Madame Marie-Josèphe GAILLARD nous a fait (re)découvrir l’église Notre-Dame.

Cet édifice gothique a été construit entre 1220 et 1240, à la place d’une chapelle romane où le maire venait prêter serment.

Elle a toujours été un lieu de prière des dijonnais par sa situation centrale.

Sa façade très caractéristique comporte 3 portails et 2 galeries superposées, décorées de fausses gargouilles (1880).

Des restaurations ont supprimé le clocher au XIX° siècle. Un campanile supporte le Jacquemart, cher aux dijonnais avec ses 4 automates (le premier rapporté de Courtrai par Philippe le Hardi en 1382).

Le premier arrêt sous le porche fait appel à notre imagination : tout le tympan est mutilé et difficile à détailler, la Révolution étant passée par là. On peut cependant y deviner un Couronnement de la Vierge.

L’intérieur de la nef (47,5 mètres de long, 17,5 mètres de large avec les collatéraux) est majestueux avec ses 18 mètres de haut.

Un diable grimaçant orne une colonnette séparant les 2 vantaux du grand portail, il fixe le choeur.

Des vitraux d’origine, seuls 5 subsistent dans le bras nord du transept (Saint Pierre et Saint André). Les autres vitraux furent réalisés par Edouard DIDRON de 1874 à 1897.

Le lanternon (34 m de haut) a été remanié au XIX° siècle.

Un jubé était présent jusqu’au XVIII° siècle.

Dans le bas côté sud, la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir du XI° siècle est toujours l’objet de prières quotidiennes. Cette statue en bois figurait à l’origine une Vierge sur un trône portant l’enfant Jésus. Le trône et Jésus ont disparu, ainsi que ses deux mains. Elle fut peinte en noir au XVI°, et malgré le retour à sa couleur d’origine, elle continue parfois à porter le nom de Vierge noire. On lui attribue la libération de Dijon lors du siège des Suisses en 1513 (une tapisserie de 1515 commémore cet épisode, visible au Musée des Beaux-Arts). De même, en septembre 1944, le départ des Allemands qui occupaient Dijon lui est crédité par les croyants.

Une tapisserie fut également commandée pour rappeler cet évènement, dessinée par Dom Robert, tissée aux Gobelins en 1950, elle est exposée sous l’orgue, au-dessus du portail central : „Terribilis“. On y voit les 2 dates des miracles de Notre-Dame.

En sortant de l’église, un passage à droite permet d’accéder à la Chapelle de l’Assomption (ou chapelle des oeuvres).

Elle fut construite entre 1877 et 1882 par l’architecte Edouard Mairet, pour assurer le culte pendant les travaux de restauration de Notre-Dame. Il s’agissait de rendre à Notre-Dame „sa pureté gothique“, aussi tous les ajouts furent supprimés.

Certains éléments retirés de l’édifice principal y sont toujours abrités, notamment l’ancien autel de marbre et porphyre de 1684, et le retable de l’Assomption (1694), tous deux de Jean Dubois. Des tableaux y sont également installés.

Certains vitraux du XVI° proviennent de la Sainte Chapelle.

Une intéressante visite avec une érudite et passionnée !

Marie Maire