Monsieur Fabrice Guillet, membre du conseil d’administration de l’ASATS (association pour la sauvegarde et l’aménagement de la Tour de Saussy) nous a captivées avec une conférence accompagnée de deux films tournés par ses soins dans les bois non loin de Saussy. Sa passion pour la photo et les cervidés, communicatrice, nous a donné envie de nous essayer, pourquoi pas? à l’affût et à l’observation de ces magnifiques animaux. Plus sérieusement, il pourra nous parler ultérieurement de la Tour de Saussy, et du sauvetage des animaux blessés.

   Le département de la Côte d’Or compte environ 5 à 6000 cerfs et biches. La régulation se fait par prélèvements (chasse) en fonction des besoins de protection de l’agriculture. De la même façon, les sangliers sont aussi limités en nombre.

   Les cerfs vivent solitaires, et ne retrouvent les biches que pendant le brame, ils peuvent alors se déplacer de plus de 10 km (cerf pélerin).

   Les hardes sont dirigées par les femelles, qui sont sédentaires et choisissent leur territoire. Chaque harde peut compter de 3 à 30 individus, dirigés par la biche meneuse. La cellule de base est constituée de la biche accompagnée de son faon de l’année (né en mai-juin), avec un subadulte de l’année précédente (daguet ou bichette qui met parfois bas elle-même et reste avec sa mère).

  Les mâles perdent leurs bois après le brame, et passent le printemps et l’été à les reconstruire, ils ont alors besoin de beaucoup de nourriture et de tranquillité. Les bois ou ramures sont caractéristiques de chaque animal, et sont un moyen de les distinguer. C’est une ossification recouverte de „velours“.

  Le daguet d’un an porte une ramure à 2 dagues. Si une pointe supplémentaire apparaît, il peut s’agir d’un futur grand cerf, qui aura une ramure à 14 cors, très intéressant et convoité par les femelles pour la reproduction (mâle dominant).

La ramure de 7 ans est la ramure définitive, le nombre de pointes et de longueurs sera le même jusqu’à 10 ans.

  Le brame dépend de la pleine lune de septembre, et en général prend place du 15 septembre au 15 octobre. Il est soumis au déclenchement de l’oestrus chez les biches : il faut, à la pleine lune, une différence de plus de 10° entre la température ambiante à l’aube et celle du milieu de la journée qui suit (bascule thermique), l’oestrus se déclenche et les femelles sont prêtes pour la reproduction, ce qui attire les mâles.

Cette période peut se décaler jusqu’à la fin du mois d’octobre en fonction de la composition des hardes : si la chasse prélève plus de biches âgées, le brâme tardera car les jeunes biches sont plus tardivement en chaleur.

Les places de brame sont connues des mâles, et ils les occupent dès la fin de l’été.

Les mâles dominants à 14 cors sont menacés par les plus jeunes : sous-lieutenants de moins de 5 ans, lieutenants de 5 à 7 ans, qui n’ont que peu de chances de se reproduire.

Après 10 ans, les ramures perdent des pointes, les cerfs sont appelés „ravalants“ et ne se reproduisent plus, ils sont chassés des lieux de reproduction par les plus jeunes, par combat ou simple intimidation.

Cette période d’agitation intense (surveillance des hardes, éloignement des rivaux) leur fait perdre jusqu’à 20% de leur poids.

Ils meurent vers 15-16 ans.

Les femelles choisissent les mâles par instinct génétique, et sélectionnent celui qui leur donnera le faon le plus robuste et le plus beau.

Les ramures exposées par monsieur Guillet ont permis de visualiser la disposition des bois (meule,  et pivots qui diminuent au fil des années, et permettent de donner l’âge de l’animal).

Une belle après-midi, avec deux films très instructifs, qui nous a permis de passer un moment dans la nature par image interposée!

                                                                                                         Marie MAIRE