CLOVIS, Roi des Francs






– Clodomir ? Ragnacaire ? Gondevaud ? Vous connaissez ?
– Pas vraiment ….
– Wisigoths, Burgondes, Vandales, Ostrogoths ?
– Euh….des barbares grossiers peut-être…ou des injures du capitaine Haddock …
Ainsi, pour éclairer notre lanterne, Jean-Jacques Charrière nous a-t-il plongées dans l'univers du
Vème siècle en présentant Clovis, roi des Francs, le 27 mai, au cours d'une conférence au rythme
enlevé.
Fils de Childeric et petit-fils peut-être de Mérovée, né en 466 à l'époque où l'empire romain
devient déliquescent, Clovis hérite à 15 ans du petit royaume Franc situé en Belgique Seconde
allant des Flandres à la vallée de la Somme. Pendant les 30 ans de son règne, Clovis n'aura de cesse
d'agrandir son royaume. Il le fera soit par l'assassinat pur et simple de ses opposants comme
Ragnacaire, Carari, Renomer et bien d'autres, soit par des pactes comme avec les Bretons ou des
alliances matrimoniales : sa sœur épousera Théodric roi des Ostrogoths et lui-même épousera en
secondes noces Clothilde princesse Burgonde. Enfin, bien sûr, la guerre permet d'étendre son
territoire. Il va vaincre Syagrius, roi du dernier bastion romain, lors de la bataille de Soissons, les
Alamans à Tolbiac et les Wisigoths à Vouillé près de Poitiers. Quand il meurt en 511 il a étendu son
royaume de la Belgique aux Pyrénées, excluant Bretagne, pourtour méditerranéen et vallées du
Rhône et de la Saône.
La particularité de cette époque tient à la coexistence de plusieurs cultures (les peuplades
barbares venues du Nord ou d'Europe Centrale s'étaient sédentarisées et imprégnées de culture
romaine) et de plusieurs religions : les dieux romains existaient toujours mais les peuples du Nord
révéraient Wotan dont le fils est Thor (c'est le cas de Clovis) et le christianisme était traversé par
des hérésies, principalement l'arianisme adopté par les Wisigoths, opposé au christianisme nicéen
adopté par les Burgondes …dont Clothilde !
Clovis se convertira après le serment de Tolbiac, peut-être un peu plus lentement que ne le dit la
légende, pressé par son conseiller Remi évêque de Reims, soucieux de la protection de ce guerrier
intrépide et désireux de convertir un peuple qui échapperait ainsi à l'influence arienne et poussé
aussi par Clothilde, sa femme chrétienne nicéenne.
La légende s'est emparée de l'histoire de Clovis. Les sources de l'époque sont en effet
rarissimes et c'est à Grégoire de Tours qu'on doit le récit de ces années mais il a vécu près de 30 ans
après les faits ! De plus, la datation des événements telle qu'on la pratique (en fonction de la
naissance du Christ) ne date que du VII ème siècle de sorte que la date précise des éléments de la
vie de Clovis est impossible à donner. C'est le cas de son baptême dont l'année fluctue de 496 à
506!!! Cet épisode célèbre de même que celui du vase Soissons laissent ainsi la place à
l'enjolivement dû au désir apologétique de faire de ce premier roi franc baptisé une figure
fondatrice.
Il n'empêche que son règne met en place des éléments importants : sacre à Reims, liens entre
monarchie et clergé, choix de Paris comme capitale. Ainsi, depuis ce haut Moyen-Age s'est forgée
notre histoire nationale.
Texte de Nicole Labbe
Photos Béatrice Theillaud et Josette Lapouge
Conférence de Diane de Selliers, éditrice de livres d'art

Diane de Selliers, éditrice d'art, est venue faire une conférence fort appréciée de la quarantaine de
lycéennes venues l'écouter présenter son travail mené avec passion. Depuis plus de trente ans et
avec trente-cinq titres à son actif, Diane de Selliers s'attache à établir des correspondances entre les
grands textes littéraires et les grands peintres. Son premier essai fut, en 1992, la parution des 245
Fables de La Fontaine magistralement illustrées par Oudry, suivi des Contes illustrés par Fragonard.
Mais un de ses plus grands succès fut la parution de La Divine Comédie de Dante illustrée par des
dessins de Botticelli sur lesquels le peintre a travaillé à la fin de sa vie mais qui n'avaient jamais été
reproduits jusque là. Si beaucoup étaient sceptiques, ce fut pourtant un vrai succès d'édition : la
symbolique de ces dessins – pourtant parfois très abîmés – permet de mieux « se promener » dans
un texte fort, certes, mais aussi ardu et même déroutant. D'ailleurs, se promener avec humilité dans
ces textes fondateurs comme L'Apocalypse de Saint Jean ou Le Cantique des Oiseaux du persan
Attar, lire et relire en se laissant approcher peu à peu par le sens, tel est le conseil de lecture de cette
éditrice exceptionnelle. Si la Renaissance a une place importante dans la collection avec Les
Triomphes de Pétrarque illustrés par le vitrail de l'Aube, le Décaméron de Boccace par les peintres
de la Renaissance florentine, L'Eloge de la Folie d'Erasme par les peintres du Nord, Diane de
Selliers n'hésite pas à faire appel à des artistes contemporains. Ainsi Gérard Garouste a-t-il illustré
Don Quichotte, Pat Andrea Alice au Pays des Merveilles et le photographe Jean-Christophe Ballot
L'Epopée de Gigalmesh. Le dernier livre à paraître bientôt est la poésie d'Emilie Dickinson,
poétesse contemporaine de Victor Hugo, illustrée par la peinture moderniste américaine.
Ainsi Diane de Selliers, à la recherche de la beauté et de la vérité et en mettant en jeu son
instinct, sa culture et ses compétences techniques comme celles de ses collaborateurs, crée-t-elle
une bibliothèque de patrimoine.




Texte de Nicole Labbe
Photos de Brigitte Pénicaut
La céramique en ville : visite du Square des Emailleurs








Le 16 avril, une bonne vingtaine de lycéennes se sont retrouvées Square des Emailleurs pour une
visite/conférence du quartier édifié vers 1860 sur des terres agricoles dont la viabilisation avait été
confiée à Ernest Ruben entrepreneur, mécène et émailleur. Déambulant dans les rues portant le
noms d'émailleurs limougeauds (Pénicaud, Courteys, Laudin, Magadoux) chacune a pu admirer les
différentes générations de constructions : façades granitiques à l'ordonnance symétrique, art
nouveau aux céramiques turquoises, style villégiature aux pans de bois peints, style castel avec son
crénelage, style cottage avec ses bow-window, les garages remplaçant peu à peu les écuries. Au fil
de la promenade, on égrène les noms des architectes Gonthier, Sautour, Laforgue (frère du poète)…
Le temps de jeter un coup d'oeil à la maison où a vécu Georges-Emmanuel Clancier en haut de la
rue des Pénitents Rouges et nous nous sommes toutes réunies chez Dominique autour d'un
plantureux et délicieux goûter !
Texte de Nicole Labbe
Photos Brigitte Pénicaut, Josette Lapouge
Conférence d'Olivier Mignon "L'épopée des Terre-Neuvas" l'histoire de la pêche francaise sur le grand banc
Quelle meilleure date que le 1er avril pour suivre la conférence d'Olivier Mignon sur la pêche française sur le grand Banc ?
Après avoir situé géographiquement l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, le conférencier en
retrace l'histoire : d'abord habité par les Béothuks, ensuite découvert au XVI ème siècle par Joao
Alvarez, il est lieu de pêche privilégié des basques, bretons et normands tant le poisson abonde et
devient possession française sous François Ier. Mais des conflits incessants opposant Français et
Anglais, la possession du territoire et des zones de pêche fluctue fréquemment. Finalement,
l'archipel devient département français d'outre-mer en 1976 et collectivité territoriale en 1985.
La saison de pêche durait de fin février à septembre. Trois techniques étaient utilisées : la pêche
sédentaire où on séchait le poisson à terre sur les graves, la pêche errante à la morue verte se
pratiquant au large avec des lignes tirées depuis le bateau et la pêche errante avec de petits bateaux
à fond plat appelée doris dont les deux hommes à bord relevaient les lignes deux fois par jour. Cette
dernière était la plus dangereuse car les doris étaient de véritables coquilles de noix perdues dans
l'agitation de la mer et parfois le brouillard.
La vie à bord était extrêmement dure : crasse, odeur pestilentielle, froid, violence, danger constant,
labeur incessant (18 heures de travail par jour avec le seul 15 août comme jour de congé) ne
pouvaient se supporter que grâce à l'alcool et la promesse d'un salaire trois fois plus élevé que sur
un navire marchand.
L'âge d'or de la pêche au cabillaud, le XIX ème siècle, est révolu : la surpêche avec des chalutiers
« râcleurs d'océan » et désormais interdits ainsi que le changement climatique signent la fin de la
grande pêche qui fut une grande aventure humaine.
Et grand merci à Catherine pour son accueil chaleureux !















Texte de Nicole Labbe
Photos de Brigitte Pénicaut et de Josette Lapouge










