cette communauté.
Le prieuré : le terme apparaît au XIe siècle pour désigner un monastère de moindre importance, placé sous la dépendance d’une abbaye. Son nom vient du fait qu’on a donné au moine qui le dirigeait le titre de « prieur ».
Ils citent également les différents ordres monastiques représentés en Périgord :
- Les bénédictins
- Les augustiniens
- Les grandmontins
- Les cisterciens
- Les artigiens (ordre fondé en Limousin par Saint-Léonard de Noblat)

L’abbaye de Boschaud
Ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle, elle est située sur la commune de Villars.
Victime des guerres de religion, elle fut partiellement détruite. Certaines parties ont été restaurées au fil des siècles.
Boschaud offre la particularité de ne pas être construite près d’un cours d’eau, comme le sont généralement les abbayes. Ses moines ne possédaient que des puits pour puiser leur eau.
Classées monument historique en 1950, les ruines de Boschaud ont été rachetées par l’état en 1967.
Wikimedia Commons abbaye de Boschaud Par © Trauman
D’autres abbayes, détruites au cours des siècles puis restaurées sont magnifiquement conservées, comme
L’abbaye de Cadouin
Ancien hermitage transformé en abbaye cistercienne au XIIème siècle, l’Abbaye de Cadouin est inscrite depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
———————————Wikimédia Commons vue de l’abbaye de Cadouin Own Work, Benjamin Lefèvre

Wikimedia Commons, cloître de l’abbaye de Cadouin By MOSSOT – Own work, CC BY-SA 3.0

Le Prieuré de Rauzet
D’autres couvents, à l’état de ruines, ont été relevés et restaurés, c’est le cas du Prieuré de Rauzet, de l’ordre de Grandmont, ordre austère aujourd’hui disparu. Construit au XIIIe siècle, et situé à Combiers, en Charente, aux confins de la Dordogne.
Dans l’ordre de Grandmont, le vœu de pauvreté était poussé à l’extrême. Le prieuré possédait quelques domaines et étangs, un moulin et des droits sur la forêt proche. Les moines vivaient très simplement et avaient pour règle l’hospitalité, accueillant notamment les pèlerins en route pour Saint-Jacques.
———————–La chapelle de Rauzet avant restauration : Image transmise par Evelyne Bermond-Picot


Et après restauration…Image transmise par Evelyne Bermond-Picot
Nos conférenciers ne nous ont pas caché l’importance des coûts, souvent exorbitants, de ces restaurations, parfois aux frais des propriétaires qui habitent les lieux, parfois à la charge d’associations et, en partie, de l’état ou des collectivités locales.
Nous ne pouvons que saluer le mérite des mécènes, des bénévoles amoureux des vieilles pierres, des associations et des services publics qui permettent de maintenir vivants ces témoins précieux de notre passé religieux.
Et remercier nos deux conférenciers, pour nous avoir fait profiter de leurs recherches sur le riche patrimoine monacal du Périgord.
