Femmes-peintres en France aux XVIIIe et XIXe siècles par Danièle Kriser

« Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées », écrivit Elisabeth Vigée-Lebrun dans ses Souvenirs.

Privées de carrière artistiques, l’Ecole des Beaux-Arts leur étant fermée et les commandes officielles rares dans un monde où règne la misogynie, les femmes artistes semblent devoir toujours dépendre d’un père, d’un frère, parfois d’un maître et se cantonner à des sujets considérés comme secondaires (portrait, paysage, nature morte) le modèle nu, base de l’enseignement artistique, leur restant interdit jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Cependant quelques figures exceptionnelles émergent dès le XVIIe siècle, peu connues (Artemisia Gentileschi, Elisabeth Chéron), parfois faussement mises en avant dans une histoire de l’art écrite par des hommes (Elisabeth Vigée-Lebrun, Adélaïde Labille-Guiard, Marie-Guillemine Benoist, Anne Vallayer-Coster), et finalement mal connues (Mary Cassatt, Berthe Morisot, Rosa Bonheur).

Les récentes études font (ré)apparaître un grand nombre de « peintresses » comme on disait au XVIIIe siècle, qui connurent en leur temps succès et renommée, et bâtirent un fief artistique beaucoup plus féminisé (Geneviève Brossard de Beaulieu, Marie-Nicole Vestier, Nisa Villers, Louise-Joséphine Sarrazin de Belmont…)

Ce sont ces femmes souvent militantes, toujours très talentueuses, auprès de qui nous découvrirons ce combat pour la reconnaissance de leur œuvre.

Ce sujet des « femmes artistes », très à la mode en ce moment dans un discours sur la parité ou le genre, nous parait surtout être l’occasion de remettre en valeur l’excellence de certaines artistes injustement oubliées.