FESTIVAL PHOTO A LA GACILLY

L’édition 2022 du Festival photo de la Gacilly a mis en lumière des artistes d’Afganistan, d’Iran et du Pakistan. Foyer d’une civilisation millénaire et d’une créativité artistique, cette région du monde abrite des auteurs courageux d’un modernisme déroutant ayant choisi pour arme la photographie. Passage en revue.

FATIMA HOSSAINI

Quand les Talibans entrent à Kaboul, ils rétablissent la loi islamique et les premières victimes sont les femmes qui doivent à nouveau s’effacer derrière leur burqa et dont les libertés fondamentales sont bafouées. Les femmes qu’elle célèbre derrière l ‘objectif sont à son image, elles sont belles, font preuve de courage , de dignité au cœur des pires épreuves. C’est le pari de cette exposition qui montre les multiples visages de cette beauté des différentes ethnies d’Afganistan. Patchtounes, Tadjiks , Hazaras , Ouzebeks ….Vêtues de leurs costumes traditionnels, enveloppées dans leurs soieries. De leurs traits, de leurs regards et de leur maintien jailli ce qui en elle incarne autant la féminité que l’espoir. Ici se conjugue la beauté et la paix et la paix est toujours belle.

SARAH CARON

Le 27 décembre 2007, Benazir BHUTTO est assassinée. Sarah Caron se trouve au cœur de l’une des périodes les plus tumultueuses de cette république islamique . Ses objectifs se posent là où son instinct de journaliste la guide. Elle présente ici des variations de ce Pakistan qu’elle a traversé d’est en ouest et du nord au sud de ces mégapoles vibrantes et fourmillantes jusqu’aux contreforts désertiques de l’Hindu Kush.

PAUL ALMASY

Photographe francais , il a eu la chance de visiter l’Afganistan au temps du règne du roi MOHAMMED ZAHER SHAH (1933 – 1973 ). Ce roi encourage la scolarisation et l’émancipation des femmes et fit adopter une constitution inspirée de la V° République. Sous son règne on cherche à s’ouvrir sur l’extérieur. Dans les années 1960, il découvre le Pakistan et rapporte des images qui aujourd’hui nous semblent irréelles, comme la photo d’une classe où une petite fille dévoilée est assise sur le même banc d’école près d’un petit garçon. Une scène bien éloignée des écoles coraniques. Les talibans ont rétabli les lois strictes de la charia qui renvoient la condition de la femme cent ans en arrière.

SHAH MARAI ET WAKIL KOHSAR

Shah Marai meurt en 2018 lors d’un attentat à Kaboul. Ses images sont pleine d’empathie pour son peuple, elles montrent le quotidien tranquille d’une population résiliente qui, malgré son éreintante histoire, parvient à vivre et à survivre au milieu de ce conflit. Wakil Kohsar a pris la relève de son ami et confrère et nous montre ici les photos de l’aéroport et des avions auxquels s’accrochent des silhouettes désespérées. Il montre également la tension des militaires américains.

ABBAS

Homme de peu de mots mais 1001 images . Célèbre pour son regard sur la révolution iranienne.

Il s’impose comme un perfectionniste de la lumière, capable de réunir à la fois la rigueur journalistique, l’excellence visuelle ainsi qu’une profonde et humaine intégrité morale. Il a mené une vaste enquête sur les religions et plus particulièrement sur les relations complexes qu’entretiennent les hommes avec leurs dieux.

Citons également VERONIQUE de VIGUERIE et GABRIELE CECCONI

Autre engagement du Festival photo: la préservation de la planète et la biodiversité.

Nous avons continué notre exposition par le LABYRINTHE VEGETAL

MELANIE WENGE nous emmène au cœur des iles australes : Kerguelen , Crozet, Saint Paul et Amsterdam . Elle a embarqué sur le bateau ravitailleur des iles australes le « Marion Dufresne : photos sur les éléphants de mer, les manchots , les otaries

BERNARD DESCHAMP. Photographe de la nature et des paysages il précise « j’appuie sur l’objectif quand je trouve : ça beau ». Son but c’est de provoquer l’émotion chez celui qui regarde ses photos.

Très belle journée hors du temps dans un cadre magnifique !

Christiane André