NOMINATION DE MURIEL HANNART COMME PRESIDENTE D'HONNEUR DE LA FEDERATION FRANCAISE DU LYCEUM CLUB INTERNATIONAL


Le Comité de la Fédération Française du Lyceum Club International, réuni le 24 novembre dernier à Orléans, a décidé de conférer à Muriel Hannart la qualité de Présidente d’Honneur de la FFLCI et souhaité rendre ainsi hommage à ses engagements successifs au sein du Lyceum Club International depuis de nombreuses années.
Médecin gynécologue, mère de quatre filles, Muriel Hannart a été un des membres fondateurs du Lyceum Club de Troyes-Champagne, créé par Monique Charvolin, sa mère, en 1985.
Au service de ce club, elle a assumé successivement les fonctions de trésorière (1985-1997) puis de présidente (1997-2003).
Elle est ensuite devenue trésorière au sein du Bureau de la Fédération Française du LCI (2007-2010) puis a été présidente de la FFLCI de 2010 à 2016.
Son engagement a ensuite pris une dimension internationale lorsqu’elle a été élue vice-présidente pour l’hémisphère nord dans le bureau de l’Association Internationale des Lyceum Clubs en 2016.
Et c’est en 2019 qu’elle a été élue Présidente Internationale lors du Congrès qui s’est tenu à Stockholm.
Dès le début, Muriel Hannart a fait preuve dans l’exercice de ses mandats d’une intelligence, d’un dynamisme et d’une autorité naturelle qui, au fil des années, vont s’affirmer et lui permettre d’assumer ses fonctions nationales puis internationales avec une pleine réussite qui suscite de la part des membres de nos clubs adhésion et admiration.
C’est donc très légitimement que notre Comité a conféré le titre de Présidente d’Honneur de notre Fédération à Muriel dont l’investissement personnel au service du Lyceum nous sera toujours un exemple.
"LA CHAISE N° 14" DE FABIENNE JUHEL
"LA CHAISE N° 14" DE FABIENNE JUHEL
Le 1er Décembre 2021, le Lyceum Bretagne Nord a pris en charge l'échange littéraire avec Rabat. Cette réunion s'est tenue dans la magnifique librairie de QUINTIN "Le marque page", lieu inspirant s'il en est pour parler Littérature. Plusieurs Lycéennes étaient présentes.
Le livre que nous avons choisi de présenter est "La chaise N 14" de Fabienne JUHEL, auteure bretonne, présente à la réunion. Après le mot d'accueil de notre présidente, nous avons présenté notre région d'un point de vue historique, géographique, traditionnel, économique et touristique, présentation appuyée par un diaporama mettant en valeur les différents thèmes. Nous avons commencé par présenter l'auteure, agrégée de lettres, très impliquée dans le monde littéraire, et qui a reçu de nombreuses récompenses pour une œuvre fournie et très originale.
Puis, nous avons abordé le livre dans son contexte historique (1945, fin de la guerre, règlements de compte et épuration) et dans son contexte géographique, l'histoire se passant à Saint-Brieuc, préfecture de notre département.

Après ce préambule, la parole a été donnée aux participantes des différents clubs pour poser des questions à l'auteure.
- Les femmes tondues ont-elles eu des réparations après la guerre ? Non, Maria a seulement demandé réparation aux personnes qu'elle tenait responsable de son humiliation.
- Cette période de l'épuration n'a-t-elle pas été prétexte à certaine vengeances ? Oui, Antoine amoureux éconduit ne s'attaque pas à Maria par hasard.
- Pourquoi Maria n'a-t-elle pas ressenti de honte de sa liaison avec Frantz ? Car elle était tombé amoureuse d'un homme mais pas de l'ennemi et que l'amour est plus vital en temps de guerre.
- Comment vous est venue l'idée d'écrire un roman sur ce thème ? L'auteure a lu dans un petit livre de Louis Guilloux, auteur briochin, une page relatant l'histoire de 3 femmes tendues après la guerre. Louis Guilloux personnage réel, devient un personnage dans son livre et le procédé est assez audacieux ! Fabienne JUHEL nous dit que parfois les personnages échappent à leur auteur !
- Pourquoi le symbole de la robe blanche, de la chevelure rousse, des oiseaux noirs et blancs ? Le blanc de la robe et le blanc et noir des oiseaux peuvent représenter le bien et mal, ce sont des signes, voire des inter-signes qui parlent au tempérament celte qui aime interpréter ceux que la nature peut nous envoyer.
- Maria est une femme forte, d'où tire-t-elle cette force ? L'auteure répond que cette force lui vient sans doute de son père Victor qui l'a élevé seul étant veuf depuis la naissance de Maria, il y a une grande complicité entre le père et la fille et beaucoup d'amour. Le père
souffre d'être impuissant à sauver sa fille des mains d'Antoine.
- Pour terminer une question qui intrigue : pourquoi terminer le livre par l'idée d'une
prochaine naissance ? Au cas où il y aurait une suite !
Une amie marocaine conclue « un livre poignant, qui a suscité l'intérêt des lectrices ».
Nous sortons enchantées de cet échange au-delà de la Méditerranée !
Marie-France Salliou
"LES HEURES SILENCIEUSES" DE GAELLE JOSSE
"LES HEURES SILENCIEUSES“ DE GAELLE JOSSE.
Gaëlle JOSSE est née en 1960, après des études de droit et publie son premier roman „les heures silencieuses“ en 2010, salué par la critique et récompensé par de nombreux prix.
Nous citons un extrait d‘interview : "être auteur, c‘est avoir peu, beaucoup ou énormément de talent, et c‘est surtout beaucoup de travail. Mon processus d‘écriture est en 2 phases : une flèche est lancée, puis il y a l‘histoire, la narration; un monde de personnages qui émergent, prennent vie et nous surprennent. C‘est le premier jet, la phase créative la plus facile. Puis vient le travail des mots, des phrases, du rythme, de la ponctuation. Ensuite relire, relire, trouver le mot précis, l‘image, la bonne cadence de phrase tout en restant dans l‘intuition, la liberté et la spontanéité“.
Ce roman se déroule au XVII° siècle aux Pays-Bas, à l‘époque où la Compagnie des Indes est à son apogée.
Bref historique de la Compagnie des Indes :
Après les croisades, vient la suprématie des républiques italiennes aux XIII° et XIV° siècles. A la fin du XV° l‘Amérique et l‘Asie sont découvertes, promesses de commerce florissant.
Au XVI° Venise règne sur la Méditerranée. A la fin du siècle l‘Espagne fait le commerce d‘or, et l‘Eglise a une grande influence, qui bloque toute évolution.
Des espions néerlandais s‘introduisent dans les navires portugais, et les Pays Bas découvrent tout l‘intérêt des Indes. A la fin du XVII° la Compagnie des Indes voit le jour, elle contrôle le commerce des épices, des textiles , de l‘or, des peaux, du corail, du riz, de la soie...c‘est un état dans l‘état. C‘est le siècle d‘or, la première puissance commerciale du monde, et son essor s‘accompagne de la liberté de culte : le pays attire les érudits et les artistes, c‘est le centre du savoir, l‘église protestante se développe.
Dans la société, le rang social s‘établit sur les revenus et plus sur la naissance.
L‘épanouissement culturel est de plus en plus important. Le pays est un gigantesque atelier graphique qui attire les peintres de tous horizons à Amsterdam, La Haye, Delft, Haarlem, Utrecht, ..
On ne représente plus de thèmes religieux, mais des natures mortes : les intérieurs bourgeois dont le plaisir des sens se cache derrière les façades strictes.
Ainsi le peintre Emmanuel de Witte réalise t il plusieurs oeuvres majeures, dont „intérieur avec femme à l‘épinette“ (musée Boymans Rotterdam) qui servira d‘inspiration à G Josse.

L‘ouvrage :
Nous y voyons la description de la condition de la femme au XVII° siècle, soumise à son mari.
Le personnage principal, Magdalena Beyeren, est la fille d‘un administrateur de la Compagnie des Indes, et elle s‘intéresse beaucoup au travail de son père. Mais elle doit se marier et se consacrer à sa famille malgré son goût et son talent pour les affaires. Elle renonce à ses rêves, est discrète, réservée, sa maison est bien tenue. Elle écrit un journal intime. 4 de ses enfants sont morts en bas-âge.
Pieter, son mari, qu‘elle aime, ne veut pas qu‘elle meure en couches, il n‘aura donc plus de relations intimes avec elle. Elle est donc moralement abandonnée à 36 ans, seule dans sa grande demeure silencieuse. Elle éprouve des élans amoureux pour le professeur de musique de sa fille, mais s‘en défend. Elle est très mélancolique : „le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher et de certitudes qui s‘amenuisent“.
Au XVII°, les femmes doivent obéissance à leur père puis à leur mari (qui est choisi par la famille). Ce sont des génitrices et des éducatrices. Les grossesses successives sont dangereuses, la mortalité infantile très élevée, pendant que les maris poursuivent les aventures extraconjugales en toute impunité (les femmes, elles, risquent le couvent dans les mêmes circonstances). La femme est assimilée aux serviteurs qui doivent allégeance au maître de maison.
Elles sont illettrées (en 1800 une loi interdit aux filles d‘apprendre à lire). La lutte des femmes pour évoluer et être reconnues sera longue, en France elles n‘obtiennent le droit de vote qu‘en 1944, en 1965 une épouse peut travailler sans l‘autorisation de son mari, la première femme au Panthéon sera admise en 1995, et avec son mari…
Les échanges nombreux et fructueux entre la France et Rabat se poursuivent sur cette condition féminine, en Europe et au Maroc, et son évolution.
M Aubry, C Caron, C Lapostolle, C Maitre, M Patouillet, C Robert, F Soulier.





