En ce jeudi 19 mai nous étions enfin réunis pour écouter cette Conférence de Véronique Mattéoli, deux fois annulée en 2021 en raison du Covid. Nous connaissons tous Véronique grâce à notre Lyceum National où elle joua des rôles importants entre autres comme Présidente.

Si Véronique n’est pas née avec de jolis chaussons Repetto noués à ses chevilles, elle fut immergée dans la danse dès sa naissance grâce à ses parents : sa mère, Françoise Adret, artiste chorégraphe de 1950 à 2000, professeur, directrice de compagnie, inspectrice de la Danse au MAC fit rayonner la danse dans le monde entier. Et son père, François Guillot de Rode, professeur de philosophie, journaliste, écrivain, diplomate qui, entre autres récits, écrivit sur la danse.

Depuis toujours, quelles que soient les civilisations, la danse, aussi bien sacrée que profane, a valeur de rituel. Par la danse, l’homme s’exprime dans l’espace et le temps.

A la fin du 19ème siècle au courant romantique succède l’école académique avec Marius Petipa qui compose des ballets qui font partie du répertoire classique (Le Lac des cygnes », « La Belle au bois dormant », « Casse-noisette » … Inventeur du tutu, il imposera une danse virtuose et formelle, proche de la féérie pure.

Le XXème siècle va être un siècle de nouveautés avec l’évolution du ballet

classique, la naissance de la danse moderne et de la danse contemporaine.

Ce sont d’abord les Ballets russes de Serge de Diaghilev qui vont faire découvrir au public de nouvelles esthétiques : chorégraphiques, musicales, théâtrales. Issu du ballet impérial de Saint Pétersbourg, Diaghilev favorisera l’essor de talents originaux, notamment Nijinski qui sera à l’origine de deux des scandales les plus retentissants liés aux Ballets russes, avec ses chorégraphies de L’Après-midi d’un faune (1912) et Le Sacre duprintemps (1913). La compagnie des Ballets Russes – qui disparaitra en 1939 – créera une soixantaine d’œuvres où la tradition côtoie les plus audacieuses

innovations.

Serge Lifar et Tamara Toumanouva, 1930

Dernier des prestigieux danseurs formés par Diaghilev, Serge Lifar (né à Kiev en 1905- 1986) sera une figure emblématique du ballet classique du 20ème siècle. Il imposera le style néo-classique à l’Opéra de Paris où il sera nommé maître de ballet de 1930 à 1944 et de 1947 à 1958. Il s’employa à restaurer le niveau technique du Balles pour en faire, depuis les années 1930 et jusqu’à aujourd’hui, l’un des meilleurs du monde.

Durant sa conférence, Véronique évoqua également la personnalité de Maurice Béjart (1927- 2007) fondateur et directeur de la compagnie Ballet du xxe siècle créée en 1960 à Bruxelles. Il est considéré comme l’un des principaux et des plus novateurs chorégraphes de danse moderne qu’il a contribué à promouvoir en France et en Belgique dans les années 1970, notamment grâce aux générations de chorégraphes formées à l’École Mudra.

Véronique a fait danser bien d’autres noms sous nos yeux : le Marquis de Cuevas, Rudolf Noureev, Roland Petit, Zizi Jeanmaire, Pina Bausch, Merce Cunningham…. Un grand moment !

Louise Brabant