Ce film de l’Iranien Asghar Farhadi touche avec grâce aux thèmes de la vieillesse, de l’amour, de la religion et de l’exil. L’intrigue : Simin veut divorcer de Nader. Elle retourne vivre chez sa mère. Simin partie, Nader doit trouver une personne pour s’occuper de son père atteint d’Alzheimer. Il engage Razieh une femme pauvre et très pieuse pour veiller sur lui pendant qu’il travaille.
Si Une séparation soulève l’enthousiasme, de Berlin à Téhéran en passant par Paris, ce n’est sans doute pas seulement pour les seuls talents de réalisateur, scénariste et producteur d’Asghar Farhadi. Sans doute aussi pour le côté universel des conflits intimes et intérieurs auxquels sont confrontés ses protagonistes et auxquels peut s’identifier tout être humain. En prime, l’action se déroule en Iran et permet de se plonger dans la complexité de cette société. Nul magazine d’information pourrait pénétrer aussi intimement dans les appartements privés, les salles des commissariats de police ou dans les tribunaux locaux. Asghar Farhadi, lui, le fait avec une telle méticulosité qu’ Une Séparation possède une dimension documentaire indéniable. Pour le volet judiciaire de son film, il affirme avoir mené un travail très important de recherche auprès de juges, de tribunaux et avoir consulté de nombreux conseillers juridiques pendant la phase d’écriture de son scénario rendant le film, selon lui, très proche de la réalité actuelle.

“Nous avons vu, hier soir, un grand film, impressionnant de maitrise et d’intelligence, magistralement interprété, qui tient en haleine
jusqu’au bout.
Un film tendu, intense, traitant de sujets universels : le désamour, la lâcheté, le mensonge ordinaire, l’absence de communication,
une certaine forme de lutte des classes, le désarroi d’une enfant écartelée entre ses parents et le poids de la religion qui rajoute à
l’intensité dramatique.
Un grand moment de cinéma.
Mais certes pas un grand moment de détente : je leur ai promis pour la prochaine fois quelque chose de “léger”.

Marie Christine