DU STREET-ART… AU MUSÉE DE LA MARINE À BREST

Deux univers totalement différent pour cette sortie qui nous a permis de découvrir les œuvres de Ernest Pignon-Ernest avant de nous plonger dans l’histoire de la marine à Brest, de la vapeur au nucléaire.

La matinée commence à la Fondation Edouard Leclerc à Landernau pour une exposition consacrée à Ernest Pigon-Ernest, né en 1942, considéré comme le un précurseur du street art en France.

Ses dessins, réalisés au fusain ou à la pierre noire, sont reproduits en sérigraphies, imprimés sur du papier journal, puis collés sur les murs des villes à des endroits et à des moments précis.

Ces figures humaines semblent naître des murs eux-mêmes, évoquant l’histoire passée des lieux.

Ces images, forcément éphémères, vouées à disparaître avec le temps, exaltent la mémoire enfouie, les événements ou les mythes.

L’artiste, alerté par l’état du monde, profondément engagé, nous entraine dans l’émotion parfois violente qu’il ressent. Par exemple :

  • Ecce homo et Yoyo: l’artiste réinscrit par l’image le souvenir des prisonniers à Lyon, incarcérés, torturés, exécutés
  • Souvenir de la semaine sanglante de la Commune.
  • Rimbaud: la multiplicité des collages permettait d’évoquer un Rimbaud différent, pluriel, éphémère, errant (en position de fugue, habillé de façon actuelle, imaginé âgé).
  • Naples: lors de sa quête religieuse Ernest Pignon-Ernest effectue un parcours autour de la mort avec étude des cultes païens et chrétiens et autour des femmes (Médusa, Sainte Véronique)
  • Les cabines téléphoniques: théâtres de drames du quotidien.
  • La mort de Pasolini: pietà où Pasolini porte son propre cadavre.
  • Pablo Neruda: sérigraphies effectuées au Chili, collées dans les rues malgré le danger.
  • La grande toile sur Victor Ségalen(1878- 1919): médecin de la marine, sinologue, archéologue et poète, écrivain du mystère.

Après un déjeuner (se concluant par la dégustation de délicieux cèpes sucrés) pris face à la marina de Brest, direction le Musée de la Marine.

Introduction avec l’histoire du château: Castellum romain, son origine remonterait au III°siècle après.J.-C. Équipé de murs, tours avec toits et donjon, il abritait au XIII°siècle les habitants du village et est vendu au duc de Bretagne en 1235, puis aux Anglais en 1350. Occupé successivement par les Bretons, les Anglais et les Français, il est l’objet d’importants travaux. Jean V puis François II le dotent de deux grosses tours, d’un pont-levis et d’artillerie. En 1505, la reine Anne de Bretagne séjourne dans le château. A la fin du XVI°siècle, les Protestants et les Espagnols attaquent Brest, sans succès. En 1631, le cardinal de Richelieu décide d’installer un arsenal à Brest. Vauban intervient entre 1683 et 1695; il effectue des travaux dans la rade et une terrasse sur le donjon pour y aménager les canons. Pendant la révolution française, le château sert de prison et la tour  Paradis ainsi nommée parce située devant la guillotine. Le château est classé Monument Historique au XIX°siècle. Pendant la 2° guerre mondiale, le château est occupé par les Allemands et sert de prison pour les Résistants. De nombreux tunnels ont été construits.

Profitant du beau temps, nous admirons la vue sur la rivière avec le pont levant de Recouvrance et le nouveau téléphérique qui relie les Ateliers des Capucins à la rue de Siam. Puis, de l’autre côté du Château, la rade de Brest avec l’arrivée d’un sous-marin !

Nous pénétrons ensuite dans la tour Paradis. Un tableau nous rappelle la visite de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie à Brest à bord du Canot de l’Empereur. Puis, nous découvrons le premier pont tournant de Recouvrance(1861). Pour, ensuite, comparer les différents navires construits à Brest à cette époque. En particulier, le Laperouse, navire mixte, qui associait la voile et la vapeur, suite à l’invention de la vapeur, de la protection de coque par cuivre doublé d’acier et de l’hélice. Les grues de chantier naval ont été hydrauliques puis électriques. Pendant la 1°guerre mondiale, Brest a joué un rôle important en accueillant un grand nombre d’Américains et de marchandises, événement commémoré par l’édification de la colonne Dajot.

C’est lors de la Libération, à la fin de la II° guerre mondiale, que la ville de Brest a été bombardée par les Américains. Miraculeusement, le Château a été épargné. 40 000 otages allemands ont été pris. Pour reloger en urgence la population, des baraquements ont été construits dans la ville , sur les gravats, rehaussant ainsi le niveau du sol. Puis, nous avons détaillé des pièces de la « Jeanne »(1931-1964), bateau mythique. C’était un porte hélicoptère qui servait de bateau école. Partant pour des voyages de 7 mois, il a fait 79 fois le tour de la terre et a participé à de nombreuses actions d’aide humanitaire. Enfin, se présentent des maquettes de sous-marins nucléaires, avec ou sans missiles. Actuellement au nombre de 4, ils sont basés à l’île Grande de l’autre côté de la rade de Brest.

Dominique Brillant