
En cette année du 400éme anniversaire de sa naissance, nous retournons sur les pas de Marie de Rabutin-Chantal épistolière et philosophe.
Elle naît le 5 février 1626 place des Vosges à Paris dans une famille d’ancienne noblesse bourguignonne. Orpheline à 7 ans, elle est élevée par sa grand-mère paternelle Jeanne de Chantal, puis par son oncle Philippe II de Coulanges . Elle reçoit une éducation soignée, entourée d’enfants, c’est une jeune fille « guillerette » et aimant la conversation, le chant et la danse. Son cousin Roger de Bussy-Rabutin est très proche d’elle.

A 18 ans elle épouse Henri de Sévigné, noble breton (marquis). Ils vivent au château de Vitré (les Rochers).
Ils auront deux enfants : Françoise (1646-1705) et Charles (1648-1713 sans descendance).
Henri meurt en duel en 1651, elle va vivre à Paris. Grâce à son oncle l’abbé de Coulanges elle n’a plus de dettes et vit de ses rentes. Elle devient une « salonnière », fréquente madame de Rambouillet. Son cousin Rabutin continue de lui faire la cour : « rabutiner ».
Elle s’intéresse au procès de Nicolas Fouquet, intervient pour sa libération ce qui la discrédite à la cour royale.
Sa fille est à marier, mais elle n’aime pas mes mondanités, maîtrise l’espagnol et l’italien.

Louis XIV veut en faire sa favorite, La Fontaine en parle dans la fable « le lion amoureux ». Finalement le comte de Grignan lui plaît, il a de la fortune et un château du XIII° siècle. Il est deux fois veuf. Ils se marient en 1669. Il est ensuite nommé lieutenant-gouverneur en Provence et la famille déménage. Commence alors une correspondance abondante entre la mère et la fille, Marie a une écriture reflétant sa vie intérieure et un flux de conscience. Elle écrit sur le vif, avec sensualisme : « le Pétrarque de la prose en France » (Lamartine).
Elle rendra visite à sa fille à Grignan à 3 reprises, et y décède en 1696.
Ses lettres ont été conservées par leurs destinataires, mais 15 % seulement sont autographes, beaucoup ont été détruites. Elles firent l’objet de 3 éditions au XVIII° siècle : 1725, 1726 et 1734. Sa petite-fille Pauline a critiqué ces parutions car incomplètes et coupées.
En 1873 une nouvelle édition respecte mieux son style.
Madame de Sévigné est donc devenue célèbre sans le vouloir ni le savoir, après sa mort.
Marie MAIRE
