Comme d’habitude, en parfait connaisseur de l’histoire de la ville de Caen, François Saint-James, notre guide, a passionné son auditoire de lycéennes devenues fidèles à ses visites. Grâce à lui, notre regard se précise et nous apprenons à décoder les éléments architecturaux qui se superposent, s’imbriquent, se recouvrent et permettent de comprendre les origines et l’évolution des constructions au cours des siècles.

Dans le quartier de la rue Ecuyère quelques maisons portent encore des traces du XVI e s. par exemple celle construite en 1582 qui était supposée être celle de l’écrivain Malherbe (mais on sait maintenant qu’il n’est pas né là) et où il a résidé avec sa famille (blasons sur la façade, lucarnes, fenêtres du XVI e , etc..)Au début de la rue Vauquelin une autre maison construite en 1593 porte un décor en “bossage” typique.En quittant la place Malherbe, où se trouvait autrefois une croix devant laquelle les prisonniers faisaient “amende honorable” avant de remonter la rue “Monte-à-regret” jusqu’à la place du Pilori, nous remontons la rue Ecuyère où nous repérons, à côté de la Maison de Malherbe, une demeure avec un toit XVIII e “à la Mansart”, des ouvertures standardisées surmontées de linteaux “délardés”.

Au N° 4, une ancienne maison à façade très étroite : elle avait, autrefois, le pignon sur la rue et cette orientation des maisons fut interdite à la fin du XVI e.

Au N° 10 : tête d’oie sur une lucarne.
Au N° 12 : décor avec tête de lion.
Au N° 14 bis : fenêtre en biais révélant le fléchissement de toute la façade.
Dans la cour du N° 14, des “corbeaux” en relief dans l’entrée, révèlent qu’il y avait là une vaste cheminée. Le couloir mène à une maison du XVI e , modifiée au XVII e (fenêtres et “demi-fenêtres”) puis au XVIII e (double perron Louis XVI..)

Notre guide s’amuse à nous faire remarquer les moindres détails (par exemple, les occuli et les gouttières indiquant la présence des éviers).
Plus loin, ce sont trois maisons restaurées au XVIII e s. avec pilastre et balustrades sculptés, un immeuble Louis XV (arcs segmentaires) rehaussé au XIX e (corniches rondes).

Au N° 28, une maison du XVII e avec fenêtres à fronton renversé. A côté, une maison avec fenêtres et “demi-fenêtre”) deux occuli et traces d’anciennes gouttières.

Chaque maison est ainsi située dans son époque et son histoire. Nous nous attardons devant l’Hôtel des Ecuyers, construit en 1480 et commandité par Gérard Bureau, vicomte de Caen. Il porte un beau portail surmonté d’une fenêtre avec accolade, et une tourelle d’escalier (avec un colombier à son sommet) qui mène au logis de la famille Bureau. On a ajouté, au XVIII e , une dernière partie qui recouvre l’Odon.

Nous terminerons notre promenade par l’ancienne rue Ecuyère, qui menait à l’église St Etienne et au cimetière. Ce dernier, maintenant désaffecté, était le plus grand de Caen, au Moyen Age.

Depuis la maison de Maître Juhel, ouverte pour nous avec beaucoup de gentillesse par sa propriétaire très âgée, nous admirons la cour intérieure, avec la vue unique sur l’église et le cimetière, sans oublier, au retour, un clin d’œil amusé sur la “Venelle des Demoiselles” qui n’étaient pas spécialement vertueuses …

La visite de la rue Arcisse de Caumont se fera lors d’une prochaine visite … (notre guide ayant été très bavard !!) MF.J