Eugène Delacroix à Paris

"La piéta" E.Delacroix / Saint-Denys-du-Saint-Sacrement Paris 3ème

Le vendredi 13 mai 2022, nous nous sommes mises en route sur les pas de Delacroix, considéré comme le principal représentant du romantisme. Tout d'abord, dans l’Eglise St Denys du St Sacrement, rue de Turenne, nous avons pu admirer sa Pieta, récemment restaurée ; dans l’église St Paul et St Louis, nous avons vu le Christ au Jardin des Oliviers, une des ses rares oeuvres religieuses. Sur le côté de l'Hôtel de Ville, une statue lui rend hommage. Après avoir traversé la Seine, nous avons fait une halte souvenir à son atelier, Place Fürstenberg, puis un long arrêt à la chapelle des Anges de St Sulpice, où notre conférencière nous a décrypté les oeuvres de la chapelle des Anges, et le secret des anges combattants. Enfin, la promenade s'est terminée au jardin du Luxembourg, devant la fontaine monumentale érigée par Jules Dalou, hommage public offert à Delacroix après sa mort, sous les ombrages près de l'Orangerie. Une pause admirative bienvenue !


Les ateliers-Musée de Chana Orloff

Le Torse 1911, ciment

Créée en 1926 par deux architectes, Auguste Perret et André Lurçat, la villa Seurat était conçue comme une cité d’artistes où se côtoyaient écrivains, peintres français et étrangers. C’est au milieu de cette charmante ruelle du 14ème arrondissement, au numéro 7bis, que Chana Orloff choisit d’y faire construire son atelier, devenu aujourd’hui un musée en son honneur sous la direction de son petit fils. 

Villa Seurat
Chana Orloff

Grâce à notre conférencière, Florence de Thé, nous découvrons le destin exceptionnel de Chana Orloff ainsi que ses œuvres dans les ateliers qui les ont vus surgir.

Chana Orloff est née en Ukraine en 1888. Lorsqu’en 1905 les pogromes menacent les Orloff, la famille décide de partir s’installer en Palestine. Chana a alors 17 ans et se lance dans la couture. Cinq plus tard, elle s’installe en France pour apprendre la mode. Elle est embauchée par la maison Paquin où ses talents artistiques sont repérés par ses employeurs qui l’encouragent à intégrer l’école des arts décoratifs.  A partir de ce moment-là, la vie de Chana va être transformée. Elle devient une artiste reconnue, exposant aux côtés de Matisse, rencontrant Modigliani, Picasso ou Apollinaire qui lui présentera son futur époux, Ary Justman. Elle devient une ‘pionnière’ dans son domaine, la portraitiste de l’élite de Paris qu’elle s’amuse à immortaliser non sans une petite touche humoristique. Lors de la seconde guerre mondiale, Chana et son fils, Elie, échappent à la Rafle du Vel d’Hiv et s’exilent en Suisse, emportant ses petites sculptures de poche qui les aideront à survivre.  A la libération, elle retrouve son atelier pillé et saccagé, sa sculpture en sera affectée. Elle remplace les formes lisses par des surfaces rugueuses et consacre un certain nombre de ses œuvres à l’histoire de son pays, Israël. Elle décède en 1968 lors de l’organisation d’une exposition rétrospective à Tel-Aviv.

Le musée rassemble plus de 200 de ses œuvres, des petites sculptures de poche aux immenses femmes sans oublier les nombreux portraits d’amis. Mais un thème semble dominer chez Chana : la maternité. Est-ce une hommage à sa mère et grand-mère qui ont toutes les deux exercé le métier de sage-femme, ou d'ultimes preuves d'affection pour son fils Elie? Nous repartons subjuguées par la grâce et le réalisme de ses œuvres.  

Lauriane Bradford


Visite de l'Hôtel de la Marine

Monument emblématique de la place de la Concorde, l’Hôtel de la Marine est un superbe ensemble architectural créé au XVIIIe siècle par Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du Roi. Il abrita jusqu’en 1798 le Garde-Meuble de la Couronne avant de devenir, pendant plus de deux-cents ans, le siège du ministère de la Marine.

Les appartements de l’intendant du garde meuble de la Couronne sont le témoignage exceptionnel de l’excellence de l’architecture et du décor à la française au siècle des Lumières et permettent d’admirer notamment du mobilier estampillé par les meilleurs ébénistes, dont Riesener, des soieries magnifiques restaurées ou reproduites à l’identiques.

Les salons d’apparat qui bordent la loggia ont quant à eux été maintenus dans le décor voulu par le Ministère de la Marine au milieu du XIXe siècle.
 

Une visite passionnante, animée par notre conférencière, qui a également permis de découvrir de la loggia la place de la Concorde sous un magnifique soleil hivernal. 

Geneviève Sabet


Visite théâtralisée du Musée Nissim de Camondo

Le musée est un hôtel particulier qui a été conservé dans son intégrité et il permet de comprendre le fonctionnement d’une maison particulière de la plaine Monceau au début du XXe siècle. Il a été construit par l'architecte René Sergent en 1914, inspiré du Petit Trianon de Versailles, et il est parfaitement adapté aux exigences modernes de confort de cette époque (chauffage à air pulsé, ascenseur...). 

Moïse de Camondo, banquier et amateur d'art, l'a fait construire pour abriter une collection exceptionnelle de mobilier et d'objets d'art du XVIIIe siècle français. 

Une visite théâtralisée : quelle surprise nous attend ? Nous sommes guidés par Pierre Godefin, maître d’hôtel du comte Moïse de Camondo et nous le suivons dans l'organisation d’une journée de réception qui eut lieu le mardi 3 juin 1930. Le maître d’hôtel affairé annonce le menu du déjeuner dans les cuisines puis nous entraîne dans les préparatifs nécessaires à cet événement. Il ne manque pas de nous faire visiter les lieux dont il connaît tous les secrets. Un moment d'exception qui permet de remonter le temps.

Armelle de Coudenhove


Julie Manet, la mémoire impressionniste

Le mercredi 2 février 2022, au musée Marmottan Monet, notre conférencière Mme Marie de Leusse, nous a retracé l’incroyable destin de Julie Manet, fille unique fille de Berthe Morisot et nièce d’Edouard Manet.

Tout d’abord, elle nous a commenté les tableaux représentant Julie peinte par sa mère à tous les âges dans son cercle familial et amical, très attentionnée aux visages, à la nature et à la lumière, puis Julie enfant modèle posant pour nombre d’artistes de son temps : Claude Monet, Edgar Degas, Camille Pissarro Auguste Renoir.

Ensuite, elle a évoqué la destinée de Julie Manet, orpheline à 16 ans, qui reçoit en héritage l’ensemble de l’œuvre de sa mère, mais aussi celle de son oncle, Édouard Manet, dont elle est l’unique nièce. Les peintres amis deviennent alors sa seule « famille » et le poète Stéphane Mallarmé son tuteur, jusqu’à son mariage avec Ernest Rouart en 1900.

Enfin elle nous a fait découvrir l’œuvre de collectionneurs de Julie Manet et de son mari qui ont consacré toute leur vie à faire connaître l’œuvre de Berthe Morisot par des expositions et des donations aux musées. Pratiquant la peinture et amateurs avertis, ils ont également constitué une importante collection des œuvres de Nicolas Poussin à Paul Gauguin en passant par Hubert Robert, Eugène Delacroix, Camille Corot et Edgar Degas ou encore par l’acquisition des grands panneaux des Nymphéas de Monet. C'est ce précieux fonds impressionniste constitué par Julie et Ernest Rouart qui aujourd’hui est mis en lumière. L’hommage qui leur est rendu est d’autant plus émouvant qu’il se déroule là où ils furent présents lors de l’inauguration du Musée Marmottan en avril 1934.


Les belles poules, ancienne maison close

Lundi 24 janvier nous étions nombreuses et intriguées pour découvrir ce lieu atypique.

L’ancienne maison close « Aux Belles Poules » est le seul établissement dont le décor est resté quasiment intact.

 Ses magnifiques mosaïques, céramiques et fresques érotiques sont l’ultime témoignage d’une esthétique bourgeoise qui dissimulait l’exploitation et la vulnérabilité des femmes qui y étaient recrutées derrière une imagerie affriolante.

Existant dès 1870, « Aux Belles Poules » a connu son apogée pendant les années 1920. Le bâtiment abritait jusqu’à 31 travailleuses réparties sur la vingtaine de chambres existantes à l’époque.

Ce n'est qu'en 2012, alors qu'une jeune cheffe d’entreprise, rachète le local pour y installer ses bureaux, qu'elle découvre cette pépite architecturale et historique. Lors de la visite-conférence, elle nous a expliqué l'histoire folle et méconnue des maisons closes et de la prostitution à Paris.


Visite du musée Carnavalet après rénovation

La mue de Carnavalet fut longue mais tel une chenille, le musée est sorti de sa chrysalide pour nous offrir une expérience unique.

La visite débute dans la « salle des enseignes » où l’on pourrait presque entendre un horloger ou un coiffeur vanter leurs services. Ces ancêtres de nos enseignes en néon sont mis en valeur pour le plus grand plaisir des yeux.

La conférencière nous emmène ensuite dans une pièce plus « classique » avec peintures, explications et maquettes. Mais la modernité n’est jamais loin et, grâce à une carte interactive, le visiteur peut suivre l’évolution de Paris selon l’époque choisie. Ici se trouve l’essence même du Musée Carnavalet, l’Histoire de Paris.

La suite de la visite se poursuit avec, ici une salle consacrée à l’époque des Guerres de Religion, là une pièce qui fait revivre la Marquise de Sévigné, illustre occupante de ces lieux, et nous voici soudain transportées dans le décor reconstitué d’un authentique salon parisien.

Le musée peut se vanter d’avoir su s’adapter à tous, petits comme grands, tout en conservant, sinon en valorisant, son incroyable collection.

Nous repartons conquises par cette transformation, frustrées de n’en avoir aperçu qu’une partie mais avec l’envie de revenir explorer d’autres époques.


EXPOSITION RAOUL DUFY MUSEE DE MONTMARTRE

Jeudi 2 Décembre nous étions un petit groupe de lycéennes à nous retrouver en matinée quelque peu essoufflées en haut de la Butte pour visiter l‘exposition inédite sur le Paris de Raoul Dufy. Situé au 12 rue Cortot, le musée de Montmartre est un havre de paix. Il fut la résidence d’Auguste Renoir de Suzanne Valadon et ce fut le premier atelier de Raoul Dufy.

Il s’installa après impasse Guelma non loin de là.

Catherine Coudert  notre conférencière nous a guidé au sein d’un parcours thématique de tableaux, dessins, photos, gravures, céramiques, meubles, tapisseries; pour Dufy il n’y a pas de frontières pour la peinture.

Cet artiste (1877-1953) né au Havre dans une famille de musiciens, a une vision très singulière et très moderne des paysages et monuments parisiens : explosion de couleurs éclatantes sur fond de roses exubérantes, multiples personnages, représentations frontales de monuments emblématiques dont la jeune Tour Eiffel.
Ce paravent chef d’oeuvre offre un panorama aérien.

Création de tissus en collaborant avec le couturier Paul Poiret, ensemble exceptionnel de canapé et fauteuils tapissés

Ces éléments de la vie urbaine, on les retrouve dans la Fée Électricité montrée ici dans une version réduite qui est la seule peinte entièrement par lui et issue du musée Pompidou.

Pour continuer ce dépaysement sur la Butte notre amie Armelle de Coudenhove nous avait réservé une table pour celles disponibles au restaurant La Maison Rose. Ce fut un déjeuner fort convivial.

Evelyne Peyroux


DAMIEN HIRST-CERISIERS EN FLEURS

9 novembre 2021

DAMIEN HIRST L’EXPOSITION- Fondation Cartier -

« Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort » ou encore « Elles sont ornementales mais peintes d’après nature ».

Dernière série achevée par Damien Hirst, cette production s’inscrit dans la lignée des recherches picturales qu’il mène depuis le début de sa carrière. Né au Royaume-Uni en 1965, il travaille aussi bien la sculpture que l’installation, la peinture et le dessin.

« Cerisiers en Fleurs » est la première exposition de Damien Hirst en France. 30 toiles exposées sur 107, sur la toile Damien Hirst mêle touches épaisses et projections de peintures, une peinture presque figurative.

Nous avons été accueillies par une conférencière de la Fondation Cartier, nous sommes restées sous le charme printanier de cette exposition qui nous a beaucoup rappelé Les Nymphéas de Claude Monet. C’est une peinture qui vibre de petites fleurs blanches et roses, qui célèbrent le Hanami japonais. Ses tableaux se répondent les uns aux autres. Une exposition pleine de poésie, juste un grand moment zen, de bien-être et de lumière dans ce début d’hiver parisien.