Les donations
Beaucoup d'intérêt et d'émotion pour la prestation de Maître Christine LE BIHAN, notaire à Caen, autour des thèmes "les droits de succession" et "les donations entre époux".
Etant données notre moyenne d'age (!!!) et les diverses situations familiales (célibataires, veuves, divorcées ou tout simplement encore mariées) nous étions très vivement concernées par ce sujet fondamental. Beaucoup de questions ont été posées de notre coté, et abordées avec clarté et humanité par M° LE BIHAN:
- comment transmettre de son vivant, aux enfants ou autres héritiers, un bien qu'on a chèrement acquis par son travail, tout en conservant pour soi une vie décente et confortable ?
- comment transmettre les biens reçus de nos parents et les conserver en cas de divorce afin de ne pas léser les enfants ?
- comment payer le moins possible de droits lorsqu'on transmets des biens de son vivant ? Le cas des assurances-vies est abordé ainsi que des frais dus à l'Etat dans les diverses formes de succession.
Les législateurs ont inventé un mot merveilleux : "l'usufruit" qui vous permet de profiter du "fruit" de vos biens qui ne vous appartiennent plus puisqu'ils reviennent de droit à vos enfants au décès de votre conjoint (le cas de la donation universelle est, paraît-il, peu courant …)
Dure réalité, qui mélange les problèmes concrets et l'affectif et qu'il faudrait pourtant aborder avec lucidité et sérénité. Mieux : il faudrait même anticiper !
Les notaires nous aident fort heureusement à y voir clair dans les méandres des diverses législations qui se sont succédées depuis des décennies.
46eme assemblée générale de la FFLCI
Le Club de Bordeaux reçoit le Bureau National et les 215 participantes à l’Athénée Municipal, en la présence de Maj-Britt Varpe , Finlandaise, Vice-Présidente de la Fédération du L.C.I. pour l’Hémisphère Nord. Nos amies suisses du Club de Neuchâtel, jumelé avec le club bordelais, ont été conviées avec Monique Marié , Présidente Centrale du Lyceum Club de Suisse.
Notre Présidente Nationale, Christiane Péchiné , assistée de Monique Leboeuf, Christiane Rolet, Muriel Hannart, Lucile Vignial...
- nous présente la Vice Présidente Internationale Finnoise
- félicite Chantal Doumic (Paris), décorée de la Légion d’Honneur, et Claudine Tonneau (Dijon), cavalière de 70 ans, championne du monde de saut d’obstacle
- se recueille avec nous, en mémoire des Lycéennes disparues cette année
- annonce la création des Clubs de Lille-Flandre , le 9/06/2009, et Marseille , le 9/08/2009
- encourage les jumelages de Bretagne-Amsterdam, Paris-Bâle et Paris-Philadelphie
- expose la nécessité de créer une nouvelle plaquette , sur laquelle travaille Monique Leboeuf ; elle doit être plus claire, notamment sur le but, la gestion et les moyens d'actions du Club.
- complimente la coordinatrice du site Web , notre Présidente Chantal Giraud, qui doit faire face aux problèmes liés à un prestataire considéré comme trop cher. Espoir de négociation
- cite " Environnement et Énergie" et " Laissez l’île antique parler" , thèmes généraux du Congrès de Chypre qui aura lieu du 19 au 22 mai 2010, et dont les groupes de travail seront :
1 - Civilisation et Environnement à travers les œuvres de Platon, Aristote, Théophraste...
2 - Problèmes généraux (climat…)
3 - Géologie & Architecture, Environnement, Architecture traditionnelle, Biodiversité…
4 - Civilisation et Environnement Chypriote ; recettes traditionnelles et breuvages, musique, danses, contes et récits, artisanat…
- résume les journées culturelles des 27, 28 et 29 mai 2009, à Lisbonne
- conseille la lecture plus assidue du Bulletin de Lucile Vignial, sur le site web International : www.lyceumclub.org ; mot de passe jusqu’à mai 2010 : "cyprus 2010"
- parle des projets sur le plan national : Sensibilisation, Information, Formation.
- divulgue l’éphéméride :
21/25 X 2009 : Concours international féminin de musique de Lausanne (problèmes financiers
évoqués par Monique Marié)
14 X 2010 : AG de Limoges
2011 : BCI à Stockholm pour le centenaire du Club
2011 : Journées Culturelles à Moscou (interrogations car rien n’y est très clair pour l’instant !)
2011 : AG en Bretagne pour le trentenaire du Club
2012 : BCI & Journées Culturelles à Lausanne, pour le centenaire des clubs de Lausanne, Berne, et Genève.
Rapport Moral suivi des votes pour les changements de statuts et pour l’approbation des comptes, à l’unanimité.
La présentation des activités les plus marquantes des clubs présents est troublée par le bruit strident d’une alarme imposant l’évacuation, subite mais très momentanée, de la salle; cela nous permet de réconforter nos "accompagnants" transis de froid, oubliés par le car près de la Porte Dijeaux, qui vont rejoindre en taxi la région des Graves pour visiter Château Haut Brion , puis le Château de la Brède où Charles de Segondat, futur baron de la Brède et de Montesquieu, naquit en 1689.
Départ vers le Palais de Rohan , ancien palais épiscopal construit par Joseph Etienne et Richard-François Bonfin, 1776/1783, pour Ferdinand Maximilien Mériadec, prince de Rohan, archevêque de Bordeaux qui finança sa reconstruction par la vente en parcelles à lotir d’un terrain marécageux; il est Hôtel de Ville depuis 1837, et l’Adjoint au Maire chargé des Affaires Culturelles nous y attend pour discours et petits fours.
L’escalier d’honneur, à 3 trompes soutenant les volées, est un joyau de stéréotomie ; décentré, il précède le grand salon lambrissé. De 1799 à 1804, le peintre néoclassique bordelais Pierre Lacour (1745/1814) restaura les grisailles en trompe l’œil de Berinzago, dans la salle à manger du palais devenu préfecture ; on dit ici que Lacour influença Eugène Delacroix (1798/1863), tout jeune fils du préfet !
Excellent déjeuner au Café Maritime , sur les bassins à flot, très en aval du centre ville.
Courte visite pédestre du centre ville :
Le port, dit " port de la lune" en raison de sa forme, ne bruisse plus des chargements de vin, cognac, fruits secs, huiles, toiles et chapeaux, ni des déchargements de sucre, café, et épices divers ; les installations modernes ont émigré en aval de la ville et on marche maintenant sur des quais splendidement rénovés pour la promenade, qui ont remplacé la plage de sable du XVIII e . Le ludique Miroir d’eau conçu par l’équipe de l’architecte paysagiste Michel Courajoud (octobre 2006) en référence à l’inondation de la piazza San Marco à Venise, est un incontournable lieu de fêtes locales ; en dalles de granit il ressemble à une immense ardoise et cache un mécanisme du fontainier J.M. Llorca le faisant passer en 15 mn d’un état de dalle sèche à celui d’immense miroir, après apparition de volutes de brume dispensées par des buses minuscules, puis jets d’eau de plus en plus forts dispensés irrégulièrement. Il remplace 2 hangars et des grues placées là au XIX e et précède l’élégante et symétrique place de la Bourse (1735/1755), ancienne place Royale alors en bordure immédiate du fleuve, épicentre du commerce de l’époque, où l’ Hôtel des Fermes , à gauche, et le Palais de la Bourse à droite, entourent un pavillon central ; Jacques III Gabriel (architecte de l’abbaye de Saint Denis), fit l’Hôtel, son fils Jacques IV Ange Gabriel (architecte de la Place de la Concorde, ancienne place Louis XV) conçut la Bourse ; la Fontaine des 3 Grâces a remplacé la statue équestre de Louis XV fondue en 1792, et celle de Napoléon III, détruite elle aussi. Ces "filles de Zeus", Aglaé, Euphrosyne, Thalie, furent dessinées par Visconti (architecte du Louvre de Napoléon III), et réalisées par Gumery et Jouandot. La campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein les a parées de grands cordons rose fushia. La rue Phillipart ( ancien maire), XVIII e , longe la rue Saint Rémi, "decumanus" est-ouest antique ; un balcon "suspendu sur trompe" au carrefour de 3 rues, précède la Place du Parlement XVIII e .
Fin de la visite devant l’immeuble Restauration de l’Office de tourisme, près du Grand Théâtre (1773/1780) construit par Victor Louis (architecte des galeries du Palais Royal à Paris), à la demande du duc de Richelieu, Gouverneur, sur l’emplacement d’un temple antique. Le grandiose escalier intérieur et la conception des lieux inspirèrent Charles Garnier pour l’Opéra de Paris. La façade monumentale à colonnade corinthienne néoclassique est surmontée d’une balustrade à 12 statues de Berruer et Van den Drix : Junon, Minerve, Vénus et les 9 muses .
Passage à l’hôtel, où nous revêtons très vite nos beaux habits de lumière, pour partir en Médoc vers le Château Giscours (XIX e ), lieu du Dîner de gala, accompagné d’explications claires sur le vignoble bordelais.
Ce domaine viticole de 80,50 ha avec réserve naturelle de 300 ha d’arbres centenaires, prairies et étangs, existait déjà en 1330. Il est situé rive gauche de l’estuaire de la Gironde, en aval du confluent Garonne/Dordogne sur la route des domaines du Médoc, à Labarde près de Margaux dont il a l’appellation contrôlée.
Présentation des chais avec leurs barriques de chêne et des contenants plus modernes réservés à l’assemblage ; cours d’œnologie et dégustation apéritive à la ferme Suzanne.
Notre éducation gustative continue au cours du dîner entrecoupé d’intermèdes musicaux joués par un pianiste à multiples facettes ; Château du Juge , Bordeaux blanc sec 2005 (pas de blanc, à Giscours), accompagne le croustillant de rouget au basilic ; La Sirène de Giscours 2002, second vin de Giscours Margaux, valorise le demi-pigeonneau en surprise des bois, désossé et farci aux cèpes, Château Giscours 1995, vin de Margaux classé troisième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, termine le repas.
Nous rentrons très tardivement de cette excellente soirée.
Béatrice FIX
Montmorency & Ecouen
La région d'Ile de France, située à 20 kms au nord de Paris, dotée d'une belle forêt domaniale, fut pendant le XVI° s. un lieu à la mode où les parisiens venaient se reposer en s'acquittant d'un droit de péage perçu par les seigneurs locaux. En effet, l'illustre famille des Bouchard de Montmorency y possédait, depuis plusieurs siècles, la terre d'Ecouen et son château-fort ainsi qu'une grande partie des domaines aux alentours. Proches des rois François Ier, puis Henri II, des personnages riches et influents, tels que Guillaume et son fils Anne de Montmorency, se sont succédés dans cette famille au XVI°s., agrandissant sans cesse d'immenses domaines, bâtissant des châteaux (130, au milieu du XVI° s.) et de nombreuses églises, abbatiales et collégiales, dont St Martin.
Pour cela, d'un goût très sûr, ils firent appel aux meilleurs architectes et artistes du moment, dotant les constructions civiles et religieuses d'éléments de style Renaissance, et "à l'Antique", alors à la mode, accompagnés de merveilleux vitraux, pavements, lambris, tapisseries, ferronneries et autres éléments de décor somptueux.
Nous avons eu l'occasion d'apprécier, en premier lieu, la Collégiale Saint-Martin, église bâtie au XII°s. puis agrandie et embellie par Guillaume et son fils Anne de Montmorency, au XVI°, afin d'y installer les tombeaux des membres de la famille. Son architecture révèle 2 parties différentes : la première - le choeur - très décorée et influencée par la Renaissance italienne(sous Guillaume), la deuxième - la nef - plus sobre, érigée dans la deuxième moitié du XVI° (sous son fils Anne).
Outre l'intérêt architectural de l'édifice, bien préservé et restauré, des vitraux d'une qualité exceptionnelle ont suscité notre admiration entretenue par la compétence d'une guide passionnée... Nous avons vu - avec une description très érudite - l'évolution des techniques et des décors dans l'art du vitrail. De nouveaux procédés permettant de fondre les couleurs et de les intégrer au verre, au lieu de les peindre, de nouveaux colorants et des teintes nouvelles, telles que la sanguine, les grisés pour les dégradés, les violets, verts et jaune d'argent, la technique du grattage de la première couche du verre laissant apparaître la lumière ou la deuxième couche de couleur différente, les décors de motifs damassés et l'introduction de paysages en perspective derrière les personnages, toutes ces nouveautés nous permettent d'apprécier l'évolution de l'art du vitrail du XVI° jusqu'au XIX° (représentation de la Bataille de Bouvines, réalisée en 1908 par Eugène Grasset. Autre intérêt de ces beaux vitraux : ils représentent les hommes et les femmes célèbres de la famille des Montmorency, soient seuls, soient accompagnés de leurs enfants ou des personnages influents gravitant autour d'eux.
Notre seconde visite fut le Château d'Ecouen, demeure de ces grands personnages du XVI°s., dont la construction commença par l'aile Ouest, en 1542, puis poursuivie par l'aile Sud, en 1544, et finie par les ailes Est et Nord, en 1548. Ces divers bâtiments nous montrent l'évolution rapide des conceptions architecturales et nous fournissent un condensé de l'histoire de l'architecture française du milieu du XVI°s. Divers propriétaires occupèrent le château qui fut, après la Révolution, choisi par Napoléon pour devenir la première maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'Honneur, en 1807, sous la direction de Madame Campan. Après une période d'abandon, Louis-Napoléon Bonaparte fait transférer, en 1850, à Ecouen, la Maison de la Légion d'Honneur, installée à Paris. Elle y restera jusqu'en 1962. Par la suite, le château est restauré et réaménagé en Musée National de la Renaissance par le Ministère des Affaires Culturelles.
Nous y trouvons bois sculptés et beau mobilier Renaissance, arts du métal, ivoires, faïences et émaux, instruments scientifiques (collection d'astrolabes et matériel de marine) et surtout une tapisserie d'un intérêt exceptionnel : la tenture de David et Bethsabée. 10 pièces d'une longueur de 75 m et 4,5 m de haut constituent la plus importante tapisserie du XVI° conservée en France. Le thème, traité à Bruxelles, est en faveur au début du XVI° mais on ne peut déterminer le commanditaire de ce chef d'oeuvre dans le plus pur style flamand. Sans doute s'agit-il d'une commande princière, mettant en scène quelque six cents personnages dans des compositions variées et une multitude de détails pittoresques.
Journée riche en beauté et en enrichissement M-FJ
Marcel PROUST et les femmes par P. HENRY membre fondateur du cercle proustien
Les femmes ont joué, à divers degrés, un grand rôle dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust. Il a en effet créé de nombreux personnages féminins de divers milieux sociaux mais ayant en commun la particularité d'être exceptionnelles, belles, intelligentes et cultivées.
Ces femmes qu'il a côtoyées et aimées tout au long de sa vie l'ont souvent inspiré et on les retrouve transposées dans son oeuvre.
Tout d'abord les femmes de sa famille :
- sa grand-mère maternelle, Adèle WEIL, très cultivée, excellente pianiste, pleine d'affection pour son petit-fils et qui l'amènera pendant plusieurs années faire, à Cabourg, de longs séjours pour soigner son asthme.
- sa mère, Jeanne PROUST (la grand-mère dans le roman) riche bourgeoise, aussi cultivée qu'Adèle, mais d'une grande rigueur qui la poussera à isoler son fils en refusant de recevoir ses amies. Elle le surprotègera comme s'il était toujours enfant et c'est la femme qui aura le plus d'influence sur lui.
Puis citons ensuite toutes celles qu'il a admiré d'un amour pas toujours partagé et dont il n'exigeait qu'une photo qu'il rangeait précieusement dans une boîte. Peu de temps avant sa mort, devenu grabataire, il contemplera sa collection de photos "à la recherche du temps perdu" avec la nostalgie de toutes ces amitiés oubliées.
Citons-en quelques unes :
- Geneviève BIZET, très belle veuve dont tous les lycéens sont amoureux, et en particulier Maupassant. Devenue Madame STRAUSS, elle recevra souvent Proust à Trouville.
- Laure HAYMAN, la "dame en rose", demi-mondaine amie de Louis Weil et d'Adrien Proust, qui sera Odette de CRECY, grand amour de Charles Swann dans le roman.
- Marie de BENARDAKY, fille de l'ancien maréchal de la cour du Tsar, amour d'adolescence de Marcel, refusée par la rigoriste Jeanne. Elle sera Gilberte, fille d'Odette et Charles Swann.
- Jeanne POUQUET, maîtresse d'Anatole France, qui deviendra Madame de CAILLAVET et inspirera également l'écrivain pour le personnage de Gilberte.
- Madeleine LEMAIRE, artiste peintre, maîtresse d'Alexandre Dumas fils et dont les grandes soirées littéraires, dans son hôtel du Parc Monceau, sont célèbres.
- la Comtesse GRESSULHE, qui inspirera le personnage de la Duchesse de GUERMANTES.
- Laure de CHEVIGNE, arrière-petite-fille du Marquis de Sade
- la Princesse SOUTZO qui attirera Proust au Ritz où il aura de nombreuses aventures masculines.
- l'actrice Louisa de MORNAND, Rachel dans le roman.
- Anna de NOAILLES et sa soeur.
- etc...
Citons aussi Céleste ALBARET, sa dame de compagnie, qui lui prodiguera une grande affection, le soutiendra dans son travail d'écrivain et l'accompagnera jusqu'à sa mort.
Dans cette liste, qui est loin d'être complète, nous mettrons à part "Albertine", grand amour du narrateur dans le roman mais en réalité inspiré par le chauffeur de taxi Agostinelli. M-FJ
Club de lecture
14 h 30 chez Odile WACHÉ, reprise du cercle de lecture. Il faudra avoir lu “La Gifle au Bon Dieu” de Félix de Belloy chez Robert Laffont et « Les Claudel » de Dominique Bona chez Grasset. A l’issue de cette réunion, les membres du jury qui ont lu toutes les nouvelles françaises du Prix Littéraire sont invités à voter pour décider des deux meilleures. Le prix sera remis le jeudi 18 janvier, à 16 h 15, au café “Les Editeurs”, 4 Carrefour de l’Odéon à Paris (M° Odéon) en présence de Nicole AVRIL et Catherine NAY. Il serait souhaitable que 3 ou 4 membres du Jury accompagnent notre Présidente pour cette manifestation
