Louise Michel l'indomptée

Conférence de Patrick SERRE, historien

Louise Michel naît à Vroncourt la Côte (52) en 1830. Elle est la fille adultérine d’une servante, Marie-Anne Michel, et du châtelain où elle est domestique, Monsieur Demahis, ou de son fils Laurent. Elle est élevée au château comme la petite-fille des propriétaires, reçoit une éducation classique (Voltaire, Rousseau). Elle fait preuve d’une intelligence précoce, et est la meilleure élève du canton.

Ses grands-parents décèdent en 1847 et 1850, ainsi que Laurent. Elle et sa mère doivent quitter le château, elle ne peut plus garder le nom de Demahis et prend celui de sa mère, Michel. Ses rêves de poétesse s’écroulent (malgré tout elle continuera à communiquer avec Victor Hugo pendant plus de 30 ans). Elle doit subvenir à ses besoins.

Elle obtient un diplôme de „sous-maîtresse“ (institutrice auxiliaire) en 1852. Mais refusant de prêter serment à Napoléon III, elle ne peut être „maîtresse principale“. Elle s’affiche déjà républicaine, indomptée et indomptable.

Elle ouvre alors une école à Audeloncourt (52) en 1852 pour enseigner gratuitement aux paysans modestes. Sa mère la place à Paris où elle ne reste qu’un an, et en 1854 et 1855 elle ouvre successivement deux écoles „libres“ à Clefmont (52) et Millières (52).

Sa pédagogie est avant-gardiste : rationalisme, observation et analyse.

Affichant son anticléricalisme, elle doit partir pour Paris en 1856. Elle y restera jusqu’en 1870 avec une vie intense et bien remplie : elle prend des cours du soir et enseigne dans la pension de madame Villiers, puis ouvre 2 externats.

Elle rencontre Jules Vallès, Théophile Ferré, Eugène Verlin, qui sont socialistes et révolutionnaires. Elle adhère aux idées d’Auguste Blanqui (éternel enfermé, insurgé opposé aux Bourbons, Orléanistes, Bonapartistes, …)

Ces milieux considérés comme terroristes d’ultragauche sont très surveillés.

En 1867, elle crée la „société des équitables“ (premier circuit court), qui revendique pour les droits des femmes, et elle adhère à la société „pour la moralisation du travail des jeunes filles ouvrières arrivant à Paris“. Dès 1870, elle est fichée comme militante et révolutionnaire car elle s’oppose au gouvernement en place.

La guerre franco-prussienne de 1870 survient alors. Elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du 18° arrondissement de Paris.

Paris assiégé souffre de la faim, elle ouvre une cantine pour ses élèves.

Elle milite pour que les femmes puissent prendre les armes et se battre aux côtés des hommes contre les prussiens, ce qui sera reconnu (bataille des Vosges).

En janvier et mars 1871, elle participe activement, armée, aux émeutes dites de „la commune“, contre Adolphe Thiers réfugié à Versailles. Elle est aux côtés des anarchistes. Elle est ambulancière, monte sur les barricades (avril-mai 1871, Place Blanche).

Sa mère est arrêtée en mai, elle décide alors de se rendre pour la faire libérer. Elle est tout d’abord enfermée à la prison des Chantiers à Versailles, puis est transférée à Arras.

Elle sera jugée en conseil de guerre en décembre 1871, continue de revendiquer son combat politique. Après l’abbaye d’Auberive où elle est jusqu’en 1873, elle part pour la déportation en Nouvelle-Calédonie (décembre 1873). Elle y est considérée anarchiste, s’essaie à l’instruction des kanaks. En 1880 elle revient en France (acclamée) après une remise de peine en 1879.

Elle aura tout le temps été soutenue par Clémenceau.

Elle continue son engagement anarchiste (drapeau noir, manifestations) et est à nouveau emprisonnée à plusieurs reprises.

Jusqu’à sa mort elle sera antimilitariste, libertaire, elle donne des conférences. Elle meurt de pneumonie à Marseille en 1905.

Elle est considérée comme la pionnière du féminisme, a été initiée en franc-maçonnerie.

Surnommée la Vierge noire, la louve avide de sang, elle aura toujours défendu les prolétaires dans ses actes et ses écrits.

Marie Maire


Notre-Dame de Dijon

Madame Marie-Josèphe GAILLARD nous a fait (re)découvrir l’église Notre-Dame.

Cet édifice gothique a été construit entre 1220 et 1240, à la place d’une chapelle romane où le maire venait prêter serment.

Elle a toujours été un lieu de prière des dijonnais par sa situation centrale.

Sa façade très caractéristique comporte 3 portails et 2 galeries superposées, décorées de fausses gargouilles (1880).

Des restaurations ont supprimé le clocher au XIX° siècle. Un campanile supporte le Jacquemart, cher aux dijonnais avec ses 4 automates (le premier rapporté de Courtrai par Philippe le Hardi en 1382).

Le premier arrêt sous le porche fait appel à notre imagination : tout le tympan est mutilé et difficile à détailler, la Révolution étant passée par là. On peut cependant y deviner un Couronnement de la Vierge.

L’intérieur de la nef (47,5 mètres de long, 17,5 mètres de large avec les collatéraux) est majestueux avec ses 18 mètres de haut.

Un diable grimaçant orne une colonnette séparant les 2 vantaux du grand portail, il fixe le choeur.

Des vitraux d’origine, seuls 5 subsistent dans le bras nord du transept (Saint Pierre et Saint André). Les autres vitraux furent réalisés par Edouard DIDRON de 1874 à 1897.

Le lanternon (34 m de haut) a été remanié au XIX° siècle.

Un jubé était présent jusqu’au XVIII° siècle.

Dans le bas côté sud, la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir du XI° siècle est toujours l’objet de prières quotidiennes. Cette statue en bois figurait à l’origine une Vierge sur un trône portant l’enfant Jésus. Le trône et Jésus ont disparu, ainsi que ses deux mains. Elle fut peinte en noir au XVI°, et malgré le retour à sa couleur d’origine, elle continue parfois à porter le nom de Vierge noire. On lui attribue la libération de Dijon lors du siège des Suisses en 1513 (une tapisserie de 1515 commémore cet épisode, visible au Musée des Beaux-Arts). De même, en septembre 1944, le départ des Allemands qui occupaient Dijon lui est crédité par les croyants.

Une tapisserie fut également commandée pour rappeler cet évènement, dessinée par Dom Robert, tissée aux Gobelins en 1950, elle est exposée sous l’orgue, au-dessus du portail central : „Terribilis“. On y voit les 2 dates des miracles de Notre-Dame.

En sortant de l’église, un passage à droite permet d’accéder à la Chapelle de l’Assomption (ou chapelle des oeuvres).

Elle fut construite entre 1877 et 1882 par l’architecte Edouard Mairet, pour assurer le culte pendant les travaux de restauration de Notre-Dame. Il s’agissait de rendre à Notre-Dame „sa pureté gothique“, aussi tous les ajouts furent supprimés.

Certains éléments retirés de l’édifice principal y sont toujours abrités, notamment l’ancien autel de marbre et porphyre de 1684, et le retable de l’Assomption (1694), tous deux de Jean Dubois. Des tableaux y sont également installés.

Certains vitraux du XVI° proviennent de la Sainte Chapelle.

Une intéressante visite avec une érudite et passionnée !

Marie Maire


Le brame

       Monsieur Fabrice Guillet, membre du conseil d’administration de l’ASATS (association pour la sauvegarde et l’aménagement de la Tour de Saussy) nous a captivées avec une conférence accompagnée de deux films tournés par ses soins dans les bois non loin de Saussy. Sa passion pour la photo et les cervidés, communicatrice, nous a donné envie de nous essayer, pourquoi pas? à l’affût et à l’observation de ces magnifiques animaux. Plus sérieusement, il pourra nous parler ultérieurement de la Tour de Saussy, et du sauvetage des animaux blessés.

   Le département de la Côte d’Or compte environ 5 à 6000 cerfs et biches. La régulation se fait par prélèvements (chasse) en fonction des besoins de protection de l’agriculture. De la même façon, les sangliers sont aussi limités en nombre.

   Les cerfs vivent solitaires, et ne retrouvent les biches que pendant le brame, ils peuvent alors se déplacer de plus de 10 km (cerf pélerin).

   Les hardes sont dirigées par les femelles, qui sont sédentaires et choisissent leur territoire. Chaque harde peut compter de 3 à 30 individus, dirigés par la biche meneuse. La cellule de base est constituée de la biche accompagnée de son faon de l’année (né en mai-juin), avec un subadulte de l’année précédente (daguet ou bichette qui met parfois bas elle-même et reste avec sa mère).

  Les mâles perdent leurs bois après le brame, et passent le printemps et l’été à les reconstruire, ils ont alors besoin de beaucoup de nourriture et de tranquillité. Les bois ou ramures sont caractéristiques de chaque animal, et sont un moyen de les distinguer. C’est une ossification recouverte de „velours“.

  Le daguet d’un an porte une ramure à 2 dagues. Si une pointe supplémentaire apparaît, il peut s’agir d’un futur grand cerf, qui aura une ramure à 14 cors, très intéressant et convoité par les femelles pour la reproduction (mâle dominant).

La ramure de 7 ans est la ramure définitive, le nombre de pointes et de longueurs sera le même jusqu’à 10 ans.

  Le brame dépend de la pleine lune de septembre, et en général prend place du 15 septembre au 15 octobre. Il est soumis au déclenchement de l’oestrus chez les biches : il faut, à la pleine lune, une différence de plus de 10° entre la température ambiante à l’aube et celle du milieu de la journée qui suit (bascule thermique), l’oestrus se déclenche et les femelles sont prêtes pour la reproduction, ce qui attire les mâles.

Cette période peut se décaler jusqu’à la fin du mois d’octobre en fonction de la composition des hardes : si la chasse prélève plus de biches âgées, le brâme tardera car les jeunes biches sont plus tardivement en chaleur.

Les places de brame sont connues des mâles, et ils les occupent dès la fin de l’été.

Les mâles dominants à 14 cors sont menacés par les plus jeunes : sous-lieutenants de moins de 5 ans, lieutenants de 5 à 7 ans, qui n’ont que peu de chances de se reproduire.

Après 10 ans, les ramures perdent des pointes, les cerfs sont appelés „ravalants“ et ne se reproduisent plus, ils sont chassés des lieux de reproduction par les plus jeunes, par combat ou simple intimidation.

Cette période d’agitation intense (surveillance des hardes, éloignement des rivaux) leur fait perdre jusqu’à 20% de leur poids.

Ils meurent vers 15-16 ans.

Les femelles choisissent les mâles par instinct génétique, et sélectionnent celui qui leur donnera le faon le plus robuste et le plus beau.

Les ramures exposées par monsieur Guillet ont permis de visualiser la disposition des bois (meule,  et pivots qui diminuent au fil des années, et permettent de donner l’âge de l’animal).

Une belle après-midi, avec deux films très instructifs, qui nous a permis de passer un moment dans la nature par image interposée!

                                                                                                         Marie MAIRE


PROGRAMME NOVEMBRE-DECEMBRE 2022 ET JANVIER 2023

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Sortie interclubs à Guédelon(89)

Le 13 octobre 2022, nous étions 20 lycéennes de 3 clubs voisins (Fontainebleau, Orléans et Dijon) à nous retrouver sur le site médiéval de Guédelon dans l‘Yonne. Malheureusement le soleil automnal nous avait abandonnées, mais nous avons fait contre mauvaise fortune bon coeur, et chaussées solidement nous avons découvert ce site unique.

L‘aventure de Guédelon est née de l‘initiative du propriétaire du château voisin, Saint Fargeau, qui eut l‘idée de fouiller sous son château, où il découvrit des fondations médiévales. L‘idée lui vint alors de construire un château-fort avec les méthodes de l‘époque, pour faire un chantier exemplaire ouvert au public.

Le site de Guédelon fut choisi en raison de sa situation et de ses ressources : une carrière de pierre (grès ferrugineux qui permet d‘obtenir du métal par réduction), du sable et de l‘ocre, du bois, de l‘argile, de l‘eau, tout était réuni pour construire sans avoir besoin de transporter les matériaux (sauf la chaux pour le mortier, des pierres calcaires sont achetées et chauffées), y compris 5 étangs.

Une société exploite et gère le personnel (dont les 20 personnes chargées de l‘accueil et de la restauration), une association est propriétaire des 10 ha du site. Un comité de scientifiques peut être sollicité si un problème survient. L‘ensemble fonctionne sans argent public, uniquement grâce à des fonds propres et du mécénat. Aucun bénévole n‘y travaille, des apprentis et stagiaires payants sont accueillis sur demande.

La première pierre fut posée en 1997, et le chantier ouvert en 1998 „construire pour comprendre“.

Les modèles pris pour ce château sont : Dourdan, le Louvre, etc… et les travaux s‘appuient sur les manuscrits enluminés et la documentation médiévale écrite.

Il s‘agit donc d‘un château du 13° siècle (époque des fondations de Saint Fargeau), et 1228 est la date choisie pour le début de la construction. C‘est l‘époque de Philippe Auguste, qui instaura la défense active pour mettre l‘ennemi en fuite, grâce à un modèle de château rationalisé sur le territoire : des tours reliées par des courtines (murs hauts et épais), un logis seigneurial à l‘intérieur, une porte d‘entrée entre 2 tours (2 vantaux et une herse). Guédelon est entouré d‘un fossé sec.

Le seigneur du lieu a été inventé : il est sous la suzeraineté du baron de Toucy. Il épouse la nièce du baron, et devient ainsi seigneur de la terre de Guédelon.

A l‘époque un tel chantier aurait demandé 12 à 15 ans avec une centaine d‘ouvriers, le château actuel sera terminé d‘ici 7 à 8 ans, et sa construction aura donc demandé presque 30 ans, avec 40 ouvriers seulement (seul Château Gaillard en Normandie fu construit en 2 ans à l‘époque).

Des „loges“ entourent le château et abritent les artisans qui travaillent comme au Moyen Age, et font des démonstrations au public :

tailleurs de pierres, carriers, vanniers (paniers de transport), corderie, tuilerie (tuiles et carreaux du pavement, pots), charpentiers, charrons, bûcherons, meunier (moulin hydraulique), charretiers, forgerons, maçons, atelier de couleurs pour les tissus et la décoration des murs intérieurs, à partir de plantes.

Un potager, un jardin de plantes tinctoriales, des ânes, des chevaux et autres animaux (poules, oies, ..) sont présents sur le site.

Un puits profond de 6 mètres est à l‘intérieur de l‘enceinte. Sous les courtines et les tours se trouvent des salles pouvant abriter des vivres en cas de siège (la population à l‘entour venant se réfugier au château).

A ce jour sont terminés : la tour de la chapelle, le logis seigneurial, les courtines. La tour maîtresse devra encore être rehaussée d‘un étage plus la toiture.

Pour monter les pierres sur les murs en construction, des „cages à écureuil“ actionnées par 2 hommes qui marchent à l‘intérieur actionnent une corde à laquelle est fixé un plateau. Les murs de 3 mètres d‘épaisseur en bas et 2 mètres en haut sont faits alternativement de pierres taillées et non taillées, en deux parements séparés par du remplissage (déchets de pierre).

Une poterne à l‘arrière du logis seigneurial permet un accès caché en cas d‘envahisseurs.

Cette passionnante visite nous a plongées dans la vie médiévale et sa rusticité, dans une très bonne ambiance!

Ces interclubs sont d‘excellentes occasions de resserrer les liens d‘amitié lycéenne.

Marie Maire


Jusqu'aux enfers, deuxième partie

LES FEMMES PENDANT LA GUERRE 1939 – 1945

Conférence de madame Bernadette Husson-Robert

La seconde guerre mondiale débute en 1939. L‘année 1940 est l‘année de la „drôle de guerre“ (R Dorgelès).

Les hommes s‘enrôlent, les femmes s‘investissent pour travailler.

En Allemagne, les jeunesses hitlériennes encouragent les jeunes filles à sortir et s‘instruire. Mais le discours racial choque avec sa folie eugéniste, accompagnée d‘un plan de stérilisation et de nombreuses euthanasies de personnes „incurables“.

Dès 1940 des femmes allemandes s‘engagent contre ces prises de position (Sophie SCHOL).

En France, l‘exode de 1940 met 7 millions de français sur les routes.

En Angleterre, les bombardements massifs sur Londres incitent les femmes à s‘engager dans l‘armée et les services secrets.

Au Canada en 1942, se met en place un service féminin de la marine royale : les Wrens. On comptera jusqu‘à 17 000 femmes dans l‘aviation royale.

A partir du gouvernement de Vichy en 1940, les femmes sont considérées comme responsables du déclin du pays. Pétain veut les ramener dans le droit chemin : c‘est „la France en marche“, où la femme doit procréer et s‘occuper de sa famille. Diverses lois diminuent ou abolissent les libertés acquises précédemment (emplois publics, divorce, aide à l‘avortement)

Les femmes doivent être des travailleuses sociales, la „fête des mères“ est instaurée.

Cette période de rationnement et de travail forcé est difficile pour toutes.

En Allemagne aussi, les femmes doivent rester au foyer.

Quelques exemples de femmes engagées contre cette politique en France :

Berthe WILD, Marie-Madeleine FOURCADE-MERIE, Lucie BERNARD dite AUBRAC, Germaine TILLION :

Geneviève de GAULLE- ANTHONIOZ :

Parmi elles quelques bourguignonnes : Jeannette GUYOT, Marcelle PARDE :

Simone PLESSIS :

Jeannette COLAS, Yvonne MOREAU, Odette JARLAUD, …

Dans les réseaux de résistance à l‘occupant, leur rôle est d‘héberger les clandestins, cacher les évadés, assurer le ravitaillement.

Certaines collaboreront avec la Gestapo („comtesses de la Gestapo“), et ne seront pas poursuivies à la libération.

Dans d‘autres pays de nombreuses femmes s‘illustrent dans la résistance et la lutte contre l‘envahisseur.

A la fin de la guerre, les résistantes seront exterminées en Allemagne.

Le retour des prisonniers de guerre provoque des difficultés conjugales, les divorces augmentent.

Les viols par les libérateurs sont nombreux.

A partir de 1945, les droits des femmes évoluent :

Marie Maire


Tout ce que vous voulez savoir sur les réseaux sociaux

Conférence par Laurent AUBRY, informaticien membre du FabLab de Beaune

Présentation des différents réseaux existants :

- Snapchat : échanges de messages courts qui s‘autodétruisent, pas de partage;

- Instagram : partage de photos et vidéos;

- TikTok : partage de vidéos;

- Pinterest : partage de photos prises sur le web;

- Twitter : nouvelles rapides, politiques, commentaires d‘actualité, messages < à 140 caractères;

- Linkedin : mise en relation de professionnels;

- WhatsApp : messagerie pour créer des groupes de conversation;

- FaceBook : pour rester en contact en famille ou entre amis, partage de photos et messages.

Lexique :

- Mur : fil d‘actualités alimenté par l‘utilisateur;

- Hashtag : mot-clé;

- Like : le lecteur aime le commentaire;

- Publication : ce qui est mis en ligne, partagé aux amis ou plus largement;

- Tweet : message sur Twitter.

FACEBOOK est devenu Metaverse : un univers virtuel où on peut suivre des réunions à travers des lunettes spéciales (hologrammes).

A été créé en 2004 par Mark Zuckerberg (Harvard).

2,9 milliards de personnes se connectent une fois par mois dans le monde.

En Europe 308 millions par jour.

CA 2021 : 118 milliards de $.

Surtout utilisé par les 40-50 ans, en perte de vitesse actuellement car les plus jeunes préfèrent Instagram ou TikTok.

Un groupe FaceBook permet de partager des intérêts et activités communs, sur un sujet précis; l‘échange de messages se fera entre tous les membres très rapidement.

Le profil FaceBook est limité à 500 amis.

La page FaceBook est illimitée en nombre d‘amis, elle permet de visualiser les statistiques de visites de la page, on peut y filtrer les commentaires. Plusieurs personnes peuvent être administrateurs de la même page.

Sur son compte FaceBook, attention à la confidentialité et aux personnes qui peuvent voir les publications (ou „posts“), bien penser à mettre des limites.

FaceBook récupère les données personnelles pour cibler les pubicités proposées lors des connexions (algorithme).

A noter que le Lyceum Club a plusieurs pages FaceBook : une pour la FFLCI, et une pour chaque club. Des administratrices ont été formées pour animer ces pages, de façon à être visibles et lues par des personnes extérieures, pour se faire connaître et susciter des adhésions.

Conclusion : pour être „dans l‘air du temps“, l‘utilisation de FaceBook est quasiment incontournable, avec les précautions d‘usage.

                                                                                         Marie MAIRE


Un dimanche à la champignonnière

Nous avons eu le plaisir de nous retrouver pour une journée agréable à la campagne, à la découverte de la champignonnière de Corcelotte en Montagne, à côté de Sombernon.

Après le déjeuner ( à base de champignons évidemment), nous avons eu une présentation de la culture des champignons, puis du bâtiment qui abrite cette activité.

Les champignons et leur culture :

Les champignons constituent un règne à part, ils n‘ont pas de chlorophylle et ne font pas de photosynthèse. Il s‘agit du règne fongique, avec les levures et moisissures.

Ils sont apparus il y a 350 millions d‘années.

Ils prolifèrent au sol grâce au mycellium (filaments blancs) pendant la période d‘incubation qui se déroule dans l‘obscurité et la chaleur. Puis grâce aux spores (dans les lamelles des chapeaux), ils fructifient et se reproduisent (lumière et chaleur).

La champignonnière de Corcelotte produit des pleurotes (gris, jaunes et roses), des champignons de Paris (dits de Dijon), des shiitakés (lentin des chênes), et pholiotes du peuplier, dans 10 salles chaulées et non en galeries souterraines.

La culture se fait sur des blocs de substrat ; des blocs de paille d‘environ 15-20 kg, contenant le mycellium, enfermés dans du plastique épais noir, étanche, hors air et lumière. A réception ces blocs sont installés dans les salles voûtées aveugles. Des incisions sont pratiquées dans le plastique, par lesquelles sortiront les champignons.

Le bloc peut produire 3 pousses, et perd du poids au fur et à mesure. En fin de pousse, ils sont utilisés dans le potager comme terreau.

Entre 2 campagnes, les salles sont lavées, javellisées et laissées vides une semaine.

La production annuelle est d‘environ 11 tonnes (2021).

La récolte est quotidienne, voire 2 à 3 fois par jour pour les pleurotes.

Les champignons sont vendus au marché de Dijon, ou directement aux restaurateurs.

Le bâtiment :

L‘ensemble date de 1154-1200 : un neveu de Saint Bernard donne la seigneurie de Corcelotte à l‘abbaye bénédictine de Pralon. 3 à 4 bénédictines y vivront (sur la vingtaine résidant à Pralon) jusqu‘en 1622.

Le domaine comprenait 2 moulins, un  four à pain, une chapelle, un pigeonnier. On peut encore voir la chapelle du 13° siècle.

Après le départ des bénédictines, la maison seigneuriale est agrandie par un des propriétaires (Boillot seigneur de Corcelotte en 1688).

Le potager bénéficie d‘une source, et son tracé est dessiné sur le modèle du potager du Roi à Versailles (La Quintilie, terrasses et bassin circulaire, 1668-1700).

                                                                                           Marie MAIRE


Journée à Ornans

Nous étions 23 lycéennes ce lundi, prêtes à affronter la nature et la météorologie franc-comtoises, cette dernière très incertaine, la suite vous le prouvera.

Notre première visite fut le musée départemental Gustave Courbet, à Ornans (une page spéciale lui est dédiée en annexe).

Ensuite nous sommes allées à l‘atelier de Gustave Courbet, récemment réhabilité et ouvert au public depuis quelques semaines.

Il fit construire cet atelier en 1860 pour y réaliser ses grands formats.

A son décès en 1877 sa soeur Juliette y organisa un musée, puis l‘ensemble resta à l‘abandon, et après 3 ans de travaux le public peut y avoir accès.

Les murs et le plafond sont ornés de fresques peintes par G Courbet lui-même.

Après un repas typiquement franc-comtois, nous avons remonté le cours de la Loue, puis de son affluent le Lison.

Première étape : le sanctuaire Notre-Dame du Chêne. Cette chapelle inaugurée en 1869 a été érigée à l‘emplacement d‘un chêne d‘où des lumières auraient jailli en 1803. Une petite statue de la Vierge était cachée dans une cavité, l‘arbre en grandissant avait masqué cette statue. Ces faits furent authentifiés après enquête (1844). Le chêne lui-même a disparu.

Cette chapelle est un mélange de roman et de gothique, avec un bas-relief racontant l‘apparition de 1803. A l‘intérieur de nombreux ex-votos témoignent de la reconnaissance à la Vierge.

La petite statue est abritée dans une châsse en bois au-dessus du maître-autel.

Une douzaine de chapelains vivent sur place, et des pélerinages y ont lieu régulièrement.

Notre deuxième arrêt, à quelques kilomètres, nous permit d‘admirer le paysage peint par Courbet à de multiples reprises : le miroir de Scey dans un méandre de la Loue, surplombé des ruines du Castel Saint Denis.

Enfin, nous sommes arrivées aux sources du Lison, magnifique site bercé du bruit des cascades.

Une belle journée, ponctuée de quelques averses sans conséquences.

Annexe

MUSEE GUSTAVE COURBET – ORNANS

Cette visite débute notre journée sous le signe de G. Courbet.

Malheureusement, nous apprenons en arrivant qu‘un violent orage abattu la veille sur la commune d‘Ornans a ravagé les vitres du musée, notamment de la partie exposition temporaire, et qui est donc fermée au public (il s‘agissait de „Ceux de la terre, la figure du paysan, de Courbet à Van Gogh“). Dommage, nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur et redécouvrons avec plaisir ce beau musée, accompagnées par nos guides.

Gustave Courbet naît à Ornans dans le Doubs en 1819. Il a 3 soeurs, et son père est un riche propriétaire terrien. Il passe son enfance dans un milieu de chasseurs et de pêcheurs, dans cette nature franc-comtoise qui le marquera pour toute sa vie.

Il étudie les Beaux-Arts à Besançon avec un ancien élève de J.J. David. Il part ensuite à Paris étudier le droit, qu‘il délaisse dès 1840 pour la peinture (ateliers de Charles de Steuben et Nicolas-Auguste Hesse).

Une de ses oeuvres de cette période : le pont de Nahin 1837

En 1841 il découvre la Normandie et ses rivages. Ses débuts au Salon sont difficiles : en 1841, 1842 et 1843 ses oeuvres sont refusées. En 1844, 1845 et 1846 une seule toile est acceptée chaque année, les critiques sont mauvaises. Pendant ces années, il ne vend rien.

Il est „sauvé“ par la révolution de 1848, le Salon accepte plusieurs toiles et la critique le reconnaît.

Il fréquente C Baudelaire et H Berlioz.

Il rentre à Ornans en 1848 et y peint dans son style „réaliste“. Il adopte le grand format (plus de deux mètres) qui fera sa renommée à l‘avenir.

Dans les années 1850, il peint dans son atelier d‘Ornans les paysages dominés par la puissance de la nature, puis le fameux „Enterrement à Ornans“ (315 x 668 cm), où figurent notables et membres de sa famille.

Musée d'Orsay

Ce tableau provoque le scandale au Salon de 1850 (sujet de la vie quotidienne peint dans des dimensions réservées aux scènes religieuses ou mythologiques).

Aucune toile ne se vend cette année-là.

En 1852, il peint des nus, critiqué par Théophile Gauthier („monstrueuses trognes“). Eugène Delacroix le rejette également.

„Les Baigneuses“ 1853 Musée Fabre Montpellier

Enfin à partir de 1854, il pourra vivre de son art grâce à un mécène : Alfred Bruyas, collectionneur.

En 1860, il s‘installe dans son nouvel atelier à Ornans (que l‘on peut visiter depuis début 2022). Les peintures des corniches, et la décoration du plafond (hirondelles) sont de sa main (restaurées).

Il peint la nature franc-comtoise, aidé par un géologue pour les gorges de la Loue et du Lison.

Il réalise également des sculptures : le pêcheur de chavots, bronze, 1862, musée Courbet

Il choque le monde de l‘art avec l‘Origine du monde en 1866 (Musée d‘Orsay).

Il participe à la Commune et est emprisonné en 1871 en raison de la destruction de la colonne Vendôme.

Il revient ensuite à Ornans, et ses toiles sont très demandées, il peint avec l‘aide d‘assistants (Emile Isembert, Jean-Jean Cornu).

Il est condamné à reconstruire la colonne Vendôme à ses frais, ce qui le pousse à la ruine en 1873. Il part en exil en Suisse, où il continue de peindre et sculpter. Il y restera jusqu‘à sa mort en 1877.

         Le veau blanc 1873 Musée Courbet                             Château de Chillon 1874 Musée Courbet

Disparu sans descendance, sa soeur Juliette organise sa succession et transforme l‘atelier en premier musée Courbet.

En 2019 le musée organise une exposition temporaire : Yan Pei-Ming face à Courbet. Un portrait de Courbet par Pei-Ming est toujours en dépôt à Ornans.

                                                                 M Maire    27/06/2022

                                                          


A la mode L‘art de paraître au XVIII° siècle

Exposition MBA DIJON

Dès le XVIII°, la haute société française ressent comme un devoir mondain de se vêtir de beaux tissus avec des accessoires bien choisis, pour paraître en société et être „à la mode“.

Marie Leczinska donne le ton. (tableau de Nattier)

Les bourgeois enrichis suivent l‘exemple de la noblesse, les tenues luxueuses de la royauté influencent les grandes cours européennes. La robe à la française a des manches engageantes en dentelle, des noeuds et de la fourrure. La pièce d‘estomac cache le corset. Le manteau de robe s‘ouvre sur la jupe, qui cache les paniers ovales. Le pli Watteau orne le dos. Le tissu est orné de broderies à effet berclé qui donne du volume.

Cette robe restera à la mode jusqu‘à la fin du XVIII°, qui voit apparaître la robe à l‘anglaise, plus simple : corsage ajusté, dos en pointe, manches ajustées, fichu noué sur le décolleté (illusion d‘une poitrine importante). Le panier disparaît et est remplacé par des coussins dans le dos : faux-cul ou tournure.

Les hommes portent l‘habit à la française : justaucorps, veste et culotte courte au genou.

Le taffetas est employé pour les robes car il a plus de tenue, le satin pour les costumes masculins.

Métiers de la mode :

La marchande de mode existe au début du siècle, elle décore les robes et chapeaux en se déplaçant chez la cliente.

Rose Bertin aura sa propre boutique rue Faubourg Saint Honoré, qui est restée le temple de la mode parisienne. Elle fera des robes pour Marie-Antoinette.

Les couturières font les retouches au XVII°, alors que le tailleur exécute tout le vêtement. Au XVIII° elles auront le droit de faire les corsets.

Tableaux et figures de mode :

Les tableaux de mode (Jean-François de Troy) apparaissent, retraçant des scènes galantes.

Broderie :

Sous le règne de Louis XVI, le gilet pour homme apparaît : les manches de la veste sont coupées, et le tissu est brodé de végétaux, chinoiseries ou mythologie.

Presse de mode :

Un des premiers magazines est publié : la Galerie des Modes (1778-1787), il comprend 8 à 10 pages et permet de découvrir les nouvelles robes, coiffures et accessoires.

Amusements théâtraux et vestiaires scéniques :

Watteau inaugure en 1717 le genre des fêtes galantes, où des couples se courtisent dans des vêtements parfois empruntés au bal masqué (arlequin).

Pastorales enchantées :

François Boucher invente l‘art de la pastorale peinte, où la noblesse renoue avec la nature et joue aux bergers et bergères („la belle jardinière“). Les personnages sont habillés en paysans (corset par dessus la robe). Cette peinture a une connotation érotique.

La robe de chambre et le négligé :

La robe de chambre masculine est en plein essor, ample et en soie, souvent assortie d‘un bonnet, elle est le signe de l‘élite intellectuelle.

Le négligé apparaît en vêtement du dessus : goût simple, chemise légère et souple portée par Marie-Antoinette. Cette robe a deux plis sous la poitrine, il suffira de supprimer celui de la taille pour avoir la robe style empire.

Le blanc :

On sait alors laver le blanc, il est donc utilisé pour les enfants comme symbole d‘innocence (éducation rousseauiste tournée vers la sensibilité).

Vestales :

On redécouvre Pompéi, et la vogue des antiquités bat son plein : style néo classique, mode plus fluide comme les statues antiques.

                                                        M MAIRE        16 juin 2022