Quelle meilleure date que le 1er avril pour suivre la conférence d’Olivier Mignon sur la pêche française sur le grand Banc ?
Après avoir situé géographiquement l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, le conférencier en
retrace l’histoire : d’abord habité par les Béothuks, ensuite découvert au XVI ème siècle par Joao
Alvarez, il est lieu de pêche privilégié des basques, bretons et normands tant le poisson abonde et
devient possession française sous François Ier. Mais des conflits incessants opposant Français et
Anglais, la possession du territoire et des zones de pêche fluctue fréquemment. Finalement,
l’archipel devient département français d’outre-mer en 1976 et collectivité territoriale en 1985.
La saison de pêche durait de fin février à septembre. Trois techniques étaient utilisées : la pêche
sédentaire où on séchait le poisson à terre sur les graves, la pêche errante à la morue verte se
pratiquant au large avec des lignes tirées depuis le bateau et la pêche errante avec de petits bateaux
à fond plat appelée doris dont les deux hommes à bord relevaient les lignes deux fois par jour. Cette
dernière était la plus dangereuse car les doris étaient de véritables coquilles de noix perdues dans
l’agitation de la mer et parfois le brouillard.
La vie à bord était extrêmement dure : crasse, odeur pestilentielle, froid, violence, danger constant,
labeur incessant (18 heures de travail par jour avec le seul 15 août comme jour de congé) ne
pouvaient se supporter que grâce à l’alcool et la promesse d’un salaire trois fois plus élevé que sur
un navire marchand.
L’âge d’or de la pêche au cabillaud, le XIX ème siècle, est révolu : la surpêche avec des chalutiers
« râcleurs d’océan » et désormais interdits ainsi que le changement climatique signent la fin de la
grande pêche qui fut une grande aventure humaine.
Et grand merci à Catherine pour son accueil chaleureux !















Texte de Nicole Labbe
Photos de Brigitte Pénicaut et de Josette Lapouge
