Notre conférencier, Jean-François WANTZ, grand amateur de céramiques chinoises anciennes et érudit en la matière, nous a apporté quelques exemplaires de sa collection afin que nous puissions mieux comprendre l’évolution des techniques, formes et couleurs, de cette céramique qui réunit, sous le même générique, grès et porcelaines.

Dès le néolithique (6000 à 7000 ans av. JC) les Chinois maîtrisaient déjà certaines techniques de poterie (tour, colombins) et fabriquaient du matériel de cuisine pour le stockage des aliments : bols, pots, vases, etc… cuits à 400-500°, à partir de terres limoneuses chargées de fer qui donnaient à ceux-ci un aspect de cuir brun ou marron foncé.

Les progrès techniques dans la conception des fours permettant des températures de 800 à 900°, apparaissent alors les grès, cuits “en réduction” (le moins d’oxygène possible) pour être clairs ou blancs. Sur ceux-ci une deuxième cuisson est nécessaire pour obtenir, avec de la silice pure qui se transforme en émail, une certaine étanchéité.

La porcelaine chinoise apparaît dès le X° s. en Chine, à l’époque de la dynastie des Song. Il existe alors, partout dans le pays, deux sortes de fours :
– les fours domaniaux, produisant exclusivement des porcelaines pour la Cour
– les fours privés, destinés aux gens du peuple, pour un usage courant.
A partir de ce moment-là, la production de porcelaine devient très importante, avec un coût très bas, et elle permet, grâce à ses exportations, de nombreux échanges commerciaux avec l’Occident qui ne maîtrisait pas encore cet art de la céramique.
La Chine influencera alors, entre autres, les faïenceries de Delft qui se mettront à faire des décors de style chinois sur leurs vases et services de vaisselles (marquis avec des yeux bridés !…)
Après la porcelaine à glaçure céladon (la plus ancienne) et la disparition de la dynastie des Song, la porcelaine utilise, à partir du XV e , une argile blanche de la région du NE de la Chine (Jingdezheng) appelée “Gaolink” et qui donnera le nom de “kaolin”.

Cette région est encore, actuellement, la plus importante pour la production de porcelaine chinoise.

Avec la porcelaine à kaolin apparaissent des décors floraux ou animaux d’un bleu de cobalt caractéristique que l’on retrouvera ensuite à Delft ou en Europe Centrale.

Toute cette progression des premières poteries jusqu’à la porcelaine actuelle est très liée à l’évolution sociale et économique de chaque époque, et elle prend une grande importance culturelle en Chine.

En France, la porcelaine de Sèvres, ou de Limoges, est très récente grâce aux filons de kaolin de la région de Saint Yriex (XVIII e ) mais elle est devenue un grand art et le symbole d’un grand raffinement sur nos tables et à l’étranger.