De la Cour de Cassation on ne connaît pas grand-chose si ce n’est qu’elle représente la juridiction suprême.
De la justice en général on a souvent le même a priori. Elle serait trop lente. Avec des relents un tantinet corporatistes.
Une trentaine de lycéennes accompagnées ou non de leur conjoint allaient avoir l’occasion de lever le voile sur cette célèbre institution, tout en tordant le coup à certaines idées reçues. 
A la tribune Marie-Colette Brenot, qui démarra sa carrière de magistrat à Lyon juste au moment de l’assassinat du juge Renaud en passant par Grenoble, Bastia, (au moment de l’assassinat du préfet Erignac) Rioms et Colmar. A chaque promotion « le challenge m’a tentée », dit -elle. Même si sa voiture a été plastiquée en Corse, elle ne regrette rien. Ni surtout son dernier avancement : devenir conseiller à la Cour de cassation à Paris. Car pour elle «  être magistrat ce n’est pas un métier mais des métiers ». 
De ses propos on retiendra plusieurs chiffres qui illustrent parfois mieux qu’un long discours le paysage hexagonal et répondent ainsi à notre avant-propos.
La France est très en retard quant au nombre de ses magistrats. Et malgré un rattrapage sous les ministères de Christiane Taubira et d’Eric Dupond-Moretti elle ne compte que 8600 magistrats. La moyenne européenne est deux fois plus élevée.refet Erignac
Autre statistique « parlante ». Quand Marie-Colette a été nommée premier président de Cour d’appel, elles étaient seulement trois femmes en France à ce poste. Dans un phénomène de balancier l’ensemble de la profession aujourd’hui s’est féminisée. Jusqu’à atteindre 70 % des effectifs. Ce qui pose aussi un problème.
Quant au prétendu corporatisme de la justice, la conférencière le met aussi à mal en précisant : « un tiers de la magistrature vient d’horizons très divers. Il y a quatre portes d’accès. La filière étudiante bien sûr qui a parfois du mal à recruter. La filière réservée aux fonctionnaires. Le concours complémentaire qui permet à des gens du privé une reconversion dans la magistrature. Marie-Colette a ainsi pu avoir en stage auprès de sa juridiction un ancien footballeur, un danseur, un polytechnicien ou un cadre bancaire. Dernière voie : le recrutement sur titre pour les personnes exerçant déjà dans les métiers du Droit.
Restait alors à évoquer les rouages de la Cour de cassation et l’actualité de la justice.
A la cour de Cassation on juge les décisions des juges. Ce n’est pas un troisième degré de juridiction. La cour, qui est unique, mais compte 6 chambres, est là pour unifier la jurisprudence des 36 Cours d’appel. Elle examine aussi, depuis une réforme initiée par Nicolas Sarkozy, les demandes de saisie dans le domaine de la question prioritaire de constitutionnalité : QPC. « Une réelle avancée démocratique qui permet aux particuliers de soutenir qu’une loi porte atteinte aux libertés ». 
Un coup de projecteur enfin sur la réforme de la justice. Désormais les procès pourront être filmés (comme celui de Barbie) à des fins pédagogiques, culturelles ou scientifiques. Les enquêtes préliminaires seront limitées à deux ans. Des pôles spécialisés vont être instaurés pour les crimes en série. Plus de jurés mais des magistrats professionnels pour les peines d’assises punies de 15 à 20 ans de prison.

L’exigence du sujet méritait toute notre attention. Mais la tâche était facilitée grâce au charisme et à la vitalité de notre conférencière
V.S 22/11/2021