MATHURIN MEHEUT A L’OMBRE DU HARAS NATIONAL DE LAMBALLE

C’est dans un ancien bâtiment réhabilité du Haras national que le nouveau musée Mathurin Méheut a été aménagé pour mettre en valeur toutes les facettes de notre célébrité locale. La journée du 30 juin s’est donc déroulée autour de ces deux équipements implantés en plein cœur de ville.

Le musée Mathurin Méheut a abandonné la Maison du Bourreau, une belle Maison à pans de bois, pour s’étendre désormais dans un écrin moderne et fonctionnel car les collections s’étant enrichies et l’artiste ayant gagné en notoriété, les précédents espaces s’avéraient trop exigus ! Après une entrée où la biographie de l’artiste est déroulée, nous suivons un parcours qui propose aux visiteurs de découvrir son œuvre autour de trois grandes thématiques : la nature, la quotidien et l’ailleurs.

À la fois peintre, dessinateur, illustrateur, céramiste et décorateur, Mathurin Méheut (1882-1958) utilisa durant sa carrière des supports et techniques artistiques d’une très grande diversité. Doué d’un grand sens de l’observation et d’une curiosité sans limite, l’artiste est emblématique de la Bretagne, à laquelle il a consacré une œuvre documentaire prolifique, composée de paysages et de scènes de vie. Mais son œuvre reflète aussi ses multiples voyages, en France et à l’étranger.

Ravies de cette déambulation dans ce musée, nous avons fait une sympathique pause déjeuner avant de repartir dans les locaux du Haras National pour découvrir un imposant patrimoine bâti entouré de verdure. Depuis 2016 sous la houlette d’un Syndicat mixte ses missions sont triples. La 1ère est d’assurer la traçabilité sanitaire des équidés sur son territoire. La seconde : d’appuyer le développement de la filière équine sur le territoire et la 3ème, et non des moindres, consiste à faire rayonner le patrimoine équestre matériel et immatériel (savoir-faire) hérité des Haras nationaux et du Cadre Noir. De nombreuses voitures hippomobiles en parfait état y sont visibles. Les harnachements indispensables à l’attelage sont présentés dans une magnifique sellerie d’honneur. L’importance de la collection est équivalente à la place que tiennent « le Postier » et « le Trait » bretons dans un Haras à l’origine du cheval d’attelage par excellence.

Ce qu’il faut retenir :

Fils d’un artisan lamballais, Mathurin Méheut manifeste très tôt des dons artistiques et sort à 20 ans, brillamment diplômé de l’école des Beaux Arts de Rennes.

En 1913 il publie un livre sur la faune et la flore de la station de Roscoff qui le fait accéder à la notoriété

Une année plus tard, il part au Japon avec la bourse « Autour du monde » financée par la fondation Albert Kahn. Au Japon, il trouve la confirmation de ses choix iconographiques comme la représentation de l’essentiel avec un minimum de moyens.

Mobilisation générale : il rentre en France comme simple fantassin puis en 1917 il devient attaché au service topographique de l’état-major de la 1re armée comme lieutenant. Peintre combattant sur le front d’Artois et en Argonne, il dessine la vie quotidienne de ses pairs.

Démobilisé en 1919, il prépare pendant deux ans sa 2ème exposition au musée des Arts décoratifs à Paris où se mêlent ses anciennes tendances et d’autres qui annoncent, tant par le graphisme que leur thématique, le Méheut des années trente et quarante. Pendant l’entre-deux-guerres, Méheut est au sommet de sa carrière. Il est connu aussi bien comme décorateur, illustrateur et céramiste.

Dès l’après-guerre, débute une collaboration de plus de trente ans avec les faïenceries Henriot à Quimper, mais aussi avec la Manufacture de Sèvres et Villeroy & Boch. Les grandes compagnies maritimes confient à Méheut la décoration de leur plus beaux paquebots, ambassadeurs de tout un art de vivre. Et enfin, les éditeurs continuent à faire appel à lui comme révélateur de la Bretagne à Paris.

Il a aussi l’occasion d’enseigner dans plusieurs écoles prestigieuses : l’école Boulle et l’école Estienne. Après une interruption de quelques années pour se consacrer à sa carrière, il a de nouveau l’occasion d’enseigner, pendant la seconde guerre mondiale, de 1941 à 1943, cette fois à Rennes, à l’école des Beaux-Arts où il fut élève. De ces dernières années d’enseignement, un élève marqué par son professeur fera une carrière internationale dans le cinéma d’animation : Frédéric Back.

Ravies de cette déambulation dans ce musée, nous avons fait une sympathique pause déjeuner avant de repartir dans les locaux du Haras National pour découvrir un imposant patrimoine bâti entouré de verdure. Depuis 2016 sous la houlette d’un Syndicat mixte ses missions sont triples. La 1ère est d’assurer la traçabilité sanitaire des équidés sur son territoire. La seconde : d’appuyer le développement de la filière équine sur le territoire et la 3ème, et non des moindres, consiste à faire rayonner le patrimoine équestre matériel et immatériel (savoir-faire) hérité des Haras nationaux et du Cadre Noir. De nombreuses voitures hippomobiles en parfait état y sont visibles. Les harnachements indispensables à l’attelage sont présentés dans une magnifique sellerie d’honneur. L’importance de la collection est équivalente à la place que tiennent « le Postier » et « le Trait » bretons dans un Haras à l’origine du cheval d’attelage par excellence.

  • Ce qu’il faut retenir :
  • 1665 : Colbert crée une administration des haras pour limiter l’importation de chevaux de guerre avec dépôts d’étalons
  • 1806 :Napoléon rétabli par décret impérial les Haras qui avaient été dissous par l’assemblée constituante en1790.
  • 1825 : création du Haras de Lamballe et d’une école d’officiers
  • 1870 : après la défaite de la guerre de Prusse, Lamballe est choisie pour reconstruire le cheptel national.
  • 1903-1907 : l’agencement du Haras a suivi le développement de l’élevage équin en Bretagne.12 écuries vont être construites sur le site pouvant accueillir au total environ 400 étalons! 
  • 2006 : création du Syndicat Mixte du Haras national de Lamballe composé des 4 collectivités
  • 2014 : dernière saison de reproduction pour l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation) qui gérait l’élevage, les étalons nationaux et la filière sport depuis 2010.
  • 2015 : Création du Groupement d’Intérêt Public Cheval Breton pour préserver la race. Le GIP Cheval Breton exerce les missions d’étalonnage et de testage, la diffusion de la semence, et les constats de gestation pour la race bretonne.
  • 2016 : Rachat du Haras national de Lamballe par le Syndicat Mixte. Ce dernier est gestionnaire et propriétaire des lieux

Marie-France Delahaye