Exposition Francis Chigot : Un monde de lumières

La ville de Limoges , «  ville des arts et du feu », souligne l’importance de l’œuvre de Francis Chigot , célèbre maître verrier limougeaud du XX ième siècle,et met en valeur les vitraux produits par l’artiste grâce à une mise en scène particulièrement réussie    

Francis Chigot est né à Limoges en 1879 et il y meurt en 1960. Premier prix de l’école des Arts Décoratifs de Limoges , il installe en 1907 son atelier de peinture sur verre en plein centre ville. Pour se faire connaître il participe à de nombreux salons à Paris où son travail qui va du paysage chatoyant de style Art nouveau aux lignes graphiques Art Déco , le fait remarquer.

"l'émailleuse" est la première oeuvre présentée à Paris

Son succès fut autant national , avec la réalisation de vitraux pour de nombreux  édifices religieux : Églises des Saints Anges et Saint Paul -Saint louis  et des édifices civils avec les magnifiques verrières de la gare de Limoges ou des clients privés, qu’international avec de grands chantiers au Canada,Etats-Unis, Haïti ou encore Algérie.

Après la guerre ,on observe une forte demande liée aux besoins de la reconstruction et à l’explosion des villes d’Eaux

Une sélection de quarante vitraux et d’une centaine de documents( maquettes, cartons, esquisses) retracent cinquante trois années d’activité de l’artiste et de son atelier.A travers son œuvre , on peut observer  les différentes tendances artistiques du 20ième siècle.

Les œuvres exposées permettent de montrer la diversité des créations et le talent de Francis Chigot qui, à la manière d’un peintre utilise  « le plomb comme pinceau et le verre comme palette. »

Deux groupes de lycéennes ont effectué la visite de cette magnifique exposition , guidées par Martine Tandeau de Marsac , petite fille de Francis Chigot .


Le Masque de Fer était-il Limousin

Une nombreuse assistance s'est réunie à la salle Simone Veil ce 17 novembre 2022 , curieuse de connaître la réponse à cette étonnante question :

"Le Masque de fer était-il Limousin ?" posée par le Professeur Lionel de Lumley .

 

Résumé par Soizick de Lumley:

L'homme au masque de fer est une des grandes énigmes de l'Histoire de France. Il est certain que sous le règne de Louis XIV un prisonnier inconnu et masqué a été emprisonné  successivement à Pignerol, à Exilles, sur l'île Sainte-Marguerite et enfin à la Bastille.

En quatre siècles, aucun historien n’a réussi à identifier avec certitude le personnage dissimulé derrière cette appellation. Qui était l’homme au masque de fer ? Pourquoi a-t-il été incarcéré ?  Le mystère reste entier. On a pris pour le garder des précautions extraordinaires. À Pignerol et jusqu’à son transfert à Exilles, il n’est pas fait mention du port d’un masque. Il semble plus probablement avoir porté un masque de velours lors des transferts notamment entre Sainte Marguerite et la Bastille, pour éviter d’être identifié. Après Louis XIV, Louvois et son fils Barbezieux, le secret de l’identité de l’homme masqué a été confié au Régent, qui l'aurait transmis à Louis XV.

Certains auteurs limousins qui ne sont jamais à la traine pour placer leur province au centre de l’ « Histoire » ont imaginé que l’homme masqué était originaire de Saint Yrieix. Leur  récit pourtant  habile ne résiste pas à l’analyse des faits (1)

 L’hypothèse la plus majoritairement admise est celle avancée par Jean-Christian Petitfils. Eustache Danger, valet d’Henriette d’Angleterre, aurait pu être mis à l’isolement absolu pour éviter la diffusion d’un lourd secret d’Etat (2).

L’hypothèse d’un fils métis, non légitimé de Louis XIV, enfermé pour des raisons dynastiques, parait suffisamment documentée pour certains. Elle justifierait l’acharnement de Saint Mars à affirmer jusqu’au bout l’importance du personnage (3)

Références :
1-VERNADEAU Pierre. Le médecin de la Reyne, ed : Denoël et Steele, Paris, 1934.
2-PETITFILS Jean-Christian, le masque de fer entre Histoire et Légende, Paris, Perrin, 2003; coll. "Tempus", 2004, nouvelle édition ré-augmentée, 2011.
3-AROLES Serge : Archives secrètes du Vatican et archives de douze pays, ed : L’Harmattan, 2021, pp140,

Un très sympathique buffet a clôturé cette passionnante conférence et a permis à tout à chacun de prolonger ce bon moment par des échanges amicaux .


Journée Interclubs – jeudi 6 octobre 2022- Valençay ou l’art de vivre à la Française

C’est avec un grand plaisir que certaines d’entre nous ont retrouvé des amies lycéennes du club d’Orléans et que les autres ont fait connaissance avec ce club dynamique .Anne- Marie a accueilli avec un  plaisir  non dissimulé cette importante délégation d’Orléans dans un établissement hôtelier de Valençay dans lequel nous avons écouté Monsieur Martinet , ancien Président de l’association des Amis de Talleyrand nous conter avec moult détails la vie de cette personnalité hors du commun, figure à la fois décriée et admirée, cependant mal connue et qui fut l’un des plus illustres diplomates que la France ait connu.L’association des Amis de Talleyrand , crée en 1998 est une association internationale qui compte 180 membres , intéressés par l’histoire et qui a pour but de perpétuer et défendre le souvenir de Charles Maurice de Talleyrand Périgord. La Conférence très détaillée et riche de nombreux détails de la vie de cet illustre personnage sera présentée en 2 parties et nous permettra de profiter d’un bon déjeuner, pendant lequel les 2 clubs ont veillé à bien mélanger les convives, afin de mieux faire connaissance. Nous aurons ensuite le plaisir d’écouter notre historien dans le magnifique théâtre du château.

Première conférence 

 L’enfance de Talleyrand , né en 1754 à paris , 2ième de 5 enfants, il est destiné par sa famille à succéder à son oncle Archevèque de Reims ,et elle va d’abord faire de lui un homme d’église, et il dira «  On me force à devenir ecclésiastique, on s’en repentira »

en 1774 , il reçoit les ordres mineurs et présente sa thèse de théologie en Sorbonne

en 1779 , il est ordonné prêtre, ce qui lui permet de dire : « Ils veulent faire de moi un Prêtre , ils vont faire de moi un Affreux »

en 1788 , il est nommé Evêque d’Autun où il n’habitera jamais

Il quitte la prêtrise et mène une vie laïque sous la Révolution

Deuxième conférence

1789 : il prend le parti de la Révolution , il propose la nationalisation des biens de l’église et les met en vente, ce qui lui valut d’être surnommé:"le diable boiteux" ou" monstre mitré"

1790 : il prête serment à la Constitution civile du clergé

Talleyrand traversera et oeuvrera  grâce à sa remarquable intelligence sous  l’Ancien régime, la Révolution, le Consulat, l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet, sans trop d’encombre. Ministre des Relations Extérieures, Grand Chambellan,il connaîtra 13 gouvernements et signera 110 traités .

Il fut durant son exceptionnelle carrière, un homme d’action, défenseur des libertés. Sa remarquable intelligence, alliée à une réelle réflexion politique, fit de lui un diplomate d'envergure, capable d'anticiper avec un discernement inégalé certains des grands bouleversements politiques qu'allait connaitre l'Europe au XIXe siècle.Visionnaire, il écrit sur la laïcité,  précurseur du système métrique et de la mixité, il défend l’égalité scolaire entre les sexes . Il laisse à la postérité le soin de démêler les fils de sa personnalité complexe 

"Je veux que pendant des siècles on continue à discuter sur ce que j’ai été , ce que j’ai pensé , ce que j’ai voulu"

 Le château de Valençay

A la suite de cette belle leçon d’histoire, nous allons visiter le château , ses nombreuses pièces et salons , magnifiquement meublées , en commençant par la galerie à arcades de la cour d’honneur où figurent les  tableaux des nombreux ancêtres , riches et célèbres de Talleyrand.Talleyrand y repose dans une crypte qu’il a fait creuser au sein du château

Bien que situé dans l’Indre s’apparente par sa construction aux châteaux de la Loire , le château de Chambord , par exemple.Les propriétaires successifs , la Maison d’Estampes et les Villemorien , en particulier ,ont au fil des générations , transformé par d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement le manoir féodal datant du XII ème siècle en château de plaisance de style Renaissance. Il a été vendu en 1803 à Charles -Maurice de Talleyrand -Périgord, alors ministre des relations extérieures du Consulat, obéissant ainsi à  Bonaparte ,suivant cet ordre :

 « je veux que vous ayez une belle terre , que vous y receviez brillamment le corps diplomatique, les étrangers importants ».

Les divers salons et chambres à coucher (100 pièces et 25 appartements de maître) abritent un somptueux mobilier principalement d’époque Empire.Entre 1808 et 1811 un théâtre à l’italienne de 200 places décoré « à l’antique » fut aménagé dans les communs afin de divertir les Princes d’Espagne , Princes déchus et assignés à résidence à Valençay, Cage dorée , dont le souvenir est évoqué par la chambre du Roi d’Espagne.La superficie du parc est d’une quarantaine d’hectares. Le jardin à la Française date de 1906 , une partie des terres a été transformé en parc animalier.

Brigitte MARTIN


SHACKELTON et l'Odysée de l'Endurance

L’Odyssée de l’Endurance

 

CONFERENCE D'OLIVIER MIGNON

guide conférencier et auteur

 
Pour sa troisième conférence au Lyceum club du Limousin, Olivier  Mignon a fait salle comble pour l’écouter nous faire vivre avec son talent bien connu de conteur la passionnante odyssée de Sir Ernest Shackleton à bord de l’Endurance.
                                              
Trois ans après la conquête le 14 décembre 1911 du Pole Sud par le norvégien Roald Amundsen, l’explorateur irlandais Ernest Shackleton quitte l’Angleterre à bord de l’Endurance avec comme objectif la  traversée de l’Antarctique depuis la mer de Weddell dans l’Océan Atlantique, jusqu’à la mer de Ross dans le Pacifique en passant par le pole. C’est un explorateur aguerri aux explorations polaires. En 1912, il avait précédemment participé avec le capitaine Edward Wilson aux expéditions Nimrod et Discovery conduites par Robert Falcon Scott. C’est lors de l’expédition Terra Nova qui avait atteint le Pole Sud 4 semaines après l’expédition norvégienne que Scott et ses compagnons moururent de froid sur la route du retour. En aout 1914, la grande guerre éclate, mais Shackleton se lance dans une toute autre bataille  dont il ne sortira pas vainqueur mais il en fera une victoire : la plus stupéfiante épopée de toute l’histoire de l’exploration polaire.
Il prépare soigneusement un des meilleurs navires de l’époque l’Endurance dont la coque n’avait pas la forme arrondie des actuels navires polaires. Il était accompagné de 28 membres d’équipage soigneusement sélectionnés pour leurs diverses compétences sélectionnés à partir de l’annonce suivante : « recherche hommes pour voyage périlleux. Petits gages. Froid rigoureux. Longs mois de totale obscurité. Dangers permanents. Retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès ».
Le capitaine F Wosley et des marins expérimentés mais aussi des équipiers de compétences diverses allant du charpentier au cuisinier, en passant par un photographe australien Frank Hurley, en font partie.  Toute une meute de chiens de traineaux et des vivres abondants pour réaliser son objectif était d’être le premier à traverser l’Antarctique en traineaux à chiens. En janvier 1915, leur navire se trouve prisonnier des glaces en mer de Weddell. Quelques mois plus tard, devant le risque d’écrasement de leur bateau dans les glaces, Shackleton et ses hommes évacuent le navire et se retrouvent sur la glace par moins 45 degrés dans une des régions les plus inhospitalières du monde.  L’Endurance finira par être broyé par la banquise. Après de multiples mois pour survivre sur la banquise dans des igloos et en se nourrissant de phoques et de manchots cuits sur un fourneau alimenté par la graisse de phoque, ils finissent  par tirer les chaloupes à dos d’hommes vers l’océan tumultueux et prendre la mer. 
                                               
Ils doivent affronter sur de simples chaloupes, les creux immenses, les vagues scélérates et les vents tempétueux brulés par la soif et les embruns glacés. Une partie de l’équipage restera sur l’ile éléphantine. Shackleton et quelques hommes reprirent la mer sur une chaloupe recouverte et après 1500 Kms de navigation au travers des « 60emes mugissants », ils atteignent enfin leur terre promise la Géorgie du Sud, mais sur le coté opposé à la station baleinière. Ils doivent encore escalader des à-pics, dévaler les glaciers et les champs de neige entre les précipices avant d’arriver enfin, auprès d’hommes pouvant leur apporter secours.
 Au terme d’une série d’exploits inimaginables et illustrés par les photographies de F Hurley, les 28 membres de l’expédition, menés par un chef à la volonté inébranlable et aux qualités humaines et d’intelligence exceptionnelles, vont tous rentrer sains et saufs en Angleterre. Le sauvetage de l’Expédition Endurance reste à ce jour la plus incroyable histoire de survie pendant 22 mois en milieu polaire loin de toute civilisation. La découverte très récente de la carcasse broyée de l’Endurance, suite à la fonte des glaces a remis en lumière cet exploit.
 
                                                                                                Dominique Bordessoule

Rabat : congrès et voyage, du 21 au 31 mai 2022

Douze lycéennes et deux accompagnants , telle était la délégation du Lyceum Club du Limousin, un des clubs de France les mieux représentés au Congrès International de Rabat, ce qui fit ma fierté . Deux cent vingt Lycéennes venues de quinze pays des deux hémisphères ont assisté à l’AG de ce Congres International , AG suivie aussi , grâce à la vidéo-transmission par d’autres membres qui n’avaient pu faire le déplacement .

Muriel Hannart , Présidente Internationale , ainsi que Marilyn Mackinder et Monique Gatcher, vice-présidentes des hémisphères sud et nord , ont été réélues dans leur fonction pour un deuxième mandat de trois ans . Le problème majeur reste celui des effectifs en baisse, moins de 424 membres en 2019 et le vieillissement des clubs . Il est indispensable de se» moderniser» , d’être présent sur les Réseaux Sociaux afin d’attirer des jeunes femmes. Je remercie tout particulièrement Éveline Quéroix qui anime remarquablement notre web-site et Sylvie Laganne et Béatrice Theillaud qui ont accepté d’intégrer notre club sur Facebook et Instagram .

Si les clubs de Moscou et de Gênes ont été dissous , un club a été crée en Géorgie et 2 en France; D’autres créations sont espérées …

Quelques grands moments de ce Congrès m’ont particulièrement marquée . Grâce à d’intéressantes rencontres avec  Eric de Kermel , Dima Droubi et Fatma Chraibi , nous avons perçu la place de la femme dans la société marocaine . Mais la passionnante conférence d’Amina Oufroukhi , magistrate au Maroc , nous a éclairées sur le principe d’égalité de droits en termes de violences faites aux femmes, de mariages forcés, de répudiation, de divorce,  de droit des femmes célibataires, de protection sanitaire et sociale des femmes âgées …Il.reste encore beaucoup à faire concernant la polygamie, les certificats de virginité ou les interruptions de grossesse …

Enfin le Leg Carlin de 1000 euros , destiné à soutenir une initiative contribuant à améliorer les conditions de vie des femmes ,a été attribué à une Coopérative féminine marocaine ( choix du Lyceum Club de Rabat ) . Grace à leur production de farine de lentilles , d’élevage de poulets et de fabrication de tapis ,ces femmes au sein de leur foyer peuvent participer au maintien de la scolarité de leurs filles et de leurs garçons .

Le club de Rabat a été chaleureusement remercié pour l’organisation de ce Congres qui a permis de belles rencontres et de belles découvertes ( palais , ryads , jardins , médinas  …) mais aussi fut source de remise en question pour nous , en étant à l’écoute d’autres pays du monde

Anne-Marie 

pré et post congrès


Sur les pas de Simone de Beauvoir

Sur les pas de Simone de Beauvoir : invitation à la lecture

Le cercle de lecture du Lyceum club international du Limousin
(LCIL), animé par Alyette Serbource-Goguel, a passé un moment
exceptionnel chez Martial et Danièle Dauriac, le 30 mai 2022, à
Meyrignac, dans la maison de famille de Simone de Beauvoir

Nous remercions Florence Jaunez, notre écrivaine, de notre faire partager ce moment.

Danièle nous fait découvrir le jardin aux essences rares où tout est souvenir pour la jeune fille rangée : « les petits ponts de rondins », « la rivière anglaise », « l’île minuscule ». Martial, quant à lui, nous a dévoilé photos anciennes, médailles ― reçues pour l’obtention en 1924 de la première partie du baccalauréat avec la mention « bien » et en 1925 pour le
succès à la seconde partie du baccalauréat, dans deux sections différentes, philosophie et mathématiques élémentaires ―, lettres précieuses, bibliothèque, qui nous ont fait entrer dans l’œuvre et l'univers de Simone.
Ce fut un plaisir rare.
Martial nous a aussi conté l’histoire familiale, évoquant l'arrière grand père de Simone, Narcisse Bertrand de Beauvoir, qui se fixant à Tulle pour ses fonctions, après avoir été « contrôleur des contributions à Argentan » (1), acquiert Meyrignac, vers 1840. Son fils aîné, Ernest, grand-père de Simone, « hérite entre autres biens d’un domaine de deux cents
hectares »(2) et se passionne également pour la propriété. Féru des travaux d’Haussman et séduit par les parcs et jardins de Paris où il demeure, il crée le perron et arbore le parc où les arbres se répondent en écho. Devenu veuf, il se retire à Meyrignac, comme son père avant lui, et fait donation de ses biens à ses enfants Gaston, Hélène et Georges. Ce dernier, père de Simone
(1908-1986) et d’Hélène, dite Poupette, est avocat mais fréquente le« Palais » sans conviction. Rentier rapidement ruiné par les emprunts russes, il joue la comédie, à Divonne-les-Bains, « avec une troupe d’amateurs qui se produisait sur la scène du Casino ; ils distrayaient les estivants et le directeur du Grand Hôtel les hébergeait gratis. »(3)


À la mort de leur père Ernest en 1929, Gaston, l’aîné, reste propriétaire de Meyrignac, tandis qu’un changement de vie frappe Georges et sa famille, ils se retrouvent démunis. C’est à cette date que Simone, succession oblige, perdra sa maison d'enfance et de jeunesse, Meyrignac, qui incarne pour elle la liberté, la nature, le bonheur et la naissance de sa
vocation littéraire.
                 « Nous passions l’été en Limousin … »

Martial égrène des pages des Mémoires d'une jeune fille rangée, qui décrivent la parentèle, les lieux fondateurs, le jardin, la nature exaltante :
Nous passions l’été en Limousin, dans la famille de papa. Mon grand-père s’était retiré près d’Uzerche, dans une propriété achetée par son père. Il portait des favoris blancs,
une casquette, la Légion d’honneur, il fredonnait toute la journée. Il me disait le nom des arbres, des fleurs et des oiseaux. Des paons faisaient la roue devant la maison couverte de glycines et de bignonias ; dans la volière, j’admirais les cardinaux à la tête rouge et les faisans dorés. Barrée de cascades artificielles, fleurie de nénuphars, la « rivière anglaise », où nageaient des poissons rouges, enserrait dans ses eaux une île minuscule que deux ponts de rondins reliaient à la terre. Cèdres, wellingtonias, hêtres pourpres, arbres nains du Japon, saules pleureurs, magnolias, araucarias, feuilles persistantes et feuilles caduques, massifs, buissons, fourrés : le parc, entouré de barrières blanches, n’était pas grand, mais si divers que je n’avais jamais fini de l’explorer. Nous le quittions au milieu des vacances pour aller chez la sœur de papa qui avait épousé un hobereau des environs ; ils avaient deux enfants. Ils venaient nous chercher avec « le grand break » que traînaient quatre chevaux. Après le déjeuner de famille, nous nous installions sur les banquettes de cuir bleu qui sentaient la poussière et le soleil. Mon oncle nous escortait à cheval. Au bout de vingt kilomètres, nous arrivions à La Grillère. Le parc, plus vaste et plus sauvage que celui de Meyrignac, mais plus monotone, entourait un vilain château flanqué de tourelles et coiffé
d’ardoises. Tante Hélène me traitait avec indifférence. Tonton Maurice, moustachu, botté,
 une cravache à la main, tantôt silencieux et tantôt courroucé, m’effrayait un peu. Mais je me plaisais avec Robert et Magdeleine, de cinq et trois ans mes aînés. Chez ma tante, comme chez grand-père, on me laissait courir en liberté sur les pelouses, et je pouvais toucher à tout. Grattant le sol, pétrissant la boue, froissant feuilles et corolles, polissant les marrons d’Inde, éclatant sous mon talon des cosses gonflées de vent, j’apprenais ce que n’enseignent ni les livres ni l’autorité. J’apprenais le bouton-d’or et le trèfle, le phlox sucré, le bleu fluorescent des volubilis, le papillon, la bête à bon Dieu, le ver luisant, la rosée, les toiles d’araignée et les fils de la Vierge ; j’apprenais que le rouge du houx est plus rouge que celui du laurier-cerise ou du sorbier, que l’automne dore les pêches et cuivre les feuillages, que le soleil monte et descend dans le ciel sans qu’on le voie jamais bouger. Le foisonnement des couleurs, des odeurs m’exaltait. Partout, dans l’eau verte des pêcheries, dans la houle des prairies, sous les fougères qui coupent, au creux des taillis se cachaient des trésors que je brûlais de découvrir.(4)

Pendant la Première Guerre mondiale, lorsque Simone avait six ans, elle simule dans les jeux d'enfants avec sa sœur et sa cousine les combats entre l'Angleterre, la France et la Russie, faisant état de son étonnante
précocité intellectuelle : « J’inventais des jeux appropriés aux circonstances : j’incarnais Poincaré, ma cousine Georges V, ma sœur, le tsar. Nous tenions des conférences sous les cèdres et nous pourfendions les
Prussiens à coups de sabre. »(5)

Martial nous lit aussi la lettre émouvante, datée du 22 mars 1986, de sa mère Jeanne à Simone, mais cette lettre ne parviendra pas à temps à sa destinataire. L’affection entre les deux cousines est bien réelle, en témoignent les dédicaces de Simone qui parsèment ses livres pieusement offerts et rangés dans le petit salon. D'entrer ainsi dans l'intimité de l'écrivain donne véritablement envie de mieux connaître son œuvre. Nous avons toutes apprécié dans son ouvrage, La Vieillesse, véritable thèse, qui a paru en 1970, son érudition, son style clair et l'acuité de ses réflexions.
Au gré de cette rencontre, nous avons retrouvé les familiers de Simone : Louise, sa gouvernante, ses grands-parents, ses oncles et tantes, Jeanne, sa cousine, « d’un an plus jeune qu’[elle] », Poupette, sa sœur. Sa tante Lili, son père chéri, Françoise, sa mère, d’un caractère austère, qui sans ressources fut assistée par sa fille durant une longue partie de sa vie et qui fut toujours accueillie l’été à Meyrignac par sa nièce.

Le Limousin fut un lieu d'expérience pour Simone de Beauvoir, elle y apprit la déclaration de guerre en 1914, s’initia naïvement aux rudiments de la sexualité, en 1919, y perdit la foi et mentit à sa mère, pendant trois ans, à ce sujet. Elle y décida d'être écrivain. Elle y connut au sens biblique Sartre, en 1929. La rencontre avec Sartre clôt son récit d’enfance et de jeunesse, Simone déclare « Sartre répondait exactement au vœu de mes quinze ans […]. Avec lui je pourrais toujours tout partager. Quand je le quittai au début d’août, je savais que plus jamais il ne sortirait de ma vie. »(5)

Elle vécut aussi en 1929 une série de deuils, et surtout, à cette date, après le décès de son grand-père, Simone n'est plus chez elle à Meyrignac. Les retours à Meyrignac de Simone seront rares, elle n’y reviendra que trois fois, en juillet 1931, en 1943 (faisant le trajet d’Uzerche à Meyrignac à bicyclette), enfin en 1969, mais ce jour, voyant courir une troupe d’enfants blonds dans le parc, elle ne franchit pas la grille. 

Martial et Danièle nous ont fait visiter les lieux, avec simplicité et chaleur, merci à eux pour ces instants incomparables

Florence Jaunez

1.Mémoires d'une jeune fille rangée, page 44

2.Mémoires d'une jeune fille rangée p 44-45

3.Mémoires d'une jeune fille rangée p37

4.Mémoires d'une jeune fille rangéep35-38 édition folio première édition Gallimard 1958

5.Mémoires d'une jeune fille rangée p 38
Prolongements :
La Femme indépendante de Simone de Beauvoir, éditions folio, bref ouvrage qui cite de larges extraits du Deuxième Sexe.
Œuvre autobiographique : cette somme comprend après les Mémoires d’une jeune fille rangée (1958) de la naissance à 1929, La Force de l’âge
(1960) qui couvre la période de 1929 à 1944, La Force des choses (1963) d’août 1944 à l’automne 1962.
« Dans Tout compte fait (1972), Simone de Beauvoir reprend le passé déjà raconté, en l’ordonnant non plus selon la chronologie, mais en fonction de thèmes successifs, tout en complétant le récit de sa vie jusqu’à la date de rédaction du volume. Auparavant, Une mort très douce (1964), occupant une place latérale dans l’ensemble, racontait l’agonie et la mort de
Françoise de Beauvoir telle que sa fille les avait vécues. En 1981, La Cérémonie des adieux clôt l’œuvre entière de Simone de Beauvoir par le récit des dernières années de Sartre (de 1970 à 1980) »(6)


LA MEDECINE ET L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

LA MEDECINE ET L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Monsieur le Professeur Denis Valleix,

chirurgien et doyen honoraire de la Faculté de

médecine de Limoges

présenté par  Dominique Bordessoule, a dressé un   tableau  de l’évolution de  l’Intelligence humaine  à travers les siècles jusqu’à l’avènement de  l’Intelligence Artificielle et de ses applications  dans divers domaines, et principalement, celui de la Médecine

L'Intelligence Humaine :

Apprendre, comprendre, résoudre des problèmes et s’adapter à des situations nouvelles et à son environnement, prendre des décisions, utiliser le langage pour communiquer, et retenir les informations

L’Intelligence Artificielle :

Faire faire à une machine toutes ces tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence.

L’homme d’aujourd’hui possède le même cerveau en volume que l’homo sapiens sapiens . Bien entendu, c’est l’utilisation qu’il en fait qui diffère. Si son évolution a été très lente pendant des millions d’annéess, aujourd’hui le cerveau développe de nouvelles aptitudes à toute allure, augmentant ses capacités mentales et cognitives.

Que lui apporte l’intelligence artificielle ? Elle lui donne la possibilité d’un diagnostic basé sur des milliers d’observations et permet avec rapidité, et une marge d’erreur moindre, à la prise de décision pour la résolution d’un problème auquel il est confronté. Certains programmes de données apportent  l’expérience qu’une vie entière d’observations ne pourrait apporter.

 

Faut -il craindre l’évolution de l’Intelligence Artificielle ?

Comme on a pu avoir peur de l’intelligence humaine au cours de l’histoire, et en particulier de l’histoire récente et contemporaine , faut-il avoir peur de la domination de l’homme par la machine et de son effacement ? La machine sera-t-elle capable un jour de créer la machine ? C’est un danger mais cette vision de l’IA totalement accomplie  n’est encore qu’une fiction .

Conclusion :

L’Intelligence artificielle peut elle améliorer l’Intelligence Humaine ?

L’IA permet de dédouaner l’homme des taches répétitives.Lorsqu’elle est utilisée de manière efficace elle a un immense pouvoir de transformation et ne cesse d’ailleurs d’influer sur nos modes de vie et nos méthodes de travail à l’échelle planétaire.

Dans le monde que nous connaissons aujourd’hui ,l’IA demeure une extension de l’activité humaine , et c’est pourquoi la collaboration homme + machine est essentielle.

La supériorité de l’Intelligence humaine sur L’Intelligence Artificielle est.


Conférence « Magellan et le premier cercle du monde »

Par Olivier Mignon, historien, guide-conférencier, diplômé de l’École du Louvre

 Au 14ème siècle, deux puissances maritimes dominent le monde et s’affrontent pour la conquête de nouvelles terres et la recherche des territoires producteurs d’une grande richesse, les épices : girofle, poivre, cardamone, … Leur puissance est telle que l’Espagne et le Portugal, s’accordent par le traité de Tordesillas en 1494 sur la répartition du monde. L’Espagne pourra exploiter l’ouest d’une ligne méridienne traversant le Brésil. Le Portugal pourra conquérir l’est de cette ligne.

Un marin portugais, Fernand de Magellan, suite à un différend avec Alphonse 1er, roi du Portugal, se met au service du roi d’Espagne Charles 1er. Il lui propose d’atteindre « l’île aux épices », les îles Moluques, sur laquelle sont exploitées ces précieuses épices, mais en partant vers l’ouest conformément au traité.

Le 10 aout 1519, Magellan quitte Séville avec 5 navires et se dirige vers l’Amérique du Sud. Il découvre « le chenal de tous les saints », qui portera son nom, le « détroit de Magellan », et qui lui permet de rejoindre le Pacifique. Il remontera ensuite vers Sumatra et les Philippines. Le 27 avril 1521, Magellan sera tué par les guerriers de l’île de Mactan aux Philippines.

Un seul navire et seulement 50 hommes sur les 237 du départ réussiront à rentrer en Espagne. Il sera le 1er bateau à effectuer la circumnavigation complète du globe.

Des cinq bateaux partis , seul le Victoria effectua la circumnavigation : c'était il y a 500 ans

Un grand merci à Catherine Verspieren pour avoir permis à un auditoire d’une trentaine de lycéennes et quelques époux de vivre cette histoire passionnante,  captivés par les explications de M Mignon, et de partager ensuite un cocktail remarquable.


Un afghan à Paris : conférence

Mahmud NASIMI a quitté l’Afghanistan en 2013 laissant derrière lui un pays en guerre, son pays, sa famille et ses amis.

Arrivé à Paris en 2017, il a dû affronter à nouveau la vie de « réfugié » les  nuits dans la rue, la solitude, le désespoir.

Il ne parlait pas le français, ou si peu, et un jour ses pas l’ont mené au cimetière du Père-Lachaise.

Là, « il a fait connaissance avec un glorieux peuple de l’ombre », il s’est fait des amis ,Balzac, Proust, Eluard…

Il a feuilleté leurs romans, leurs poèmes, en a recopié des phrases, en a appris d’autres par cœur.

Dans cette langue qu’il a fait sienne, il a bâti ce récit où s’entremêlent bonheur et douleur, où il évoque les meurtrissures d’une vie, ses rêves et ses espoirs, dans une langue poètique aux images venues d’ailleurs.

Invité par le Lycéum Club International du Limousin ,à l'initiative d'Annie Grenade , amie de l'éditrice, l'auteur a captivé le nombreux public , avec le récit incroyable de son parcours d'émigré . Sa volonté d'aller de l'avant, son optimisme, sa façon de regarder le côté positif des choses , ses qualités de narrateur nous ont enveloppés d'un souffle d'énergie bienfaisante.

Avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité, Mahmud Nasimi a répondu aux questions de l'auditoire .

Une séance de dédicace de ses livres a clôturé cette belle conférence

"Ne lisez pas UN AFGHAN A PARIS, comme le récit d'un réfugié écrivant-ô merveille!- dans la belle langue du pays d'accueil, qui lui était encore étrangère ily a à peine deux ans.Lisez-le comme le récit d'une victoire, ou d'un miracle si vous y tenez.

Lisez-le comme le récit d'une traversée du désert."

AYYAM SUREAU


Visite culturelle de Paris Janvier 2022

Collection Morozov à la Fondation Vuitton

"Les Producteurs" Comédie musicale au théâtre de Paris ,

Ce spectacle donné à Broadway à partir de 2001,est resté à l'affiche plus de 6 ans avec un succès public et critique retentissant.Il est aujourd'hui repris par Alexis Michalik au Théâtre de Paris

Un producteur proche de la ruine imagine une arnaque à l'assurance en montant le pire des comédies musicales...

mais rien ne se passe comme prévu