Tel est le titre de la magnifique exposition du musée de l’Ancien Evêché, qui nous propose, au fil des 120 photographies réunies, une immersion au cœur des montagnes au-dessus de Chamonix. Des portraits d’inconnus ou d’hommes célèbres, des traditions et des modes d’expression qui ont évolué au cours des siècles : photos prises par quatre Tairraz, qui, de père en fils, ont nourri une double passion, la montagne et la photographie, se sont adaptés aux évolutions tant techniques que sociales, ont côtoyé ceux qui ont marqué la montagne pendant plus d’un siècle.

Partout, ou presque, des pentes vertigineuses, de la neige et des hommes.

Le premier de la lignée, Joseph, 1827-1902, rejoint la compagnie des guides dès 1851, et acquiert un certain succès, qui s’accompagne de la création, avec son frère Zacharie, d’un studio « Photographie alpine

» En montagne il utilise un énorme appareil stéréoscopique de plus de 25 kg !

Ses portraits de bergers, de chasseurs, ou de cristalliers témoignent d’une époque révolue

  

 Son fils Georges I, 1868-1924, commence sa carrière par deux ans d’études à Paris, puis développe l’activité du studio qu’il rebaptise « Photographie alpine Tairraz ».   S’il s’intéresse au développement des « sports d’hiver, il se lance également dans de très grands formats.

La lignée s’affirme, s’adapte aux évolutions techniques et sociétales : chacun de ces quatre hommes exceptionnels ne cessera d’évoluer, de se renouveler, mais toujours avec la passion, le sens de l’extrême, de l’excellence, et de l’humilité qu’impose la montagne.

Son fils, Georges II, 1900-1975, continue sur cette lancée de photos éblouissantes. Bénéficiant d’une très grande notoriété, il travaille avec les plus grands alpinistes, Frison-Roche, Arthur Ravanel, Fernand Tournier, Armand et George Charlet utilisant un Leica, 24×36, beaucoup plus maniable. Ses talents se développent dans de nouveaux domaines, le cinéma comme assistant des réalisateurs, et la photographie illustrant les livres de montagne, celle-ci devenant de plus en plus appréciée.

Enfin Pierre,1933-2000, après de sérieuses études de photographie et cinéma à Paris suit les traces de son père. Sa grande innovation est l’apparition de la couleur, notamment ce que l’on appelle « le bleu Tairraz » Pour lui, les meilleures photographies sont ” celles qui donnent du rêve”.

Cette exposition est un moment de grâce qui réunit toutes les générations, tous les amateurs de beauté : à ne pas rater !

Quel que soit le photographe, ces photos magnifiques glorifient tant ces paysages, immenses, vertigineux, que les hommes qui vont à leur rencontre, en exaltent la beauté, et affrontent leur immensité.

Les deux filles de Pierre ont largement contribué à la réalisation de cette exposition.

                                                                                                             LB -AG