Ce n’est pas seulement un musée dédié à Jean-François Champollion que nous découvrons, mais en fait une maison familiale :
Celle de son aîné de 12 ans, Jacques-Joseph, qui a épousé une grenobloise, Zoé Berriat ; c’est le père de Zoé qui leur donnera cette propriété. La maison a changé au fil des générations, bien sûr, mais a gardé des éléments de l’époque des frères Champollion, des boiseries, des meubles, des tableaux… et la chambre spartiate de Jean-François, sous les toits…
La dernière propriétaire de cette maison était l’arrière-arrière-arrière-petite nièce de Jean-François !
Les frères Champollion naissent à Figeac, berceau de la famille maternelle, mais les origines de la famille de leur père Jacques sont dauphinoises.
Leur père sera colporteur, puis libraire, et Jacques-Joseph se forme en autodidacte, en lisant dans la librairie paternelle. C’est pour cette raison qu’il prendra le plus grand soin de l’éducation de son jeune frère, dont il a perçu très tôt les dons exceptionnels : à 12 ans, Jean-François maîtrise latin, grec, hébreu, araméen, syriaque, chaldéen,…
Il devient professeur d’histoire à l’université à 19 ans, Jacques-Joseph y enseigne la littérature grecque. Notre guide, Vincent, nous fait découvrir le foisonnement de la vie intellectuelle grenobloise à cette époque. Les deux frères seront très proches toute leur vie, même éloignés : Aimé, un fils de Jacques-Joseph, classera leur correspondance en 60 volumes ! L’expédition d’Egypte, à l’initiative de Bonaparte, entre 1798 et 1801, comprend 167 savants ! A sa demande, ils rédigent une « Description de l’Egypte », en 19 volumes. La grande découverte » : la Pierre de Rosette avait été découverte en 1799 ; elle comprend une partie en grec, en bas, une en hiéroglyphes, en haut, et, entre les deux, en démotique, c’est-à-dire des hiéroglyphes « simplifiés». Le 14 septembre 1822, Jean-François a le déclic, il présente sa découverte le 27, et publie en 1824 son précis du système hiéroglyphique.
Le Louvre a prêté 80 objets au musée de Vif ; une 1ère collection Drovetti avait été vendue au roi de Piémont-Sardaigne, et est visible à Turin. Mais Jean-François, soutenu par son protecteur, le duc de Blacas, convaincra le consul d’Angleterre de vendre sa collection à Charles X, puis Drovetti de céder sa 2ème collection ! Fin 1826, le Louvre possède plus de 3000 objets égyptiens .
Jean-François devient le 1er conservateur du futur département des Antiquités Egyptiennes, qu’il aménage d’une façon très novatrice, par thèmes, et non chronologiquement. Il participe, de 1828 à 1829, à une nouvelle expédition franco-toscane, mais s’éteint en 1831.
C’est donc Jacques-Joseph qui choisira comme cadeau du pacha Mehmet à la France l’obélisque de la place de la Concorde, en 1836, et qui fera publier, entre 1835 et 1836, « Les monuments égyptiens ».
Après un déjeuner toujours fort sympathique, quelques lycéennes ont poursuivi l’après midi par un moment ‘décalé’ dans le petit musée AUTREFOIS, et leur passage fut bien apprécié par la presse locale ! 29 .10.2021 – PM