Visite guidée de l’Eglise Saint Joseph à Roubaix et de l’Eglise Sainte Thérèse à Wattrelos

L’Eglise Saint Joseph. Cet édifice néo-gothique conçu en 1876-1878 par l’architecte J.B Béthune, à l’initiative des industriels du textile de Roubaix, restauré de 2014 à 2020 fait maintenant partie du patrimoine historique. Sa façade stricte, en briques et dans l’alignement des maisons, ne laisse en rien deviner la flamboyance de couleurs que l’on découvre en entrant. Vitraux somptueux épargnés par la guerre et statuaire sint une véritable cathéchèse ; le vitrail Saint Joseph une leçon sur les responsabilités des pères de famille. Sur les murs, reprise en clins d’œil des motifs utilisés sur les tissus.

Une guide bénévole, catéchiste et passionnante nous a appris le cérémonial de la dédicace du nouvel autel : il est lavé en rappel de l’eau du Jourdain. Cinq croix sont gravées dans la pierre d’autel rappellent les cinq plaies du Christ. Ces croix sont jointes avec le Saint Chrême et l’autel est recouvert d’un linge.


L’Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus fut construite en 1927 par l’architecte Charles Bourgeois, sur les fonds propres du curé de la paroisse, l’Abbé Delebart, issu d’une riche famille textile et grâce aux dons des paroissiens. Et ce à la demande des ouvriers nouvellement installés qui souhaitaient un lieu de prière. Elle a été inscrite au patrimoine historique en 2005 .

De style Art Déco elle a été bâtie en pierre reconstituée en aggloméré de ciment. La façade en céramique bleue est assez déconcertante. Le décor conçu autour du thème de la rose, symbole de Sainte Thérèse, est particulièrement homogène ; la rose est partout : mobilier, vitraux, céramiques, mosaïques, voutes, porche, carrelage, fonds baptismaux.

Bien que différentes, ces deux églises l’une néo-gothique, l ‘autre Art déco , ont un point commun : leur construction a été décidée dans un souci de rassemblement communautaire :

  • A Roubaix, dans le quartier de l’Alma pour unir et réunir ouvrier du cru et émigrés. Tous pratiquant la même religion, ce fut relativement facile et le projet généra beaucoup de solidarité dans ce quartier pauvre.
  • A Wattrelos, dans ce nouveau quartier du Laboureur, peuplé d’ouvriers, il fallait aussi un lieu de dévotion et de réunion.

Une des étymologies du mot religion est « religare » : lier, relier. La religion commelien, lien social. Ces deux édifices ont bien rempli leur mission. Mais qu’en est-il de nos églises aujourd’hui ?