Nous étions 23 lycéennes ce lundi, prêtes à affronter la nature et la météorologie franc-comtoises, cette dernière très incertaine, la suite vous le prouvera.

Notre première visite fut le musée départemental Gustave Courbet, à Ornans (une page spéciale lui est dédiée en annexe).

Ensuite nous sommes allées à l‘atelier de Gustave Courbet, récemment réhabilité et ouvert au public depuis quelques semaines.

Il fit construire cet atelier en 1860 pour y réaliser ses grands formats.

A son décès en 1877 sa soeur Juliette y organisa un musée, puis l‘ensemble resta à l‘abandon, et après 3 ans de travaux le public peut y avoir accès.

Les murs et le plafond sont ornés de fresques peintes par G Courbet lui-même.

Après un repas typiquement franc-comtois, nous avons remonté le cours de la Loue, puis de son affluent le Lison.

Première étape : le sanctuaire Notre-Dame du Chêne. Cette chapelle inaugurée en 1869 a été érigée à l‘emplacement d‘un chêne d‘où des lumières auraient jailli en 1803. Une petite statue de la Vierge était cachée dans une cavité, l‘arbre en grandissant avait masqué cette statue. Ces faits furent authentifiés après enquête (1844). Le chêne lui-même a disparu.

Cette chapelle est un mélange de roman et de gothique, avec un bas-relief racontant l‘apparition de 1803. A l‘intérieur de nombreux ex-votos témoignent de la reconnaissance à la Vierge.

La petite statue est abritée dans une châsse en bois au-dessus du maître-autel.

Une douzaine de chapelains vivent sur place, et des pélerinages y ont lieu régulièrement.

Notre deuxième arrêt, à quelques kilomètres, nous permit d‘admirer le paysage peint par Courbet à de multiples reprises : le miroir de Scey dans un méandre de la Loue, surplombé des ruines du Castel Saint Denis.

Enfin, nous sommes arrivées aux sources du Lison, magnifique site bercé du bruit des cascades.

Une belle journée, ponctuée de quelques averses sans conséquences.

Annexe

MUSEE GUSTAVE COURBET – ORNANS

Cette visite débute notre journée sous le signe de G. Courbet.

Malheureusement, nous apprenons en arrivant qu‘un violent orage abattu la veille sur la commune d‘Ornans a ravagé les vitres du musée, notamment de la partie exposition temporaire, et qui est donc fermée au public (il s‘agissait de „Ceux de la terre, la figure du paysan, de Courbet à Van Gogh“). Dommage, nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur et redécouvrons avec plaisir ce beau musée, accompagnées par nos guides.

Gustave Courbet naît à Ornans dans le Doubs en 1819. Il a 3 soeurs, et son père est un riche propriétaire terrien. Il passe son enfance dans un milieu de chasseurs et de pêcheurs, dans cette nature franc-comtoise qui le marquera pour toute sa vie.

Il étudie les Beaux-Arts à Besançon avec un ancien élève de J.J. David. Il part ensuite à Paris étudier le droit, qu‘il délaisse dès 1840 pour la peinture (ateliers de Charles de Steuben et Nicolas-Auguste Hesse).

Une de ses oeuvres de cette période : le pont de Nahin 1837

En 1841 il découvre la Normandie et ses rivages. Ses débuts au Salon sont difficiles : en 1841, 1842 et 1843 ses oeuvres sont refusées. En 1844, 1845 et 1846 une seule toile est acceptée chaque année, les critiques sont mauvaises. Pendant ces années, il ne vend rien.

Il est „sauvé“ par la révolution de 1848, le Salon accepte plusieurs toiles et la critique le reconnaît.

Il fréquente C Baudelaire et H Berlioz.

Il rentre à Ornans en 1848 et y peint dans son style „réaliste“. Il adopte le grand format (plus de deux mètres) qui fera sa renommée à l‘avenir.

Dans les années 1850, il peint dans son atelier d‘Ornans les paysages dominés par la puissance de la nature, puis le fameux „Enterrement à Ornans“ (315 x 668 cm), où figurent notables et membres de sa famille.

Musée d’Orsay

Ce tableau provoque le scandale au Salon de 1850 (sujet de la vie quotidienne peint dans des dimensions réservées aux scènes religieuses ou mythologiques).

Aucune toile ne se vend cette année-là.

En 1852, il peint des nus, critiqué par Théophile Gauthier („monstrueuses trognes“). Eugène Delacroix le rejette également.

„Les Baigneuses“ 1853 Musée Fabre Montpellier

Enfin à partir de 1854, il pourra vivre de son art grâce à un mécène : Alfred Bruyas, collectionneur.

En 1860, il s‘installe dans son nouvel atelier à Ornans (que l‘on peut visiter depuis début 2022). Les peintures des corniches, et la décoration du plafond (hirondelles) sont de sa main (restaurées).

Il peint la nature franc-comtoise, aidé par un géologue pour les gorges de la Loue et du Lison.

Il réalise également des sculptures : le pêcheur de chavots, bronze, 1862, musée Courbet

Il choque le monde de l‘art avec l‘Origine du monde en 1866 (Musée d‘Orsay).

Il participe à la Commune et est emprisonné en 1871 en raison de la destruction de la colonne Vendôme.

Il revient ensuite à Ornans, et ses toiles sont très demandées, il peint avec l‘aide d‘assistants (Emile Isembert, Jean-Jean Cornu).

Il est condamné à reconstruire la colonne Vendôme à ses frais, ce qui le pousse à la ruine en 1873. Il part en exil en Suisse, où il continue de peindre et sculpter. Il y restera jusqu‘à sa mort en 1877.

         Le veau blanc 1873 Musée Courbet                             Château de Chillon 1874 Musée Courbet

Disparu sans descendance, sa soeur Juliette organise sa succession et transforme l‘atelier en premier musée Courbet.

En 2019 le musée organise une exposition temporaire : Yan Pei-Ming face à Courbet. Un portrait de Courbet par Pei-Ming est toujours en dépôt à Ornans.

                                                                 M Maire    27/06/2022