Construit au XVI e siècle, à l’emplacement d’une ancienne maison forte, le château est agrandi et réaménagé dans la seconde moitié du XVIII e s. pour devenir la résidence d’été de la famille de Le Doulcet de Pontécoulant qui vit alors à Caen et à Paris. Deux pavillons d’entrée, l’un dit “du jardinier” et l’autre “du garde-chasse” furent alors édifiés pour marquer le seuil de la cour d’honneur. Fermant la perspective, la demeure masquait les jardins où le marquis fit aménager terrasses, murs, allées et bosquets. Ses descendants ne modifièrent plus la propriété qu’il avait dessinée. Comme beaucoup de familles d’aristocrates, ils vivaient au-dessus de leurs moyens, et c’est ainsi qu’au XVI e s. Léon-Armand Doulcet de Pontécoulant se voit obligé de vendre les 2/3 de ses terres ainsi qu’une partie du mobilier, ce qui va permettre de restaurer la propriété et de construire la deuxième partie du château. En 1896, la dernière descendante de la famille légua le domaine au département, avec la volonté d’ouvrir le monument au public. Le musée fut créé en 1908.

Décors, mobilier et objets familiers sont les témoins du mode de vie de cette famille aristocratique telle qu’elle vécut à la fin du XVIII e s. et durant le XIX e s.

La salle à manger, le grand salon, la salle de billard et les chambres présentent des meubles d’origines diverses : mobilier français aux estampilles renommées, mobilier exotique, mobilier régional témoignant à la fois d’un goût certain pour les voyages et d’un réel attachement à cette région.

Ce parc paysager (site classé) composé d’un jardin avec sa pièce d’eau et sa cascade, d’un jardin potager et du parc où sont construits une glacière et un monument, invite à la promenade, offrant de beaux points de vue sur la Druance. Le relief accidenté, les coteaux aux versants boisés, les plateaux occupés par les champs constituent l’écrin paysager de la propriété.

Eric LEFÈVRE nous présente le peintre LÉANDRE (1862-1934) comme le maître des humoristes de son temps, bien sûr, mais aussi un des meilleurs portraitistes de la Belle Epoque et un vrai paysagiste. Inspiré par sa campagne normande, ce Montmartrois d’adoption qui fréquenta sur la Butte tous les peintres de son époque n’est pas insensible à la manière de peindre autrement, osée par certains. Grand coloriste, on peut le qualifier d’ “impressionniste”.

Nous le suivons à la découverte des 300 pièces exposées. Peintures, pastels, dessins, lithographies, affiches, sculptures … illustrent le talent de cet artiste. et parlent avec justesse, tendresse et humour de leur époque. Accueilli à Paris en 1878, par le peintre Émile BIN qui devient son professeur, il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts puis est reçu au concours du professorat de dessin dans les Écoles de la Ville de Paris. En 1900, l’artiste est au sommet de sa carrière : lors de l’Exposition Universelle, il fait partie des cinq artistes lithographes sélectionnés pour réaliser deux compositions et obtient une médaille d’or. Il crée en 1904 la “Société des Peintres Humoristes”. Très attaché à son terroir, le peintre a toujours passé l’été dans sa maison de Champsecret (orne) et a choisi d’y être enterré. Caricaturiste de journaux illustrés, il croqua avec entrain les grands de son époque (la Reine Victoria, Clémenceau, Zola et beaucoup d’autres). Portraitiste talentueux, ses œuvres au pastel font référence.