Eugène Delacroix à Paris

"La piéta" E.Delacroix / Saint-Denys-du-Saint-Sacrement Paris 3ème

Le vendredi 13 mai 2022, nous nous sommes mises en route sur les pas de Delacroix, considéré comme le principal représentant du romantisme. Tout d'abord, dans l’Eglise St Denys du St Sacrement, rue de Turenne, nous avons pu admirer sa Pieta, récemment restaurée ; dans l’église St Paul et St Louis, nous avons vu le Christ au Jardin des Oliviers, une des ses rares oeuvres religieuses. Sur le côté de l'Hôtel de Ville, une statue lui rend hommage. Après avoir traversé la Seine, nous avons fait une halte souvenir à son atelier, Place Fürstenberg, puis un long arrêt à la chapelle des Anges de St Sulpice, où notre conférencière nous a décrypté les oeuvres de la chapelle des Anges, et le secret des anges combattants. Enfin, la promenade s'est terminée au jardin du Luxembourg, devant la fontaine monumentale érigée par Jules Dalou, hommage public offert à Delacroix après sa mort, sous les ombrages près de l'Orangerie. Une pause admirative bienvenue !


Les sources de la bienveillance depuis le care de Carol Gilligan

« Comprendre le monde à la lumière de quelques concepts en vogue et de leurs thuriféraires » était pour 2021-2022 le fil conducteur du cercle philosophique du LCIP qui s’est terminé le mardi 12 avril par une conférence à l’Interalliée sur « Les sources de la bienveillance depuis le Care de Carol Gilligan ».

Le cercle, avant de conclure sur le thème de la bienveillance, avait déjà échangé sur :

  • « Le temps à travers François Hartog et Hartmut Rosa »
  •  «La reconnaissance avec Hegel relu par Axel Honneth »
  • « Le progrès en compagnie de Pascal Chabot et Michael Fössel »

Présentée brillamment par Catherine Blondel, le thème de la bienveillance nous a ouvert des pistes de réflexions sur une perspective historique et sociale de la place particulière de la femme dans la bienveillance y compris dans le monde du travail.  Les quelques lignes de cet article ne permettent pas de couvrir l’exposé érudit de Catherine Blondel mais je partage avec vous sa recommandation « si vous ne devez ne lire qu’un livre », lisez l’éthique du care de Fabienne Bruyère. Quelques mots sur la conférencière, Catherine Blondel, qui a la gentillesse d’animer ce cercle pour notre club. Spécialiste des sciences humaines, normalienne (Philosophie et Sciences Sociales), agrégée de philosophie et diplômée de l’ESCP, Catherine conseille depuis de nombreuses années les dirigeants d’entreprise tout au long de leurs carrières. Elle a aussi créé de nombreux séminaires pour le développement des femmes à responsabilités dont « L’école des femmes »  ou « Femmes de tête ». Nous lui sommes reconnaissants de nous accompagner dans ces réflexions exigeantes et stimulantes.


Les ateliers-Musée de Chana Orloff

Le Torse 1911, ciment

Créée en 1926 par deux architectes, Auguste Perret et André Lurçat, la villa Seurat était conçue comme une cité d’artistes où se côtoyaient écrivains, peintres français et étrangers. C’est au milieu de cette charmante ruelle du 14ème arrondissement, au numéro 7bis, que Chana Orloff choisit d’y faire construire son atelier, devenu aujourd’hui un musée en son honneur sous la direction de son petit fils. 

Villa Seurat
Chana Orloff

Grâce à notre conférencière, Florence de Thé, nous découvrons le destin exceptionnel de Chana Orloff ainsi que ses œuvres dans les ateliers qui les ont vus surgir.

Chana Orloff est née en Ukraine en 1888. Lorsqu’en 1905 les pogromes menacent les Orloff, la famille décide de partir s’installer en Palestine. Chana a alors 17 ans et se lance dans la couture. Cinq plus tard, elle s’installe en France pour apprendre la mode. Elle est embauchée par la maison Paquin où ses talents artistiques sont repérés par ses employeurs qui l’encouragent à intégrer l’école des arts décoratifs.  A partir de ce moment-là, la vie de Chana va être transformée. Elle devient une artiste reconnue, exposant aux côtés de Matisse, rencontrant Modigliani, Picasso ou Apollinaire qui lui présentera son futur époux, Ary Justman. Elle devient une ‘pionnière’ dans son domaine, la portraitiste de l’élite de Paris qu’elle s’amuse à immortaliser non sans une petite touche humoristique. Lors de la seconde guerre mondiale, Chana et son fils, Elie, échappent à la Rafle du Vel d’Hiv et s’exilent en Suisse, emportant ses petites sculptures de poche qui les aideront à survivre.  A la libération, elle retrouve son atelier pillé et saccagé, sa sculpture en sera affectée. Elle remplace les formes lisses par des surfaces rugueuses et consacre un certain nombre de ses œuvres à l’histoire de son pays, Israël. Elle décède en 1968 lors de l’organisation d’une exposition rétrospective à Tel-Aviv.

Le musée rassemble plus de 200 de ses œuvres, des petites sculptures de poche aux immenses femmes sans oublier les nombreux portraits d’amis. Mais un thème semble dominer chez Chana : la maternité. Est-ce une hommage à sa mère et grand-mère qui ont toutes les deux exercé le métier de sage-femme, ou d'ultimes preuves d'affection pour son fils Elie? Nous repartons subjuguées par la grâce et le réalisme de ses œuvres.  

Lauriane Bradford


Visite de l'Hôtel de la Marine

Monument emblématique de la place de la Concorde, l’Hôtel de la Marine est un superbe ensemble architectural créé au XVIIIe siècle par Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du Roi. Il abrita jusqu’en 1798 le Garde-Meuble de la Couronne avant de devenir, pendant plus de deux-cents ans, le siège du ministère de la Marine.

Les appartements de l’intendant du garde meuble de la Couronne sont le témoignage exceptionnel de l’excellence de l’architecture et du décor à la française au siècle des Lumières et permettent d’admirer notamment du mobilier estampillé par les meilleurs ébénistes, dont Riesener, des soieries magnifiques restaurées ou reproduites à l’identiques.

Les salons d’apparat qui bordent la loggia ont quant à eux été maintenus dans le décor voulu par le Ministère de la Marine au milieu du XIXe siècle.
 

Une visite passionnante, animée par notre conférencière, qui a également permis de découvrir de la loggia la place de la Concorde sous un magnifique soleil hivernal. 

Geneviève Sabet


Visite théâtralisée du Musée Nissim de Camondo

Le musée est un hôtel particulier qui a été conservé dans son intégrité et il permet de comprendre le fonctionnement d’une maison particulière de la plaine Monceau au début du XXe siècle. Il a été construit par l'architecte René Sergent en 1914, inspiré du Petit Trianon de Versailles, et il est parfaitement adapté aux exigences modernes de confort de cette époque (chauffage à air pulsé, ascenseur...). 

Moïse de Camondo, banquier et amateur d'art, l'a fait construire pour abriter une collection exceptionnelle de mobilier et d'objets d'art du XVIIIe siècle français. 

Une visite théâtralisée : quelle surprise nous attend ? Nous sommes guidés par Pierre Godefin, maître d’hôtel du comte Moïse de Camondo et nous le suivons dans l'organisation d’une journée de réception qui eut lieu le mardi 3 juin 1930. Le maître d’hôtel affairé annonce le menu du déjeuner dans les cuisines puis nous entraîne dans les préparatifs nécessaires à cet événement. Il ne manque pas de nous faire visiter les lieux dont il connaît tous les secrets. Un moment d'exception qui permet de remonter le temps.

Armelle de Coudenhove


Julie Manet, la mémoire impressionniste

Le mercredi 2 février 2022, au musée Marmottan Monet, notre conférencière Mme Marie de Leusse, nous a retracé l’incroyable destin de Julie Manet, fille unique fille de Berthe Morisot et nièce d’Edouard Manet.

Tout d’abord, elle nous a commenté les tableaux représentant Julie peinte par sa mère à tous les âges dans son cercle familial et amical, très attentionnée aux visages, à la nature et à la lumière, puis Julie enfant modèle posant pour nombre d’artistes de son temps : Claude Monet, Edgar Degas, Camille Pissarro Auguste Renoir.

Ensuite, elle a évoqué la destinée de Julie Manet, orpheline à 16 ans, qui reçoit en héritage l’ensemble de l’œuvre de sa mère, mais aussi celle de son oncle, Édouard Manet, dont elle est l’unique nièce. Les peintres amis deviennent alors sa seule « famille » et le poète Stéphane Mallarmé son tuteur, jusqu’à son mariage avec Ernest Rouart en 1900.

Enfin elle nous a fait découvrir l’œuvre de collectionneurs de Julie Manet et de son mari qui ont consacré toute leur vie à faire connaître l’œuvre de Berthe Morisot par des expositions et des donations aux musées. Pratiquant la peinture et amateurs avertis, ils ont également constitué une importante collection des œuvres de Nicolas Poussin à Paul Gauguin en passant par Hubert Robert, Eugène Delacroix, Camille Corot et Edgar Degas ou encore par l’acquisition des grands panneaux des Nymphéas de Monet. C'est ce précieux fonds impressionniste constitué par Julie et Ernest Rouart qui aujourd’hui est mis en lumière. L’hommage qui leur est rendu est d’autant plus émouvant qu’il se déroule là où ils furent présents lors de l’inauguration du Musée Marmottan en avril 1934.


L ALTO

Café Gourmand musical sur l’Alto – jeudi 27 janvier 2022

Dans un orchestre, on n’entend pas l’Alto isolément, puisque le rôle de cette sorte de « gros violon » est principalement de créer du lien entre les aigus - les violons, et les basses - les violoncelles et les contrebasses. On dit qu’il est au cœur de l’harmonie, et on dit parfois moins gentiment que c’est le « ventre » de l’orchestre.

Et pourtant, de nombreux compositeurs, Mozart le premier, se sont attachés à mettre en valeur le chant de cet instrument : tour à tour chaud, grave, mélancolique, mais pouvant atteindre dans l’aigu des notes délicieuses et brillantes.

Un parcours d’extraits musicaux allant de JS Bach à Tchaikowsky nous a permis de découvrir l’alto, à travers des compositions – ou des adaptations – somptueuses, notamment la Sonate Arpeggione » de Schubert.

Nous avons aussi découvert le grand talent de ses interprètes, également peu connus, Tabea Zimmermann en tête, ou le français Gérard Caussé.

Un grand merci à Caroline Thouard dont le savoir-faire nous a permis de profiter d’un montage techniquement impeccable !


Les belles poules, ancienne maison close

Lundi 24 janvier nous étions nombreuses et intriguées pour découvrir ce lieu atypique.

L’ancienne maison close « Aux Belles Poules » est le seul établissement dont le décor est resté quasiment intact.

 Ses magnifiques mosaïques, céramiques et fresques érotiques sont l’ultime témoignage d’une esthétique bourgeoise qui dissimulait l’exploitation et la vulnérabilité des femmes qui y étaient recrutées derrière une imagerie affriolante.

Existant dès 1870, « Aux Belles Poules » a connu son apogée pendant les années 1920. Le bâtiment abritait jusqu’à 31 travailleuses réparties sur la vingtaine de chambres existantes à l’époque.

Ce n'est qu'en 2012, alors qu'une jeune cheffe d’entreprise, rachète le local pour y installer ses bureaux, qu'elle découvre cette pépite architecturale et historique. Lors de la visite-conférence, elle nous a expliqué l'histoire folle et méconnue des maisons closes et de la prostitution à Paris.


CONFERENCE AVEC JEAN-FRANCOIS CLERVOY

MARDI 11 JANVIER 2022

Cette conférence nous a fait découvrir les caractéristiques du voyage spatial :

La puissance phénoménale des moteurs au décollage, l’impesanteur, le ciel noir en plein jour, la beauté et la puissance de la Terre.

Elle a aussi mis en avant les questions sur le travail dans un véhicule spatial très complexe : l’esprit d’équipe, les opérations robotiques, les sorties dans l’espace, la gestion des pannes, le risque, les aspects médicaux.

L’espace est un domaine d’excellence qui, par ses défis, force le savoir humain à se surpasser. Son exploration nécessite l’engagement des meilleurs ingénieurs et scientifiques.

L’organisation de la vie à bord : du camping en impesanteur, dormir, manger, se laver, se détendre et gérer des centaines d’objets chaque jour, un challenge quotidien.

Quels vont être les projets futurs ? : le tourisme spatial, ainsi que les vols paraboliques en apesanteur de l’avion AirZeroG.

Notre planète est elle-même un véritable vaisseau spatial en soi que l’homme se doit de bien gérer pour qu’elle puisse le transporter très loin.


Visite du musée Carnavalet après rénovation

La mue de Carnavalet fut longue mais tel une chenille, le musée est sorti de sa chrysalide pour nous offrir une expérience unique.

La visite débute dans la « salle des enseignes » où l’on pourrait presque entendre un horloger ou un coiffeur vanter leurs services. Ces ancêtres de nos enseignes en néon sont mis en valeur pour le plus grand plaisir des yeux.

La conférencière nous emmène ensuite dans une pièce plus « classique » avec peintures, explications et maquettes. Mais la modernité n’est jamais loin et, grâce à une carte interactive, le visiteur peut suivre l’évolution de Paris selon l’époque choisie. Ici se trouve l’essence même du Musée Carnavalet, l’Histoire de Paris.

La suite de la visite se poursuit avec, ici une salle consacrée à l’époque des Guerres de Religion, là une pièce qui fait revivre la Marquise de Sévigné, illustre occupante de ces lieux, et nous voici soudain transportées dans le décor reconstitué d’un authentique salon parisien.

Le musée peut se vanter d’avoir su s’adapter à tous, petits comme grands, tout en conservant, sinon en valorisant, son incroyable collection.

Nous repartons conquises par cette transformation, frustrées de n’en avoir aperçu qu’une partie mais avec l’envie de revenir explorer d’autres époques.