L’Université de Grenoble, la 6ème sur le territoire français, doit sa naissance, en 1339, à Humbert II, grâce à une bulle papale, et au fait que la ville est un carrefour important ! Nous savons seulement de cette 1ère université le nom de son doyen, puisque c’est l’évêque de Grenoble.
Las, en 1452, le roi la transfère à Valence. Elle rouvrira, peu de temps, entre 1542 et 1565.
Il faudra attendre Napoléon, qui jumèle universités et cours d’appel. A Grenoble les sciences et les lettres, à Valence et Lyon le droit. Grâce à Joseph Fourier, préfet de l’Isère, il y aura des centaines d’étudiants quelques années plus tard, et l’université devra déménager à plusieurs reprises. Parmi ses professeurs les plus célèbres 🙂 Berriat de St Prix (droit) Jean François (histoire) et jacques joseph Champollion (lettres classiques)
En 1880, elle ouvre aux filles, dans toutes les disciplines, mais il faudra attendre 1956 pour voir la 1ère femme professeur !
Le nouvel hôpital est construit en 1913, les facultés de médecine et de pharmacie déménagent à côté, les autres ne cessent d’en faire autant chaque fois que la place manque.
Grenoble aura le 1er syndicat d’étudiants, dont le blason arborera la devise d’Oxford, « La vérité nous libèrera », en-dessous des dauphins et des 3 roses !
Ainsi que le 1er institut de phonétique en France (Théodore Rosset), celui de géologie alpine (Wilfrid Killian), de glaciologie (Louis Leiboutry, compagnon de Lionel Terray et de Paul-Emile Victor). Raoul Blanchard, bien qu’auteur d’une thèse sur le plat pays des Flandres, fonde l’institut de géographie, et va révolutionner l’approche de cette discipline, en étudiant les eaux, la faune et la flore, ainsi que l’impact de l’activité humaine !
Marcel Reymond, historien de l’art, veut accueillir des étudiants étrangers, en allant démarcher les universités. En 2021, sur 67 000 étudiants, 7 000 étaient étrangers !
Cécile de Witte-Morette, physicienne, a l’idée d’une université d’été, comme il en existe aux Etats-Unis, juste pour l’émulation intellectuelle que cela permet ; elle crée l’école des Houches, un des pensionnaires en sera un certain Stephen Hawking. Inscrivez-vous vite, il y a une liste d’attente de 4 ans !
L’université possède aussi des laboratoires uniques : le « Jardin alpin » déménagera, avec ses équipements, de Chamrousse au Lautaret.
Ainsi que le 1er institut de santé pour les étudiants, installé sur le plateau des Petites Roches ; le funiculaire a servi à sa construction. Les professeurs montent dispenser leurs cours là-haut.
Certains laboratoires dépendent de l’université de Grenoble : à Modane, un tunnel a été creusé à une profondeur de 1700 m, pour éviter les rayons cosmiques et ainsi étudier la matière noire.
Au XIXème siècle, de nombreuses inventions vont faire exploser le développement de Grenoble : le ciment, l’hydroélectricité, le bouton-pression,… En 1925 a lieu l’Exposition Universelle de la Houille blanche et du Tourisme.
Après la guerre, les industriels injectent des fonds dans l’université. Louis Néel et Louis Weill poussent à son déménagement, en 1961, à St Martin d’Hères, dans un grand campus à l’américaine.
Dans la presqu’île scientifique s’installe le CENG, puis l’ILL, et le Synchrotron, qui aurait dû être à Strasbourg !
En 2016, l’UGA (Université Grenoble Rhône-Alpes) résulte de la fusion de toutes les facultés, pour plus de simplicité, plus de moyens, et cela lui permet de grimper dans les classements internationaux.
P.M 23/11/2021