Cette conférence, organisée lors d’un déjeuner au Royal Saint Honoré à Paris, était animée par Sylvette Dionisi.
Sylvette Dionisi, juriste de formation et fiscaliste d’exercice, a occupé différents postes au ministère de l’économie. Elle est également présidente-fondatrice de l’association Res Femina. Elle s’est passionnée pour le destin de Madeleine Fourcade et a écrit un livre sur sa vie, « Libre et résistante Marie-Madeleine Fourcade, l’inclassable ».
En effet, le destin de Madeleine Fourcade est passionnant. Née en 1909 à Marseille, sa famille fait partie de la haute bourgeoisie. Elevée au couvent des oiseaux à Neuilly/Seine, c’est également une pianiste avertie. Mariée avant sa majorité à un officier, elle prend rapidement sa liberté. Elle mène une vie très indépendante, et travaille comme journaliste. Mère de 2 fils, elle les confie à leur grand mère, et se sépare de son mari quand celui-ci est muté au Maroc. En 1936, elle rencontre deux camarades de son beau frère : Charles de Gaulle et Georges Loustanau-Lacau, pour qui elle travaillera comme chef de publication. Au début de la deuxième guerre mondiale ce dernier prend contact avec les services secrets britanniques et avec l’organisation montée par son ami de Gaulle (mais les relations avec ce dernier se distendent). Marie-Madeleine organise alors ses troupes pour monter un réseau de renseignements : recrutement et orientation des nouveaux arrivants, quadrillage de la zone libre, préparation de filières de passage … Fin 1940, l’organisation passe en complète clandestinité. A la suite d’arrestations (loustanau-Lacau, le commandant Faye, avec lequel elle aura un enfant en 1943, le Général Baston), elle décide de prendre seule la tête du réseau. Celui-ci prend de l’ampleur, les membres s’identifient sous des pseudo animaliers : elle sera « Hérisson ».
Du fait de risques très importants pour elle, elle est envoyée à Londres. Elle assistera par procuration à la multiplication d’arrestations au sein de son réseau, et à l’annonce de la mort de nombreux amis, dont Faye. Elle retournera en France en juin 44. Mais elle est arrêtée à Aix en Provence. Elle parvient à s’évader de manière rocambolesque. Elle continue de collecter des informations au profit des Alliés. Elle retourne un court moment à Paris où elle reçoit l’ordre de l’Empire Britannique.
La seconde guerre mondiale terminée, Marie-Madeleine continuera à assumer des responsabilités de chef de réseau. . Elle assurera la présidence de l’Association Amicale Alliance.
Elle se remarie en 1947 avec le Français libre Hubert Fourcade, dont elle aura trois autres enfants. Elle fondera avec lui la Convention Républicaine. Elle jouera un rôle politique, candidate aux élections législatives à trois reprises. Elle figure en 1979 sur la liste gaulliste menée par Jacques Chirac, intitulée « Défense des intérêts de la France en Europe » pour les toutes premières élections européennes.. Elle est députée européenne de 1980 à 1982.
Marie-Madeleine meurt à 79 ans en 1989 à Paris. Le gouvernement Français et les derniers survivants du réseau lui rendent un hommage solennel à l’occasion de ses obsèques. Elle est la première femme honorée aux Invalides.
C’est une personnalité exceptionnelle et tout à fait hors normes que les Lycéennes ont eu le plaisir de découvrir avec Madame Dionisi.






