Accompagnée de Madame Ghislaine Baudry, adjointe au Maire du petit bourg de Crépon (moins de 250 ha), Mademoiselle Poisson, qui fut elle-même Maire de ce village, nous fait découvrir les très nombreuses “fermes-manoirs” de cette exceptionnelle commune du Bessin. En effet, de grandes et riches familles de fermiers-généraux collecteurs d’impôts vinrent s’installer dans cette région particulièrement importante en échanges commerciaux et y firent construire, aux XVe, XVIe et XVIIe s., des habitations fortifiées typiques avec leurs murs d’enceinte, leurs porches à double entrée, leurs cours carrées fermées, leurs tours et échauguettes (signe de baronnie), leurs colombiers et leurs bâtiments agricoles.

Nous avons ainsi pu admirer l’ancienne ferme de la “Rançonnière” (actuellement transformée en hôtel-restaurant) qui appartenait à la famille Duchatel. Dans l’ancienne tour figurent encore des armoiries (2 léopards surmontés d’un casque) et des fresques avec décors géométriques et scènes de chasse.

C’est ensuite le “Clos Mondeville” (du XVIe) restauré il y a 15 ans, avec sa tour d’escalier, son échauguette et ses lucarnes rajoutées au XVIIIe. Cette ferme est essentiellement productrice de céréales (betteraves, colza, lin et féveroles) exportées principalement en Egypte. Nous observons, en face une autre ferme dont il reste un porche ancien (les entrées ont été occultées) et les murs d’enceinte qui servaient à la protéger.

Vient ensuite une grande ferme appelée “Le Logis”, qui appartint à une filleule de Louis XIII, et qui est actuellement la propriété de la ferme de la Rançonnière. Là aussi nous retrouvons une cour carrée fermée, des fenêtres à meneaux et, surtout, un escalier intérieur classé, très large, en pierres, et sans rampe.

C’est, après, la “ferme du Colombier”, qui appartient à la famille Guesdon depuis 5 générations (elle fut auparavant la propriété de la famille Arcisse de Caumont). Ici on produit lait et céréales.

Viennent ensuite la ferme-manoir de “Mathan” (XVIIIe s.), également rachetée par la “Rançonnière”, puis le “manoir de Crépon”, propriété de notre conférencière. Ce dernier a appartenu au Marquis de Saint-Sulpice, puis à la famille Leblais. Un crépis, dit “au sang de bœuf”, deux ailes avec deux “œils de bœuf” de chaque côté du bâtiment principal, un labyrinthe dans le parc et une belle harmonie de l’ensemble bien proportionné, donnent beaucoup de charme à ce lieu.
Sur notre parcours, nous nous arrêtons devant le monument commémoratif de la dernière guerre, inauguré par le Roi de Norvège, érigé grâce à un mécène anglais et dédicacé à l’adjudant Stanley Hollis (des Green Howards) pour son courage.

Nous terminons par la visite de l’église de Crépon, dédiée à Saint Gildard et Saint Médard : chœur en boiseries du XVIIIe (comme à l’Abbaye de Juaye-Mondaye) autel double à la romaine, jubé (déplacé dans la chapelle de gauche), chaire qui provient de la cathédrale de Coutances, Elévation de croix (copie d’un tableau de Lebrun) etc.
Avant de retrouver la “Rançonnière”, une ultime pause sur notre trajet devant la “ferme de la Baronnie”, typique avec sa cour carrée et dont l’une des dépendances servit de salle de spectacles pour les soldats pendant la guerre. L’ancienne “Grange aux dîmes” cache les silos à grains …

Ce circuit très complet des belles fermes-manoirs succéda à la visite du matin d’une fabrique de parapluies. En ½ heure on nous montra comment les réaliser, depuis la découpe du tissu (à partir de gabarits) jusqu’à la pose du manche. Un large éventail de tissus multicolores, classiques ou plus modernes, des formes et des tailles variées, nous permirent de choisir (et acheter) le parapluie de nos rêves (en espérant ne pas le perdre !) M-F. J.