Visite guidée par Sophie Bommard

En partenariat avec le musée du Prado, le Louvre réunit à l’occasion d’une exposition historique les oeuvres réalisées par Raphaël à Rome durant les sept dernières années de sa vie.

Autour de chefs-d’oeuvre encore jamais présentés en France, une centaine de peintures, de dessins et de tapisseries retracent le parcours artistique du maître et de ses deux principaux élèves, de 1513, début du pontificat de Léon X, à 1524, quand Giulio Romano part pour Mantoue.

Cette période du plein épanouissement stylistique de Raphaël constitue le sommet de la Renaissance italienne. Créateur de décors éblouissants, il est également un exceptionnel inventeur de compositions dans sa peinture de chevalet. Les grands tableaux d’autels et les Saintes Familles destinées à la dévotion privée témoignent de sa volonté d’atteindre une force narrative nouvelle. Les portraits soulignent la profonde sensibilité de l’artiste à la psychologie de ses modèles et son talent pour la représenter, comme dans l’autoportrait avec Giulio Romano et la Velata.

Mais Raphaël n’est pas un génie solitaire. Un atelier de près de cinquante personnes travaille “en harmonie” sous sa direction et à ses côtés pour la réalisation des commandes qui lui sont passées. Il met en place un système collaboratif qui servira de modèle aux grands ateliers du XVIIe siècle.

Ses collaborateurs de confiance, Giulio Romano et Gianfrancesco Penni poursuivent aussi une activité indépendante dans son atelier. La confrontation inédite des tableaux du maître et de ceux de ses élèves éclaire enfin le fonctionnement de l’atelier du génie d’Urbino.

Sophie Bommard nous soulignera les différences entre le Maître et ses élèves, l’apport et le style de chacun, et nous fera déceler leurs contributions et leur évolution après la disparition de Raphaël, mort à 37 ans, d’épuisement…
Concernant Giulio Romano, qui fait preuve de plus de personnalité, il est à noter qu’il apporte progressivement des aspects de sa propre esthétique dans l’œuvre de Raphaël et deviendra par la suite un grand artiste, influent et inventif, après la dispersion de l’atelier à Rome et son départ pour Mantoue, en 1524.

Il manquait le superbe tableau de Balthazar de C parti pour Lens mais nous l’avions toutes “en tête”.