Conférence « Les jeux Olympiques de Grenoble »
Un récit des Jeux de Grenoble, au jour le jour, à partir des archives du Dauphiné Libéré, par Jean Pierre Souchon, ancien rédacteur en chef du Dauphiné Libéré, qui a pu recueillir le témoignage des journaliste qui ont vécu en direct cet événement régional et planétaire.
Ciné-Club
La Garçonnière, comédie dramatique américaine de Billy Wilder, sortie en 1960 et reprise en 2012, avec Jack Lemmon,Shirley MacLain, Fred MacMurray (2h05).
C.C. Baxter est employé à la Sauvegarde, grande compagnie d’assurance. Dans l’espoir d’un avancement, il prête souvent son appartement à ses supérieurs qui y emmènent leurs petites amies.
Un jour le chef du personnel le convoque et lui demande aussi sa clef. Baxter est enfin promu.
Mais ce qu’il ignorait, c’est que le chef du personnel emmenait dans son appartement la femme dont il était amoureux.
Casanova au couvent !
C’est au Couvent Sainte-Cécile, que nous avons emboîté le pas du célèbre Casanova à travers une Venise du XVIIIème siècle, revisitée par huit créateurs de B.D.
Mettre en résonance la peinture traditionnelle et la bande dessinée, tel est le pari de la fondation Glénat qui organise la 3ème exposition de cette nature, après La grimace du monde et Tables et festins. L’objectif est de croiser les regards, à 300 ans d’intervalle, de Canaletto, de Guardi ou de Bellotto avec ceux de nos contemporains.
Aux termes : Venise ou Casanova on associe facilement : palais, gondoles ou aventures qui surgissent de l’imagerie populaire. Ces mythes ont été entretenus par les védutistes, peintres de la Sérénissime, réalisant des épigones. Ces cartes postales ou images-souvenirs sont peintes à des fins documentaires, pour mettre en valeur la vie de la cité ou pour rendre compte de grands événements.
Les célèbres tableaux offerts à notre admiration, comme « Vue du canal de Santa Chiara à Venise » ou « Vue du Grand Canal et du pont du Rialto à Venise » de Canaletto ou de Guardi témoignent d’un travail très élaboré sur la perspective, renforcé par l’usage de la chambre noire. Cette recherche à la fois géométrique et atmosphérique, vise à créer une impression de légèreté et dirige l’œil de l’observateur vers des « ciels » d’un bleu éthéré, infiniment subtil, rarement égalé. Ces tableaux de commande ont pour objectif de raconter un événement certes, mais aussi de plaire ou de flatter les grandes familles vénitiennes.
Les védutistes nous racontent de petites histoires sur la vie à Venise, les plaisirs, les bals masqués ou les intrigues amoureuses. Leurs tableaux constituent une véritable mine d’informations sur les mœurs, les coutumes ou les vêtements de l’époque.
Nous partons, par ce biais, à la rencontre de Casanova, connu surtout pour ses conquêtes féminines et sa vie dissolue. Il brosse, comme les peintres, un tableau complet de l’Europe dans L’histoire de [sa] vie. Tout l’amuse, tout l’intéresse, même les événements les plus déstabilisants ! « J’ai toujours aimé les femmes à la folie, dit-il, mais je leur ai préféré ma liberté. » Le récit de son évasion de prison, « sous les plombs », est digne d’Alexandre Dumas. Notre séducteur aurait pu rencontrer Canaletto, mais cela ne s’est pas fait !
Toutes ces petites histoires racontées, en images ou avec des mots, croisent celles de nos dessinateurs de B.D. qui associent aux planches illustrées, les phylactères.
Huit dessinateurs ont bien voulu jouer le jeu de la confrontation. Ils ont illustré à leur manière un aspect particulier de la cité des Doges. S’il ne fallait retenir qu’un mot pour qualifier le travail de chacun ou sa vision de Venise, ce serait pour :
*Le Français, François Avril : l’épure
*Le Coréen, Kim Jung Gi : l’étreinte
*Le Belge, Griffo : la perspective
*L’Américain, Miles Hyman : la séduction
*L’Italien, Tanino Liberatore : la violence
*Le Français, Loustal : le mystère
*L’Italien, Milo Manara : le plaisir
*Le Suisse, Zep (créateur de Titeuf) : la distanciation
Les peintres et les créateurs de B.D. nous racontent des histoires qui s’inscrivent dans le mouvement, dans la vie et ses passions !
Le mérite de cette exposition, outre la qualité des œuvres exposées, est de monter que la quête des artistes est intemporelle et universelle.
A travers elle, le charme de Venise continue à opérer !
D. VDB
Exposition « Venise sur les pas de Casanova »
*RV à 9H à la Fondation Glénat, Couvent Sainte Cécile, 37 rue Servan Grenoble
Cette exposition présente, au travers d’une trentaine de toiles françaises du XVIIIe siècle et d’une cinquantaine d’images contemporaines d’artistes de bande dessinée, les deux images de la ville: celle perpétuée par la peinture du XVIIIe siècle, officielle, sereine, de la carte postale, et le scénario des aventures vénitiennes de l’auteur libertin de « l’histoire de ma vie ».
Aix en Provence côté ville, côté campagne
Follement xviiième que tout cela !!
Enthousiastes, nous l’étions toutes, à l’idée de découvrir Aix-en-Provence. Le trajet fut magnifique ; tout le Trièves étant en floraison. C’était une féerie de blanc, de rose sous un ciel superbe.
Après un pique-nique au parc Paul Jourdan, nous fîmes la connaissance de notre guide : un homme d'une culture encyclopédique et d'un humour incroyable, ayant un goût très vif pour les jeux de mots. Il nous a conquises !
C’est en sa compagnie que nous avons visité le centre historique de cette ville, datant des 17ème et 18ème siècles.
Pour nous immerger dans cette cité, nous avons arpenté tout d'abord le cours Mirabeau. La Provence étant rattachée à la France en 1481, le roi se fait représenter par un gouverneur. La ville d’Aix se trouve désignée comme siège de Parlement en 1501. Plus tard, au 17ème siècle, les gens de robe, magistrats et juristes fortunés se font construire de splendides hôtels particuliers. C’est l'endroit à la mode pour voir et être vu !
Parmi eux l'hôtel d'Entrecasteaux, du nom d'un marquis, président du parlement, qui défraya la chronique en y assassinant sa femme.
Et l'hôtel de Forbin présentant de splendides ferronneries aux balcons composés de rinceaux et de contre-rinceaux. Sa couleur miel est due à la couleur naturelle des pierres, des carrières de Bibémus, utilisées pour de nombreuses constructions aixoises.
Aix est aussi une ville de fontaines ; en particulier celle du Roy René. Ce dernier y est représenté portant la couronne des Comtes de Provence, tenant à la main une grappe de raisin muscat, variété qu'il aurait introduite en Provence.
Son épouse Jeanne de Laval serait à l'origine des calissons, "des câlins" fourrés au melon (à l'origine).
La cathédrale Saint Sauveur est célèbre pour son chef d'œuvre : le Triptyque du Buisson ardent de Nicolas Froment.
Après de nombreuses pérégrinations, nous fûmes enchantées de retrouver notre hôtel avec sa cour privée toute fleurie.
Le lendemain matin, visite de l'hôtel d'Olivary, dans le plus pur style aixois. IL appartenait à la même famille depuis deux siècles : la famille de Welle, descendante des Olivary. Il possède un magnifique escalier en fer forgé, de style Régence, une enfilade de salons à la française décorés de tableaux, de gypseries et de tentures murales. La propriétaire elle-même nous fit visiter les lieux avec passion.
Nous quittons la ville pour la campagne afin de découvrir au nord d’Aix, une splendide bastide dans son "jus", celui du 18ème siècle, aux Pinchinats
Cette demeure a abrité les amours de la sœur de Napoléon, Pauline Borghèse et de son amant Auguste de Forbin.
Dans les années 1770, Sauveur Mignard, le fils du célèbre confiseur propriétaire de la bastide appelée « la Mignarde » aménage des jardins à la française et agrémente les bassins d’élégantes statues.
Le carillon de midi sonne l’arrivée de 4 lycéennes de Marseille, venues pique-niquer en notre compagnie. Nous sommes tout à la joie des retrouvailles et des échanges, très reconnaissantes à Caroline de nous avoir concocté ce petit séjour de rêve !
Qu'elle en soit encore mille fois remerciée !
L’après-midi est consacrée aux jardins de la bastide Romégas. Nous avons la chance d’être accueillies par Madame Rater-Carbonel en personne. Cette bastide est typique du 17ème siècle ; toit à 4 pentes à la génoise possédant une ferme attenante avec une aire de battage. Les jardins sont classés « remarquables » avec un parterre de buis en broderie, ombragé de pins multi centenaires. Le tout parfaitement conservé et entretenu, agrémenté d’un bassin et de jeux d'eau et d'une « tèse » (allée avec filets pour capturer les oiseaux).
A l’horizon se dessine la montagne Ste Victoire, si chère à Cézanne.
C’est l’art de vivre au XVIIIème siècle !
Nous terminons notre périple au château de Vauclaire, domaine viticole, où nous faisons provision de bonnes bouteilles pour les futures agapes lycéennes !
Nous rentrons les yeux éblouis et l’esprit régénéré par tous ces beaux souvenirs, rendus possibles grâce à Caroline et toutes celles qui ont participé à l’aventure.
Nous garderons à l’esprit cette formule de Charles-Palamède de Forbin :
"Pour essayer de guider son siècle, il faut marcher avec lui, car le temps ne s'arrête, ni ne recule.’’
O.S. 25/26 .05.2018
Exposition Les Jeux Olympiques
*RV à 14h30 au Musée Dauphinois
"l’Exposition Grenoble 1968, les Jeux Olympiques qui ont changé L’Isère" ’permet aux visiteurs de comprendre l’envergure de l’événement pour la région.
A la découverte des Chapelles
* RV à 11h15 à la chapelle de Villeneuve d’Uriage
Monica nous ouvrira les portes de cette chapelle, dédiée à Saint Jean- Baptiste. De style baroque, très beau maître autel et magnifique trône de célébrant du XVIIème siècle.
*Pique-nique à 12H15 RV devant la mairie d’Herbeys, 27 chemin du Villard.
*RV à 14h15 à la Chapelle des Angonnes , à St Hyppolyte ( entre Tavernolles et Herbeys)
La chapelle des Angonnes est un petit trésor caché, magnifique témoignage d’une paroisse rurale des XXVII et XXVIIIe siècles.
Beau panorama sur le plateau de Champagnier et du Vercors.
Visite guidée de 1 heure
Visite d’un atelier de sculpture
Dans un havre de paix,au «cœur» de Grenoble ,Marie Mathias crée des sculptures en utilisant divers matériaux et techniques: terre, résine, bronze, métallisation, polychromie. Tous ses travaux traitent de l’humain. Un univers particulier à découvrir absolument .
Marie Mathias sculpteur
Sculpteur, à Grenoble, depuis quelques décennies…
Après quinze ans de peinture et un peu de sculpture, Marie, installée dans un grand atelier au fond d’une cour au milieu des fleurs, exerce son art.
Toute petite déjà, nous dit-elle, elle jouait avec la terre de son Nord natal, mêlée de sable.
Sa recherche de comprendre et de ressentir l’humanité toute entière se transmet à ses mains qui façonnent sa pensée, à travers l’histoire du monde, au fur et à mesure des événements.
Rescapés, infiltrés, mais aussi bien ‘route du rhum’, ou appartenant à des ethnies différentes, ses personnages offrent une vision cosmopolite du monde, répondant aux désirs de la créatrice de mettre en forme l’Humain. La nativité, l’amour maternel sont également sources d’inspiration.
Foisonnement de créations qui nous interpelle, cette quête de vouloir montrer l’Homme dans sa pluralité nous étonne profondément.
Elle enseigne également dans un lycée de banlieue. Avec un professeur de Philosophie elle a dirigé ses élèves dans un travail de réflexion qui a abouti à la création d’une fresque exposée à Izieux, haut lieu de la déportation juive.
Marie nous dit ; « l’acte créateur est l’expression d’un mouvement du fond de l’être …le sens à donner à son existence ».
Tout simplement Bravo,Tout simplement merci.
MC P 16.05.2018
Du dessein au dessin « De Delacroix à Gauguin »
Invitation au voyage à travers 120 chefs d’œuvre du XIXème siècle
« De Delacroix à Gauguin » *
120 des plus belles feuilles sur les 2000 détenues par le musée de Grenoble ont été sorties des tiroirs pour être présentées au public, selon un parcours chrono-thématique. Encadrées pour la circonstance, elles retrouveront la sérénité de leurs écrins obscurs dans 3 mois.
Depuis 2008, c’est la 5ème exposition de ce type organisée par Guy Tosatto, le directeur du musée et le commissaire de l’exposition. Son objectif est de mettre en valeur les collections stockées dans les réserves.
Elles pourront bientôt, de ce fait, être consultées en ligne.
C’est en compagnie de nos amies lyonnaises que nous découvrons ce que certains considèrent comme des ébauches, des esquisses, au mieux des traces fugitives des œuvres abouties. Ce n’est qu’en 1789 que les termes dessein et dessin sont dissociés, l’un étant le préalable de l’autre. Mais il n’y a pas de réalisation sans projet ! Et, au XIXème, les projets abondent.
Siècle du foisonnement culturel et de l’éclectisme, il offre aux créateurs des possibilités infinies.
Nous cheminons du romantisme au réalisme, du réalisme à l’impressionnisme et au symbolisme. Aux détours de ce parcours parfois un peu sinueux, nous croisons Delacroix, Daumier, Corot, Jongkind, Puvis de Chavannes, Fantin-Latour, Gauguin et d’autres peintres ou dessinateurs moins célèbres mais parfois très talentueux.
Les voyages exotiques, pittoresques ou immobiles donnent naissance à des œuvres extrêmement variées. L’artiste se nourrit à de sources multiples : références au passé, au présent, au monde familier, à l’Italie ou à l’Orient visité ou rêvé. Le goût du voyage lointain n’exclut pas la recherche du pittoresque local ou la référence à la tradition et au patrimoine. Le dessinateur pose aussi un regard acéré sur le monde qui l’entoure et qu’il caricature avec talent.
Si le support habituel est le papier, les techniques sont diverses : craie, fusain, pastel, gouache aquarelle… Le rendu final n’est parfois pas très loin de celui de la peinture.
S’il fallait garder en mémoire quelques œuvres significatives, on pourrait citer par ordre chronologique :
*Etude de la draperie pour la Vierge du Sacré-Cœur de Delacroix pour le néoclassicisme.
*Les animaux musiciens de Granville pour la caricature.
*Femme italienne jouant du tambourin de Papety pour l’académisme.
*La Bourne à Pont-en-Royans de Vagnat pour le pittoresque.
*Torrent coulant entre les rochers de Doré pour le romantisme.
*Nymphe désarmant l’Amour de Corot pour le symbolisme.
*Pays-Bas de Jongkind pour le pré-impressionnisme.
*Terre délicieuse de Gauguin pour l’exotisme.
Cette liste, très subjective, ne donne qu’un aperçu de la diversité des œuvres, les influences se croisent et s’enchevêtrent, rendant difficile toute classification.
Et même si cette visite guidée a été « un peu rude » selon l’expression pertinente d’une lycéenne, le grand mérite de cette exposition est de nous faire passer dans les coulisses de la création. L’artiste jette sur le papier le ressenti de l’instant, une impression fugitive qu’il souhaite prolonger, c’est son âme qu’il livre au spectateur. Mieux que dans une peinture aboutie, du croquis transpirent souvent l’authenticité et la vie.
Le 14.05.2018
