VISITE GUIDEE DU CHATEAU de NANTES et la TRAITE NEGRIERE

Erigé au Moyen Age par le Duc François II et terminé par sa fille Anne de Bretagne, seule femme à avoir été deux fois reine de France, le château livre ses secrets. Puis une exposition « l’Abîme » a révélé le destin de celles et ceux qui furent victimes du système colonial.

C’est par un temps plus que radieux que nous nous sommes retrouvées à NANTES pour découvrir ou redécouvrir cette belle ville     .

Le rendez-vous était fixé dans une crêperie face au château des Ducs de Bretagne. Nos lycéennes de Bretagne Nord y ont été rejointes par les lycéennes de Limoges et de Bordeaux. Très agréable moment de convivialité qui ne sera pas le seul. Nous étions une quinzaine environ.

Ensuite, nous avons visité le château des Ducs de Bretagne, visite très documentée par une jeune guide.

L’histoire commence en 1207, lorsque Guy de Thouars construit le premier château au pied de l’enceinte gallo-romaine de Nantes. Ce dernier avait pour but d’affirmer le pouvoir des Ducs face à celui des évêques de Nantes. Une centaine d’années après, François II trouva que ce château n’était pas à la hauteur d’une ville comme Nantes. Il construit alors un nouvel édifice à double vocation : être résidence ducale et forteresse militaire pour résister au pouvoir royal.

La Duchesse Anne, fille de François II est contrainte d’épouser deux rois successifs : Charles VIII et Louis XII. Ces mariages entraînent l’union en 1532 de la Bretagne à la France, définitivement scellée par l’édit signé au château en 1532 par François 1er. Dès lors, le château perd  son statut de résidence ducale pour devenir une forteresse royale.

Au XIXème siècle, le château conserve sa fonction militaire.

En 1915, il devient la propriété de Nantes.

En 1924, il devient un musée de l’histoire de Nantes, rénové de 1990 à 2007,.

Le grand logis est l’édifice le plus important, de style gothique flamboyant. On y rentre par un escalier à vis, à double révolution. Le premier étage servait à la  gouvernance, l’étage au-dessus était la résidence du Duc.

Cette visite terminée, nous avons continué par la découverte du cœur de la ville de Nantes : la place Royale, la basilique Saint Nicolas, la place Graslin avec son théâtre et la célèbre brasserie « La Cigale » de style Art Nouveau. Elle est l’œuvre d’Emile Libaudière, classée monument historique en 1964, puis le passage Pommeraye, galerie marchande construite en 1840 par les architectes J.B. Buron et Hyppolyte Durand-Graslin.

La soirée s’est terminée dans un restaurant du centre ville où nous avons dégusté le poisson de la Loire « le sandre au beurre blanc » dans une très bonne ambiance.

Le lendemain matin, rendez-vous au pied du Château pour une visite guidée des quartiers de négoce au temps de l’esclavage. Sur le passé négrier de Nantes du XVIII au XIXème siècle.

Visite du quai d’où partaient les navires vers les Antilles et l’Afrique.

Visite des lieux symboliques comme la passerelle Schoelcher et le mémorial est tapissé de 2000 plaques de verre où sont inscrits les noms des bateaux qui ont participé à ce commerce triangulaire.

Nous avons longé les quais et admiré les belles maisons typiques des armateurs. Ces belles et vastes demeures des riches familles d’armateurs sont construites sur un sol sablonneux. Elles sont faites en tuffeau et sont parées de mascarons (visage, masques fantastiques ou grotesques, visage de femme couronné d’épis de blé, Bacchus coiffé de raisins). Elles sont dotées de balcons en fer forgé. Ces résidences illustrent, par leur faste, la dimension du passé commercial de la ville de Nantes.

Nantes à elle seule représentait 40 % du commerce triangulaire en France.

Cette balade s’est terminée sur « l’ile aux machines » où nous avons admiré le grand éléphant de 12 mètres de haut, large de 8 m. Jules Verne avait imaginé un éléphant mécanique au début du XXème siècle (Jules Verne est né à Nantes et y a passé toute sa jeunesse). La Loire, ses îles, le port, les bateaux, l’agitation des quais, tous ces éléments sont la source du  rêve et le creuset de son œuvre.

C’est à nouveau dans un restaurant près du Château que nous avons déjeuné (repas typique nantais). Ensuite nous enchaînons par la visite de l’exposition l’Abime, Nantes dans la traite atlantique et l’esclavage colonial 1707-1830. Visite guidée retrouvant notre guide de la veille, qui nous a fait un exposé clair sur le fonctionnement du commerce triangulaire.

Les esclaves étaient achetés en Afrique et vendus aux Antilles à des propriétaires de plantations. Là-bas, les esclaves doivent travailler dans les champs de canne à sucre, de tabac ou réaliser des tâches domestiques.

Les bateaux partaient de Nantes avec des armes, du sel, des ustensiles, des pacotilles (autrefois : petit lot de marchandises empaquetées qui servaient de troc avec les chefs africains).. Ils étaient ensuite emmenés dans des bateaux pour être vendus dans les colonies. Ils travaillaient dans des plantations de produits exotiques comme le cacao, le coton, le sucre, le café. Avec l’argent de la vente des esclaves, les armateurs achetaient ces produits et les importaient en Europe en faisant des bénéfices considérables.

Les noirs vendus et déportés sont soumis au « code noir » élaboré par Colbert .Schoelcher a lutté pour l’abolition de l’esclavage (1842).

Après un rafraîchissement, nous nous sommes quittées très heureuses de ces belles découvertes. Un bon moment de Culture et de Rencontres.

Christiane ANDRE et Josette SALMON