LA TROUPE DE MOLIÈRE A DIJON ÉTÉS 1655-1657

Nicolas MIGNARD 1656 Molière dans le rôle de César
Jean-Baptiste POQUELIN, né en 1622, monte en 1643 une troupe de comédiens, « l’illustre Théâtre », en association avec 9 autres artistes dont 3 membres de la famille BEJART (dont Madeleine qui deviendra sa compagne).
Ils jouent au Jeu de Paume faubourg Saint Germain.
En 1644, il prend le nom de MOLIÈRE qui restera son nom d’auteur.
Des problèmes financiers poussent la troupe à tenter sa chance en province à l’automne 1646. Ils iront en Languedoc, à Grenoble, à Lyon, et à Dijon.
Les « grands » doivent soutenir financièrement une troupe, le Prince de Conti choisit Molière en 1653. En réalité ce sont les états du pays de Languedoc qui versent les subsides. Lyon est leur ville d’attache à partir de 1653, l’itinérance s’achève pratiquement.

-en 1655 à Dijon : leur succès est assez important. Malheureusement on ne connaît pas le répertoire joué, cependant il s’agirait plutôt de tragédies. Leur présence dans la ville est attestée par un acte de baptême d’un enfant né de comédiens de la troupe (18/07/1655 enfant BERTHELOT).

Été 1657 : pour se rapprocher du Duc d’Epernon, leur nouveau protecteur, gouverneur de Dijon (le Prince de Conti cesse son soutien). Des documents présents aux archives prouvent leur passage : demandes d’autorisations aux échevins pour jouer dans une salle (angle rue des Godrans et rue Musette). Ces derniers fixent les conditions des spectacles et le prix des places, ainsi que le montant que les troupes doivent verser aux pauvres. On suppose qu’ils jouent à Dijon la même programmation qu’à Lyon : « l’étourdi » (1655), « le dépit amoureux » (1657) avant de les produire à Paris.
Les règles échevinales ne sont pas respectées, il subsiste des documents : amendes infligées à la troupe, non payées et faisant l’objet de marchandages.
De retour à Paris, la troupe sera sous la protection de Philippe d’Orléans frère du Roi.
Jean-Baptiste POQUELIN décède le 17 février 1673 à Paris.
Cette conférence permet de mesurer le travail des archivistes, qui permet ainsi de prouver des faits historiques.
Marie MAIRE
CHÂTEAUX CATHARES : MYTHOLOGIE TOURISTIQUE OU RÉALITÉ HISTORIQUE ?
1. Les protagonistes
Qui sont les cathares ? De bons chrétiens, dits « parfaits », ayant subi des accusations d’hérésie. Ce nom leur a été donné tardivement (vers 1950), au départ il s’agit « d’hérésie albigeoise ».
Au Moyen Age, de nombreux mouvements se font jour pour réformer l’Église et revenir à une doctrine plus stricte, surtout dans le Sud de la France.
Cette forme de christianisme est qualifiée d’hérésie, et est violemment combattue (bûchers). Cette tâche est confiée aux cisterciens.
Par la suite, le Pape Innocent III lance en 1208 la première croisade contre les albigeois (ou cathares), qui durera jusqu’en 1229.
Simon IV de Montfort en est le chef.
En 1209 la population de Béziers est massacrée. En 1211 le comte de Toulouse Raymond IV est excommunié, Simon de Montfort en profite pour attaquer son fief. Pierre d’Aragon s’allie au Comte de Toulouse, qui sera tué pendant le siège de Toulouse en 1212.
En 1216 le conflit reprend, en 1218 nouveau siège de Toulouse, qui capitule en 1224.
En 1229 : traité de Meaux entre Raymond VII de Toulouse et le roi Louis IX : fin de la croisade et paix.
Le Pape autorise l’Inquisition en 1233 : emprisonnements, questionnements, …

La fin des cathares est officiellement fixée au siège de Montségur en mars 1244, qui se termine par un bûcher où meurent 220 personnes.

2. les châteaux
Il s’agit à proprement parler de forteresses royales, bâties par Louis IX à l’issue de la croisade contre les albigeois (après 1240).
Certains avaient déjà été le lieu d’habitat villageois.
Ils peuvent encore être visités aujourd’hui, plus ou moins en ruine ou restaurés.
- PUIVERT : assiégé en 1210 par Simon de Montfort. Constitue une défense avancée contre le royaume d’Aragon, comme celui de
-QUERIBUS : accueille les responsables cathares en 1254.

- PEYREPERTUSE : cédé à Louis IX en 1239 après la chute de Carcassonne. En 1258 la frontière est fixée au sud de ce lieu, qui devient chargé de la défense jusqu’à la Révolution.
- Château comtal de Toulouse ou château narbonnais : a totalement disparu, actuellement sous le palais de justice les vestiges sont encore visibles. Sera la tête de pont pour prendre la ville, puis logera le sénéchal à partir de 1271 quand Toulouse est intégrée au Royaume de France.
- MONTSEGUR : a abrité les cathares échappés de l’Inquisition, dans un village au sommet, enserré de fortifications et surplombé d’une tour de guet. Après 3 sièges infructueux (1212, 1213, 1241), celui de 1243 fait tomber la barbacane, et le 16 mars 220 habitants périssent sur un bûcher (les « parfaits » n’ayant pas renié leur religion).


Ces lieux sont l’objet de rumeurs et croyances (trésor, …)
Toutes ces forteresses royales ont déposé leur candidature pour être inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Marie MAIRE







