L'Humanité augmentée ou l'Humanité 2.0

Madame Aude Fleury, conférencière, est intervenue sur le thème de L’Humanité Augmentée ou Humanité 2.0.
Elle aborde en introduction le rapport entre Humanité Augmentée et Design.
Le mot « design » lui-même, d’origine française, se situe à la croisée de deux mots : dessin et dessein.
L’objet design doit être à la fois innovant, viable et désirable.
Exemples d’objets réalisées à partir du design, les prothèses portées par les athlètes des jeux paralympiques ne sont pas de la science-fiction mais bien une réalité tangible et efficace.
Les exemples les plus frappants de l’utilisation de la technologie appliquée à l’augmentation des capacités humaines sont, en effet, ceux qui concernent les infirmités telles que la cécité, le mutisme ou la surdité.
Photo Michèle Mechin
L’essor fulgurant de l’impression en trois dimensions (3D) a permis des progrès rapides en la matière. C’est ainsi que la start-up française Pixium Vision a créé un couple « implant-lunette » permettant de remédier à des cécités profondes en transmettant l’information visuelle au cerveau via le nerf optique.
Les lunettes connectée Google Glass répondaient à un rêve de vie connectée mais sa production a été rapidement abandonnée, particulièrement en raison de son coût trop élevé pour un produit nécessitant une constante réadaptation.

Photo : Wikimedia Commons English: Google's augmented reality head mounted display as glass form 5 mai 2013 (d'après les données Exif). Source Flickr. Auteur Ted Evans
Les jeux paralympiques, nous dit madame Fleury, ont montré au monde entier, ce que la science peut apporter à l’homme en termes de renforcement de ses capacités physiques :

Dans le domaine cardiaque, les progrès sont nombreux. Certains sont déjà anciens comme le pacemaker implantable sur les humains inventé en 1960. Aujourd’hui, le bracelet connecté Oxitone permet d’avertir son porteur ou un professionnel de santé de l’imminence d’une crise cardiaque.
Dans le domaine cérébral, on peut :
- augmenter sa force, son énergie, son endurance avec le casque Hale Sport,
- améliorer sa productivité avec les playlists de musique Focus Will,
- améliorer la qualité de son sommeil avec le masque Intelclinic,
Photo : Wikimedia Commons Finale du saut en longueur féminin T64 au stade de France lors des Jeux paralympiques d'été de Paris 2024. Daieuxetdailleurs - Own work
Toutes ses avancées ont conduit les scientifiques à concevoir l’Human Brain Project (HBP), projet européen de modélisation du cerveau entrepris de 2013 à 2023, à l’initiative de la Commission européenne. L’HBP visait à construire une infrastructure de recherche collaborative sur le cerveau dans les domaines des neurosciences, de l’informatique et de la médecine. Aujourd’hui abandonné, le HBP, financé à hauteur de 600M€ a donné lieu à plus de 3000 publications et à des événements scientifiques de haut niveau, mais il n’a pas réussi à réellement unir la communauté des neurosciences derrière un objectif commun.
Madame Fleury conclut sa conférence en évoquant le mouvement du Transhumanisme. Cette idéologie prône l’usage des sciences et techniques afin d’améliorer radicalement la condition humaine par l’augmentation des capacités physiques et mentales du corps, jusqu’à la suppression du vieillissement et de la mort. Idée séduisante pour certains mais dangereuse pour d’autres. Il existera toujours des apprentis sorciers et, ajoute-t-elle, n’oublions pas la phrase de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »…

Photo Nicole Ride
LES EMPREINTES GENETIQUES EN PRATIQUE JUDICIAIRE

Christian Doutremepuich est venu nous parler d’un sujet dont il est éminent spécialiste, celui des empreintes génétiques en pratique judiciaire. Christian Doutremepuich est « docteur en pharmacie ainsi que docteur en médecine et en biologie humaine.
Il a été professeur d’hématologie à la faculté de pharmacie de Bordeaux et vice-président de l’Université Bordeaux II Victor Ségalen. Il est membre de l’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Bordeaux.
Après avoir effectué de nombreuses expertises ADN, notamment dans les dossiers criminels, Christian Doutremepuich a créé, en janvier 1996, le Laboratoire d’Hématologie Médico-Légale à Bordeaux.
Ce laboratoire n’agit que sur mission ou réquisition judiciaire et est spécialisé uniquement dans les analyses génétiques destinées à l’identification humaine.
M. Doutremepuich nous expose ce que furent les débuts de la science de l’ADN (ou acide désoxyribonucléique) et de son développement au fil du temps, depuis les années 50. Il évoque les travaux de l’américain James Watson, de l’anglais Francis Crick, jusqu’à la découverte faite par l’anglais Sir Alec Jeffreys, dans les années 1980-85 ,démontrant qu’il existe sur l'ADN des variations qui rendent unique l’ADN de chaque individu.
Au début des années 1990, cette découverte déclencha de nombreuses controverses avant qu’elle soit reconnue et acceptée par le monde scientifique et judiciaire. Elle permit non seulement de condamner des criminels mais d’innocenter des individus condamnés par erreur. Les analyses portent sur le sang (l’ADN est présent dans les globules blancs), le sperme, les éléments pileux, les urines, les cellules épithéliales et les os.
La France développe à cette époque ses compétences en la matière. Le professeur Doutremepuich crée en 1996 le laboratoire d’hématologie médico-légale ;
Ce laboratoire est spécialisé dans l’expertise au profit de l’appareil judiciaire. Son domaine concerne :
Les recherches de filiation (paternité, maternité, fratrie) dans le cas de procédures pénales ou civiles.
L’identification des traces biologiques sur les scènes criminelles dans le cas de procédures pénales.

Ces analyses peuvent être soumises à des sources d’erreur : mauvaise numération en laboratoire, mélange des scellés judiciaires, addition d’ADN extérieur sur les scènes de crime ou au laboratoire, contamination des gants… C'est pourquoi toutes les analyses répondent à un cahier des charges très strict, et le laboratoire est contrôlé régulièrement .
Aux assises, le laboratoire doit être sûr de ses résultats. Les difficultés rencontrées sont nombreuses mais on arrive à résoudre des « cold cases » parfois vieilles de 20, 30 ou même 40 ans, si les scellés ont été bien conservés !
Une meilleure identification des individus est désormais possible , grâce à une base de données génétiques établie à partir de volontaires et permettant de définir entre autres, la couleur des yeux, de la peau et des cheveux.
L’ADN a fait ses preuves depuis des années et pourrait encore aider à résoudre nombre d’affaires non résolues car il existe, depuis 1998, un fichier national des empreintes génétiques qui rassemble le profil de plus de 5 millions de personnes.
« Les Palais des Comestibles, Halles et Marchés de la Métropole Bordelaise XVIIIe-XXe siècle »
Le lieu de l’exposition
Le bâtiment des Nouvelles Archives de la Métropole remplace depuis 2016 l’ancien site de l’Hôtel Ragueneau devenu trop exigu. Il a trouvé place sur le site d’un ancien entrepôt ferroviaire de la Bastide construit en 1859 pour stocker les marchandises en transit entre le fleuve et le chemin de fer.
De l’hôtel Ragueneau, outre des monceaux d’archives qui y étaient stockées depuis 1939, une autre antiquité a trouvé à s’implanter sur le nouveau site, sa fameuse glycine dont des boutures ont prospéré autour du parking.


Photo : B. Rakotomanga - Archives municipales de Bordeaux

Nous visitons la bibliothèque où chacun peut venir consulter les archives de la Ville de Bordeaux. Collectées dès le Moyen-Age, les Archives trouvèrent d’abord place dans les mairies successives jusqu’à leur installation en 1836 au palais Rohan. Un service officiel d’archives fut alors créé en 1838 avec nomination d’un archiviste de la ville.
Les Archives n’ont eu qu’à puiser dans leurs ressources documentaires pour monter cette exposition qui nous parle des Halles et Marchés de notre ville.
L’exposition : Aux murs et dans les vitrines, cartes anciennes, documents administratifs, dessins d’architecte, aquarelles, gravures offrent une riche vision de la répartition et du fonctionnement des différents marchés de l’agglomération du XVIIe siècle à nos jours. ainsi que des courriers reçus par la mairie concernant les doléances des marchands envers les clients, des clients envers les marchands… ainsi que des marchands entre eux.










