Journée à Uriage .
Monsieur Paul Allain nous recevra à son domicile pour évoquer la vie de son père, Pierre Allain.
Des rochers de Fontainebleau à l’Himalaya, Pierre Allain est considéré comme le pionnier de l’alpinisme français de haut niveau. Il est également un inventeur qui a révolutionné le matériel de montagne (sac de couchage en duvet, le mousqueton…).
12h30:déjeuner au Comptoir JOA ,restaurant du casino à Uriage .
Buffet à volonté 17 €
Balade jusqu’au château d’Uriage où Monsieur Allain retracera l’histoire de "l’École des cadres de la jeunesse d’Uriage "qui s’installe au château de septembre 1940 au 3 janvier 1943.
De père en fils, ou de pics en livres
Quelle sympathique rencontre que celle organisée par Anne chez Paul ALLAIN !
D’abord, le cadre : une des jolies maisons en bordure du parc d’Uriage, un peu désuète, avec un charme fou et très accueillante.
Notre hôte, Paul Allain, connaisseur de la montagne et ancien élève des Beaux Arts de Paris, aussi chaleureux que prolixe, sportif que cultivé, évoque avec admiration les multiples facettes de la personnalité de son père, Pierre Allain qui s’installa à Uriage dans les années 60 : une vie très bien remplie grâce à ses nombreux talents, son intelligence, sa curiosité, son ingéniosité mises au service de l’escalade, sa grande passion.
Pragmatique, celui qui fut considéré comme « le meilleur grimpeur de sa génération » mit au point les premières vestes en duvet en 1931, et de nombreux équipements
comme les mousquetons asymétriques en alliage léger, un descendeur, des chaussons d’escalade, désignés comme les « PA » par les grimpeurs avertis. De très nombreux livres, objets et photos, comme les paroles de son fils, le rendent présent dans cette maison où souffle l’esprit des deux hommes.
Pierre, le père, né en 1904, parcourt de nombreux massifs, des Alpes à l’Himalaya, ouvre des voies, recherche « les premières », fréquente nombre de physiciens et scientifiques de la région, travaille avec son père, mais aussi fabrique dans son garage les objets qui lui conviennent, avec des machines de son invention.
Ces machines, personne ne peut plus les voir, car une des passions de notre hôte les recouvre ! Effectivement, au fil des années, des courses en montagne et des circonstances, Paul ALLAIN s’est fait un prénom dans la vente des livres rares.
Et les voilà, les autres habitants de la maison ! 50 000 volumes l’occupent, peut être même plus l envahissant l’espace, du sol au plafond, rangés par sujets, mais aussi empilés un peu partout, sur plusieurs épaisseurs, de la cave au grenier.
De l’escalade à la littérature, Paul ALLAIN nous a emmenées dans ses passions avec beaucoup d’aisance et de générosité : de beaux moments de partage et de transmission.
Si vous voulez en savoir un peu plus, prévoyez donc une escapade au parc d’Uriage, où notre hôte exerce le métier de bouquiniste chaque week-end, ou bien lisez Alpinisme et Compétition , ou plus technique , L’Art de l’Alpinisme écrits par Pierre ALLAIN.
L.B, 05. 04.2018
Club de lecture Soirée Prix littéraires
*RV à 18h chez Dominique Boulet 10 ,Chemin de la Revirée Corenc
Les prix littéraires de 2017 vous seront présentés par des Lycéennes. Venez nombreuses.
A l’issue de la présentation, un buffet salé sucré approvisionné par chacune.
Fabrique Opéra avec Carmen
Carmen de Georges Bizet avec l’Orchestre Symphonique Universitaire de Grenoble sous la direction de Patrick Souillot et le Choeur de la Fabrique Opéra de Grenoble.
Depuis plus d’un siècle, Carmen dans sa robe étincelante et fatale, victime et prédatrice, captive les foules qui tombent sous son charme.
A la découverte du Street Art à Grenoble
Après-midi printanière pour découvrir charmes et secrets du Street Art.
Ce mouvement, apparenté aux cultures émergentes comme le rap et le hip hop, est né aux Etats Unis, à New York et Los Angeles, dans les années 70. C’est environ vingt ans plus tard qu’il est apparu à Grenoble avec l’artiste Ernest Pignon, Ernest dont la fresque initiale a été entièrement refaite il y a deux ans.
Si cette forme d’expression se développe dans de nombreuses villes, Grenoble offre une particularité, la création par la galerie Space Junk de l’unique festival annuel consacré au Street Art.
Cet événement permet aux artistes de de se faire connaitre, de s’exprimer, et surtout leur donne un cadre légal. En effet, la galerie trouve des lieux et obtient les autorisations de propriétaires pour que des murs ou portes de garage puissent ainsi devenir les supports des oeuvres. C’est aussi un moyende doter la ville et les communes avoisinantes de cet original patrimoine urbain.
Au fil de notre promenade, nous avons pu découvrir une vingtaine d’artistes d’âge, de nationalités, de renommées, de styles et de techniques très différents. Tous les formats, supports et associations sont permis ainsi qu’une certaine insolence irrévérencieuse, comme l’exprime une formule accompagnant une femme en prière « Au nom du pire, du twitt et du safari".
Presque tous accordent une grande importance au lettrage ou Writting dont l’histoire occupe une fresque de 70 mètres rue Humbert II et signent leur oeuvre d’un "blaz », ou marque de reconnaissance. Et aucun artiste n’apprécie d’être « toyé », autrement dit que son oeuvre soit cachée ou recouverte par des tags ou ajouts intempestifs .
Il est clair aussi qu'au delà des différences, cette forme d’expression exprime un regard assez critique sur les maux de nos sociétés et de l’empathie pour ceux qui en souffrent comme cette magnifique Africaine du très jeune Grenoblois SNEK.
La nature est aussi un thème très présent, comme le montrent les baleines du duo suisse NEVERCREW ou le vol des martinets du Chinois DALISTE.
Nouveau medium, à la portée de tous les regards, le Street Art nous offre un reflet de notre société où se côtoient « le pire » mais aussi souvent le meilleur !
28.03.2018 - L.B.
Lesdiguières, le prince oublié des Alpes
Nous avions rendez-vous en ce jeudi ensoleillé au Musée dauphinois, lieu privilégié, pour une exposition sur Lesdiguières....
A part le stade de rugby, la rue qui mène à la préfecture, l’école hôtelière, nous ne savions pas bien ce qui se cachait derrière ce nom, nous les Grenobloises d'adoption. Les autres, les « vraies », en savaient sûrement un peu plus sur ce patronyme. Et pourtant quelle leçon d'histoire nous a été dispensée durant plus de deux heures par une guide « époustouflante » de culture et de connaissances sur une période bien lointaine. ! Et quelle époque !!! Celle de la Réforme, des guerres sanglantes entre protestants et catholiques.
C'est une exposition extrêmement riche, dont nous sommes toutes ressorties un peu plus savantes sur un personnage très connu au XVIe et XVIIe siècles, puis tombé dans l'oubli.
Acteur majeur de l'histoire du Dauphiné, François de Bonne (1543 – 1626) est originaire du Champsaur. Issu de la petite noblesse, il va connaître une ascension fulgurante. Devenu chef des protestants du Dauphiné, il réussira à pacifier la province. Il prendra Grenoble en 1590 après un siège d'un mois. Grenoble était alors aux mains des ligueurs catholiques. Il fera appliquer l'édit de Nantes. Deux pages de cet édit se trouvent dans l'exposition et cela est très émouvant.
Il gouverne tout le Dauphiné, habite le palais delphinal dans le Jardin de Ville, fait construire le château de Vizille, durant 20 ans.
Il ne cessera pas de gravir les échelons : duc, pair de France, chef général des armées, il terminera connétable en 1622, c’est à dire second personnage de l'état après le roi. Il fera l'acquisition de nombreux domaines ou châteaux : St Jean de Bournay, Mens, Lourmarin...
On pense que sa rencontre avec François de Sales l'aurait poussé à devenir catholique.
Cette exposition riche de cartes, de tableaux, d’armes, d’archives nous permet d’appréhender le destin d'un homme qui a marqué d'une façon incroyable notre territoire.
Nous nous sommes séparées, un peu fatiguées, mais tellement plus éclairées sur le Duc de Lesdiguières, ravies d’admirer, à la descente, la superbe vue sur Grenoble et les montagnes enneigées.
A.O.

La Casamaures, une « folie » orientale aux portes de Grenoble.
C’est avec autant de plaisir que de surprise que nous avons suivi les très nombreuses explications et anecdotes de Christiane Guichard, propriétaire des lieux depuis 1981.
Passionnée par cette réalisation qu’elle porte courageusement malgré toutes sortes de difficultés, cette ancienne élève des beaux-arts s’est complètement engagée, toute jeune, dans le sauvetage de ce « rêve d’orient », spécimen architectural de la mode de l ‘orientalisme.
Ce petit palais, entouré de jardins en terrasses, construit sur le rocher de St Martin-le-Vinoux, surplombe l’Isère. Le premier des 13 propriétaires est Joseph Jullien, dit Cochard. Ayant fait fortune, dans le domaine des chevaux, cet audacieux fantaisiste, un peu provocateur, s’est lancé dans ce projet fou de construction inventive pour le milieu du XIXème siècle. Une autre originalité de cette villa de style mauresque est l’utilisation du bleu Guimet sur les parements sculptés des façades, inventé par l’ingénieur voironnais, en 1828, futur créateur du Musée Guimet de Paris ! Cette couleur qui a remplacé le très coûteux bleu outremer, fait à partir du broyage de lapis lazuli, est un des éléments caractéristiques de cette extraordinaire maison.
Cet édifice, symbole de l’art du ciment moulé, mondialement renommé est le plus ancien bâtiment en béton de France et fut, à ce titre, classé aux monuments historiques en 1986. Sa construction a débuté en 1855. Ses moulages et ses structures, dépourvus de toute armature acier, ont été réalisées en ciment naturel Prompt Vicat, entreprise éponyme grenobloise qui a mis au point ce procédé en 1853. C’est aussi le premier exemple d’architecture préfabriquée de France.
Un escalier agrémenté de grenadiers et de passiflores qui évoquent cet orient rêvé, nous conduit à une terrasse ombragée par un magnolia de 160 ans, classé « arbre remarquable ».
A cette accumulation d’objets insolites se mêlent aussi d’étonnantes anecdotes qui vont des trois épouses successives de Joseph à l’histoire de cette étrange façade en bois qui viendrait du pavillon turc d’une exposition universelle : c’est la porte d’accès de l’appartement qui se visite.
Les vitraux colorés, l’éclairage zénithal, le décor nous emmènent au pays des mille et une nuits.
Quelle surprise de découvrir un immense espace, jardin d’hiver haut d’une dizaine de mètres ! Salon, vestibule et salle à manger témoignent par leur décor raffiné de papiers peints à la main, de l’exotisme du Bosphore et de Constantinople.
En plus de ses activités multiples, de la truelle à la transmission de sa passion, notre hôtesse évoque une autre corde à son arc, celle concernant l’art des cadrans solaires, ou gnomonie, qu’elle cultive dans le cadre de l’association Tournesol.
Avec beaucoup de gentillesse elle nous invite à venir savourer au printemps les charmes du jardin, ainsi qu’à participer, le 28 avril, à l’inauguration de l’auvent de l’orangerie.
Si vous souhaitez revenir sur les lieux, une étudiante en histoire de l’art accueillera le public du mardi au samedi, de 14 à 17 heures, de mi-mai à fin Juin.
Merci pour ce voyage enchanteur au croisement de l’innovation grenobloise et de l’art, bel exemple d’un exceptionnel patrimoine artistique et industriel.
Vous pouvez consulter le site : http://casamaures.org
L.B et F.N.
visite de la Casamaures
*RV à 14h30, 58 Allée de la Casamaures ST Martin le Vinoux
Cette villa a été construite dans les années 1850 en style néo-mauresque, inspirée des décors ottomans, par le grenoblois Joseph Jullien dit Cochard qui se ruina pour elle. Cet édifice, symbole de l’art du ciment moulé est le plus ancien bâtiment en béton construit en France. La Casamaures est classée en 1986 aux monuments historiques à la fois pour son style oriental que pour la technique novatrice de construction « « le ciment moulé. ».
Christiane Guichard, nouvelle propriétaire en 1981, la renomme La Casa Maures/Cas’amore.
Durée de la visite :1h30
Club cinéma
"L' enfance d’Ivan", film d’Andrei Tarkovski
Orphelin depuis l’assassinat de sa famille par les nazis, Ivan,12 ans, est éclaireur dans l’armée russe. Il accepte une dernière mission délicate.
Rencontre avec une néo-savonnière
Isabelle Mancret -alias Isabulles nous accueille chaleureusement dans son labo à Sassenage.
Senteurs : des dizaines de savons disposés sur une table : nous admirons avec gourmandise.
Odeur du café et saveur des biscuits que nous offre Isabelle.
Tous nos sens sont en éveil.
Un voyage à New-York : elle entre dans une sublime boutique où l'on vend de merveilleux savons. C'est le déclic.
Elle a baigné dans l'artisanat haut de gamme - fille de Gérard Mancret, fondateur des brosseries éponymes - et s’avère, par ailleurs, scientifique de formation.
Rentrée en France, Isabelle ne "bulle" pas : elle se lance, se forme car la fabrication et la réussite d'un savon sont une histoire de chimie.
Elle expérimente une méthode séculaire : la saponification à froid.
Elle choisit ses matières premières, certifiées AB : 58 ingrédients, au total (huiles, beurres, cire d'abeille, lait de chèvre et de jument, miel etc....)
Toutes ses recettes sont certifiées en 2013.
Elle peut donc passer à la production : elle pèse, mélange, mixe, verse dans des moules, puis c'est la cuisson et le séchage des pains de savon.
Quelle cuisine !!!
Le résultat est magique et envoûtant, fascinant par le design, effets de marbrage, entrelacs de chocolat, café, citronnelle, orange douce... Quelle chance, notre peau va adorer …
C.W – 06.03.2018
